Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

19 mai 2012

Avec des si

  • Si le PQ prenait le pouvoir, il fera un grand sommet sur l’éducation où tout serait sur la table.
    (Antoine Robitaille, dans Le Devoir du 19 mai 2012.)

Deux possibilités :

Si le PQ prenait le pouvoir, il ferait un grand sommet sur l’éducation où tout serait sur la table.

Si le PQ prend le pouvoir, il fera un grand sommet sur l’éducation où tout sera sur la table.

Line Gingras
Québec

« "Ce n’est pas une loi matraque" » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/350536/ce-n-est-pas-une-loi-matraque

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Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

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18 mai 2012

Ils se sont cachés le visage

  • À l'intérieur du palais de justice de Montréal, les quatre jeunes accusés d’avoir participé aux attentats à la bombe fumigène dans le métro ont été accueillis par des amis et des proches, qui se sont cachés le visage devant les photographes.
    (Légende de la photo accompagnant un article de La Presse canadienne dans le site du Devoir, le 14 mai 2012 à 13 h 20.)

Lorsque le verbe pronominal a un complément d'objet direct (c.o.d.), c'est avec ce complément, s'il est placé devant le verbe, que doit s'accorder le participe passé. Si le c.o.d. est placé après le verbe, le participe reste invariable.

Les amis et les proches ont caché quoi? Le visage. Le c.o.d. étant placé après le verbe, il fallait écrire :

[...] ont été accueillis par des amis et des proches, qui se sont caché le visage devant les photographes.

Le participe s'accorderait, par contre, dans la phrase suivante :

Les enfants se sont cachés derrière la meule de foin.

Line Gingras
Québec

« Bombes fumigènes : les quatre accusés seront détenus jusqu'au 23 mai » : http://www.ledevoir.com/societe/justice/350047/bombes-fumigenes-les-quatre-accuses-seront-detenus-jusqu-au-23-mai

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17 mai 2012

Sillonner dans les rues

Sillonner dans les rues, sillonner les rues; sillonner, verbe transitif ou intransitif; grammaire française; syntaxe.

  • [...] des étudiants et leurs sympathisants se donnent rendez-vous à 20 h 30 au parc Émilie-Gamelin avant de sillonner dans les rues du centre-ville.
    (Philippe Teisceira-Lessard, dans le site de La Presse, 17 mai 2012.)

D'après ce que je vois dans les dictionnaires que j'ai sous la main, sillonner, verbe transitif, appelle un complément d'objet direct :

Voitures qui sillonnent les routes. (Petit Robert.)

Ce capitaine a sillonné les mers. (Multidictionnaire.)

Des avions ont sillonné le ciel toute la matinée. (Lexis.)

La moto était allée et venue, plusieurs fois, sillonnant à faible allure les rues avoisinantes. (Robbe-Grillet, dans le Lexis.)

La place de la gare, que sillonne un va-et-vient de piétons et de véhicules. (Martin du Gard, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

Il fallait écrire :

[...] des étudiants et leurs sympathisants se donnent rendez-vous à 20 h 30 au parc Émilie-Gamelin avant de sillonner dans les rues du centre-ville.

Line Gingras
Québec

« Une 24ème [sic] soirée consécutive de manifestations »
(L'article n'existe plus tel quel.)

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15 mai 2012

Le muselage des médias

Muselage ou musellement.

  • L'éditorial de La Presse prône la hausse des droits de scolarité, ce qui en fait fulminer certains. Mais plusieurs chroniqueurs appuient les revendications étudiantes. C'est malheureusement le genre de nuances dont ne s'embarrassent pas ceux qui préfèrent le muselage et les théories du complot.
    (Rima Elkouri, dans La Presse du 15 mai 2012 à 7 h 39.)

Les dictionnaires que j'ai sous la main ne donnent pas muselage, mais plutôt musellement (au propre comme au figuré) :

Le musellement des opposants. (Lexis.)

Le musellement d'un chien méchant, le musellement de la presse. (Multidictionnaire.)

Le musellement de l'opposition. (Petit Robert.)

Musellement de l'opposition, de la presse. (Trésor de la langue française informatisé.)

Il fallait écrire :

C'est malheureusement le genre de nuances dont ne s'embarrassent pas ceux qui préfèrent le musellement et les théories du complot.

Line Gingras
Québec

« Dérive fumigène » : http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/rima-elkouri/201205/15/01-4525312-derive-fumigene.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_rima-elkouri_3263_section_POS1

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11 mai 2012

Singulier ou pluriel?

  • Mais les policiers auraient-ils pu réagir autrement à un groupe de manifestants qui a tenté de s’introduire dans l’hôtel où se tenait le conseil du PLQ, armés de projectiles?
    (Lisa-Marie Gervais, dans Le Devoir du 10 mai 2012.)

La proposition relative qui a tenté de s'introduire dans l'hôtel et le syntagme armés de projectiles se rattachent tous deux à un groupe de manifestants; il serait donc souhaitable, à mon avis, que les deux s'accordent avec le même terme – soit un groupe, soit manifestants. J'opterais pour le pluriel, parce qu'il me vient l'image de plusieurs individus armés chacun d'un ou de plusieurs projectiles :

Mais les policiers auraient-ils pu réagir autrement à un groupe de manifestants qui ont tenté de s’introduire dans l’hôtel où se tenait le conseil du PLQ, armés de projectiles?

En l'absence du syntagme armés de projectiles, j'aurais plutôt mis le verbe de la relative au singulier, comme l'a fait la journaliste, parce que j'aurais eu tendance à voir le groupe comme un tout; mais le pluriel aurait été correct également.

Line Gingras
Québec

« Manifestation violente à Victoriaville – Une enquête publique est réclamée » : http://www.ledevoir.com/societe/education/349716/une-enquete-publique-est-reclamee

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10 mai 2012

Elle s'est écrié

Elle s'est écrié, elle s'est écriée; elles se sont écrié, elles se sont écriées; ils se sont écrié, ils se sont écriés; s'écrier, accord du participe passé du verbe pronominal; verbe essentiellement pronominal; grammaire française; orthographe d'accord. 

  • « Les forces policières ont fait un travail catastrophique et épouvantable et ont mis en danger la vie des gens », s’est écrié Johanne Nasstrom, coporte-parole de la Coalition.
    (Lisa-Marie Gervais, dans Le Devoir du 10 mai 2012.)

Comme le signale Marie-Éva de Villers, le participe passé de s'écrier, verbe essentiellement pronominal (c'est-à-dire qui n'existe qu'à la forme pronominale), « s'accorde toujours en genre et en nombre avec le sujet du verbe » :

« Les forces policières ont fait un travail catastrophique et épouvantable et ont mis en danger la vie des gens », s’est écriée Johanne Nasstrom, coporte-parole de la Coalition.

Line Gingras
Québec

« Manifestation violente à Victoriaville – Une enquête publique est réclamée » : http://www.ledevoir.com/societe/education/349716/une-enquete-publique-est-reclamee

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07 mai 2012

Pronom possessif

  • Comme le clamait une autre affiche, hier : « Votre crise, on n'y croit pas, votre dette, on n'en veut pas. » Remarquez l'emploi du pronom possessif. Votre crise. Pas du tout la nôtre...
    (Agnès Gruda, dans La Presse du 2 mai 2012.)

Votre n'est pas un pronom, mais un adjectif ou déterminant possessif. On aurait pu écrire :

Remarquez l'emploi du possessif.

Il y a néanmoins un pronom possessif dans le passage à l'étude : la nôtre.

Line Gingras
Québec

« Toulouse la rose » : http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/agnes-gruda/201205/02/01-4521021-toulouse-la-rose.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_meme_auteur_4521411_article_POS3

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06 mai 2012

Elle croit qu'une plus grande proportion soit versée

  • Lors d’un conseil général, les militants libéraux n’ont pas de grandes décisions prendre, rien qui pourrait prendre beaucoup d’importance dans une campagne électorale.
    (Robert Dutrisac, dans Le Devoir du 5 mai 2012.)

Lors d’un conseil général, les militants libéraux n’ont pas de grandes décisions à prendre, rien qui pourrait revêtir beaucoup d’importance dans une campagne électorale.

  • La Commission politique croit qu’une plus grande proportion des surplus à venir soit versée au Fonds des générations afin de réduire [...] Elle souhaite également que [...]

Selon Marie-Éva de Villers, le verbe croire, « au mode affirmatif [...], se construit avec la conjonction que suivie de l'indicatif »; Hanse et Blampain estiment que le conditionnel est également possible, « s'il s'agit d'une éventualité ». Cependant, si l'on se contentait ici de remplacer soit versée par sera versée ou serait versée, on rendrait une idée bien différente de celle que le journaliste a voulu exprimer, si j'ai bien compris. Je suggérerais plutôt :

La Commission politique croit qu’une plus grande proportion des surplus à venir doit être [ou devrait être] versée au Fonds des générations afin de réduire [...] Elle souhaite également que [...]

Line Gingras
Québec

« "La politique n’est pas un long fleuve tranquille" » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/349360/la-politique-n-est-pas-un-long-fleuve-tranquille

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26 avril 2012

L'intolérance qui... et que...

  • [...] on peut dire qu'une majorité d'Albertains a rejeté l'intolérance qui transpirait des propos de certains candidats du Wildrose Party et que la chef Danielle Smith n'a pas déplorés avec assez de vigueur.
    (Manon Cornellier, dans Le Devoir du 25 avril 2012.)

La conjonction et unit deux propositions relatives qui se rattachent à l'intolérance :

[...] l'intolérance qui transpirait des propos [...] et que la chef [...] n'a pas déplorée avec assez de vigueur.

Pour que le participe passé puisse s'accorder avec propos, il faudrait supprimer la conjonction de coordination :

[...] l'intolérance qui transpirait des propos de certains candidats du Wildrose Party, et que la chef Danielle Smith n'a pas déplorés avec assez de vigueur.

Line Gingras
Québec

« Des pas qui parlent » : http://www.ledevoir.com/politique/canada/348397/des-pas-qui-parlent

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18 avril 2012

L'adversité entre les partis

Adversité.

  • L'adversité extrême entre les partis avait rendu impossible la recherche de terrains d'entente ces dernières années.
    (Bernard Descôteaux, dans Le Devoir du 10 décembre 2011.)

Le Dictionnaire historique de la langue française de la maison Robert fait observer que le mot adversité « s'est dit [...] pour "antipathie, hostilité" (1160) ». Dans ses notes sur l'étymologie et l'histoire, le Trésor de la langue française informatisé propose en effet des exemples évocateurs de cet emploi, qui est cependant « sorti d'usage » selon le Robert historique – alors qu'adversaire désigne toujours un concurrent, un rival, un antagoniste ou un ennemi (Petit Robert).

Adversité ne s'utilise donc plus au sens d'antagonisme ou de rivalité; il est aujourd'hui synonyme de malchance, de malheur ou d'infortune. D'après ce que je vois dans les dictionnaires que j'ai sous la main, on le trouve surtout dans la langue littéraire; le Trésor de la langue française informatisé le définit de la façon suivante : « Sort contraire, circonstances malheureuses (deuil, revers de fortune, etc.) s'imposant comme une épreuve à subir ou à surmonter. »

Exemples :

Il est possible d'être homme même dans l'adversité. (Sartre, dans le Petit Robert.)

Dans cette adversité, son courage ne fléchit pas. (Lexis.)

J'ai su payer par des années d'adversité quelques erreurs de jeunesse. (Cendrars, dans le Lexis.)

Mais je constate [...] que dans l'adversité, ou du moins dans les grandes circonstances de la vie, chacun de nous trouve dans l'Église son plus parfait bien-être. (Barrès, dans le Trésor.)

On aurait pu écrire, à mon avis :

L'antagonisme extrême entre les partis avait rendu impossible la recherche de terrains d'entente ces dernières années.

Line Gingras
Québec

« Assemblée nationale – Le meilleur et le pire » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/338105/assemblee-nationale-le-meilleur-et-le-pire

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