Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

lundi 3 avril 2017

Troublions locaux

Troublions, trublions; paronymes.

  • Voici ce que ma pote m’a écrit dans son emportement poli : « Plusieurs traits de ces tentations dangereuses me font penser à nos pense-petits québécois et troublions locaux [...] »
    (Josée Blanchette, dans Le Devoir du 31 mars 2017.)

Un fauteur de troubles n'est pas un troublion, mais un trublion. Je ne sais pas si la faute est attribuable à la chroniqueuse ou à son amie; quoi qu'il en soit, il faudrait lire :

Plusieurs traits de ces tentations dangereuses me font penser à nos pense-petits québécois et trublions* locaux [...]

Merci à Sylvain Auclair pour le signalement.

Line Gingras
Québec

* Le 10 avril à 18 h 50, je vois que la correction a été apportée.

« Après lui, le déluge » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/495290/apres-lui-le-deluge

Traductrice agréée anglais-français, j'offre des services de révision comparative et de révision linguistique.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

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samedi 14 janvier 2017

Ce qui les définissait les uns des autres

  • Ce qui séparait ou définissait traditionnellement les médias les uns des autres s’amenuise graduellement.
    (Luce Julien, dans Le Devoir du 14 janvier 2017.)

On peut parler de ce qui sépare les médias les uns des autres; de ce qui définit les médias, en eux-mêmes ou les uns par rapport aux autres. Je doute cependant que l'on puisse définir les médias les uns des autres. Par ailleurs, il ne faut pas abuser des adverbes en -ment.

On aurait pu écrire, à mon avis :

Ce qui définissait traditionnellement les médias ou les séparait les uns des autres s'amenuise peu à peu.

Line Gingras
Québec

« "Le Devoir" d’aujourd’hui » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/489206/le-devoir-d-aujourd-hui

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Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

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vendredi 2 décembre 2016

Deux jours d'affilés

  • Pour Mathieu Bertrand, c’en est trop. « Le gérant a eu le culot de me demander, Noël dernier, de fermer deux jours d’affilés. »
    (Francine Pelletier, dans Le Devoir du 1er décembre 2016.)

L'expression d'affilée est une locution adverbiale; elle reste donc invariable :

Il a débité plusieurs histoires d'affilée. (Petit Robert.)

Il fallait écrire :

Pour Mathieu Bertrand, c’en est trop. « Le gérant a eu le culot de me demander, Noël dernier, de fermer deux jours d’affilée. »

Line Gingras
Québec

« Renaissance, la vertu et le commerce » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/485984/renaissance

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vendredi 4 novembre 2016

Ils s'obsèdent à comprendre

S'obséder à faire quelque chose; s'obséder à suivi d'un infinitif; s'obséder, verbe pronominal; grammaire française; syntaxe.

  • Les bons terminologues, qu’ils soient professeurs ou fonctionnaires, s’obsèdent tous à comprendre l’insaisissable usage.
    (Jean-Benoît Nadeau, dans Le Devoir du 3 novembre 2016.)

C'est la première fois, je crois bien, que je vois le verbe obséder à la forme pronominale. D'ailleurs cette construction ne se trouve pas dans les dictionnaires que j'ai sous la main. Une chose ou une personne obsède quelqu'un, on est obsédé par ou de quelque chose :

La peur d'une agression l'obsède. (Multidictionnaire.)

Il était si obsédé par le froid qu'il parlait de voler les lampions de l'église. (Blais, dans le Lexis.)

L'idée fixe qui l'obsède depuis plusieurs jours. (Petit Robert.)

Sa mémoire est obsédée par ce souvenir, de ce souvenir. (Grand Robert.)

Il était obsédé par le désir de commencer enfin son travail [...] (R. Rolland, dans le Grand Robert.)

Dès son enfance il [Byron] est obsédé par son pied bot, que ses parents lui reprochent constamment. (Mounier, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

Peut-être le chroniqueur a-t-il confondu obséder et obstiner; on peut en effet s'obstiner, s'acharner ou s'attacher à faire quelque chose. Dans le cas qui nous occupe, toutefois, je proposerais plutôt :

Les bons terminologues, qu’ils soient professeurs ou fonctionnaires, ont tous l'obsession de comprendre l’insaisissable usage.

Line Gingras
Québec

« Les anglicismes » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/483752/les-anglicismes

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lundi 31 octobre 2016

Il a paradé des accusatrices

Parader quelqu'un; parader, transitif ou intransitif; parader et le complément d'objet direct; anglicisme; calque de l'anglais; calque de construction; grammaire française; syntaxe.

  • « [...] il a décidé de riposter contre Bill Clinton, paradant quatre accusatrices passées pour une conférence Facebook. » (Texte original : « [...] he decided to retaliate against Bill Clinton, parading four past accusers for a Facebook news conference. »)
    (Jennifer Rubin, du Washington Post, citée par François Lévesque dans Le Devoir du 11 octobre 2016.)

Le verbe parader est intransitif; au contraire de son équivalent anglais, il n'admet donc pas de complément d'objet direct. Une personne ou un groupe parade :

Les militaires paradent en uniforme. (Multidictionnaire.)

Des viveurs, des gens connus viennent là, parader devant les belles filles. (Vallès, dans le Lexis.)

[Les occasions] de parader au milieu de gens fort titrés et de jolies femmes lui procuraient les plus vives jouissances. (Romains, dans le Petit Robert.)

Le Petit Chose en profite pour aller parader au soleil sur l'esplanade et se montrer à ses compatriotes. (A. Daudet, dans le Grand Robert.)

Je paradais, fière de mes onze ans, de ma chevelure de petite Ève et de ma robe rose. (Colette, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

Il fallait écrire :

« [...] il a décidé de riposter contre Bill Clinton, faisant parader quatre accusatrices passées pour une conférence Facebook. »

Les quatre accusatrices sont le sujet implicite du verbe parader.

Line Gingras
Québec

« Lendemain de veille républicain » : http://www.ledevoir.com/international/etats-unis/481920/revue-de-presse-lendemain-de-veille-republicain

Traductrice agréée anglais-français, j'offre des services de révision comparative et de révision linguistique.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

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vendredi 14 octobre 2016

Prêcher par excès de confiance

Prêcher par excès de confiance, pécher par excès de confiance; prêcher ou pécher; paronymes.

  • Il est confiant, mais il n'est pas non plus un gars qui prêche par excès de confiance.
    (Richard Labbé, dans La Presse du 13 octobre 2016.)

On prêche par l'exemple, mais on pèche (présent de l'indicatif du verbe pécher) par excès de confiance :

Elle a péché par omission. (Multidictionnaire.)

Il a péché par excès d'optimisme. (Lexis.)

Pécher par orgueil, par ignorance. (Petit Robert.)

[...] les artistes de notre temps pèchent le plus souvent par grand défaut de patience. (Gide, dans le Grand Robert.)

Quand elle mentait son récit péchait soit par insuffisance, omission, invraisemblance, soit par excès au contraire de petits faits destinés à le rendre vraisemblable. (Proust dans le Trésor de la langue française informatisé, à l'article « omission ».)

Il fallait écrire :

Il est confiant, mais il n'est pas non plus un gars qui pèche par excès de confiance.

Line Gingras
Québec

« Après un long été, la récompense de Mikhail Sergachev » : http://www.lapresse.ca/sports/hockey/201610/13/01-5030049-apres-un-long-ete-la-recompense-de-mikhail-sergachev.php

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vendredi 23 septembre 2016

La désaffection au projet indépendantiste

Désaffection à quelque chose, désaffection à quelqu'un; désaffection de quelqu'un à quelque chose, désaffection de quelqu'un à quelqu'un; préposition; grammaire française; syntaxe du français.

  • Il faut de toute urgence trouver mieux, la désaffection des jeunes au projet indépendantiste est là pour nous le rappeler.
    (Francine Pelletier, dans Le Devoir du 1er juin 2016.)

On parle de la désaffection (de quelqu'un) pour, envers, à l'égard de, vis-à-vis de quelqu'un ou quelque chose, selon le cas, et non à :

La désaffection du public pour le cinéma. (Petit Robert.)

La désaffection à l'égard d'une institution. (Petit Robert.)

La désaffection du peuple pour un régime, d'une personne pour une autre. (Grand Robert.)

[...] il en est résulté une désaffection pour l'émiettement des partis. (G. Bouthoul dans le Grand Robert, à l'article « dépolitisation ».)

Barrès s'éloigne, essai de Montherlant (où l'auteur marquait la désaffection de la jeunesse envers Barrès). (Rédaction du Grand Robert, à l'article « éloigner ».)

Une désaffection à l'égard du régime et un déclin de la moralité civique. (Meynaud, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

La désaffection des consommateurs pour la morue salée. (Boyer, dans le Trésor.)

[On peut] constater une désaffection de la clientèle vis-à-vis des bascules pèse-personnes [des gares]. (La Vie du Rail, dans le Trésor, à l'article « pèse-personne ».)

La chroniqueuse aurait pu écrire :

Il faut de toute urgence trouver mieux, la désaffection des jeunes à l'égard du projet indépendantiste est là pour nous le rappeler.

Line Gingras
Québec

« Ce qu'il reste de nous » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/472224/ce-qu-il-reste-de-nous

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lundi 19 septembre 2016

Quasi-absent, le bilinguisme

Quasi-absent, quasi absent; quasi-absence, quasi absence; trait d'union; orthographe.

  • Un bilinguisme essentiel... mais quasi-absent
    (Titre d'un article de Marie Vastel, dans Le Devoir du 15 septembre 2016.)

Les rectifications de l'orthographe n'ont rien changé à la règle. Devant un nom avec lequel il forme une sorte de composé, l'adverbe quasi s'écrit avec un trait d'union (quasi-absence); devant un autre mot, il n'est pas suivi du trait d'union – bien que l'on trouve, dans le Grand Robert et dans le Trésor de la langue française informatisé, des exemples d'emploi du trait d'union devant l'adjectif.

Devant un nom :

La quasi-certitude. (Multidictionnaire.) 

Cette liaison devint un quasi-mariage. (Balzac, dans le Petit Robert.) 

Pour la quasi-totalité des Français l'affaire du Maroc se ramène à une image d'Épinal [...] (F. Mauriac, dans le Grand Robert.) 

Une grande rivalité les opposa [les Anglais] aux pêcheurs français, qui exerçaient alors un quasi-monopole, puisque aussi bien le Canada et Terre-Neuve étaient des possessions françaises. (Boyer, dans le Trésor.)


Devant un adjectif :

Un obstacle quasi infranchissable. (Multidictionnaire.)

L'impassibilité quasi miraculeuse des martyrs chrétiens. (Sarraute, dans le Lexis.)

La place du Panthéon était quasi déserte. (Butor, dans le Lexis.)

Le raisin est quasi mûr. (Colette, dans le Petit Robert.) 

Je dois reconnaître que ce premier contact direct avec l'Évangile n'eut pas [...] l'effet quasi foudroyant que j'espérais [...] (Gide, dans le Grand Robert.)

[...] des sentiments graves, paisibles, quasi religieux. (R. Rolland dans le Grand Robert, à l'article « laid ».)

L'abbé de Vèze emmena madame de La Chanterie pâle et quasi mourante. (Balzac, dans le Trésor.)

Sœur Mathilde et moi, nous sommes quasi voisines. (Bernanos, dans le Trésor.)

[...] ces heures de nuit totale où la gratitude quasi-filiale d'un adolescent verse sans retenue des larmes, des confidences, des rancunes, au sein chaleureux d'une mûre et sûre amie. (Colette, dans le Trésor.)

Il aurait mieux valu écrire :

Un bilinguisme essentiel... mais quasi absent

Line Gingras
Québec

« Un bilinguisme essentiel... mais quasi-absent » : http://www.ledevoir.com/politique/canada/480024/chefferie-conservatrice-un-bilinguisme-essentiel-mais-quasi-absent

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dimanche 18 septembre 2016

Différemment que

Différemment que, différemment de; grammaire française; syntaxe du français.

  • L'histoire récente nous dit qu'une grippe d'homme politique tend à être traitée bien différemment que celle d'une femme.
    (Rima Elkouri, dans La Presse du 16 septembre 2016.)

Le Trésor de la langue française informatisé signale, comme rare et vieillie, la construction différemment que :

Jamais il ne put la voir dans sa pensée différemment qu'il ne l'avait vue la première fois. (Flaubert.)

Il admet cependant sans réserves différemment de :

Vivre un peu différemment des paysans. (Renan.)

C'est différemment de moi que tu aimes la campagne. (Rivière.)

Le Petit et le Grand Robert, comme le Multidictionnaire, ne reçoivent que différemment de :

Je pense différemment de mes parents. (Multidictionnaire.)

Agir différemment, tout différemment des autres. (Petit Robert.)

Les princes agissent différemment des particuliers. (Littré, dans le Grand Robert.)

[...] le personnage de la portière, de la concierge est typé très différemment de celui de la bonne [...] (Remarque du Grand Robert, à l'article « concierge ».)

Il aurait mieux valu écrire :

L'histoire récente nous dit qu'une grippe d'homme politique tend à être traitée bien différemment de celle d'une femme.

Line Gingras
Québec

« Grippe d'homme, grippe de femme » : http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/rima-elkouri/201609/13/01-5019941-grippe-dhomme-grippe-de-femme.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_rima-elkouri_3263_section_POS1

Traductrice agréée anglais-français, j'offre des services de révision comparative et de révision linguistique.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

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dimanche 28 août 2016

Légalement

  • Chez IQ [Investissement Québec], bien que, légalement, son conseil n’en avait aucune obligation légale, on jugeait important d’obtenir l’avis du ministre.
    (Robert Dutrisac, dans Le Devoir du 26 août 2016.)

Bien que appelant le subjonctif, il vaudrait mieux employer même si :

Chez IQ [ou À Investissement Québec], même si son conseil n’en avait aucune obligation légale, on jugeait important d’obtenir l’avis du ministre.

L'adverbe légalement a disparu, devinez pourquoi...

Line Gingras
Québec

« Jacques Daoust était au courant » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/478609/la-version-de-daoust-demolie-par-son-ex-chef-de-cabinet?utm_source=infolettre-2016-08-26&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

Traductrice agréée anglais-français, j'offre des services de révision comparative et de révision linguistique.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

Posté par Choubine à 05:42 - Langue et traduction - Commentaires [0] - Permalien [#]