Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

mardi 10 décembre 2019

La chose est, il a reçu une volée de bois verts

Volée de bois verts ou volée de bois vert; orthographe.

  • En échange, il a reçu une volée de bois verts.
    (Marco Bélair-Cirino dans le site du Devoir, le 28 novembre 2019.)

Au propre comme au figuré, l'expression volée de bois vert s'écrit sans s à vert :

[...] un de ces vieux ânes butés [...] qui, patients sous les plus rudes volées de bois vert [...] (H. Bosco dans le Grand Robert, à l'article « brusque ».)

Pour finir l'anecdote, je promis à ce drôle, insolent comme un noble, une volée de bois vert, châtiment approprié à un maroufle de sa sorte. (Gautier dans le Trésor de la langue française informatisé, à l'article « volée ».)

Les articles de Nachette n'étaient [...] que volées de bois vert distribuées [...] aux réputations naissantes. (Goncourt dans le Trésor, à l'article « volée ».)

[...] comme il eût été ridicule de m'en prendre à mes juges, une envie de volée de bois vert me resta dans les poignets. (Gracq dans le Petit Robert, à l'article « volée ».)

Il faudrait lire :

En échange, il a reçu une volée de bois vert.


  • Cela dit, Pascal Bérubé ne fait pas l’unanimité contre lui. « La chose est, il n’a pas tort », écrit Mark Houston.

Le lecteur du Calgary Herald a sans doute utilisé l'expression the thing is, dont la traduction littérale ne passe pas en français. On pourrait lire :

Cela dit, Pascal Bérubé ne fait pas l’unanimité contre lui. « Le fait est qu'il n’a pas tort », écrit Mark Houston.

Line Gingras
Québec

« Pascal Bérubé dit ses quatre vérités à l’Alberta » : https://www.ledevoir.com/politique/quebec/568056/pascal-berube-dit-ses-quatre-verites-a-l-alberta

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samedi 7 décembre 2019

Un partisant, une partisante?

Partisan, partisant, partisane, partisante; orthographe; usage.

  • Les partisants prodémocratie sont allés appuyer la poignée de manifestants retranchés dans l’Université polytechnique.
    (Légende d'une photo de Dale De La Rey, AFP, accompagnant un article de Stéphane Baillargeon dans Le Devoir du 26 novembre 2019.)

On écrit un partisan, une partisane. Le féminin partisante s'utilise cependant, surtout adjectivement, dans la langue familière (Petit Robert) ou populaire (Grand Robert) :

Elle est farouchement partisane (bien qu'elle emploie partisante) des laxatifs naturels, Mme Bérurier. (San-Antonio, dans le Grand Robert.)

Au masculin pluriel, il faudrait lire partisans :

Les partisans prodémocratie sont allés appuyer la poignée de manifestants retranchés dans l’Université polytechnique.

Le mot n'est pas visé par les rectifications de l'orthographe.

Line Gingras
Québec

« À Hong Kong, la révolte a gagné les urnes, et puis après? » : https://www.ledevoir.com/monde/asie/567780/a-hong-kong-la-revolte-a-gagne-les-urnes-et-puis-apres?utm_source=infolettre-2019-11-26&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

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jeudi 5 décembre 2019

Elle faisait jolie

Faire joli, variable ou invariable; grammaire; orthographe.

  • De son côté, l’écologie prônée par Guilbeault n’avait pas encore la cote. Pour beaucoup de personnes, qui semblent parfois s’être reproduites depuis, elle faisait tout au plus jolie, avec ses affiches patiemment colorées à la main et ses appels à un monde meilleur.
    (Jean-François Nadeau, dans Le Devoir du 25 novembre 2019.)

Dans l'expression faire joli, joli est adverbe et invariable :

Ces tableaux font joli sur ce mur. (Petit Robert.)

Il fallait écrire :

De son côté, l’écologie prônée par Guilbeault n’avait pas encore la cote. Pour beaucoup de personnes, qui semblent parfois s’être reproduites depuis, elle faisait tout au plus joli, avec ses affiches patiemment colorées à la main et ses appels à un monde meilleur.

Line Gingras
Québec

« Le façadisme » : https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/567725/le-facadisme?utm_source=infolettre-2019-11-25&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

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mardi 3 décembre 2019

Il se presse à dépenser

Se presser à + infinitif, se presser de + infinitif; se presser à ou de + infinitif; grammaire; syntaxe; prépositions.

  • Cette prolifération, qui s’est produite au détriment des subventions issues de programmes aux critères définis, dit « normés », s’est amorcée dès que Dominique Anglade a pris les rênes du ministère début 2016.
    (Robert Dutrisac, dans Le Devoir du 22 novembre 2019.)

Dit, participe passé adjectif, est variable :

Je possédais une petite cheminée de fonte émaillée, dite, je ne sais pourquoi, cheminée prussienne. (G. Duhamel dans le Grand Robert.)

Il fallait écrire :

Cette prolifération, qui s’est produite au détriment des subventions issues de programmes aux critères définis, dits « normés », s’est amorcée dès que Dominique Anglade a pris les rênes du ministère début 2016.


  • Avant son arrivée, la part des subventions hors normes, qui doivent faire l’objet d’un décret du Conseil des ministres, et celles qui provenaient de programmes établis s’équivalaient.

Une part équivalait à une autre. On pouvait écrire, par exemple :

Avant son arrivée, la part des subventions hors normes, qui doivent faire l’objet d’un décret du Conseil des ministres, et celle des subventions qui provenaient de programmes établis s’équivalaient.

Avant son arrivée, la part des subventions hors normes, qui doivent faire l’objet d’un décret du Conseil des ministres, équivalait à celle des subventions qui provenaient de programmes établis. s’équivalaient.


  • [...] il se presse à dépenser en engageant une partie de ces surplus dans des dépenses futures.

On se presse de faire quelque chose :

[...] des faneurs se pressaient de mettre le foin en tas [...] (M. Aymé dans le Grand Robert, à l'article « surprendre ».)

Je leur parlais, ils ne se pressaient pas de comprendre [...] (Sartre dans le Trésor de la langue française informatisé, à l'article « presser ».)

Il faudrait lire :

[...] il se presse de dépenser en engageant une partie de ces surplus dans des dépenses futures.

Line Gingras
Québec

« Pressé de dépenser » : https://www.ledevoir.com/opinion/editoriaux/567604/subventions-hors-normes-presse-de-depenser?utm_source=infolettre-2019-11-22&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

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vendredi 29 novembre 2019

Travaux de voiries en court

En court ou en cours; travaux de voiries ou travaux de voirie; orthographe.

  • Le maire Robert Gauthier mentionne qu’une nouvelle version de ce plan est en court de préparation et qu’il prend bien note des recommandations.
    (Gabriel Delisle, dans Le Nouvelliste du 19 novembre 2019.)

Deux possibilités :

Le maire, Robert Gauthier, mentionne qu’une nouvelle version de ce plan est en cours de préparation et qu’il prend bien note des recommandations.

Le maire, Robert Gauthier, mentionne qu’une nouvelle version de ce plan est en préparation et qu’il prend bien note des recommandations.

  • [...] les travaux de voiries ont aussi fait partie des discussions.

D'après ce que je vois dans le Petit Robert, le Grand Robert et le Trésor de la langue française informatisé, on écrit travaux de voirie, sans s :

[...] les travaux de voirie ont aussi fait partie des discussions.

  • « Je suis moi-même un travailleur forestier, mais je suis pour des travaux durables. Je ne crois pas que c’était juste la sécurité des gens qui les préoccupaient, mais bien l’argent de la vente du bois. »

« Je suis moi-même un travailleur forestier, mais je suis pour des travaux durables. Je ne crois pas que c’était juste la sécurité des gens qui les préoccupait, mais bien l’argent de la vente du bois. »

Line Gingras
Québec

« Table ronde citoyenne à Saint-Élie-de-Caxton » : https://www.lenouvelliste.ca/actualites/table-ronde-citoyenne-a-saint-elie-de-caxton-de40ac9722a943007192664024d15f89

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jeudi 28 novembre 2019

Des arrières-pensées électoralistes

Des arrières-pensées ou des arrière-pensées; arrière dans les noms composés; grammaire; orthographe.

  • [...] avec des arrières-pensées électoralistes.
    (Francesco Fontemaggi et Charlotte Plantive, AFP, dans le site du Devoir, le 20 novembre 2019 à 19 h 50.)

D'après le Hanse-Blampain, arrière « reste invariable dans les composés ». Le Robert et le Multidictionnaire ne consignent effectivement que le pluriel arrière-pensées.

Il fallait écrire :

[...] avec des arrière-pensées électoralistes.

  • [...] Mike Pompeo et les plus hauts dirigeants du département d’État avaient toujours était tenus au courant de ses démarches.

[...] Mike Pompeo et les plus hauts dirigeants du département d’État avaient toujours été tenus au courant de ses démarches.

Line Gingras
Québec

« L’ambassadeur Sondland dit avoir suivi les "ordres" de Trump sur l’Ukraine » : https://www.ledevoir.com/monde/etats-unis/567401/destitution-un-ambassadeur-dit-avoir-suivi-les-ordres-de-trump-sur-l-ukraine?utm_source=Le+courrier+du+soir&utm_campaign=700511ac29-EMAIL_CAMPAIGN_2019_11_20_06_51&utm_medium=email&utm_term=0_aa1a13ef81-700511ac29-114834105

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mardi 26 novembre 2019

Attention au tiret fermant

  • Le Symphony Center de Chicago, bâti en 1904, abrite l’orchestre le plus réputé du monde pour la qualité de ses cuivres — notamment son pupitre de cors , mené entre 1966 et 2013 par le très réputé Dale Clevenger.
    (Christophe Huss dans le site du Devoir, le 20 novembre 2019 à 14 h 59.)

Le pupitre de cors a effectivement été mené par Dale Clevenger; cependant, pour que le participe passé puisse se rapporter à pupitre, il ne doit pas en être séparé par un tiret fermant, les tirets isolant du reste de la phrase les mots qu'ils encadrent.

On pouvait écrire :

Le Symphony Center de Chicago, bâti en 1904, abrite l’orchestre le plus célèbre du monde pour la qualité de ses cuivres — notamment son pupitre de cors, mené entre 1966 et 2013 par le très réputé Dale Clevenger.

Line Gingras
Québec

« Chicago bouche bée devant l’OM » : https://www.ledevoir.com/culture/musique/567408/chicago-bouche-bee-devant-l-om

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lundi 25 novembre 2019

Partagés entre sa langue maternelle et l'anglais

  • En d’autres mots, partagés entre sa langue maternelle, « marqueur d’une identité locale », et l’anglais, utilisé partout dans le monde, « marqueur d’une identité globale », on choisit la deuxième option, « cool et branchée ». Et ce, peu importe si on est francophones de souche ou d’adoption, anglophones de souche ou d’adoption, ou encore allophones de souche, les trois grands groupes linguistiques étudiés ici.
    (Francine Pelletier, dans Le Devoir du 20 novembre 2019.)

Le pluriel partagés n'est pas compatible avec l'adjectif ou déterminant possessif sa, qui renvoie à un possesseur singulier. Je suggérerais :

En d’autres mots, partagé entre sa langue maternelle, « marqueur d’une identité locale », et l’anglais, utilisé partout dans le monde, « marqueur d’une identité globale », on choisit la deuxième option, « cool et branchée ». Et ce, peu importe si on appartient aux francophones de souche ou d’adoption, aux anglophones de souche ou d’adoption, ou encore aux allophones de souche, les trois grands groupes linguistiques étudiés ici.

Line Gingras
Québec

« Une forme d'indifférence » : https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/567357/une-forme-d-indifference?utm_source=infolettre-2019-11-20&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

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samedi 23 novembre 2019

Notamment...

  • C’est le cas dans le Bas-Saint-Laurent : la désignation de sept sites est appuyée par les collectivités locales, notamment celui des monts Chic-Chocs.
    (Robert Dutrisac, dans Le Devoir du 16 novembre 2019.)

Il ne s'agit pas de la collectivité des monts Chic-Chocs, mais, comme l'indique le pronom celui, du site des monts Chic-Chocs. La phrase serait plus claire si l'on avait écrit :

C’est le cas dans le Bas-Saint-Laurent : la désignation de sept sites, notamment celui des monts Chic-Chocs, est appuyée par les collectivités locales.


  • Cette désignation faciliterait l’atteinte des objectifs de 2030 et permettait d’inclure des territoires légèrement « altérés » qui pourraient jouxter des aires strictement protégées.

Cette désignation faciliterait l’atteinte des objectifs de 2030 et permettrait d’inclure des territoires légèrement « altérés » qui pourraient jouxter des aires strictement protégées.

Line Gingras
Québec

« De calibre mondial » : https://www.ledevoir.com/opinion/editoriaux/567180/aires-protegees-de-calibre-mondial?utm_source=infolettre-2019-11-16&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

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vendredi 22 novembre 2019

Interpeller

Interpeller, désigner; usage.

  • Cette possibilité de choisir son nom ou son prénom est beaucoup plus répandue sur les campus américains. Les étudiants peuvent même choisir un pronom que les autres membres de la communauté universitaire doivent utiliser pour les interpeller : he, she, they, ou ze, par exemple.
    (Marco Fortier, dans Le Devoir du 16 novembre 2019.)

Interpeller une personne, ce n'est pas parler d'elle, mais s'adresser à elle « d'une façon plus ou moins brusque » (Grand Robert); on utilise donc un pronom de la deuxième personne (you en anglais, tu ou vous en français, sans distinction de sexe), et non pas de la troisième :

Valérien, tu es encore en retard!

Mademoiselle, pourriez-vous m'aider?

Il faudrait lire :

Cette possibilité de choisir son nom ou son prénom est beaucoup plus répandue sur les campus américains. Les étudiants peuvent même choisir un pronom que les autres membres de la communauté universitaire doivent utiliser pour les désigner : he, she, they, ou ze, par exemple.

Line Gingras
Québec

« Ni homme ni femme : "autre" » : https://www.ledevoir.com/societe/education/567162/ni-homme-ni-femme-autre?utm_source=infolettre-2019-11-16&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

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