Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

mercredi 17 septembre 2008

Un orateur et sa livraison

Livraison; livrer un discours; delivery; to deliver a speech; anglicisme.

  • Il ne sera jamais un tribun du calibre de Lucien Bouchard ou encore d’un Obama mais sa livraison est assez efficace pour lui permettre... (Chantal Hébert.)

Rien de ce que j'ai vu dans le Petit Robert, le Multidictionnaire, le Hanse-Blampain, le Lexis et le Trésor de la langue française informatisé n'autorise à employer livraison ou livrer pour parler du fait ou de la manière de prononcer un discours. Gérard Dagenais signale d'ailleurs que le verbe livrer n'évoque pas l'idée de «prendre la parole publiquement». La journaliste me semble avoir été influencée par l'anglais : on dit to deliver a speech; et mon Robert & Collins Super Senior propose de rendre his speech was interesting but his delivery dreary par son discours était intéressant mais son débit monotone.

Le Petit Robert attribue à débit, entre autres acceptions, celle de «manière d'énoncer, de réciter». Le Meertens propose de son côté plusieurs équivalents de delivery, notamment élocution, articulation, débit.

La phrase à l'étude pourrait se lire :

Il ne sera jamais un tribun du calibre de Lucien Bouchard ou encore d’un Obama, mais son débit est assez efficace pour lui permettre...

Line Gingras
Québec

«Le caucus libéral de Winnipeg (2)» : http://blogues.lactualite.com/hebert/?p=19

Posté par Choubine à 04:58 - Langue et traduction - Commentaires [5] - Permalien [#]

Commentaires

    Sa rhétorique?

    Posté par Yves Lanthier, mercredi 17 septembre 2008 à 06:01
  • Pourquoi pas livraison?

    Si on peut dire livrer un discours, pourquoi est-ce qu'on ne peut pas parler de sa livraison? L'auteur de la phrase en question a tout simplement utilisé la même logique qui relie livrer la marchandise à la livraison de la marchandise. C'est plutôt inusité ou rare mais est-ce vraiment une erreur?

    Posté par s_allard, mercredi 17 septembre 2008 à 08:54
  • Bonjour Yves,
    Sa rhétorique? Peut-être...

    Bonjour s_allard,
    Je ne pense pas qu'on puisse livrer un discours comme on livre une marchandise. Si cet emploi est un jour admis dans les dictionnaires, je m'inclinerai, bien sûr; d'ici là, je crois préférable, si l'on ne veut pas s'exposer à la critique, de rendre l'idée d'une manière qui ne semble pas calquée sur l'anglais.

    Posté par Choubine, mercredi 17 septembre 2008 à 17:47
  • Moi j'aurais pensé à une figure de style.
    Décidément je vais finir par connaître ce monsieur Bouchard.

    Posté par Rosa, jeudi 25 septembre 2008 à 11:01
  • Ah! mais Rosa, il ne s'agit pas du même : le monsieur Bouchard dont il est question dans un autre article, celui qui courtise les pentecôtistes, est un candidat conservateur (assez obscur à mes yeux). Celui auquel on fait allusion ici, Lucien Bouchard, a été chef du Bloc québécois, puis du Parti québécois - et premier ministre du Québec. C'est un excellent orateur, doté d'un grand charisme.

    Posté par Choubine, jeudi 25 septembre 2008 à 16:01

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