Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

dimanche 2 avril 2006

Refuser ou s'opposer à un compromis

Refuser ou s'opposer à; coordination de deux verbes n'ayant pas la même construction; grammaire française; syntaxe du français.

  • Faut-il refuser ou s'opposer à ce compromis et à cette solution boiteuse? Je ne le pense pas. (Gil Courtemanche.)

Comme le fait observer Grevisse dans Le bon usage (douzième édition, paragraphe 271, remarque 4), il est souhaitable, lorsque deux verbes coordonnés ont le même complément, qu'ils aient aussi la même construction. Or, le verbe refuser appelle un complément d'objet direct - on refuse un compromis, une solution -, alors que s'opposer se construit indirectement, avec la préposition à. Que faire dans ce cas?

En principe, on peut placer le ou les compléments après le premier verbe, et employer avec le second un pronom de rappel :

Faut-il refuser ce compromis et cette solution boiteuse, ou s'y opposer? Je ne le pense pas.

Cette façon de procéder ne convient pas ici, toutefois, parce que les deux verbes n'indiquent pas deux partis bien différents entre lesquels choisir, mais expriment plutôt l'hésitation de l'auteur, qui semble balancer entre deux quasi-synonymes; en les séparant, on insiste trop sur chacun des deux, alors qu'ils forment un tout. Il faudrait donc remplacer soit refuser, soit s'opposer par un équivalent qui se construise de la même façon que l'autre verbe (ça ne me paraît pas facile); ou encore ne garder que l'un des deux :

Faut-il s'opposer à ce compromis et à cette solution boiteuse? Je ne le pense pas.

À moins d'opter pour... :

Faut-il opposer un refus à ce compromis et à cette solution boiteuse? Je ne le pense pas.

Line Gingras

«Les défis de Préval» : http://www.ledevoir.com/2006/02/18/102377.html?338

Posté par Choubine à 06:10 - Langue et traduction - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

    Mieux vaut ne pas se compromettre.

    Posté par pointG, dimanche 2 avril 2006 à 07:04

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