Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

dimanche 26 mars 2006

Être pris en otage

En otage; comme otage; pour otage; être pris en otage; orthographe d'accord; grammaire française.

  • Les enlèvements sont monnaie courante en Irak et les Canadiens qui s'y rendent [...] ne peuvent pas ignorer qu'ils courent le risque d'être pris en otage... (Bernard Descôteaux.)

D'après les exemples que j'ai recueillis, otage (nom masculin, même lorsqu'il désigne une femme) varie toujours dans les expressions comme otage, pour otage :

Prisonniers retenus comme otages. (Petit Robert.)

Les pirates de l'air ont pris les passagers comme otages. (Lexis.)

On m'avait menacé, à cause de mon nom, d'arrêter mes parents comme otages... (Villiers de l'Isle-Adam, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

Prendre des femmes pour (ou comme) otages. (Hanse et Blampain.)

Les notables sont tenus pour otages. (Barrès, dans le Trésor.)

Hanse et Blampain notent cependant, sans expliquer pourquoi, que l'expression en otage «reste invariable dans» :

Les ennemis se firent donner des villes en otage. (Académie.)

Cet exemple est également consigné dans le Trésor, qui relève aussi une phrase de Bainville (1924) :

François Ier accepta le traité de Madrid, donnant ses deux fils en otage à son ennemi.

On trouve pourtant le pluriel, dans le Petit Robert :

Journalistes gardés en otages au Proche-Orient.

Peut-être, dans les exemples de l'Académie et de Bainville, en otage est-il invariable parce que les villes et les personnes dont il s'agit respectivement sont données en garantie?

Quoi qu'il en soit, j'écrirais que les Canadiens courent le risque d'être pris en otages.

Line Gingras

«Bonnes nouvelles» : http://www.ledevoir.com/2006/03/25/105267.html

Posté par Choubine à 04:14 - Langue et traduction - Commentaires [3] - Permalien [#]

Commentaires

    il serait encore mieux qu'il n'ai pas ce risque...

    Posté par diabolo_coco, mardi 28 mars 2006 à 01:39
  • Mouvements sociaux en France

    En otage.

    Je suis tout à fait heureuse de tomber sur vos explications circonstanciées et appuyées par les meilleurs ouvrages de grammaire. Cette semaine, depuis que le président français a dit " qu'une minorité [manifestants, grévistes et bloqueurs de dépôts de carburant] prenait les gens en otage" et que tous les journaux ont relayé la formule en une, je me suis demandé si otages prenait la marque du pluriel ou pas. Les journaux ont eu les mêmes hésitations puisque je vois que pour une formulation identique, les uns appliquent le pluriel et les autres, non. En France on préfère plutôt la version au singulier, en Suisse le pluriel domine, en Belgique... heu, je n'ai pas encore trouvé la phrase en question.

    Pour compléter votre article, j'apporte une petite contribution provenant du Larousse en ligne qui précise ceci, à partir de l'onglet "difficultés" :
    « Accord
    L'usage laisse otage au singulier dans l'expression en otage : les gangsters ont pris en otage trois clients de la banque ; mais : trois clients de la banque sont gardés comme otages. »

    CONCLUSION : il n'y a pas faute, qu'on l'écrive au singulier ou au pluriel (avec EN bien sûr).

    Posté par Assia, vendredi 22 octobre 2010 à 17:39
  • Merci, Assia! Les compléments de recherche sont toujours les très bienvenus.

    Posté par Choubine, vendredi 22 octobre 2010 à 20:19

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