Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

samedi 1 juillet 2017

C'est à lui qu'échoua cette tâche

Échoua, échoit, échut; échouer, échoir.

  • Ce n’est pas moi qui le dis, c’est l’historien français Pierre Nora, à qui échoua un jour la tâche de prononcer cet important discours.
    (Christian Rioux, dans Le Devoir du 30 juin 2017.)

Échoua est le passé simple du verbe échouer à la troisième personne du singulier :

Malade et mal préparé, il échoua à son examen.

Le paquebot s'échoua sur un écueil.

Pour dire qu'une tâche revient à quelqu'un, c'est plutôt le verbe échoir qu'il faut employer; à la troisième personne du singulier, 
celui-ci fait échoit au présent de l'indicatif, mais échut au passé simple :

C'est à elle qu'échoit aujourd'hui la tâche de prononcer ce discours.

Ce n’est pas moi qui le dis, c’est l’historien français Pierre Nora, à qui échut un jour la tâche de prononcer cet important discours.

Line Gingras
Québec

« De la vertu » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/502368/de-la-vertu

Traductrice agréée anglais-français, j'offre des services de révision comparative et de révision linguistique.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

Posté par Choubine à 23:36 - Langue et traduction - Commentaires [6] - Permalien [#]

Commentaires

    Échec

    Peut-être cette tâche fut-elle un échec qui fit tache, s'il en fût!

    Posté par Sylvain, dimanche 2 juillet 2017 à 19:35
  • S'il en fût, vraiment ?

    Bonjour,

    Écrire « C'est à lui qu'échoua cette tâche » dans un journal censé être de bonne facture – du moins au Québec, d'après ce que j'en sais – est vraiment risible, pour ne pas dire ridicule.

    Pour répondre au commentaire de Sylvain, la bonne orthographe est « s'il en fut » (fut sans accent circonflexe = passé simple et non imparfait du subjonctif, erreur courante). :)

    Posté par L'orthographiste, vendredi 21 juillet 2017 à 11:43
  • Faute bête

    Personne n'est à l'abri d'une faute bête... Par ailleurs, celle-ci a été corrigée depuis dans le site du « Devoir ».

    Posté par Choubine, vendredi 21 juillet 2017 à 12:38
  • Certes, l'erreur est humaine.

    Il reste que, soucieux de leur réputation, nombreux sont les grands journaux francophones qui se dotent de services de révision, ce qui est certainement une bonne idée, ne serait-ce que pour polir leur image sur la forme (syntaxe, grammaire et orthographe) de leurs articles.

    Or, à de rares exceptions près, la presse québécoise, dans son ensemble, ne brille pas vraiment par sa rigueur linguistique (niveau de langue général, anglicismes, orthographe grammaticale, etc.).

    Dernier exemple en date, relevé dans « La Presse », justement :
    « BMW a lui nié dimanche toute entente avec ses concurrents concernant les émissions de ses voitures diesel et affirmé qu'aucun de ses modèles n'avaient été manipulé. »

    http://auto.lapresse.ca/actualites/201707/24/01-5118789-das-kartell-a-cote-du-nouveau-scandale-allemand-le-dieselgate-serait-de-la-petite-biere.php

    Posté par L'orthographiste, lundi 24 juillet 2017 à 14:40
  • Ah, mais nos grands journaux sont eux aussi dotés de services de révision..., qui ne suffisent peut-être pas toujours à la tâche. De toute manière, certains journalistes tiennent à leurs anglicismes et emploient volontairement un niveau de langue peu relevé.

    Posté par Choubine, lundi 24 juillet 2017 à 14:52
  • Tout à fait d,accord.

    C'est d'ailleurs en partie là que le bât (bas ?) blesse... ;)

    Posté par L'orthographiste, lundi 24 juillet 2017 à 16:59

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