Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

vendredi 10 octobre 2008

Soustraire de la dégelée

Soustraire de, soustraire à; soustraire de quelque chose; soustraire à quelque chose; préposition; grammaire française; syntaxe du français.

  • Même le Bloc, à son plus fort, ne pourrait pas soustraire le Parti libéral de la dégelée qui semble l'attendre au tournant du scrutin. (Chantal Hébert.)

Soustraire, au sens de «faire échapper à ce à quoi on est exposé» (Petit Robert), s'emploie avec un complément second introduit par la préposition à, d'après la quasi-totalité des exemples que j'ai relevés dans les dictionnaires :

Rien ne peut vous soustraire à sa vengeance. (Lexis.)

Soustraire quelqu'un au danger. (Lexis.)

Un voile subtil qui leur permettrait de soustraire leur pensée à la curiosité indiscrète. (Duhamel, dans le Petit Robert.)

J'avais fait prendre les dispositions voulues pour soustraire le maréchal aux injures qui risquaient de l'assaillir. (De Gaulle, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

La préfecture a d'abord fait main basse sur les papiers du mort, avant l'arrivée du commissaire, et [...] elle les soustrait aux regards de tous. (Clemenceau, dans le Trésor.)

Ils se sont soustraits à cette obligation. (Multidictionnaire.)

Il avait déjà pris un empire extraordinaire sur elle et elle ne pensait plus à s'y soustraire. (Mérimée, dans le Petit Robert.)

Il s'agissait d'une région qui s'était soustraite à l'autorité d'un décret. (Aymé, dans le Lexis.)

Rebecca se sent incapable de se soustraire aux lois de la pesanteur. (Mandiargues, dans le Lexis.)

Le jeune officier la contemplait avec curiosité. Elle n'avait daigné ni l'encourager, ni se soustraire à ses regards. (Sand, dans le Trésor.)

Cette construction paraît de loin la plus courante, même si Gide a écrit :

C'est ce qui fait à Byron cette grandeur au moins, d'avoir cheminé solitaire, par tout le monde entier, portant partout le gigantesque ennui de sa solitude. Quelle folie me prenait de vouloir m'en soustraire? (Trésor.)

J'emploierais donc la préposition à dans la phrase à l'étude :

Même le Bloc, à son plus fort, ne pourrait pas soustraire le Parti libéral à la dégelée qui semble l'attendre au tournant du scrutin.

Line Gingras
Québec

«Semaine 3 - Naufrage libéral appréhendé» : http://www.ledevoir.com/2008/09/27/207826.html

Posté par Choubine à 00:59 - Langue et traduction - Commentaires [4] - Permalien [#]

Commentaires

    C’est l'occasion de remarquer qu'il y a quelque chose de mallarméen dans l'écriture de Gide, ou peut-être de valéryien, plume que je connais moins.
    Cela pourrait expliquer sa licence ici.

    Posté par Yves Lanthier, vendredi 10 octobre 2008 à 12:50
  • Grandes manoeuvres électorales au Canada ?
    Qu'est ce que le "bloc québécois" ?
    Un parti politique ?

    Posté par Rosa, vendredi 10 octobre 2008 à 17:28
  • En effet, Rosa : élections mardi prochain. Le Bloc québécois est un parti politique souverainiste qui s'est donné pour mission de défendre les intérêts du Québec à Ottawa, tant que notre province demeure au sein de la confédération canadienne. Bien entendu, ce parti existe uniquement au Québec...

    Posté par Choubine, vendredi 10 octobre 2008 à 18:20
  • Merci Choubine, je suivrai les résultats.

    Posté par Rosa, samedi 11 octobre 2008 à 16:32

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