Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

lundi 10 mars 2008

Profiter que

Profiter que; profiter de ce que; grammaire française; syntaxe du français.

  • Kovalchuk a profité que Bégin n'avait plus de bâton... (Robert Laflamme, PC.)

Le Multidictionnaire signale que le verbe profiter, au sens de tirer avantage de, s'emploie « avec la préposition de suivie d'un nom ou avec la locution conjonctive de ce que suivie de l'indicatif » :

Elle a profité de ce qu'il pleuvait pour étudier. (Multidictionnaire.)

Les enfants ont profité de ce que nous n'étions pas là pour faire des bêtises. (Lexis.)

Pourquoi ne pas profiter de ce que vous êtes riches? (Hugo, dans le Petit Robert.)

Je profitai de ce que la duchesse changeait de place pour me lever aussi. (Proust, dans le Hanse-Blampain.)

Selon le Petit Robert (2007) et le Trésor de la langue française informatisé, la construction profiter que est populaire et fautive :

... elle profita que nous demeurions loin, pour rentrer de plus en plus rarement à la maison. (Céline, dans le Trésor.)

Nous devrions profiter qu'ils sont encore là pour nous débarrasser des communistes. (Vailland, dans le Trésor.)

Hanse et Blampain, après avoir affirmé : « Il est certain que l'usage recommande profiter de ce que », font observer : « Profiter que est étrangement condamné comme populaire et donc à éviter, alors qu'on recommande avertir que, informer que, etc. »

Un texte d'information devant être rédigé dans une langue soutenue, il aurait fallu écrire :

Kovalchuk a profité de ce que Bégin n'avait plus de bâton...

Line Gingras
Traductrice indépendante
Québec

« Chris Higgins marque deux fois dans la victoire de 5-1 du Canadien » : http://www.canoe.com/sports/nouvelles/archives/2008/02/20080226-222132.html

Posté par Choubine à 23:59 - Langue et traduction - Commentaires [5] - Permalien [#]

Commentaires

    Choubine, fautive ou erronée ?
    Fautive n'est-il pas conoté moralement ?

    Posté par Rosa, mardi 11 mars 2008 à 08:36
  • "Fautive" n'appartient-il pas au langage moral ?
    Tu veux nous culpabiliser Choubine d'autant que c'est une faute que je fais souvent en parlant...

    Posté par Rosa, mardi 11 mars 2008 à 09:54
  • ...de ce que...

    Ici, je préfère : Kovalchuk a profité du fait que Bégin n'avait plus de bâton... ou : Bégin n'ayant plus de bâton, Kovalchuk en a profité...

    Posté par Gilles1949, mardi 11 mars 2008 à 12:29
  • Rosa, «fautive» peut effectivement rendre une idée de culpabilité, mais il «se dit aussi des choses qui renferment des fautes, des erreurs, qui constituent une faute». (Hanse-Blampain; l'ouvrage donne comme exemples «Une citation fautive», «Une expression fautive».) Et je lis dans le «Petit Robert», au sujet de «profiter que» : «POP. (fautif)»

    Gilles, les solutions que tu proposes sont excellentes.

    Posté par Choubine, mardi 11 mars 2008 à 15:12
  • Désolée d'avoir posté deux fois le même commentaire mais il a dû être long à enregistrer.

    Posté par Rosa, mardi 11 mars 2008 à 19:34

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