Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

mercredi 26 juillet 2006

Les soldats sont imputables de leurs actes

Imputable; être imputable de ses actes; imputable appliqué à une personne ou à un groupe de personnes; usage.

  • Il serait en tout cas très étonnant que le président Bush accepte que les soldats américains soient imputables des actes qu'ils commettent sur le sol irakien et soient traduits devant les tribunaux irakiens. (Serge Truffaut.)
  • On se souviendra que, depuis l'offensive en Afghanistan, la position de l'administration n'a jamais changé : tout militaire américain est imputable devant la loi américaine.

Imputable veut dire «qui doit être attribué à quelqu'un, à quelque chose» (Multidictionnaire). Synonyme d'attribuable, il s'applique seulement à des choses, comme le montrent les nombreux exemples relevés dans les dictionnaires :

Accident imputable à quelqu'un (Petit Robert), au manque de sécurité (Trésor de la langue française informatisé).

Une faute imputable à la négligence. (Hanse et Blampain.)

Il n'y a là qu'un retard imputable à des défauts de transmission. (De Gaulle, dans le Lexis.)

L'insuccès ne pouvait être expliqué à ses yeux que par quelque faute très grave imputable à ses chefs. (Sorel, dans le Trésor.)

Ces abus ne sont imputables qu'à la mauvaise administration du pays. (Académie, dans le Trésor.)

Ce premier succès [...] était également imputable à la fermeté du commandement... (Joffre, dans le Trésor.)

L'attitude des Anglais dans l'affaire de Madagascar est, selon lui, imputable aux seuls militaires. (De Gaulle, dans le Trésor.)

Marie-Éva de Villers signale que l'on commet une impropriété en parlant de l'imputabilité d'un gestionnaire, d'un fonctionnaire, etc., au sens d'«obligation de rendre compte, reddition de comptes, responsabilité».

Une personne n'est pas imputable de ses actes, mais elle en est responsable; elle doit en rendre compte.

Line Gingras

«Sauver les apparences» : http://www.ledevoir.com/2006/07/26/114470.html

Posté par Choubine à 03:13 - Langue et traduction - Commentaires [6] - Permalien [#]

Commentaires

    c'est fou ce que l'on appprend ici, tous les jours un peu plus !!!
    Vraiment intéressant comme blog à recommander !

    Posté par Xavier, mercredi 26 juillet 2006 à 03:40
  • Encore ! après tout le tintouin qui a été fait au moment de la constitution du gouvernement Harper, la leçon n'a pas été retenue...

    Posté par Dominique, mercredi 26 juillet 2006 à 05:50
  • Bisous et merci
    Prends bien soin de toi par cette chaleur.

    Posté par Pralinette, mercredi 26 juillet 2006 à 08:11
  • Merci, Xavier et Pralinette.
    Ah! Pralinette, à Québec nous avons de la chance : il a fait très chaud pendant quelque temps, mais depuis plusieurs jours maintenant c'est frais, quoique pas très ensoleillé. La chaleur monte, toutefois... Je déchanterai peut-être demain!
    Dominique, c'est exactement la réflexion que je me suis faite. La leçon n'a pas été retenue ou n'a pas été comprise, semble-t-il. Et de trouver l'emploi en question repris, dans un autre contexte, par un éditorialiste du "Devoir"...

    Posté par Choubine, mercredi 26 juillet 2006 à 14:21
  • intérêt

    oui c'est un enseignement impec
    bise Choubine

    Posté par feuilllle, mercredi 26 juillet 2006 à 18:06
  • En tout cas, les soldats américains sont responsables des actes qui leur sont imputés...

    Posté par Baïlili, mercredi 26 juillet 2006 à 21:38

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