Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

mercredi 1 février 2006

Une initiative citoyen

Citoyen; initiative citoyenne; initiative citoyen; citoyen, adjectif variable; citoyen, adjectif invariable; répétition de la préposition de.

  • Entre-temps, les carnetiers du Québec y vont de coups de coeur, de coups de gueule, au gré de l'actualité et de leur quotidien personnel et professionnel. Tantôt pour parler d'un projet de loi, _ une initiative citoyen, du commerçant du coin ou tout simplement, de son voisin. (Bruno Guglielminetti.)

D'après le Petit Robert, citoyen peut s'employer comme adjectif au sens de «relatif à la citoyenneté, à l'esprit civique» :

L'entreprise citoyenne (c'est-à-dire «qui a un rôle à jouer dans la société»).

De toute évidence, ce n'est pas un adjectif invariable.

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La préposition de, comme les prépositions à et en, se répète en général devant chacun des éléments d'une énumération; dans le cas présent, elle introduit déjà les trois autres compléments du verbe parler...

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Il semblerait qu'on ait travaillé un peu vite, ici.

Monsieur Guglielminetti écrit encore : «[...] contrairement aux journalistes et aux médias qui les emploient chez nous, les carnetiers n'ont pas de code d'éthique, pas de politique de rédaction, pas de Conseil de presse ou d'ombudsman qui les surveillent pour les ramener dans le droit chemin.»

Pas de code d'éthique? Pas de politique de rédaction? Au moins, j'ai mes dictionnaires; et me sachant faillible, je me relis.

Line Gingras

«Technologie: Quand les blogueurs jouent dans les plates-bandes des communicateurs» : http://www.ledevoir.com/2006/01/30/100866.html?338

Posté par Choubine à 01:18 - Langue et traduction - Commentaires [7] - Permalien [#]

Commentaires

    L'emploi comme adjectif de « citoyen » à tout propos a le don de m'énerver un tantinet : http://champignac.hautetfort.com/archive/2005/10/27/voitures-voiture-es-votez-pour-moi.html
    (suivre aussi le rétrolien présent dans le billet pour les questions de sens).

    Posté par Dominique, mercredi 1 février 2006 à 10:14
  • Bizarre, j'ai posté un commentaire, on me dit qu'il est enregistré, mais il n'apparaît pas !

    2e tentative. je disais : "pas de code d'éthique, pas de politique de rédaction" ?

    Bruno oublie de dire qu'on n'est pas salarié, nous.

    Et puis c'est pas chic de généraliser comme ça. Il n'est pas payé pour faire preuve d'objectivité et de rigueur ?? (mouaahh, pratique la mauvise foi, tu croâs ?)

    Posté par l'espiègle, mercredi 1 février 2006 à 12:03
  • La vertu est à la mode

    Bonjour Dominique,

    Ça m'agace un peu aussi; même si l'emploi que je cite est admis dans le dictionnaire (l'adjectif doit cependant s'accorder en genre et en nombre), il n'est pas bon d'en abuser. Mais c'est une épithète qui confère un tel air de vertu à la chose ainsi qualifiée! J'attends également avec impatience les innovations, disons, "technolinguistiques" que tu proposes.

    Posté par Choubine, mercredi 1 février 2006 à 12:55
  • La conscience des blogueurs

    Salut l'espiègle,

    Je dois préciser que le journaliste, tout de même, nous reconnaît à chacun une conscience. Et qu'il se limite à affirmer, prudemment, qu'"il arrive que certains carnetiers dérapent dans leurs commentaires". Je pense qu'il n'a pas tort là-dessus, mais je souhaiterais qu'il poursuive son exploration de la blogosphère.

    Une idée qui me vient à l'esprit et que je lance comme ça, à tout hasard : Peut-être une association de journalistes pourrait-elle envisager de tenir des ateliers - sur les questions d'éthique, par exemple - à l'intention des blogueurs? Peut-être même pourrait-elle songer à les admettre dans ses rangs, au sein d'une catégorie à part?

    Posté par Choubine, mercredi 1 février 2006 à 13:10
  • La question de la netiquette revient, mais elle vieille et elle a été déjà été donnée pour les listes de diffusion, les forums (Usenet ou en ligne), les salons de clavardagage, etc. Seulement, il faut distinguer dans le cas des blogues deux choses je crois : d'une part l'auteur du blogue qui est un éditeur, d'autre part les commentateurs qui sont des invités. Un billet (ou note, ou article) n'est pas un commentaire et comme je ne fréquente guère que des blogues de bon goût je ne vois que très rarement des dérapages dans les billets. En revanche, il y a de tout dans les commentaires : du sublime ou touchant au plus nauséabond. Et cela n'a rien à voir avec la qualité du billet, mais avec une foule d'autres choses comme la réputation de l'auteur (jeter un œil sur le blogue d'Assouline pour voir comment la fange de la Toile est venue s'inscruster autour de son nom) et puis de sa manière de gérer l'espace de discussion qu'il réserve aux autres. Mélanger billets et commentaires, nommer tout blogueurs, c'est la pente dangereuse vers les amalgames. Je suis aussi blogueur puisque j'ai mon blogue ailleurs, mais ici je suis un invité, un commentateur. Cette hiérarchie me semble importante. (Et à part ça, je suis partisan de la censure des commentaires parce que je connais les responsabilités d'un éditeur...)

    Posté par Dominique, mercredi 1 février 2006 à 14:50
  • Journalistes et blogueurs ont à apprendre les uns des autres

    Merci, Dominique, pour tes observations très pertinentes.

    J'ai, moi aussi, l'impression que le journaliste emploie "commentaires" au sens large, alors que, lorsqu'il s'agit de blogues (ou carnets Web), ce terme désigne plus précisément les réactions suscitées par tel ou tel billet particulier. Et tu as raison, les personnes qui rédigent des commentaires dans les blogues ne sont pas nécessairement des blogueurs (ou carnetiers).

    J'aimerais en savoir davantage sur le travail de journaliste et sur les principes qui le guident. J'aimerais aussi que les journalistes - du moins ceux qui s'aventurent à parler des blogues - se donnent la peine de mieux explorer cet univers où il y a sans doute du meilleur et du pire (comme toi, j'en connais surtout le meilleur), mais qui demeure d'une richesse extraordinaire.

    Posté par Choubine, mercredi 1 février 2006 à 16:32
  • On a eu une illustration récemment avec l'affaire Garfieldd que j'ai évoquée dans mes billets « Problèmes de lecture ». Un journaliste de Libération avait mélangé plusieurs choses à la fois. Garfieldd avait une rubrique « La requête Google à la con du jour » et il avait consacré un billet aux idioties et aux saletés qui avaient mené à son blogue. Le journaliste a pris ces expressions comme les fantasmes des lecteurs alors que c'était des mots clés. Je suis attentif lorsque je lis un journal ou que j'écoute une émission à la hiérarchie de l'information. Une erreur dans la titraille ou dans le ventre, c'est plus grave que dans le corps d'un entrefilet. Un point de vue extérieur, ce n'est pas un éditorial. Une chronique, ce n'est pas des faits. Les blogues ont une architecture particulière, mais pour beaucoup de gens cela ne se distingue pas encore assez nettement des forums puisque c'est un produit hybride, mi-site classique malgré le système de classement antechronologique, mi-forum modéré (mais les commentaires ne sont pas indispensables aux blogues). La richesse des blogues n'est pas encore perçue parce que dans la tête de beaucoup de personnes cela s'apparente encore trop à l'échange de messages (en mélangeant un peu tout et n'importe quoi, le courriel, le clavardage, les forums). Mais quand je vois ou j'écoute mes blogues habituels, je retrouve la même mine d'informations et de découvertes que lorsque je débutais sur Usenet avec l'aspect ouvert de l'espace des commentaires. On en est aux débuts d'un changement, mais il y a aussi toutes les représentations fausses à combattre comme le blogue d'ado ou de vieil ado qui ne sont pas du tout représentatifs.

    Posté par Dominique, jeudi 2 février 2006 à 05:22

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