Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

jeudi 2 février 2006

Une représentation fidèle des différences

Être fidèle de quelque chose; être fidèle à quelque chose; être fidèle à ou de quelque chose; grammaire française; syntaxe du français.

  • Il est plutôt rassurant de constater que la représentation politique soit* plus fidèle des différences profondes qu'on constate sociologiquement entre Montréal et le reste du Québec. (Denise Bombardier.)

Le substantif fidèle se rencontre avec la préposition de :

Les fidèles de l'Église catholique. (Multidictionnaire.)
C'est un fidèle des concerts du samedi. (Lexis.)

Bien entendu, cet emploi est très différent de celui qui nous intéresse, lequel correspond plutôt à la définition suivante : «Qui est conforme à la réalité, à un modèle, à un original, etc.» (Trésor de la langue française informatisé.) L'adjectif fidèle, dans cette acception, peut s'utiliser seul :

Une traduction fidèle n'a pas à être inélégante.

On le trouve aussi avec un complément, introduit par la préposition à :

Le film est fidèle au roman dont il a été tiré. (Petit Robert.)
Réalisation fidèle à la conception de l'auteur. (Petit Robert.)

Ou encore avec un complément du nom, amené par la préposition de :

La reproduction fidèle du propos qui lui fut tenu par un membre du conseil de guerre. (Clemenceau, cité par le Trésor.)

Dans le passage à l'étude - constater que la représentation politique soit* plus fidèle des différences profondes -, différences n'est pas complément du nom représentation, dont il est séparé par le verbe être; il fait partie du groupe attribut, dont fidèle est le noyau. Il faudrait donc la préposition à. Il me semble toutefois que l'idée gagnerait à être exprimée un peu différemment; je proposerais :

Il est plutôt rassurant de constater que la représentation politique reflète mieux les différences profondes qu'on remarque sociologiquement entre Montréal et le reste du Québec.

Line Gingras

* Je parlerai de l'emploi du subjonctif après le verbe constater dans un prochain billet.

«Deux Québec» : http://www.ledevoir.com/2006/01/28/100752.html?338

Posté par Choubine à 02:36 - Langue et traduction - Commentaires [0] - Permalien [#]

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