Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

mercredi 18 janvier 2006

Après que

Après que + subjonctif; après que + indicatif; choix du mode avec la locution conjonctive après que.

  • Il semble que bien des positions ont changé après que les uns et les autres aient réalisé que s'aliéner la troisième puissance pétrolière du monde était contraire à leurs intérêts. (Serge Truffaut.)

Au contraire d'avant que, qui appelle le subjonctif, la locution conjonctive après que signale un fait accompli, passé par rapport au verbe dont elle introduit le complément. C'est pourquoi, selon les auteurs* des ouvrages de difficultés que j'ai consultés sur la question, elle doit être suivie de l'indicatif ou du conditionnel :

Longtemps après que les poètes ont disparu... (Charles Trenet, cité par le Multidictionnaire.)

Il affirma qu'il nous apporterait son aide, mais seulement après que nous aurions donné des garanties. (Girodet.)

Line Gingras

* De Villers, Hanse et Blampain, Colin, Berthier et Colignon, Girodet, Thomas.

"L'imbroglio iranien" : http://www.ledevoir.com/2006/01/18/99929.html

Posté par Choubine à 01:00 - Langue et traduction - Commentaires [7] - Permalien [#]

Commentaires

    J'aime beaucoup le commentaire de Rodrigo Reyes sur ce sujet, en réponse au dogmatique (P.Deschamp):
    http://www.langue-fr.net/index/A/apres-que.htm

    Posté par vivien, vendredi 15 février 2008 à 05:35
  • Vous trouverez peut-être divertissante, en ce cas, la lecture des commentaires touchant mon billet sur «bien que» :

    http://chouxdesiam.canalblog.com/archives/2006/01/04/1184460.html

    Posté par Choubine, vendredi 15 février 2008 à 05:58
  • alors ça, c'est la faute classique !

    Posté par phil, mercredi 18 janvier 2006 à 12:37
  • J'oserais presque dire... une valeur sûre!

    En fait, je lis dans le Hanse-Blampain, à la fin de l'article sur le sujet (les auteurs commencent leur exposé sur un ton plutôt catégorique en rappelant que la locution "réclame l'indicatif dans tous les cas") : "L'indicatif est certainement à recommander, mais l'on ne taxera pas d'ignorance ceux qui, influencés par un large usage écrit et oral, emploient le subjonctif."

    Posté par Choubine, mercredi 18 janvier 2006 à 18:14
  • Prendre aussi conscience qu'on ne réalise pas

    Reprise de la phrase : «Il semble que bien des positions ont changé après que les uns et les autres aient réalisé que s'aliéner la troisième puissance pétrolière du monde était contraire à leurs intérêts.» (Serge Truffaut.) Outre le subjonctif mal venu après «après que», il y a aussi le choix critiquable du verbe. «Réaliser», dans le sens correct, signifie rendre réel, opérer, concrétiser. L'emploi du verbe dans le sens de comprendre, se rendre compte, est un anglicisme qu'il vaut mieux éviter.

    Posté par Astrocenseur, lundi 31 août 2009 à 13:48
  • Réaliser

    En effet, l'emploi de «réaliser» au sens de «comprendre», «se rendre compte» est attribuable à l'influence de l'anglais. Personnellement, je me refuse à l'adopter; le «Petit Robert» (2007) le signale d'ailleurs comme critiqué.

    Marie-Éva de Villers écrit toutefois, dans la quatrième édition du «Multidictionnaire» : «Cet emploi calqué sur l'anglais a été critiqué, mais il est maintenant passé dans l'usage.»

    Posté par Choubine, lundi 31 août 2009 à 15:02
  • On le sait mais on fait la faute quand même...

    L'usage de la langue est surtout oral: et l'académie française accepte un usage oral de après que + subjonctif à l'oral même si le subjonctif est rarement utilisé dans la langue parlée. A l'écrit, l'indicatif est obligatoire, par contre... c'est une question de cohérence avec la valeur modale du subjonctif, mode de la représentation mentale. Si le fait est accompli, on ne peut pas se le représenter, c'est donc de l'indicatif. C'est pourquoi à l'écrit la tolérance n'existe pas!

    Posté par Octocolombus, mardi 25 septembre 2007 à 17:52

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