Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

jeudi 29 juin 2006

Faire, verbe substitut

Faire remplaçant un autre verbe; grammaire française; syntaxe du français.

  • Il est vrai qu'en chiffres absolus les dépenses militaires canadiennes ont sensiblement diminué depuis la fin de la guerre froide. Tous les pays de l'OTAN l'ont fait, à commencer par les États-Unis. (Bernard Descôteaux.)

Oui, bien entendu, le verbe faire peut se substituer à un autre verbe qui précède, pour en éviter la répétition. Encore faut-il que les deux membres de phrase puissent être mis en parallèle :

Il est vrai qu'en chiffres absolus le Canada a sensiblement diminué ses dépenses militaires depuis la fin de la guerre froide. Tous les pays de l'OTAN l'ont fait, à commencer par les États-Unis.

Line Gingras

Voir aussi : http://chouxdesiam.canalblog.com/archives/2006/07/06/2242136.html

«Ce n'est qu'un début» : http://www.ledevoir.com/2006/06/28/112517.html

Posté par Choubine à 02:03 - Langue et traduction - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

    Emploi substitutif du verbe "faire"

    « Dans la proposition comparative, pour éviter une répétition, on peut remplacer par le verbe “faire” le verbe du premier terme de la comparaison :
    “Charles XII voulait braver les saisons comme il faisait ses ennemis.”
    En pareil cas, le verbe “faire” prend le sens même et aussi la construction du verbe auquel il est substitué. »
    (Grammaire de l'Académie française, chapitre La phrase ; Éditions Firmin-Didot et Cie, Paris, 1932, page 237.)

    « On l'attend comme les moines font l'abbé ; c'est-à-dire en se mettant à table et commençant toujours à dîner. »
    (Proverbe cité par Littré à l'article “attendre”.)

    « Je ne me trouve plus belle comme je faisais. »
    (Jean de la Fontaine, "Les Amours de Psyché et de Cupidon", livre II ; Charles Bertrand éditeur, Paris, 1970, page 134.)

    « Il craint aussi peu les coups qu'il fait la pluie. »
    (Antoine Furetière, "Furetiriana, ou Les bons mots et les remarques, histoires de morale, de critique, de plaisanterie et d'érudition" ; Chez Thomas Guillain, Paris, 1696, page 205.)

    « Le remède y plaît moins que ne fait le poison. »
    (Antoine Godeau, "Poésies chrétiennes", Sonnet sur la comédie ; Pierre le Petit, Paris, 1660, page 464.)

    Il n'est pas inutile de faire observer que si “faire”, ainsi employé, est à un temps composé, c'est la forme verbale tout entière, c'est-à-dire avec son auxiliaire “avoir”, qu'on substitue, et non pas seulement le participe ; il n'importe donc pas que le verbe substitué doive, au même temps composé, se conjuguer avec “être”.
    « Je résolus de m’attacher au marquis plus que je n’avais fait à aucun de mes maîtres. »
    (Lesage, “Histoire de Gil Blas de Santillane”, livre VII, chap. 9.)

    Posté par Maginhard, dimanche 2 octobre 2011 à 19:45

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