Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

mardi 23 mai 2006

Une personne de mes connaissances

De mes connaissances; de ma connaissance; usage.

  • Cette semaine, un homme de mes connaissances a confié avoir connu «un drame». (Denise Bombardier.)

Le mot connaissance peut désigner une personne que l'on connaît :

Le maire est une de ses connaissances. (Multidictionnaire.)

Un ami, c'est beaucoup dire. Une ancienne connaissance tout au plus. (Duhamel, dans le Lexis.)

Cet homme est une vieille connaissance que j'ai retrouvée avec plaisir. (Hanse et Blampain.)

J'ai relevé par ailleurs la locution adjectivale de connaissance, signifiant «que l'on connaît», «bien connu» :

Se trouver en pays de connaissance.

Une personne, un visage de connaissance. (Petit Robert.)

Il était d'usage, à la sortie de la messe «du château» - la messe chic - de stationner dans la cour d'honneur, et d'y saluer les personnes de connaissance. (Martin du Gard, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

Dans le même ordre d'idées, le Petit Robert et le Trésor consignent le tour de (+ adjectif possessif) connaissance :

Ce n'est pas quelqu'un de ma connaissance. (Petit Robert.)

Dix ou douze personnes de ma connaissance ont eu de longues fièvres intermittentes. (Brillat-Savarin, dans le Trésor.)

Je n'ai vu cette expression qu'au singulier.

* * * * *

  • S'éloigner du sens des mots, c'est également se rapprocher de l'insignifiance, c'est devenir insensé. En sursaturant le discours d'épithètes et d'adverbes, on contribue hélas à vider les mots de leur sens, une autre façon de mettre en échec la pensée. Quant on trouve tout «effrayant», où alors se trouve l'effroi?

Elle n'a pas tort, madame Bombardier - quoique effrayant soit admis, dans le Petit Robert, au sens d'«extraordinaire, extrême» (cet emploi est donné comme familier); ajoutons qu'il faut être attentif à ne pas confondre quand et quant.

Line Gingras

«L'outrance verbale» : http://www.ledevoir.com/2006/05/20/109669.html

Posté par Choubine à 00:04 - Langue et traduction - Commentaires [0] - Permalien [#]

Commentaires

Poster un commentaire