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Choux de Siam
4 avril 2008

Aller sous presse

Aller sous presse; mettre sous presse; to go to press; calque de l'anglais.

  • Au moment d’aller sous presse... (Matthieu Boivin, dans Le Soleil.)

D'après le Multidictionnaire, le Chouinard et le Colpron, aller sous presse est le calque de to go to press; il faudrait dire mettre sous presse.

Line Gingras
Traductrice indépendante
Québec

« Incendie au Manège militaire : le feu aux portes du Vieux-Québec » : http://www.cyberpresse.ca/article/20080404/CPSOLEIL/80405004/5019/CPSOLEIL

2 avril 2008

Tant que les chances seront nulles

  • ... et de faire des recherches plus poussées avec l'aide de la Marine, tant que le corps du pêcheur manquant, Carl Aucoin, n'aura pas été repêché ou que les chances seront jugées nulles de le retrouver. (PC.)

Il est question de poursuivre les recherches, tant que les chances seront jugées nulles de le retrouver? Allons donc. On a plutôt voulu dire :

... tant que le corps du pêcheur manquant, Carl Aucoin, n'aura pas été repêché ou qu'il restera des chances de le retrouver.

... jusqu'à ce que le corps du pêcheur manquant, Carl Aucoin, soit repêché ou que les chances soient jugées nulles de le retrouver.

Line Gingras
Traductrice indépendante
Québec

« Tragédie des Îles : témoignages émouvants » : http://www.cyberpresse.ca/article/20080402/CPACTUALITES/80402219/6730/CPACTUALITES

30 mars 2008

Histoire de modes

  • Je déteste la télévision quand elle joue au sépulcre blanchi et que, sous prétexte « qu'il faut que ces choses soient montrées », elle me les mette sur la table pendant mon souper. (Lise Payette.)

La conjonction que est employée ici pour éviter la répétition de quand; elle doit donc être suivie de l'indicatif. C'est comme si l'on écrivait :

Je déteste la télévision quand elle me met ces choses sur la table pendant mon souper.

On aurait pu choisir une autre formulation :

Je déteste que la télévision joue au sépulcre blanchi et que, sous prétexte « qu'il faut que ces choses soient montrées », elle me les mette sur la table pendant mon souper.

Cela reviendrait à dire :

Je déteste que la télévision me mette ces choses sur la table pendant mon souper.

Le verbe détester, en raison de sa valeur affective, entraîne l'emploi du subjonctif dans la proposition conjonctive complément d'objet direct.

Line Gingras
Traductrice indépendante
Québec

« La télévision, un sépulcre blanchi » : http://www.ledevoir.com/2008/03/28/182425.html

24 mars 2008

Se scandaliser que

Se scandaliser que + indicatif; se scandaliser que + subjonctif; se scandaliser que, choix du mode; grammaire française.

  • Lisa Stewart s'est scandalisée que le Service correctionnel du Canada traitait son frère comme un «détenu de sécurité minimum». (Catherine Handfield, dans La Presse; il est question d'un parricide qui s'est évadé.)

J'ai trouvé un seul exemple utile, dans les dix ouvrages consultés :

Elle s'est scandalisée que personne n'ait protesté. (Petit Robert.)

J'emploierais également le subjonctif dans la phrase qui nous occupe, étant donné que se scandaliser exprime un sentiment :

Lisa Stewart s'est scandalisée que le Service correctionnel du Canada ait traité son frère comme un «détenu de sécurité minimum».

Line Gingras
Traductrice indépendante
Québec

«Meurtrier évadé à Laval : sa famille a peur» : http://www.cyberpresse.ca/article/20080322/CPACTUALITES/803220689/1019/CPACTUALITES

23 mars 2008

L'être ou ne pas l'être - mais quoi, au juste?

  • Sans connaître le coréen, il est facile de saisir la trivialité de l'émission aperçue au petit écran et dans laquelle l'animateur interpellait, avec force courbettes, une dame d'un âge certain déguisée en jeunette, lourdement maquillée et qui, pour le plaisir évident d'un public criard, acceptait de se déhancher gauchement au rythme d'une musique tonitruante sous les rires entendus de l'auditoire en studio. Si dépaysement il y a, c'est bien celui de ne pas l'être à 20 heures d'avion de Montréal. (Denise Bombardier.)

Être ou ne pas être... dépaysement?

Je ne vois pas ce que le pronom l' peut bien représenter, si ce n'est l'adjectif dépaysé, que la chroniqueuse n'a cependant pas employé. Elle aurait pu écrire :

Si dépaysement il y a, c'est bien parce qu'on n'est pas dépaysé, à 20 heures d'avion de Montréal.

Line Gingras
Traductrice indépendante
Québec

« Voyage à l'ère planétaire - 4 » : http://www.ledevoir.com/2008/03/22/181792.html

30 décembre 2019

Après avoir...

  • [...] la personne morale peut continuer ses activités après avoir changé son équipe de direction, payer une amende et instaurer de nouvelles pratiques irréprochables.
    (Robert Dutrisac, dans Le Devoir du 20 décembre 2019.)

Je crois comprendre que la personne morale peut continuer ses activités après avoir fait trois choses :

[...] la personne morale peut continuer ses activités après avoir changé son équipe de direction, payé une amende et instauré de nouvelles pratiques irréprochables.

Line Gingras
Québec

« SNC-Lavalin : personne amorale » : https://www.ledevoir.com/opinion/editoriaux/569522/snc-lavalin-personne-amorale?utm_source=infolettre-2019-12-20&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

6 novembre 2019

Nécessairement?

  • La motion, qui a donc été adoptée, stipule que la réforme du ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, « [mine] la réputation internationale du Québec [et nuit] à sa capacité d’attraction et de rétention des talents nécessairement à la croissance économique ». Elle exige que Québec annule sa réforme.
    (Hugo Pilon-Larose dans le site de La Presse, le 6 novembre 2019 à 18 h 28.)

J'espère que les députés n'ont pas adopté cette motion telle quelle, et que le texte a simplement été mal cité. D'après ce que je peux voir, il faudrait lire :

« [...] sa capacité d'attraction et de rétention des talents nécessaires à la croissance économique ».

Line Gingras
Québec

« Une motion pour le retrait de la réforme en immigration adoptée » : https://www.lapresse.ca/actualites/politique/201911/06/01-5248626-une-motion-pour-le-retrait-de-la-reforme-en-immigration-adoptee.php

8 novembre 2019

Un Halloween? Une Halloween?

Un Halloween ou une Halloween; joyeux Halloween ou joyeuse Halloween; masculin ou féminin; genre.

  • Récit d'un Halloween rebelle.
    (Alexis Riopel avec Marco Bélair-Cirino, dans Le Devoir du 1er novembre 2019.)

D'après ce que je vois dans le Robert, le Multidictionnaire et la Banque de dépannage linguistique de l'Office québécois de la langue française, Halloween, qu'on l'écrive avec une majuscule ou une minuscule, est un nom féminin. Il faudrait lire :

Récit d'une Halloween rebelle.

  • « Ce qui nous dérange, c’est que la Ville nous a dit quoi faire », explique une dame à la perruque bleu et à l’imperméable jaune.

« Ce qui nous dérange, c’est que la Ville nous a dit quoi faire », explique une dame à la perruque bleue et à l’imperméable jaune.

Line Gingras
Québec

« Récit d’un Halloween rebelle » : https://www.ledevoir.com/societe/566124/recit-d-un-halloween-rebelle?utm_source=infolettre-2019-11-01&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

8 octobre 2019

Trop vite écrit, trop vite publié

  • Poussé au bord du gouffre par la « médisance » et les « railleries » de sa conjointe, Ugo Fredette l’a poignardé et s’est enfui avec un enfant de six ans.
    (Louis-Samuel Perron dans le site de La Presse, le 26 septembre 2019; texte lu dans la soirée du 26.)

Poussé au bord du gouffre par la « médisance » et les « railleries » de sa conjointe, Ugo Fredette l’a poignardée et s’est enfui avec un enfant de six ans.

  • C’est la version des faits qu’a présenté la défense jeudi matin [...]

C’est la version des faits qu’a présentée la défense jeudi matin [...]

  • Le thérapeute du couple a témoigné que Véronique Barbe avait « peur » de son conjoint la veille du drame. Ce dernier l’avait d’ailleurs violenté trois jours plus tôt.

Le thérapeute du couple a témoigné que Véronique Barbe avait « peur » de son conjoint la veille du drame. Ce dernier l’avait d’ailleurs violentée trois jours plus tôt.

Il ne semble pas inutile de le rappeler : le participe passé employé avec l'auxiliaire avoir s'accorde avec le complément d'objet direct, si ce complément précède le verbe.


  • Ugo Fredette prend l’homme de 71 ans part le collet [...]

Ugo Fredette prend l’homme de 71 ans par le collet [...]

  • « Par la suite, il va prendre des décisions un peu étranges, un peu erratique », a raconté Me Martin au jury.

« Par la suite, il va prendre des décisions un peu étranges, un peu erratiques », a raconté Me Martin au jury.

  • Il se rend alors compte que l’enfant à du sang sur lui [...]

Il se rend alors compte que l’enfant a du sang sur lui [...]

Line Gingras
Québec

« Ugo Fredette a tué les deux victimes pour "protéger" un enfant, plaide la défense » : https://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-faits-divers/201909/26/01-5242914-ugo-fredette-a-tue-les-deux-victimes-pour-proteger-un-enfant-plaide-la-defense.php

5 octobre 2019

Des lieutenant-gouverneurs

Des lieutenant-gouverneurs, des lieutenants-gouverneurs; pluriel de lieutenant-gouverneur; orthographe.

  • Sur scène : l’éditeur de La Presse Roger D. Landry, entouré de dix lieutenant-gouverneurs canadiens, visiblement très heureux de revêtir des costumes d’époque [...]
    (Dominic Tardif, dans Le Devoir du 24 septembre 2019.)

On écrit lieutenants-gouverneurs au pluriel :

Sur scène : l’éditeur de La Presse Roger D. Landry, entouré de dix lieutenants-gouverneurs canadiens, visiblement très heureux de revêtir des costumes d’époque [...]

Voir le Robert.


  • « C’est comme ça que j’ai travaillé, en essayant de présenter tout ceux qu’on pouvait reconnaître à l’écran. »
    (Le journaliste cite Alain Belhumeur.)

« C’est comme ça que j’ai travaillé, en essayant de présenter tous ceux qu’on pouvait reconnaître à l’écran. »

Line Gingras
Québec

« "Le temps des bouffons" : le brûlot de l’homme libre Pierre Falardeau » : https://www.ledevoir.com/culture/cinema/563253/le-temps-des-bouffons-le-film-de-liberte-totale-de-pierre-falardeau

4 décembre 2019

En parallèle

  • Dans Pour une cinémathèque égyptienne, l’Égyptienne Marwa El Sahn, directrice du Centre d’activités francophones de la Bibliothèque d’Alexandrie, étudie l’industrie du cinéma en Égypte et les efforts pour créer une cinémathèque égyptienne en parallèle avec une étude comparative réalisée dans quatre pays (Suède, France, Canada et Thaïlande).
    (May Telmissany, dans Le Devoir du 23 novembre 2019.)

Elle étudie... en parallèle avec une étude? On aurait pu écrire :

Dans Pour une cinémathèque égyptienne, l’Égyptienne Marwa El Sahn, directrice du Centre d’activités francophones de la Bibliothèque d’Alexandrie, se penche sur l’industrie du cinéma en Égypte et les efforts pour créer une cinémathèque égyptienne, et réalise en parallèle une étude comparative dans quatre pays (Suède, France, Canada et Thaïlande).

Line Gingras
Québec

« Francophonie arabe » : https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/567560/francophonie-arabe?utm_source=infolettre-2019-11-23&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

2 octobre 2019

Elles le dénonçaient en coeur

En coeur ou en choeur; homonymes; orthographe.

  • Mais avant même que ces nouvelles images circulent, les manchettes dénonçaient en coeur le brownface du chef libéral jeudi matin.
    (Marie Vastel, dans Le Devoir du 20 septembre 2019.)

Mais avant même que ces nouvelles images circulent, les manchettes dénonçaient en choeur le brownface du chef libéral jeudi matin.

Line Gingras
Québec

« Houspillé dans le ROC, pardonné au Québec » : https://www.ledevoir.com/politique/canada/563006/mot-cle-les-excuses-repetees-de-trudeau-suffiront-elles?utm_source=infolettre-2019-09-20&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

24 septembre 2019

Il serait malvenu qu'il ne voit pas...

Emploi du subjonctif; grammaire.

  • Le Québec, précurseur modèle dans le champ de l’AMM [l'aide médicale à mourir], n’a pas indiqué s’il fera appel de ce jugement, mais il serait malvenu qu’il ne voit pas dans cette cause — tant dans la démarche des deux protagonistes que dans le jugement lui-même — l’occasion d’adoucir le cadre trop sévère de l’AMM.
    (Marie-Andrée Chouinard, dans Le Devoir du 12 septembre 2019.)

L'incertitude, mise en évidence par le contexte et par le conditionnel il serait malvenu, impose l'emploi du subjonctif :

Le Québec, précurseur modèle dans le champ de l’AMM, n’a pas indiqué s’il fera appel de ce jugement, mais il serait malvenu qu’il ne voie pas dans cette cause — tant dans la démarche des deux protagonistes que dans le jugement lui-même — l’occasion d’adoucir le cadre trop sévère de l’AMM.

On dirait de même Il serait malvenu qu'elle ne vienne pas, et non qu'elle ne vient pas.

Line Gingras
Québec

« Aide médicale à mourir : plus de dignité, moins de restrictions » : https://www.ledevoir.com/opinion/editoriaux/562427/aide-medicale-a-mourir-plus-de-dignite-moins-de-restrictions?utm_source=infolettre-2019-09-12&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

25 octobre 2019

De l'ampleur

  • Le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) dit ignorer l’ampleur des services professionnels offerts chaque année par le privé dans le réseau scolaire, mais plusieurs sources confirment qu’il s’agit d’une pratique courante — qui a pris de l’ampleur avec les coupes budgétaires du précédent gouvernement.
    (Marco Fortier, dans Le Devoir du 18 octobre 2019.)

On pouvait éviter la répétition :

Le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) dit ignorer l’ampleur des services professionnels offerts chaque année par le privé dans le réseau scolaire, mais plusieurs sources confirment qu’il s’agit d’une pratique courante — qui s'est étendue [ou qui s'est répandue] avec les coupes budgétaires du précédent gouvernement.

  • Souvent, les psychologues, orthophonistes, psychoéducateurs ou orthopédagogues n’ont pas le choix de partager leur temps entre plusieurs écoles.

La construction ne pas avoir le choix de + infinitif me semble incorrecte (j'en ai déjà parlé ici), bien qu'on la voie souvent au Québec. Elle est facile à remplacer; on pouvait écrire, par exemple :

Souvent, les psychologues, orthophonistes, psychoéducateurs ou orthopédagogues sont forcés de partager leur temps entre plusieurs écoles.

Souvent, les psychologues, orthophonistes, psychoéducateurs ou orthopédagogues sont obligés de partager leur temps entre plusieurs écoles.

Line Gingras
Québec

« Les écoles forcées de sous-traiter l’aide aux élèves » : https://www.ledevoir.com/societe/education/565070/penurie-de-professionnels-encore-296-postes-vacants-dans-les-ecoles?utm_source=infolettre-2019-10-18&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

25 novembre 2019

Partagés entre sa langue maternelle et l'anglais

  • En d’autres mots, partagés entre sa langue maternelle, « marqueur d’une identité locale », et l’anglais, utilisé partout dans le monde, « marqueur d’une identité globale », on choisit la deuxième option, « cool et branchée ». Et ce, peu importe si on est francophones de souche ou d’adoption, anglophones de souche ou d’adoption, ou encore allophones de souche, les trois grands groupes linguistiques étudiés ici.
    (Francine Pelletier, dans Le Devoir du 20 novembre 2019.)

Le pluriel partagés n'est pas compatible avec l'adjectif ou déterminant possessif sa, qui renvoie à un possesseur singulier. Je suggérerais :

En d’autres mots, partagé entre sa langue maternelle, « marqueur d’une identité locale », et l’anglais, utilisé partout dans le monde, « marqueur d’une identité globale », on choisit la deuxième option, « cool et branchée ». Et ce, peu importe si on appartient aux francophones de souche ou d’adoption, aux anglophones de souche ou d’adoption, ou encore aux allophones de souche, les trois grands groupes linguistiques étudiés ici.

Line Gingras
Québec

« Une forme d'indifférence » : https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/567357/une-forme-d-indifference?utm_source=infolettre-2019-11-20&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

23 octobre 2019

Aucunes responsabilités politiques

Emploi de aucun, aucune au pluriel; grammaire; usage.

  • Même Jordi Sanchez et Jordi Cuixart qui n’avaient aucunes responsabilités politiques et dirigeaient l’équivalent local de la Société Saint Jean-Baptiste (ANC et Omnium Cultural) ont été condamnés à 9 ans de prison.
    (Christian Rioux, dans Le Devoir du 15 octobre 2019.)

Comme le font observer Hanse et Blampain, l'adjectif aucun « ne s'emploie au pluriel – et rarement – que devant des noms qui n'ont pas de singulier ou qui changent de sens au pluriel ». Exemples : Sans aucuns frais. Sans aucuns ciseaux.

Il fallait écrire :

Même Jordi Sanchez et Jordi Cuixart, qui n’avaient aucune responsabilité politique et dirigeaient l’équivalent local de la Société Saint-Jean-Baptiste (ANC et Omnium Cultural), ont été condamnés à 9 ans de prison.

J'ai déjà abordé la question ici.


  • La mairesse de Barcelone Ada Colau, qui n’est pas indépendantiste mais dirige la ville avec le soutien de ces derniers, a dénoncé un jugement « cruel ».

Le pluriel ces derniers ne peut pas renvoyer à un singulier. Je suggérerais par exemple :

La mairesse de Barcelone, Ada Colau, qui ne compte pas parmi les indépendantistes mais dirige la ville avec le soutien de ces derniers, a dénoncé un jugement « cruel ».

La mairesse de Barcelone, Ada Colau, qui ne compte pas parmi les indépendantistes mais dirige la ville avec leur soutien, a dénoncé un jugement « cruel ».

Line Gingras
Québec

« Catalogne : les leaders indépendantistes condamnés à des peines exemplaires » : https://www.ledevoir.com/monde/europe/564762/les-leaders-independantistes-condamnes-a-des-peines-exemplaires?utm_source=infolettre-2019-10-15&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

2 juin 2013

Qu'est-ce qui t'es arrivé?

  • « [...] dans ta vie personnelle, qu’est-ce qui t’es* donc arrivé de si dérangeant pour que tu sentes ton égalité brimée? »
    (Marie-Andrée Chouinard citant Spencer Boudreau, dans Le Devoir du 27 mai 2013.)

Le pronom élidé t' ne représente pas le sujet tu (comme ce serait le cas dans quand est-ce que t'es arrivé?), mais le complément indirect toi, ainsi qu'on le voit aisément si on le remplace par un pronom de la première personne (qu'est-ce qui m'est donc arrivé?). Il fallait écrire :

[...] dans ta vie personnelle, qu’est-ce qui t’est donc arrivé de si dérangeant pour que tu sentes ton égalité brimée?

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

* Le 2 juin à 22 h 30, je vois que la faute a été corrigée.

« Point chaud – Peut-on "oser dire que l’on est religieux" »? : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/379163/peut-on-oser-dire-que-l-on-est-religieux

Merci de votre visite. Une question? Je serai heureuse d'y répondre, dans la mesure de ma disponibilité. Voir la rubrique « Contactez l'auteur », dans la colonne de droite.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

28 mai 2013

Pour accomplir de grandes choses

  • Encore sous le choc, les Suédois tendent* désormais de comprendre ce qui a pu déclencher de telles violences.
    (Libération, dans Le Devoir du 27 mai 2013.)

Encore sous le choc, les Suédois tentent désormais de comprendre ce qui a pu déclencher de telles violences.

  • [...] selon la conseillère municipale du parti de la gauche Ann-Margarethe Livh : « Depuis 2006, la majorité a baissé les impôts communaux de un milliard de couronnes [145 millions de dollars], ce qui aurait permis d’accomplir énormément de choses dans les quartiers qui en ont besoin. »

Le fait d'avoir baissé les impôts n'a pas permis d'accomplir énormément de choses, mais la somme dont les dirigeants se sont privés aurait permis de le faire :

[...] selon la conseillère municipale du parti de la gauche Ann-Margarethe Livh : « Depuis 2006, la majorité a baissé les impôts communaux de un milliard de couronnes [145 millions de dollars]; cette somme aurait permis d’accomplir énormément de choses dans les quartiers qui en ont besoin. »

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

* Le 2 juin à 22 h 30, je vois que cette faute a été corrigée.

« En Suède, la cité a craqué » : http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/379134/en-suede-la-cite-a-craque

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24 mai 2013

Nouveauté

  • Mieux vaut, au secondaire, faire de l’histoire pour l’histoire; se centrer sur les connaissances. Justement, les thématiques abordées actuellement en 4e seraient reprises dans le cours collégial, qui pourrait comporter trois grands thèmes, par exemple : économique, sociologique et historique.
    (Antoine Robitaille, dans Le Devoir du 23 mai 2013.)

Un cours d'histoire comportant un thème historique! C'était simple, mais il fallait y penser. À moins que l'on n'ait voulu dire... politique?

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Cours d’histoire au collégial – Souhaitable et faisable » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/378787/souhaitable-et-faisable

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23 mai 2013

L'une d'entre elles

  • Les règles d’attribution de contrats de publicité ont été changées, mais sans que cela mette fin à la publicité inutile et coûteuse, comme celle dont on nous abreuve actuellement. L’une d’entre elles fait même la promotion d’un programme qui pourrait ne pas voir le jour.
    (Manon Cornellier, dans Le Devoir du 22 mai 2013.)

Le pronom elles ne peut renvoyer qu'à un féminin pluriel; or, il n'y en a qu'un dans la phrase qui précède : les règles d'attribution. La chroniqueuse veut-elle donc nous apprendre qu'une des règles d'attribution de contrats de publicité fait la promotion d'un programme? Cela n'aurait aucun sens; c'est plutôt une des annonces publicitaires qui joue ce rôle. On pouvait écrire :

Les règles d’attribution de contrats de publicité ont été changées, mais sans que cela mette fin aux publicités inutiles et coûteuses, comme celles dont on nous abreuve actuellement. L'une d'entre elles [ou l'une de ces annonces] fait même la promotion d'un programme qui pourrait ne pas voir le jour.

Les règles d’attribution de contrats de publicité ont été changées, mais sans que cela mette fin à la publicité inutile et coûteuse, comme celle dont on nous abreuve actuellement. L’une des annonces fait même la promotion d’un programme qui pourrait ne pas voir le jour.

  • [...] s’il y avait vraiment tenu, il aurait, dès la première heure, demandé son avis à la Cour suprême, comme le demandaient plusieurs provinces.

Je suggérerais :

[...] s’il y avait vraiment tenu, il aurait, dès la première heure, demandé son avis à la Cour suprême, comme le souhaitaient plusieurs provinces.

  • L’histoire nous montre cependant que le premier réflexe de son gouvernement est de montrer rapidement aux barricades quand un des siens est accusé de contrevenir aux règles.

On peut montrer la porte ou monter aux barricades :

L’histoire nous enseigne cependant que le premier réflexe de son gouvernement est de monter rapidement aux barricades quand un des siens est accusé de contrevenir aux règles.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« L'esprit de la loi » : http://www.ledevoir.com/politique/canada/378734/l-esprit-de-la-loi

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4 juin 2013

Les redresseurs de tort

Redresseur de tort ou redresseur de torts; orthographe.

  • Avant de prendre le pouvoir, M. Harper et ses réformistes redresseurs de tort s'étaient engagés à purifier les mœurs politiques à Ottawa [...]
    (Vincent Marissal, dans La Presse du 21 mai 2013.)

D'après ce que je vois dans le Petit Robert, le Lexis et le Trésor de la langue française informatisé, aux articles « redresseur » et « tort » (j'ai consulté aussi le Multidictionnaire, où je n'ai cependant rien trouvé), on écrit toujours tort au pluriel dans l'expression redresseur de torts :

Il joue les redresseurs de torts. (Lexis, à l'article « redresseur ».)

Victor Hugo transpose dans le paladin germanique des traits latins, qui sont ceux de nos chevaliers redresseurs de torts. (Barrès dans le Trésor, à l'article « redresseur ».)

Quand il [Anquetil] fonda La Rumeur, journal quotidien des « redresseurs de torts », la Boîte lui remit une liste de vicieux, tricheurs au jeu, courtisanes, etc., qu'il put alors taper à merci. (L. Daudet dans le Trésor, à l'article « redresseur ».)

Ah! Je t'en prie, reprend Pauline, ce n'est pas le moment de jouer les redresseuses de torts! (Dorin dans le Trésor, à l'article « redresseur ».)

Il faudrait lire :

Avant de prendre le pouvoir, M. Harper et ses réformistes redresseurs de torts s'étaient engagés à purifier les mœurs politiques à Ottawa [...]

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« La dérive des puritains » : http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/vincent-marissal/201305/21/01-4652622-la-derive-des-puritains.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_vincent-marissal_3280_section_POS1

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Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

21 novembre 2019

Question de génération

Pas une fois et la négation ne; grammaire; syntaxe.

  • Voilà l’intérêt premier du truc : « Ok boomer » nous en dit plus sur l’humour, l’esprit et les codes de communication d’une génération que sur leur ressentiment à l’égard des baby-boomers, ou toute autre génération les ayant précédés.
    (Aurélie Lanctôt, dans Le Devoir du 15 novembre 2019.)

Deux observations liées :

Génération est un nom collectif, mais quand même un nom singulier; on parlera donc de son ressentiment.

Grammaticalement, les ayant précédés ne peut renvoyer qu'aux baby-boomers; mais la chroniqueuse a-t-elle vraiment voulu dire « ou toute autre génération ayant précédé les baby-boomers »? Je soupçonne qu'il s'agit plutôt de toute génération ayant précédé celle des millénariaux (je pense en particulier à la génération X); cette idée ne peut être rendue que par un singulier renvoyant à « une génération ».

Il faudrait lire à mon avis :

Voilà l’intérêt premier du truc : « Ok boomer » nous en dit plus sur l’humour, l’esprit et les codes de communication d’une génération que sur son ressentiment à l’égard des baby-boomers, ou de toute autre génération l'ayant précédée.


  • C’est l’autre élément essentiel : les différences socioéconomiques, politiques et culturelles à l’intérieur d’une même génération sont plus significatives que celles qui les distinguent. Les générations, après tout, sont arbitrairement définies, en faisant abstraction, notamment, des fractures de classe qui, elles, se reproduisent au fil du temps.

Le pronom les devrait renvoyer à un pluriel. Je proposerais une légère reformulation :

C’est l’autre élément essentiel : les différences socioéconomiques, politiques et culturelles à l’intérieur d’une même génération sont plus significatives que celles qui existent entre les générations. Celles-ci, après tout, sont arbitrairement définies, en faisant abstraction, notamment, des fractures de classe qui, elles, se reproduisent au fil du temps.


  • Pas une fois on a relevé l’humour, l’ironie derrière « Ok boomer. »

Encore deux observations :

Pas une fois appelle la négation ne :

Pas une fois il n'est venu. (Petit Robert, à l'article « un, une ».)

Pas une fois on ne les voit souffrir [...] (Flaubert dans le Grand Robert, à l'article « mannequin ».)

Les guillemets encadrant une expression insérée dans la phrase (« Ok boomer »), le point final doit se placer après le guillemet fermant.

Il fallait écrire :

Pas une fois on n'a relevé l’humour, l’ironie derrière « Ok boomer ».

Line Gingras
Québec

« Ok boomer » : https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/567091/ok-boomer?utm_source=infolettre-2019-11-15&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

19 novembre 2019

La lettre et l'esprit

  • Par-delà le caractère ridicule de la décision transparaît cette approche tatillonne, axée sur les détails et la lettre, plutôt que sur l’esprit des lois et les règlements.
    (Pierre Trudel, dans Le Devoir du 12 novembre 2019.)

Par-delà le caractère ridicule de la décision transparaît cette approche tatillonne, axée sur les détails et la lettre, plutôt que sur l’esprit des lois et des règlements.

  • On vise alors à apporter une solution appropriée à la situation visée par le règlement.

On cherche alors à apporter une solution appropriée à la situation visée par le règlement.

On s'efforce alors d'apporter une solution appropriée à la situation visée par le règlement.

Line Gingras
Québec

« Appliquer le règlement jusqu’à l’absurde » : https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/566799/appliquer-le-reglement-jusqu-a-l-absurde?utm_source=infolettre-2019-11-12&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

9 novembre 2019

Ce que montre la vidéo

  • La vidéo montre un homme barbu, portant une casquette et un manteau qui tentent de saisir un objet dans sa poche ou sous son chandail.
    (Michelle McQuigge, PC, dans le site de La Presse, le 29 octobre 2019.)

Nul besoin de regarder la vidéo pour savoir que le sujet du verbe tenter, représenté par le pronom qui, c'est un homme barbu, et non pas une casquette et un manteau :

La vidéo montre un homme barbu, portant une casquette et un manteau, qui tente de saisir un objet dans sa poche ou sous son chandail.

Line Gingras
Québec

« Un suspect armé à l’arrière d’une autopatrouille à Toronto » : https://www.lapresse.ca/actualites/national/201910/29/01-5247471-un-suspect-arme-a-larriere-dune-autopatrouille-a-toronto.php

5 septembre 2019

Des poursuites

  • [...] elles ont peur enfin des poursuites et des coûts que celle-ci pourrait engendrer.
    (Marie-Andrée Chouinard, dans Le Devoir du 23 août 2019.)

[...] elles ont peur enfin des poursuites et des coûts que celles-ci pourraient engendrer.

Line Gingras
Québec

« Signes religieux : heureux retour à la raison » : https://www.ledevoir.com/opinion/editoriaux/561216/signes-religieux-heureux-retour-a-la-raison?utm_source=infolettre-2019-08-23&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

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