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Choux de Siam
11 avril 2014

Les soulager d'avoir à devoir...

  • Il est trop tard pour changer quoi que ce soit à l’effet produit. À moins qu’une fois partis, nous décidions dans la même démarche et pour soulager les citoyens et citoyennes d’avoir à réfléchir un peu, donner leur opinion et devoir faire le voyage jusqu’à l’isoloir à quelques reprises durant leur vie, on pourrait envisager de garder les 70 députés libéraux à vie et de mettre tous les autres à la porte.
    (Lise Payette, dans Le Devoir du 11 avril 2014.)

Trois observations :

  1. À moins que nous décidions quoi? On ne peut pas à la fois décider quelque chose et seulement l'envisager.
  2. Pour soulager les citoyens et citoyennes d'avoir à devoir faire le voyage jusqu'à l'isoloir?
  3. La deuxième phrase serait plus claire si les trois verbes à l'infinitif qui marquent ce que les citoyens ont à faire étaient introduits par la préposition à.

Je proposerais :

Il est trop tard pour changer quoi que ce soit à l’effet produit. À moins qu’une fois partis, nous décidions dans la même démarche, et pour soulager les citoyens et citoyennes d’avoir à réfléchir un peu, à donner leur opinion et devoir à faire le voyage jusqu’à l’isoloir à quelques reprises durant leur vie, on pourrait envisager de garder les 70 députés libéraux à vie et de mettre tous les autres à la porte.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Une élection "à l’aveugle" » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/405236/une-election-a-l-aveugle

Merci de votre visite. Une question? Je serai heureuse d'y répondre, dans la mesure de ma disponibilité. Voir la rubrique « Contactez l'auteur », dans la colonne de droite.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

22 avril 2015

La journée qu'ils ont pris

  • La Fraternité des policiers et policières de Montréal est restée muette dimanche, au lendemain de la journée de maladie qu’ont pris plus d’une centaine de policiers.
    (Laura Pelletier, dans Le Devoir du 28 juillet 2014.)

Ce n'est pas la journée de maladie qui a pris les policiers, mais les policiers qui ont pris une journée de maladie. Le participe passé employé avec l'auxiliaire avoir s'accorde avec le complément d'objet direct lorsque celui-ci est placé devant le verbe :

La Fraternité des policiers et policières de Montréal est restée muette dimanche, au lendemain de la journée de maladie qu’ont prise plus d’une centaine de policiers.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Réviseure pigiste
Québec

« Un geste "totalement irresponsable" » : http://www.ledevoir.com/politique/montreal/414519/coderre-accuse-mais-la-fraternite-des-policiers-reste-muette

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25 juillet 2014

On

  • On apercevait des gradins bondés de supporteurs nord-coréens (qu’on avait de toute évidence laissés sortir du pays) et une foule acclamant bruyamment des images de Kim Jong-un projetées sur un écran géant de la plage de Copacabana.
    (Jean Dion, dans Le Devoir du 24 juillet 2014.)

Dans la mesure du possible, par souci de clarté, il faut éviter l'emploi répété de on pour désigner des sujets différents, à l'intérieur d'un paragraphe et en particulier d'une phrase. Je suggérerais :

On apercevait des gradins bondés de supporteurs nord-coréens (qui de toute évidence avaient pu sortir du pays) et une foule acclamant bruyamment des images de Kim Jong-un projetées sur un écran géant de la plage de Copacabana.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Au grand galop » : http://www.ledevoir.com/sports/actualites-sportives/414214/c-est-du-sport-au-grand-galop

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9 avril 2014

Que la banlieue est vote

  • Rappelons que sur l'ensemble de la Rive-Nord de Québec, les libéraux ont obtenu 39 % des voix, la CAQ 34 % et le PQ 19 %. Que la banlieue est vote à l'avenant n'est donc que normal.
    (Jean-François Cliche, dans Le Soleil du 9 avril 2014; texte mis à jour à 19 h 21.)

Rappelons que sur l'ensemble de la Rive-Nord de Québec, les libéraux ont obtenu 39 % des voix, la CAQ 34 % et le PQ 19 %. Que la banlieue ait voté* à l'avenant n'est donc que normal.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

* Le 10 avril à 18 h 13, je vois que l'on a apporté la correction.

« Pauline Marois victime de "rapiéçage" de la carte électorale » : http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/politique/201404/09/01-4756123-pauline-marois-victime-de-rapiecage-de-la-carte-electorale.php

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13 juin 2014

Raconte-t-elle, dit-elle

  • Il y a quelques années, elle a couché durant deux semaines dans la rue, au métro Berri, dans la peur et l’angoisse constante d’être attaquée. « J’avais tellement peur que je me cachais, raconte-t-elle. Moi, je ne bois pas, je ne me drogue pas », dit-elle.
    (Caroline Montpetit, dans Le Devoir du 27 mai 2014.)

Une incise aurait suffi :

« J’avais tellement peur que je me cachais, raconte-t-elle. Moi, je ne bois pas, je ne me drogue pas. »

« J’avais tellement peur que je me cachais. Moi, je ne bois pas, je ne me drogue pas », dit-elle.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Des femmes âgées envoyées à la rue après un séjour à l’hôpital » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/409312/des-femmes-agees-envoyees-a-la-rue-apres-un-sejour-a-l-hopital

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26 mai 2014

« Vive la compagnie! »

  • Thomas Harding, Jean Demaître et Richard Labrie ont parcouru, menottes aux mains, la distance qui les séparaient du palais de justice improvisé de Lac-Mégantic.
    (Légende de la photo accompagnant un article de Lisa-Marie Gervais, dans Le Devoir du 14 mai 2014.)

C'est une certaine distance qui les séparait du palais de justice improvisé.

* * * * *

  • Pour les habitants de Lac-Mégantic, cette agitation et ces caméras braquées sur leur petit coin de pays, n’était pas sans rappeler les semaines suivant l’horreur du 6 juillet dernier [...]

Ce n'est pas le petit coin de pays qui n'était pas sans rappeler..., mais l'agitation et les caméras :

Pour les habitants de Lac-Mégantic, cette agitation et ces caméras braquées sur leur petit coin de pays n’étaient pas sans rappeler les semaines suivant l’horreur du 6 juillet dernier [...]

* * * * *

  • Le juge en a fait la lecture : une caution de 15 000 $, garder la paix et une bonne conduite, ne pas être en possession d’armes, demeurer au Québec, ne pas déménager à moins d’en aviser la Cour, rendre son passeport, ne pas travailler dans une compagnie ferroviaire à moins d’être en compagnie d’une personne qualifiée mise au courant des conditions.

Deux observations :

  1. Les conditions de remise en liberté devraient toutes être exprimées de façon semblable, dans le cas présent par un infinitif.
  2. Il faudrait éviter la répétition de compagnie.

Je proposerais :

Le juge en a fait la lecture : verser une caution de 15 000 $, garder la paix et une bonne conduite, ne pas être en possession d’armes, demeurer au Québec, ne pas déménager à moins d’en aviser la Cour, rendre son passeport, ne pas travailler dans une entreprise ferroviaire à moins d’être en compagnie d’une personne qualifiée mise au courant des conditions.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Lac-Mégantic voit défiler ses accusés » : http://www.ledevoir.com/societe/justice/408232/lac-megantic-voit-defiler-ses-accuses

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10 mars 2014

Insatisfaisant

Satisfait avec, insatisfait avec, satisfaction avec, insatisfaction avec; to be satisfied with; syntaxe; anglicisme; calque de l'anglais.

  • [...] annuler son vote pour signifier sa profonde insatisfaction avec le système et les partis politiques actuels.
    (Marie-Andrée Chouinard, dans Le Devoir du 10 mars 2014.)

D'après ce que je vois dans le Colpron et dans la Banque de dépannage linguistique de l'Office québécois de la langue française, la construction être satisfait avec (quelqu'un ou quelque chose) est le calque de l'anglais to be satisfied with.

Les autres ouvrages que j'ai consultés (Multidictionnaire, Petit Robert, Lexis, Grand Robert, Trésor de la langue française informatisé), aux articles « satisfait », « satisfaction », « insatisfait », « insatisfaction », n'admettent effectivement pas la construction à l'étude; d'après les exemples, on est plutôt satisfait ou insatisfait de quelqu'un ou de quelque chose, et l'on éprouve de l'insatisfaction vis-à-vis de quelque chose ou quant à quelque chose (il me semble qu'on pourrait dire aussi à l'égard de quelqu'un ou de quelque chose) :

Ils sont très satisfaits des progrès accomplis. (Multidictionnaire.)

Être satisfait d'un élève, d'un employé. (Petit Robert.)

Il est très satisfait de lui. (Lexis.)

[…] tu sais que plus j'indigne les bourgeois, plus je suis content. Aussi j'ai été très satisfait de ma soirée. (Flaubert, dans le Grand Robert.)

Je suis satisfait de cette ébauche [...] (Delacroix, dans le Trésor.)

Ils sont éternellement insatisfaits de leur condition. (Grand Robert.)

Insatisfait des renseignements qu'Andrée et le chauffeur m'avaient donnés sur les promenades qu'ils faisaient. (Proust, dans le Trésor.)

[...] soucieux de dissimuler leur chronique satisfaction d'eux-mêmes. (Bernanos, dans le Grand Robert.)

L'insatisfaction de quelqu'un vis-à-vis de quelque chose, quant à quelque chose, dans un domaine. (Grand Robert.)

J'en venais à penser que la révolution était, pour les partis renaissants [...] une attitude de constante insatisfaction vis-à-vis de toute politique, même s'ils l'avaient préconisée. (De Gaulle, dans le Trésor.)

On aurait pu écrire :

[...] annuler son vote pour signifier sa profonde insatisfaction vis-à-vis du système et des partis politiques actuels.

Ou encore, à mon avis :

[...] annuler son vote pour signifier sa profonde insatisfaction à l'égard du système et des partis politiques actuels.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Le Panda se présente pour le Parti nul » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/402189/le-panda-se-presente-pour-le-parti-nul

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13 avril 2014

On y déploit son venin

Déployer à la troisième personne du singulier du présent de l'indicatif; il déploit, il déploie; grammaire française; orthographe; conjugaison du verbe déployer.

  • Les médias sociaux sont remplis de commentaires négatifs à propos des autres. On y déploit son venin.
    (Stéphane Laporte, dans La Presse du 13 avril 2014.)

Déployer est un verbe du premier groupe, comme aimer et envoyer, et non pas du troisième groupe, comme voir. À la troisième personne du singulier du présent de l'indicatif, il ne se termine donc pas par un t, mais plutôt par un e :

Les médias sociaux sont remplis de commentaires négatifs à propos des autres. On y déploie son venin.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Parler contre les autres » : http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/stephane-laporte/201404/12/01-4756896-parler-contre-les-autres.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_stephane-laporte_3270_section_POS1

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6 mai 2014

Une fois suffit

  • En matière de justice, par exemple, le Québec voulait conserver le registre des armes d’épaule et continuer à miser sur la réhabilitation en matière de justice pour les jeunes contrevenants.
    (Manon Cornellier, dans Le Devoir du 9 avril 2014.)

« Une fois suffit », avait fait remarquer la petite Geneviève, quatre ans, à une vieille dame très distinguée qui avait eu le malheur de dire devant elle : « Oui, oui, oui. » (C'était il y a bien longtemps et je n'ai pas assisté à la scène, mais j'en ris toujours.) La formule a le mérite de la concision :

En matière de justice, par exemple, le Québec voulait conserver le registre des armes d’épaule et continuer à miser sur la réhabilitation en matière de justice pour les jeunes contrevenants.

En matière de justice, par exemple, le Québec voulait conserver le registre des armes d’épaule et continuer à miser sur la réhabilitation en matière de justice des jeunes contrevenants.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« La méprise » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/405020/la-meprise

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1 mai 2014

Le durcissement de la législation

  • Ce drame avait brièvement relancé le débat sur les armes à feu, mais le durcissement de la législation fédérale souhaitée par le président Obama s’est échouée au Congrès.
    (AFP, dans Le Devoir du 9 avril 2014.)

On ne peut pas à la fois souhaiter une législation et la durcir; si on envisage de durcir une législation, c'est qu'elle existe déjà. C'est donc le durcissement de la législation, et non pas la législation elle-même, qui était souhaité par le président Obama et qui s'est échoué au Congrès.

Par ailleurs, le terme législation est correctement employé s'il désigne l'« ensemble des lois, des textes législatifs, des normes juridiques dans un pays ou dans un domaine déterminé » (Grand Robert), mais s'il désigne une seule loi, c'est un anglicisme d'après le Colpron.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Dix-neuf élèves poignardés dans une école près de Pittsburgh » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/405044/une-vingtaine-d-eleves-poignardes-dans-un-lycee-pres-de-pittsburgh

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Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

26 novembre 2013

Nombreux tentent de combattre

Nombreux employé comme pronom; grammaire française.

  • À droite, nombreux tentent de combattre l’influence du Front en s’emparant de ses idées.
    (Sorj Chalandon, dans Le Devoir du 20 novembre 2013.)

D'après ce que je vois dans le Petit Robert, le Lexis, le Multidictionnaire, le Hanse-Blampain et le Trésor de la langue française informatisé, nombreux est admis seulement comme adjectif :

De nombreuses familles ont protesté. (Petit Robert.)

Ils étaient nombreux à attendre : des jeunes, des vieux, des hommes, des femmes, une vraie cohue. (Beauvoir, dans le Trésor.)

Le pasteur avait d'abord lu tout le verset : « Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite, car la porte large et le chemin spacieux mènent à la perdition, et nombreux sont ceux qui y passent; mais étroite est la porte et resserrée la voie qui conduisent à la vie, et il en est peu qui les trouvent. » (Gide, dans le Trésor. Noter que l'adjectif nombreux est attribut du sujet, le pronom ceux.)

On aurait pu écrire :

À droite, nombreux sont ceux qui tentent de combattre l’influence du Front en s’emparant de ses idées.

À droite, ils sont nombreux à tenter de combattre l’influence du Front en s’emparant de ses idées.

À droite, beaucoup tentent de combattre l’influence du Front en s’emparant de ses idées. (L'adverbe beaucoup est employé ici comme nominal; voir à ce sujet le Petit Robert ou le Trésor.)

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Idées noires sur la France » : http://www.ledevoir.com/international/europe/393140/idees-noires-sur-la-france

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16 février 2008

Le début de l'hiver, fixé le 22 décembre

Fixé telle date, fixé à telle date; fixer quelque chose telle date, fixer quelque chose à telle date; grammaire française, syntaxe du français.

  • ... avant le début de l'hiver, fixé, comme chaque année ou presque, le 22 décembre. (Fabien Deglise.)

D'après les quelques exemples relevés dans les dictionnaires, le verbe fixer introduit au moyen de la préposition à le complément désignant la décision qui a été prise ou le résultat d'une évaluation :

Ils ont fixé le prix à 100 $. (Multidictionnaire.)
Fixer un achat à tel prix. (Trésor de la langue française informatisé.)
Fixer le départ à jeudi. (Trésor.)

(Autres ouvrages consultés : Petit Robert, Hanse-Blampain, Chouinard, Lexis.)

Je conseillerais d'écrire :

... avant le début de l'hiver, fixé, comme chaque année ou presque, au 22 décembre.

Line Gingras
Québec

« Le Québec sous le blizzard » : http://www.ledevoir.com/2007/12/17/168914.html

12 avril 2008

Ses ou ces?

Ses ou ces; adjectif possessif ou adjectif démonstratif; déterminant possessif ou déterminant démonstratif; grammaire française.

  • Le résultat de ces manifestations diverses est de souder le peuple derrière ses dirigeants, une situation redoutée par les héroïques dissidents de l'intérieur, qui se battent pour les droits de la personne, ceux des Tibétains y compris. Ainsi, l'offensive contre la politique chinoise isole davantage ses voix courageuses. (Denise Bombardier.)

À qui, à quoi donc appartiennent les voix courageuses? À la politique chinoise? Certainement pas. À l'offensive menée contre elle? Je ne vois pas comment l'offensive pourrait isoler ses propres voix. Non : les voix courageuses, ce sont celles des héroïques dissidents de l'intérieur, dont la chroniqueuse voulait parler, je pense, comme en les montrant du doigt :

... Ainsi, l'offensive contre la politique chinoise isole davantage ces voix courageuses.

Line Gingras
Traductrice indépendante
Québec

« Voyage à l'ère planétaire - 7 » : http://www.ledevoir.com/2008/04/12/184752.html

25 octobre 2007

Âgés entre 14 et 16 ans

Âgés entre; âgé entre; aged between; anglicisme de structure; calque de l'anglais.

  • Trois garçons âgés entre 14 et 16 ans [...] ont été formellement accusés d'agression sexuelle armée... (Claude Savary, dans Le Nouvelliste.)

On utilise souvent, au Québec, la construction être âgé entre. Il faut cependant la considérer comme fautive, d'après Marie-Éva de Villers. Camil Chouinard y voit un calque de l'anglais to be aged between. Il est très facile de la remplacer :

Trois garçons âgés de 14 à 16 ans...
Trois garçons de 14 à 16 ans...

Line Gingras
Québec

«Trois cadets accusés d'agression sexuelle armée» : http://www.cyberpresse.ca/article/20071023/CPNOUVELLISTE/710230806/5409/CPNOUVELLISTE

9 avril 2008

Peut-être

Peut-être ou peut être; grammaire; orthographe.

  • « Souvenons-nous que seule une partie du comportement peut-être expliquée par la personnalité. » (Aubrey Immelman, cité par Alexandre Sirois dans La Presse.)

Il fallait écrire peut être, et non peut-être. La preuve que nous n'avons pas affaire à l'adverbe?

Souvenons-nous que seuls certains aspects du comportement peuvent être expliqués par la personnalité.

Line Gingras
Traductrice indépendante
Québec

« Des psys auscultent Nicolas Sarkozy » : http://www.cyberpresse.ca/article/20080301/CPMONDE/80229299/-1/CPMONDE

3 avril 2008

Sans parler des ministres et de...

  • ... sans parler des ministres Maxime Bernier à Ottawa et de Monique Gagnon-Tremblay à Québec. (Michel Vastel.)

Il n'y a qu'un seul ministre du nom de Maxime Bernier - j'ignore s'il faut s'en réjouir ou s'en affliger. Par contre, Monique Gagnon-Tremblay est ministre, elle aussi. Étant donné que le pluriel s'applique aux deux personnes, on ne doit pas répéter la préposition :

... sans parler des ministres Maxime Bernier à Ottawa et Monique Gagnon-Tremblay à Québec.

Line Gingras
Traductrice indépendante
Québec

« Québec dort-il au gaz? » : http://blogues.lactualite.com/vastel/?p=144

18 août 2007

Elle s'est attirée les foudres...

S'attirer quelque chose; accord du participe passé du verbe pronominal; grammaire française; orthographe.

  • ... l'unilingue et butée Bev Oda ne s'est attirée que des foudres, ou presque. (Marie-Andrée Chouinard.)

Pour savoir s'il faut accorder ou non le participe passé d'un verbe pronominal – et avec quoi, le cas échéant –, le plus simple, à mon avis, est de se demander d'abord si le verbe a un complément d'objet direct, à l'exclusion du pronom réfléchi (s', dans la phrase ci-dessus). Dans l'affirmative, nul besoin de chercher plus loin : le participe passé s'accorde avec ce complément d'objet direct, si celui-ci précède le verbe :

On aurait dû prévoir les foudres que la ministre s'est attirées. (La ministre s'est attiré quoi? les foudres.)

Si le complément d'objet direct vient après le verbe, le participe reste invariable.

Il fallait écrire :

... Bev Oda ne s'est attiré que des foudres...

Notez que le pronom réfléchi, s', a ici fonction de complément d'objet indirect : s'attirer quelque chose, c'est attirer quelque chose à soi.

Line Gingras
Québec

« Une ministre attendue » : http://www.ledevoir.com/2007/08/18/153797.html

27 juillet 2007

Envisager + infinitif

Envisager + infinitif; envisager de + infinitif; syntaxe du français.

  • Le projet [...] devrait voir le jour l'an prochain pour la 26e édition de ce grand rassemblent de clowns. «La Gringa» envisage y monter sur scène avec Coco Legrand. (Fabien Deglise.)

D'après les dictionnaires généraux que j'ai sous la main, envisager, suivi d'un infinitif, s'emploie toujours avec la préposition de :

Ils envisagent de déménager. (Petit Robert.)

Envisagez-vous d'agrandir cette école? (Multidictionnaire.)

Nous savions déjà que vous envisagiez d'abandonner votre ancienne situation. (Adamov, dans le Lexis.)

Je n'ai jamais envisagé un instant de pouvoir répondre quelque jour à un de vos extravagants billets. (Montherlant, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

Il aurait fallu écrire : «La Gringa» envisage d'y monter sur scène...

Line Gingras
Québec

«La Gringa de Montréal» : http://www.ledevoir.com/2007/07/19/150811.html

19 décembre 2010

Des francophones satisfaisants

Hauts de gamme, haut de gamme.

  • « ... en attendant que les "Québécois pure laine", j'entends par là les francophones satisfaisants aux critères de la pureté raciale... »
    (Danielle Laurin, dans Le Devoir du 18 décembre 2010; la chroniqueuse cite la traduction d'un roman de Mordecai Richler, Le monde de Barney.)

Les « Québécois pure laine », selon le personnage de Richler, ne sont certes pas des francophones satisfaisants, mais plutôt des francophones qui satisfont à certains critères; nous n'avons donc pas affaire à un adjectif dans la phrase à l'étude, mais à un participe présent :

... j'entends par là les francophones satisfaisant aux critères de la pureté raciale...

* * * * *

  • Sur ses beuveries au vieux scotch agrémentées de cigares hauts de gamme...

Employée en apposition, la locution haut de gamme est invariable, d'après ce que je vois dans le Petit Robert et le Multidictionnaire :

Des articles haut de gamme. (Multidictionnaire.)
Téléviseurs haut de gamme. (Petit Robert.)

Il faudrait écrire, par conséquent :

Sur ses beuveries au vieux scotch agrémentées de cigares haut de gamme...

Line Gingras
Québec

« Le vieux grincheux » : http://www.ledevoir.com/culture/livres/313233/le-vieux-grincheux

28 novembre 2010

On en n'a pas envie

On en n'a pas ou on n'en a pas.

  • Même si on en n'a pas vraiment envie.
    (Stéphane Laporte, dans La Presse du 27 novembre 2010.)

On écrit :

Même si je n'en ai pas vraiment envie.
Même si tu n'en as pas vraiment envie.
Même s'il n'en a pas vraiment envie.

Même si on n'en a pas vraiment envie.

Line Gingras
Québec

« Noël corrompu » : http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/stephane-laporte/201011/27/01-4346983-noel-corrompu.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_stephane-laporte_3270_section_POS1

3 septembre 2010

En honneur à

En honneur à ou en l'honneur de.

  • Le festival international de folklore de Koprivshtitza, créé en 1965 en honneur à Ljuben Karavelov, écrivain et révolutionnaire (1834-1878), a lieu tous les cinq ans...
    (Lio Kiefer, dans Le Devoir du 3 juillet 2010.)

D'après ce que je vois dans le Petit Robert, le Lexis et le Trésor de la langue française informatisé, quelque chose est en honneur s'il est «particulièrement apprécié, entouré de considération» :

Le roman a été fort en honneur au XIXe siècle. (Lexis.)

Le portique [de la Fuite de Loth] à colonnes composites, aux bossages carrés, est dans le style d'architecture en honneur à Anvers du temps de Rubens. (Gautier, dans le Trésor.)

Les bains nocturnes sont en honneur à Tahiti... (Loti, dans le Trésor, à l'article «aller».)

C'est vrai pour la religion, c'est vrai pour la discipline de l'esprit, pour l'habitude de raisonner qui fut toujours en honneur à Mongazon... (Thibaudet, dans le Trésor, à l'article «droit, droite».)

C'est plutôt l'expression en l'honneur de qui signifie «en vue de rendre hommage à quelqu'un» (Multidictionnaire) :

En l'honneur de qui donne-t-on cette réception? (Hanse-Blampain.)

Il fallait écrire :

Le festival international de folklore de Koprivshtitza, créé en 1965 en l'honneur de Ljuben Karavelov, écrivain et révolutionnaire (1834-1878), a lieu tous les cinq ans...

Line Gingras
Québec

«Le pays à l'eau de rose» : http://www.ledevoir.com/loisirs/voyage/291904/le-pays-a-l-eau-de-rose

22 janvier 2011

Un répit que seul l'avenir nous dira s'il fut bénéfique

Que et dont; grammaire française; syntaxe du français.

  • Et à bien y réfléchir, l'ex-ministre a fait cadeau à Jean Charest d'un répit que seul l'avenir nous dira s'il fut bénéfique pour lui...
    (Denise Bombardier, dans Le Devoir du 22 janvier 2011.)

Le pronom que remplace répit dans la proposition relative qu'il introduit; il ne peut avoir ici d'autre fonction que celle de complément d'objet direct. Or, l'avenir nous dira quoi? Non pas le répit, mais si le répit fut bénéfique; l'avenir nous dira, à propos du répit, s'il fut bénéfique :

Et à bien y réfléchir, l'ex-ministre a fait cadeau à Jean Charest d'un répit dont seul l'avenir nous dira s'il fut bénéfique pour lui...

Dans un autre contexte, on écrirait correctement :

L'ex-ministre a fait cadeau à Jean Charest d'un répit que seul l'avenir lui permettra d'apprécier. (Le pronom relatif que, représentant répit, serait ici complément d'objet direct du verbe apprécier.)

Line Gingras
Québec

« Le croisé revanchard » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/315198/le-croise-revanchard

1 juin 2010

Ottawa, notre pays

  • Ottawa avait été le seul pays à trouver l'offensive de Tsahal au Liban « mesurée ». (Alec Castonguay, dans Le Devoir du 1er juin 2010.)

Demandez vite votre passeport ottavien.

Line Gingras
Québec

« Colère anti-israélienne à Istanbul – Le Canada, l'allié le plus fidèle d'Israël » : http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/290009/colere-anti-israelienne-a-istanbul-le-canada-l-allie-le-plus-fidele-d-israel

19 janvier 2011

Son nom a été reconnu coupable?

  • Reconnu coupable de divers crimes sexuels, le nom de Richard Bouillon a refait surface à maintes reprises tout au long de l'Affaire Surprenant.
    (Hugo Meunier, dans La Presse du 18 janvier 2011.)

On écrit l'affaire Dreyfus. (Voir le Petit Robert ou le Trésor de la langue française informatisé.)

Je conseillerais :

Le nom de Richard Bouillon, reconnu coupable de divers crimes sexuels, a refait surface à maintes reprises tout au long de l'affaire Surprenant.

Line Gingras
Québec

« Affaire Julie Surprenant : de nouvelles révélations » : http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/justice-et-faits-divers/201101/18/01-4361290-affaire-julie-surprenant-de-nouvelles-revelations.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_BO2_quebec_canada_178_accueil_POS4

23 novembre 2010

Sa décision de ne pas soumettre sa décision

  • Sa décision de ne pas soumettre sa décision de prolonger la présence militaire canadienne en Afghanistan au-delà de l'échéance de 2011 à un vote parlementaire est sans doute l'exception qui confirme la règle.

    S'il saisissait la Chambre des communes de son projet... (Chantal Hébert, dans Le Devoir du 15 novembre 2010.)

Je suggérerais :

Sa décision de ne pas amener le Parlement à se prononcer sur la prolongation de la présence militaire canadienne en Afghanistan au-delà de l'échéance de 2011 est sans doute l'exception...

Sa décision de ne pas amener le Parlement à se prononcer sur la présence militaire canadienne en Afghanistan au-delà de l'échéance de 2011 est sans doute l'exception...

Line Gingras
Québec

« Afghanistan et politique 101 » : http://www.ledevoir.com/politique/canada/311004/afghanistan-et-politique-101

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