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Choux de Siam
27 mai 2008

Diagnostiquer des adolescents avec des troubles

Diagnostiquer quelqu'un avec; grammaire française; syntaxe du français.

  • « On évite de diagnostiquer des adolescents avec des troubles de la personnalité parce qu'on pense que jusqu'à l'âge de 18 ans, la structure de la personnalité n'est pas encore formée, n'est pas stable », raconte Éric Fombonne, président de la conférence et directeur de l'unité de psychiatrie à l'Hôpital de Montréal pour enfants. (Émilie Bilodeau.)

D'après les exemples que j'ai vus dans les dictionnaires, on ne diagnostique pas quelqu'un, mais quelque chose :

La maladie est encore trop souvent diagnostiquée à un stade avancé... (Quillet, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

Pratiquement, la consigne était de ne jamais diagnostiquer une typhoïde. (Martin du Gard, dans le Lexis.)

Il ne faut pas diagnostiquer une tendance schizoïde chaque fois que l'aspiration à la solitude dépasse la moyenne. (Mounier, dans le Trésor.)

Diagnostiquer une crise économique. (Petit Robert.)

Il diagnostiquera un problème informatique. (Multidictionnaire.)

Un consultant plus profond que ne l'était M. de Norpois eût sans doute pu diagnostiquer que c'était ce sentiment d'humiliation et de honte qui avait aigri Odette. (Proust, dans le Trésor.)

Il aurait fallu dire :

On évite de diagnostiquer des troubles de la personnalité chez des adolescents...

Line Gingras
Québec

« Les troubles de personnalité limite - De l'automutilation au suicide, la personnalité limite inquiète » : http://www.ledevoir.com/2008/04/12/184795.html

25 mai 2008

À lequel des personnages?

À lequel, auquel; à lesquels, auxquels; à lesquelles, auxquelles; contraction; grammaire française; syntaxe du français.

  • ... nous avions interrogé quelques femmes, histoire de savoir à lequel des quatre personnages elles s'identifiaient. (Silvia Galipeau et Isabelle Audet, dans La Presse.)

On écrit à laquelle, mais auquel (ou auxquels, auxquelles) :

... histoire de savoir auquel des quatre personnages elles s'identifiaient.

L'article le (comme l'article les) se contracte avec la préposition :

À + le = au.
À + lequel = auquel.

À + les = aux.
À + lesquels = auxquels.
À + lesquelles = auxquelles.

Line Gingras
Québec

« Que sont devenues Charlotte, Carrie, Miranda et Samantha? » : http://www.cyberpresse.ca/article/20080520/CPACTUEL/805200767/6685/CPACTUEL

24 mai 2008

À l'ordre du jour

  • La renégociation de nos contrats d'impression et de distribution sont à l'ordre du jour en 2008. (Bernard Descôteaux.)

Qu'est-ce qui est à l'ordre du jour? Non, pas les contrats, mais la renégociation des contrats. C'est avec renégociation, noyau du groupe sujet, que le verbe doit s'accorder : est à l'ordre du jour...

Line Gingras
Québec

« Bientôt 100 ans! » : http://www.ledevoir.com/2008/05/22/190654.html

23 mai 2008

Louise Beaudoin, chercheur invité

Chercheur, chercheuse.

  • À sa sortie de l'Élysée, l'ancienne ministre [Louise Beaudoin], maintenant chercheur invité au CERIUM de l'Université de Montréal, a salué l'évolution du président. (Christian Rioux.)

Je ne m'explique pas ce masculin : le nom féminin chercheuse est admis dans le Petit Robert, le Lexis, le Trésor de la langue française informatisé, le Guide du rédacteur, le Multidictionnaire et le Français au bureau (ouvrage de l'Office québécois de la langue française). Il aurait été naturel d'écrire :

... l'ancienne ministre, maintenant chercheuse invitée au CERIUM de l'Université de Montréal...

Par ailleurs, je note que dans le site de l'Université de Montréal, on attribue à madame Beaudoin le titre de chercheure invitée. Ce féminin me paraît inusité; il n'est pas reçu dans les ouvrages susmentionnés.

Line Gingras
Québec

« Sarkozy corrige le tir sur le Québec » : http://www.ledevoir.com/2008/05/23/190883.html

20 mai 2008

La proximité entre les deux hommes

Proximité entre; proximité de; grammaire française; syntaxe du français.

  • Les démocrates n'ont de cesse de souligner la proximité entre les deux hommes, en publiant quotidiennement des communiqués sur le danger d'un troisième mandat Bush avec McCain. (Reuters.)

D'après les exemples que je vois dans les dictionnaires, le complément du nom proximité n'est pas introduit par la préposition entre, mais de :

La proximité possible de la tempête. (Petit Robert.)

... elle ne pouvait penser qu'à la proximité de Jacques. (Martin du Gard, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

L'effet que me font ces saints lieux doit être celui qu'ils font à tout le monde, si j'en juge par la proximité constante de l'église avec les maisons discrètes. (Montherlant, dans le Trésor.)

La proximité des écoles est bien commode. (Multidictionnaire.)

La proximité des vacances ne les incite pas à travailler. (Lexis.)

Proximité de deux villes, de plusieurs maisons. (Trésor.)

La proximité de l'agressivité et de la cruauté... (Mounier, dans le Trésor.)

Proximité des idées, des théories. (Trésor.)

On aurait pu écrire, à mon avis :

Les démocrates n'ont de cesse de souligner la proximité des deux hommes...

Les démocrates n'ont de cesse de souligner la parenté de vues entre les deux hommes...

Line Gingras
Québec

« John McCain prend ses distances de George Bush » : http://www.ledevoir.com/2008/05/03/188136.html

17 mai 2008

Je m'ergote, tu t'ergotes, nous nous ergotons

S'ergoter; ergoter à la forme pronominale; grammaire française; syntaxe du français.

  • Depuis que, de La Rochelle à Paris en passant par Québec et Ottawa, on s'ergote et on chipote sur le sens profond de ces 400 ans d'histoire... (Marie-Andrée Chouinard.)

Aucun des onze ouvrages que j'ai consultés (dictionnaires généraux et ouvrages de difficultés) ne reçoit ergoter à la forme pronominale; il s'agit plutôt d'un verbe intransitif, c'est-à-dire n'admettant pas de complément d'objet (on ne saurait ergoter quelque chose ni quelqu'un) :

Personne qui a la manie d'ergoter. (Petit Robert.)

Je lui laisse le dernier mot parce qu'il me déplaît d'ergoter. (Gide, dans le Lexis.)

Il ne s'agit pas ici d'ergoter, mais de se baser sur des faits et des choses stables. (Villiers de L'Isle-Adam, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

Il suffisait d'écrire :

Depuis que, de La Rochelle à Paris en passant par Québec et Ottawa, on ergote et on chipote sur le sens profond de ces 400 ans d'histoire...

Line Gingras
Québec

« Fête de famille » : http://www.ledevoir.com/2008/05/16/189956.html

15 mai 2008

Ils se sont plaint

Ils se sont plaint; elle s'est plaint; elles se sont plaint; accord du participe passé du verbe se plaindre; grammaire française; orthographe d'accord.

  • Puis a été inventé le lancer frappé, et les juges de buts se sont plaint à la CSST et ont graduellement recherché d'autres perspectives d'emploi. (Jean Dion.)

Selon Marie-Éva de Villers, le participe passé du verbe pronominal se plaindre « s'accorde avec le sujet du verbe » :

Ils s'étaient plaints du retard. (Multidictionnaire.)

Elles se sont plaintes à leur maman. (Hanse-Blampain.)

[...] pas une âme ne s'est plainte, ni ne s'est opposée au renversement de ces pierres. (Valéry, dans le Trésor de la langue française informatisé, à l'article « pas ».)

Il fallait donc écrire :

... et les juges de buts se sont plaints...

Line Gingras
Québec

« Et puis euh - Sports Moins » : http://www.ledevoir.com/2008/05/13/189474.html

14 mai 2008

Tout autre ville

Tout autre ville ou toute autre ville; accord de tout devant autre; tout, variable ou invariable; grammaire française; orthographe d'accord.

  • Plus que tout autre ville de hockey au Canada, Montréal a besoin de gagner. (Pierre Foglia, dans La Presse.)

Tout est variable lorsqu'il veut dire « n'importe quel » :

Toute autre attitude m'aurait déçu. (Hanse et Blampain.)

Plus que toute autre ville de hockey au Canada, Montréal a besoin de gagner.

On écrirait par contre :

J'aime bien Québec; mais Venise, c'est une tout autre ville [= une ville complètement autre, tout à fait autre]. Voir le billet intitulé « D'une toute autre couleur ».

Line Gingras
Québec

« Superman » : http://www.cyberpresse.ca/article/20080506/CPOPINIONS05/80505256/6750/CPOPINIONS05

13 mai 2008

Glaner une place

  • La place de meilleur concert classique de l'année 2008 à Montréal n'est plus à prendre. Elle a été glanée hier après-midi à la Place des Arts par une sidérante leçon de chant, un concert du (rarissime) calibre de ceux qui ont de quoi laisser un critique sans voix! (Christophe Huss.)

Glaner, au sens propre, c'est «ramasser dans un champ les épis qui ont échappé aux moissonneurs» (Trésor de la langue française informatisé); par extension, «cueillir çà et là», «ramasser ce qui a été abandonné, en parlant de choses diverses» (Lexis); au sens figuré, «recueillir par-ci par-là des bribes dont on peut tirer parti» (Petit Robert). Le complément d'objet direct (ou le sujet, à la voix passive) est donc soit un pluriel, soit un singulier évoquant un pluriel :

Elle a glané assez d'épis pour avoir de quoi se nourrir tout l'hiver. (Académie, dans le Trésor.)

Glaner un champ. (Petit Robert.)

Comme elle était heureuse de courir dans les tranchées herbeuses, de glaner des fleurs. (Moselly, dans le Trésor.)

Mais je suivais silencieuse, et je glanais la mûre, la merise, ou la fleur, je battais les taillis et les prés gorgés d'eau en chien indépendant qui ne rend pas de comptes... (Colette, dans le Trésor.)

Glaner sa nourriture de ville en ville. (Lexis.)

Glaner quelques informations. Des connaissances glanées çà et là. (Petit Robert.)

L'honnêteté de l'écrivain consiste à ne pas donner comme siennes les idées qu'il a glanées de-ci de-là. (Gide, dans le Lexis.)

Puis, pour son compte personnel, glaner en douce quelques histoires, sexuelles de préférence. (Malraux, dans le Trésor.)

Tel avocat profite de ce qu'il est député ou ministre pour glaner quelques menus profits. (Mauriac, dans le Trésor.)

Dans la phrase à l'étude, j'emploierais plutôt le verbe remporter :

La place de meilleur concert classique de l'année 2008 à Montréal n'est plus à prendre. Elle a été remportée hier après-midi à la Place des Arts par une sidérante leçon de chant...

Line Gingras
Québec

«Concert classique - Sidérante leçon de chant» : http://www.ledevoir.com/2008/05/05/188319.html

12 mai 2008

De retour

Pendant plus de deux jours, j'ai eu le bonheur d'être une réfugiée de l'informatique. Le bonheur, oui - parce que sans mes amis traducteurs, Dominique et Andrée, qui m'ont accueillie chez eux, sans leur fille Madeleine, qui m'a prêté son ordinateur, je ne vois pas comment j'aurais pu livrer à temps les textes pressés auxquels je travaillais. Ils ont été, comme toujours, d'une gentillesse et d'une générosité qui me bouleversent; je ne l'oublierai jamais.

Et puis, une fois l'échéance passée, il y a eu mes frères, Gilles et Normand, qui ont permis un retour rapide à la normale (un beau dimanche après-midi de fête des Mères, en plus). Mon ordinateur, bien que d'un âge éminemment respectable, n'était pas défectueux. Seulement, le disque dur contenant mes programmes était plein, ce qui empêchait le lancement de Windows (98, c'est vous dire).

Grâce à Dominique, Andrée, Madeleine, Gilles et Normand (par ordre d'entrée en scène), c'est reparti. À chacun, merci, mille fois merci.

Line Gingras
Québec

30 avril 2008

Chef-d'oeuvres du Louvre

Chef-d'œuvres, chefs-d'œuvre; pluriel de chef-d'œuvre; orthographe.

  • Mais la conservatrice du Louvre responsable de l’exposition, Geneviève Bresc, rappelle que La Joconde ne voyage plus, tout comme les chef-d’œuvres les plus connus de ce musée. (Julie Lemieux, dans Le Soleil.)

Le Petit Robert, le Multidictionnaire et le Hanse-Blampain donnent tous trois chefs-d'œuvre comme pluriel de chef-d'œuvre. Ce mot n'est pas visé par les rectifications de l'orthographe.

Line Gingras
Québec

« "Le Louvre à Québec" : 276 pièces bientôt dans la capitale » : http://www.cyberpresse.ca/article/20080430/CPSOLEIL/80429292/7137/CPSOLEIL05

28 avril 2008

Se dérober de ses obligations

Se dérober de ses obligations; se dérober à ses obligations; se dérober de quelque chose; se dérober à quelque chose; préposition; grammaire française; syntaxe du français.

  • ... cela ne les autorise pas en revanche à se dérober de l'ensemble des obligations qui définissent une télévision généraliste digne de ce nom. (Marie-Andrée Chouinard.)

Le Lexis donne la construction se dérober de comme appartenant à la langue classique :

Je me dérobai de mes camarades qui ne s'y attendaient pas. (Scarron.)

D'après les résultats de mes recherches, c'est plutôt se dérober à que l'on emploie dans la langue moderne :

Se dérober à son devoir. (Lexis.)

Se dérober aux recherches, aux regards. (Hanse-Blampain.)

Elle se dérobait à ses questions. (Multidictionnaire.)

Se dérober à ses obligations. (Petit Robert.)

Je me dérobe au travail, commence à la fois six livres. (Gide, dans le Petit Robert.)

La bassesse de sa dialectique m'empêcha de me dérober à ma nouvelle tâche. (Barrès, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

Elle exige qu'au lieu de se dérober à la police, il aille à sa rencontre. (Romains, dans le Petit Robert.)

Je relève aussi, dans le Trésor, un exemple avec la préposition devant :

C'est ce problème devant lequel je ne me déroberai pas. (Du Bos.)

Line Gingras
Québec

« Brebis égarée » : http://www.ledevoir.com/2008/04/25/186742.html

25 avril 2008

Vous auriez dit oui?

Un ami lecteur me signale cet exemple d'amusante distraction :

  • La question a été posée. Vaut-il mieux un TQS amputé de son service de l'information et carburant au divertissement à rabais que pas de TQS du tout? Vaut-il mieux la clé sous la porte ou un exercice brutale pour sauver les meubles? Il y a quelques mois, j'aurais dit oui sans hésiter. (Nathalie Petrowski, dans La Presse.)

On peut répondre par oui ou par non à la première question, mais pas à la seconde.

(On écrit brutal sans e, au masculin.)

Line Gingras
Québec

« La coquille vide » : http://www.cyberpresse.ca/article/20080425/CPOPINIONS05/804250671/5034/CPOPINIONS/?utm_campaign=retention&utm_source=bulletin&utm_medium=email

15 janvier 2020

Qui donc s'est échappé?

  • Le personnage de fiction dans lequel Matzneff a voulu enfermer Vanessa Springora, qui, dans un moment de désespoir raconté dans son livre, se dit « j’ai 14 ans pour toujours, c’est écrit », s’est échappée de sa prison de papier, et c’est tant mieux.
    (Chantal Guy, dans La Presse du 5 janvier 2020.)

Le personnage s'est échappé de sa prison :

Le personnage de fiction dans lequel Matzneff a voulu enfermer Vanessa Springora, qui, dans un moment de désespoir raconté dans son livre, se dit « j’ai 14 ans pour toujours, c’est écrit », s’est échappé de sa prison de papier, et c’est tant mieux.


  • Il est un écrivain célébré, il lui écrit des lettres passionnées, cela flatte son ego de jeune fille qui se réfugie dans les livres, elle finit par lui répondre, sans savoir que ses propres lettres serviront pratiquement de preuves à l’écrivain que l’amour était réciproque et consentant, et qu’il reproduira sans vergogne dans ses propres livres.

Trois observations :

1.  Je cherche en vain à quel élément est coordonnée la proposition relative placée à la fin de la phrase; le problème est résolu si l'on rapproche cette proposition de son antécédent.

2.  La répétition de ses propres me paraît maladroite, d'autant plus qu'il s'agit dans le premier cas des lettres de la jeune fille, et dans le second des livres de l'écrivain.

3.  Je doute que l'amour puisse être non consentant.

Il faudrait lire, à mon avis :

Il est un écrivain célébré, il lui écrit des lettres passionnées, cela flatte son ego de jeune fille qui se réfugie dans les livres, elle finit par lui répondre, sans savoir que ses propres lettres, qu’il reproduira sans vergogne dans ses livres, serviront pratiquement de preuves à l’écrivain que l’amour était réciproque et les relations, consentantes.

Line Gingras
Québec

« Affaire Matzneff : le piège de papier » : https://www.lapresse.ca/arts/litterature/202001/05/01-5255695-affaire-matzneff-le-piege-de-papier.php

28 octobre 2019

Abréviation de « maîtres »

  • « La qualité de la preuve était impressionnante, elle était très forte », a commenté Me Steve Baribeau, procureur de la Couronne, aux côtés de ses collègues, Me Alexis Marcotte-Bélanger et Karine Dalphond.
    (Louis-Samuel Perron, dans La Presse du 19 octobre 2019.)

Karine Dalphond étant avocate, elle a droit comme ses collègues au titre de maître, dont l'abréviation varie au pluriel :

« La qualité de la preuve était impressionnante, elle était très forte », a commenté Me Steve Baribeau, procureur de la Couronne, aux côtés de ses collègues, Mes Alexis Marcotte-Bélanger et Karine Dalphond.


  • [...] s’est réjoui Claudette, la mère de Véronique Barbe.

[...] s’est réjouie Claudette, la mère de Véronique Barbe.

J'ai déjà abordé la question ici.


  • Devant deux jeunes enfants, il a ainsi poignardé Véronique Barbe à 17 reprises, avec deux couteaux différents, et l’a abandonné dans la cuisine de leur résidence de Saint-Eustache.

Le participe passé employé avec l'auxiliaire avoir s'accorde avec le complément d'objet direct, si celui-ci précède le verbe :

Devant deux jeunes enfants, il a ainsi poignardé Véronique Barbe à 17 reprises, avec deux couteaux différents, et l’a abandonnée dans la cuisine de leur résidence de Saint-Eustache.

Line Gingras
Québec

« Ugo Fredette coupable de deux meurtres : "C’est une libération" » : https://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-faits-divers/201910/19/01-5246075-ugo-fredette-coupable-de-deux-meurtres-cest-une-liberation-.php

25 décembre 2012

Embarassant

Embarassant, embarrassant; orthographe.

  • Ce pardon pontifical met fin à un chapitre embarassant et douloureux pour le Vatican.
    (PC dans le site du Devoir, le 22 décembre 2012 à 9 h 30.)

On écrit embarrassant :

C'est une situation, une affaire embarrassante. (Petit Robert.)

Le mot n'est pas visé par les rectifications de l'orthographe.

* * * * *

Joyeux Noël à tous!

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Le pape a accordé son pardon à son ancien majordome Paolo Gabriele » : http://www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religion/367036/le-pape-a-accorde-son-pardon-a-son-ancien-majordome-paolo-gabriele

Merci de votre visite. Une question? Je serai heureuse d'y répondre, dans la mesure de ma disponibilité. Voir la rubrique « Contactez l'auteur », dans la colonne de droite.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

5 janvier 2020

Ils ont souhaité leurs condoléances

Souhaiter ses condoléances; usage.

  • [...] les deux établissements [...] ont souhaité leurs condoléances aux proches touchés par l’événement.
    (Émilie Morin et Samuel Duchaine, dans le site du Quotidien; texte mis à jour le 22 décembre 2019.)

Les condoléances sont l'« expression de la part que l'on prend à la douleur de quelqu'un », nous dit le Petit Robert; on ne saurait donc souhaiter ses condoléances. Le dictionnaire consigne les tours suivants :

Présenter, offrir, exprimer, faire ses condoléances à l'occasion d'un deuil.

Les journalistes auraient pu écrire :

[...] les deux établissements [...] ont présenté leurs condoléances aux proches touchés par l’événement.

Line Gingras
Québec

« Mort d’un garçon de 4 ans sur les monts Valin » : https://www.lequotidien.com/actualites/mort-dun-garcon-de-4-ans-sur-les-monts-valin-c0c019e66455bef0240b34610268b030

22 novembre 2019

Interpeller

Interpeller, désigner; usage.

  • Cette possibilité de choisir son nom ou son prénom est beaucoup plus répandue sur les campus américains. Les étudiants peuvent même choisir un pronom que les autres membres de la communauté universitaire doivent utiliser pour les interpeller : he, she, they, ou ze, par exemple.
    (Marco Fortier, dans Le Devoir du 16 novembre 2019.)

Interpeller une personne, ce n'est pas parler d'elle, mais s'adresser à elle « d'une façon plus ou moins brusque » (Grand Robert); on utilise donc un pronom de la deuxième personne (you en anglais, tu ou vous en français, sans distinction de sexe), et non pas de la troisième :

Valérien, tu es encore en retard!

Mademoiselle, pourriez-vous m'aider?

Il faudrait lire :

Cette possibilité de choisir son nom ou son prénom est beaucoup plus répandue sur les campus américains. Les étudiants peuvent même choisir un pronom que les autres membres de la communauté universitaire doivent utiliser pour les désigner : he, she, they, ou ze, par exemple.

Line Gingras
Québec

« Ni homme ni femme : "autre" » : https://www.ledevoir.com/societe/education/567162/ni-homme-ni-femme-autre?utm_source=infolettre-2019-11-16&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

1 janvier 2020

Ils s'en sont bien tiré

Ils s'en sont tiré ou ils s'en sont tirés; s'en tirer, accord du participe passé du verbe pronominal; grammaire; orthographe.

  • Ces derniers s’en sont malgré tout relativement bien tiré cette année grâce aux politiques monétaires accommodantes de leurs banques centrales, la belle vigueur de la consommation des ménages et la bonne tenue du marché immobilier.
    (Éric Desrosiers, dans Le Devoir du 21 décembre 2019.)

Deux observations :

1.  On tire quelqu'un d'affaire, d'embarras, d'un mauvais pas, d'un danger, du pétrin, de la misère..., on s'en tire soi-même :

Les personnes qu'il a tirées de la misère lui en sont reconnaissantes.

Elles se sont tirées d'affaire, elles s'en sont tirées.

2.  La préposition à se répète normalement devant chacun des compléments.

Il faudrait lire :

Ces derniers s’en sont malgré tout relativement bien tirés cette année grâce aux politiques monétaires accommodantes de leurs banques centrales, à la belle vigueur de la consommation des ménages et à la bonne tenue du marché immobilier.

Line Gingras
Québec

« 2019, année de bouleversements » (paragraphe intitulé "Le boomerang commercial") : https://www.ledevoir.com/societe/569582/2019-annee-de-bouleversements?utm_source=infolettre-2019-12-21&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

21 décembre 2012

Il s'est morfondu en excuses

Se morfondre en excuses; se confondre en excuses; paronymes.

  • Il s'est morfondu en excuses, sûrement sincères, mais le mal était fait.
    (Philippe Cantin, dans La Presse du 19 décembre 2012.)

Le Petit Robert, le Multidictionnaire, le Hanse-Blampain, le Lexis et le Trésor de la langue française informatisé, consultés aux articles « morfondre », « excuse » et « confondre », ne donnent pas se morfondre en excuses, mais plutôt se confondre en excuses, c'est-à-dire multiplier les excuses :

Il est supposé détenir quelque fragment de vérité. C'est assez : on le honnit et l'infortuné ne songe qu'à se confondre en excuses. (Clemenceau dans le Trésor, à l'article « excuse ».)

Ils soulevèrent le banc, et le vieux culbuta, au milieu des éclats de rire. Christophe [...] vit le vieux, qui se ramassait péniblement, et, au lieu de se plaindre, se confondait en excuses. (Rolland dans le Trésor, à l'article « ramasser ».)

D'après Marie-Éva de Villers, se morfondre signifie « attendre longtemps en s'ennuyant » :

Elle s'est morfondue pendant trois jours dans cet endroit perdu.

Il fallait écrire :

Il s'est confondu en excuses, sûrement sincères, mais le mal était fait.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« L'année Twitter » : http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/philippe-cantin/201212/19/01-4605209-lannee-twitter.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_philippe-cantin_1254613_section_POS1

Merci de votre visite. Une question? Je serai heureuse d'y répondre, dans la mesure de ma disponibilité. Voir la rubrique « Contactez l'auteur », dans la colonne de droite.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

23 avril 2008

À son avis

  • ... Reto Stocker ne se gêne pas pour adresser une rebuffade au groupe d'experts indépendants dirigé par l'ex-ministre libéral John Manley. Leur recommandation de privilégier les projets de développement ciblés, que le Canada pourrait fièrement exhiber comme autant de réalisations concrètes à Kaboul ou à Kandahar, est à son avis mal avisée. (Hélène Buzzetti.)

... est selon lui mal avisée.

Line Gingras
Traductrice indépendante
Québec

« Afghanistan - La Croix-Rouge refroidit les ardeurs du groupe Manley » : http://www.ledevoir.com/2008/02/11/175646.html

22 avril 2008

Une salve de hués

  • D’autres ont envahie la rue Sainte-Catherine et les artères transversales. (Martin Croteau, Paul Journet et André Duchesne, dans La Presse.)

Le participe passé employé avec l'auxiliaire avoir s'accorde avec le complément d'objet direct, si celui-ci est placé devant le verbe. D'autres ont envahi quoi? la rue Sainte-Catherine. Le participe doit rester invariable : envahi.

  • L’un d’eux, Patrick O’Connor, 18 ans, résidant de Boston et étudiant à l’université du Massachusetts, a tenter de traverser la foule massée devant le Centre Bell à la fin de la partie.

L'auxiliaire avoir doit être suivi du participe passé, avec lequel il forme ici le passé composé : a tenté.

  • « Ça va être fou ce soir », a renchérit une serveuse de l’endroit.

Le participe passé du verbe renchérir, c'est renchéri. La graphie renchérit correspond à la troisième personne du singulier du passé simple ou du présent de l'indicatif.

  • Craignait des débordements, il a ajouté...

Bien entendu, on a plutôt affaire au participe présent : Craignant des débordements, il a ajouté...

  • Dans l’immense foule, un pauvre partisans des Bruins a vécu des minutes d’angoisse.

Des partisans, un partisan.

  • Du milieu de l’après-midi et toute la soirée, une ambiance électrique, folle, étourdissante a enveloppé le Centre Bell et ses abords.

La préposition du marque le commencement de la durée; il reste à en indiquer le terme : Du milieu de l'après-midi jusqu'en fin de soirée...

  • Ils ont été accueillis par une salve de hués des amateurs.

Ils ont été hués; ils ont été accueillis par des huées, par une salve de huées.

  • « Nous voulions absolument venir, a-t-elle dit. On voulait voir le visages des amateurs après la victoire du Canadien. »

Le visage ou les visages.

  • Mais lorsque Mike Komisarek a compté le premier but du CH, on a pu entendre le cri de Pierre Houde résonner de tous les bars ou les amateurs étaient rassemblés.

Vous préférez les bars ou les amateurs? Pour goûter à l'agrément des deux, il fallait se rendre dans les bars les amateurs étaient rassemblés.

  • Au début de la troisième période, on écoutait aussi la description du match dans quatre auto-patrouille stationnées à l’angle de Stanley et Sainte-Catherine.

Désirant vérifier le pluriel de auto-patrouille, je suis tombée sur une mise en garde du Multidictionnaire : d'après Marie-Éva de Villers, auto-patrouille est le calque de patrol car, à remplacer par voiture de police.

Les trois auteurs de l'article ont dû travailler à une vitesse effarante, je comprends cela. Mais je me demande si la direction du journal en est tout aussi consciente : n'y a-t-il pas lieu, en pareil cas, de retenir les services d'un relecteur?

Line Gingras
Traductrice indépendante
Québec

« Le centre-ville en liesse » : http://www.cyberpresse.ca/article/20080421/CPSPORTS0101/80421210/-1/CPSPORTS0101

18 avril 2008

Garder secret la nature...

Garder, verbe attributif; attribut du complément d'objet direct.

  • S'il se dit ravi de pouvoir discuter avec de hauts responsables politiques ne s'attendant pas à tomber sur un militaire, Henry Lebon tient à garder secret la nature de ses conversations. (S.P.)

Le verbe garder introduit un attribut du complément d'objet direct :

Garder la tête froide, les idées claires. (Petit Robert.)

Il avait gardé intacte la chambre de sa compagne. (Maupassant, dans le Petit Robert.)

Henry Lebon tient à garder la nature de ses conversations secrète; il tient à garder secrète la nature de ses conversations.

Line Gingras
Traductrice indépendante
Québec

« "Allo Ségolène Royal? Non, caporal Lebon à l'appareil!" » : http://www.lefigaro.fr/politique/2008/02/29/01002-20080229ARTFIG00549-allo-segolene-royal-non-caporal-lebon-a-l-appareil-.php

13 avril 2008

Avant qu'il ne clôt le débat

Avant que + indicatif ou subjonctif; avant que et le choix du mode; clore au subjonctif; grammaire française.

  • Mais avant que Kovalev ne clôt le débat en avantage numérique... (Marc Antoine Godin, dans La Presse.)

Avant que appelle toujours le subjonctif (j'ai vérifié dans le Multidictionnaire et le Hanse-Blampain; le ne explétif, soit dit en passant, n'est pas obligatoire). Et quel est le subjonctif présent du verbe clore, à la troisième personne du singulier? Close :

Mais avant que Kovalev ne close le débat en avantage numérique...

La forme clôt correspond à la troisième personne du singulier du présent de l'indicatif :

J'ai bien éprouvé cela pour ma sœur, pour cette femme charmante dont je ne parle jamais par une pudeur de cœur qui me clôt la bouche. (Flaubert, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

Line Gingras
Traductrice indépendante
Québec

« Carbo : "Kovalev ne voulait pas rentrer au banc!" » : http://www.cyberpresse.ca/article/20080413/CPSPORTS0101/804130708/5128/CPSPORTS01

11 avril 2008

La solution

  • À défaut de modifier la Charte pour répondre à l'éternelle question de ce qu'est un anglophone, étendre aux services gouvernementaux les critères qui régissent l'accès à l'école anglaise seraient peut-être la solution, même si cela risque de faire la fortune d'une nouvelle génération d'avocats. (Michel David.)

Qu'est-ce qui serait peut-être la solution? Non, pas les critères ni les services, et encore moins les avocats - mais plutôt étendre aux services gouvernementaux les critères qui régissent l'accès à l'école anglaise.

Line Gingras
Traductrice indépendante
Québec

« L'éternelle question » : http://www.ledevoir.com/2008/04/10/184387.html

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