Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Choux de Siam
29 novembre 2008

Un homme occupé

  • Ce poste, qui était occupé par Rona Ambrose, n'est pas un ministère majeur sous le règne de Stephen Harper, qui s'occupe lui-même de ses relations avec les provinces. (Alec Castonguay et Hélène Buzzetti.)

... sous le règne de Stephen Harper, qui se charge lui-même de ses relations avec les provinces.

Line Gingras
Québec

« Verner aux Affaires intergouvernementales » : http://www.ledevoir.com/2008/10/30/213258.html

19 novembre 2008

Histoire de générations

  • L'éducation, faut-il le rappeler, concerne les jeunes, c'est un investissement pour les générations futures et non pour celles qui ont amplement profité des sacrifices de ceux qui les ont précédés. (Denise Bombardier.)

Ceux qui ont précédé qui, quoi? Certainement pas eux-mêmes, et pas davantage les sacrifices : le pronom personnel les, complément d'objet direct avec lequel doit s'accorder le participe passé*, remplace le démonstratif celles, désignant les générations... actuelles, disons. Il fallait donc écrire :

... celles qui ont amplement profité des sacrifices de ceux qui les ont précédées.

Line Gingras
Québec

* Le participe passé employé avec l'auxiliaire avoir s'accorde en genre et en nombre avec le complément d'objet direct, si celui-ci est placé devant le verbe.

« La pureté et la santé » : http://www.ledevoir.com/2008/11/15/216369.html

18 septembre 2008

Sans en dire d'avantage

D'avantage ou davantage; orthographe.

  • La présence des franges ultrachrétiennes dans les rangs conservateurs se confirment de jour en jour. (Hélène Buzzetti.)

La présence [...] se confirme...

  • Ce groupe pentecôtiste en pleine croissance affirme compter près de 3000 membres. Il a pu compter sur d'importants capitaux américains pour se lancer en 1993.

... Il a reçu d'importants capitaux américains pour se lancer, en 1993.

  • Il est arrivé que M. Bouchard commence sa journée de travail par une séance de prière collective. En entrevue, M. Bouchard commence par nier ces informations.

Il est arrivé que M. Bouchard entame sa journée de travail...

  • M. Bouchard admet qu'il lui arrive parfois de « prier tout haut », sans en dire d'avantage.

Il n'y a pas d'avantage à agir de la sorte.

Il l'aime comme un frère, sinon davantage. (Petit Robert.)

La qualité des applaudissements importe bien davantage que leur nombre. (Gide, dans le Petit Robert.)

Au sens de plus, on écrit davantage :

... sans en dire davantage.

Line Gingras
Québec

« Québec : un député du PC courtise les pentecôtistes » : http://www.ledevoir.com/2008/09/16/205765.html

17 novembre 2008

Un discours emprunt de noblesse

Emprunt ou empreint; paronymes; orthographe.

  • ... un discours senti, emprunt d'une grande noblesse... (Jean-Jacques Stréliski.)

Non, le discours de John McCain n'était pas un emprunt, que je sache, mais on l'a trouvé empreint d'une grande noblesse :

Les beaux ouvrages ne vieilliraient jamais s'ils n'étaient empreints que d'un sentiment vrai. (Delacroix, dans le Petit Robert, à l'article «empreindre».)

Line Gingras
Québec

«Questions d'image – L'homme du monde» : http://www.ledevoir.com/2008/11/17/216703.html

16 novembre 2008

Soit-disant

Soit-disant ou soi-disant; orthographe.

  • Il s'agit évidemment de Vladimir Poutine, soit-disant premier ministre. (Serge Truffaut.)

Soi-disant est un adjectif invariable ou un adverbe :

La soi-disant comtesse. (Daudet, dans le Petit Robert.)

Notre père venu à Paris, soi-disant pour affaires. (H. Bordeaux, dans le Petit Robert.)

Line Gingras
Québec

« L'astuce de Poutine – Le sans-gêne » : http://www.ledevoir.com/2008/11/14/216106.html

8 novembre 2008

La totalité

  • Les six détenus, des Algériens qui résidaient en Bosnie au moment de leur arrestation, étaient en liaison téléphonique avec la salle d'audience depuis le centre de détention située sur la base navale américaine à Cuba. (AFP.)

Ce n'est pas la détention qui est située sur la base, mais le centre de détention : situé.

* * * * *

  • La totalité des propos tenus jeudi matin à Washington leur a été traduits.

Deux possibilités, mais entre lesquelles il faut choisir :

La totalité des propos tenus jeudi matin à Washington leur a été traduite.

La totalité des propos tenus jeudi matin à Washington leur ont été traduits.

* * * * *

  • ... les conditions dans lesquelles allaient se dérouler la procédure...

Ce ne sont pas les conditions qui vont se dérouler, mais la procédure :

... les conditions dans lesquelles allait se dérouler la procédure...

* * * * *

  • Le juge devrait annoncer sa décision dans une dixaine de jours.

On écrit dans dix jours, mais dans une dizaine de jours.

Line Gingras
Québec

« Six détenus de Guantanamo contestent leur détention » : http://www.cyberpresse.ca/international/etats-unis/200811/06/01-36965-six-detenus-de-guantanamo-contestent-leur-detention.php

4 novembre 2008

L'économie en générale

En générale ou en général; possible et l'indicatif ou le subjonctif; voit ou voie; grammaire française; orthographe.

  • On pense évidement à la façon d'ordonner les marchés financiers et l'économie en générale après la spectaculaire débâcle des derniers mois. (Éric Desrosiers.)

Il ne s'agit pas ici de l'adjectif général, qui s'accorderait avec économie, mais de la locution invariable en général – qui s'oppose à en particulier, et non pas à en particulière... Évidemment.

* * * * *

  • Une volumineuse étude de l'OCDE rappelait justement récemment que de pareilles inégalités...

Dans la mesure du possible, on évite de mettre deux adverbes en ment l'un à côté de l'autre :

Une volumineuse étude de l'OCDE rappelait justement, il y a peu, que de pareilles inégalités...

* * * * *

  • Il reste toujours possible [...] que ce soit finalement encore un républicain qui se voit confier les clés de la Maison-Blanche.

Possible appelle le subjonctif :

Il reste toujours possible que ce soit un républicain qui finisse premier.

Il reste toujours possible que ce soit un républicain qui soit élu.

Il reste toujours possible que ce soit un républicain qui se fasse confier les clés de la Maison-Blanche.

Il reste toujours possible [...] que ce soit finalement encore un républicain qui se voie confier les clés de la Maison-Blanche.

Voit : présent de l'indicatif.
Voie : présent du subjonctif.
(Consulter au besoin le Bescherelle.)

Line Gingras
Québec

« Perspectives - Barack, John, Joe... et les autres » : http://www.ledevoir.com/2008/11/03/213851.html

2 novembre 2008

Une puce obstinément française

Ensemble vocal André Martin; EVAM; Les jours s'en vont..., je demeure; chant choral; chansons a cappella; concert à l'église Notre-Dame-des-Victoires, Québec.

Ah! l'agaçante puce :

Quand mes yeux je pense livrer au sommeil,
Elle vient me piquer, me démange, et me point, et me garde de dormir.

Jean-Antoine de Baïf, à qui sont attribuées les paroles de cette chanson de Claude Le Jeune (Une puce), vivait au XVIe siècle; il s'exprimait en français, à l'évidence, même si nous avons parfois un tantinet de misère à comprendre certains des mots et des tournures qu'il emploie.

Par « nous », je veux dire la vingtaine de choristes composant cet automne l'Ensemble vocal André Martin, qui donnera dans trois semaines un concert où sera à l'honneur la chanson française a cappella, de Ronsard à Félix Leclerc.

Que fait donc au juste cette puce qui « me pique, me démange, et me point »? N'est-ce pas « pointe » qu'il faudrait lire? nous sommes-nous demandé un soir de répétition. Pointe, présent de l'indicatif du verbe pointer?

J'ouvre mon dictionnaire d'ancien français – où je trouve des arguments convaincants, oui, mais en faveur du verbe poindre. Sens 1 : piquer; sens 3 : éperonner; sens 8 : faire souffrir, incommoder.

Ainsi, les cruelles puces du temps jadis sont demeurées telles aujourd'hui : obsédantes ritournelles de nos amours elles nous tourmentent, sans répit. Mieux vaut en rire...

Peu importe le siècle auquel nous appartenons, francophones d'Europe ou d'Amérique, nous vivons d'eau et de lumière; de tendresse, de jeux et de folie; de joies et d'espoir; et quelquefois de regrets atrocement doux. Cette âme qui demeure, et que révèlent nos chansons, s'incarne dans notre langue commune.

Qu'ils s'appellent Charles d'Orléans, Pierre de Ronsard, Clément Marot, Guillaume Apollinaire, Félix Leclerc ou Sylvain Lelièvre, nos poètes disent qui nous sommes, notre façon d'être au monde; ils ont la voix de notre cœur. Si vous êtes à Québec le dimanche 23 novembre, venez les entendre.

Line Gingras

Les jours s'en vont..., je demeure
Chansons françaises, de Ronsard à Félix Leclerc

Ensemble vocal André Martin
Avec la participation de Richard Joubert (commentaires) et d'Alfred Marin (viole de gambe)

Église Notre-Dame-des-Victoires (Place Royale, Québec)
Dimanche 23 novembre 2008, 14 h
Entrée : 15 $

31 octobre 2008

Incapables à tancer

Capable à, capable de; incapable à, incapable de; grammaire française; syntaxe du français; prépositions.

  • Les Américains deviennent incapables de faire la leçon économique et de plus en plus incapables à tancer politiquement. Ils doivent devenir partenaires d'un plus grand ensemble et cesser de dicter ou de sanctionner. (Gil Courtemanche.)

Les adjectifs apte et inapte introduisent leur complément au moyen de la préposition à; capable et incapable, cependant, se construisent avec de :

[L'homme] est incapable de souffrir ou d'être heureux longtemps. Il n'est donc capable de rien qui vaille. (Camus, dans le Petit Robert.)

Peut-être n'aurait-elle pas ri. Elle était capable de comprendre. (Mallet-Joris, dans le Lexis.)

Tu es incapable de m'écouter dix minutes. (Bastide, dans le Lexis.)

Quand je regarde un homme dans les yeux, je deviens incapable de lui donner des ordres. (Sartre, dans le Lexis.)

Quand une mère n'est plus capable de reconnaître son fils, c'est que son rôle sur la terre est fini. (Camus, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

... son ancien ami n'était plus capable de discernement, c'était une machine inerte, sensible encore à la douleur physique, mais incapable de la combattre ou de la détourner. (A. Dumas père, dans le Trésor.)

Incapable de lire, d'écrire, de me promener, je passe presque tout le jour étendu sur mon lit, accaparé par la douleur. (Gide, dans le Trésor.)

Voir aussi le Multidictionnaire et le Hanse-Blampain.

Line Gingras
Québec

« Le déclin de l'empire américain » : http://www.ledevoir.com/2008/10/25/212504.html

30 octobre 2008

Je lui ai fait visité...

Faire suivi du participe passé ou de l'infinitif; grammaire française; orthographe.

  • « J'ai pris la sous-ministre par l'oreille (c'est une image) et je lui ai fait visité cette zone protégée... » (Christian Yaccarini, cité par Stéphane Baillargeon.)

Le verbe faire ne doit pas être suivi d'un participe passé, mais d'un infinitif :

Je lui ai fait comprendre que c'était une zone protégée.
Je l'ai fait sortir de la zone protégée.

... je lui ai fait visiter cette zone protégée...

Et comme c'est demain l'Halloween :

La vilaine grammairienne a pris le pauvre journaliste surmené par l'oreille et lui a fait recopier deux cent vingt-deux fois : « Je lui ai fait visiter... »

Line Gingras
Québec

« Un starchitecte pour le 2.22 » : http://www.ledevoir.com/2008/10/25/212572.html

23 octobre 2008

Remodeler le modèle

  • D'ici au 14 octobre, Stephen Harper va demander à l'électorat un mandat pour remodeler le modèle canadien à l'image d'un credo nettement moins activiste sur le plan économique et social, mais nettement plus militant dans des créneaux comme la défense, la loi et l'ordre, l'immigration. (Chantal Hébert.)

Je suggérerais :

... un mandat pour restructurer le modèle canadien...
... un mandat pour repenser le modèle canadien...

Line Gingras
Québec

« Un choix de société! » : http://www.ledevoir.com/2008/09/06/204261.html

3 octobre 2008

Un homme pausé

Pausé ou posé; orthographe.

  • Aviez-vous déjà vu Stephen Harper sourire deux heures de suite? Tranquille, pau, sans complexe... (Yves Boisvert, dans La Presse.)

On peut dire d'une personne pondérée qu'elle est posée :

Ces dames avaient l'air très posé, très comme il faut. (Loti, dans le Petit Robert.)

Il hésitait entre une pause café et une pause dictionnaire. Mais il n'avait pas même le temps d'une demi-pause. Il soupira. Après une nuit blanche, il avait les idées noires, la voix fausse, l'écriture croche. Il n'avait pas conscience de la portée de ses paroles; cherchait en vain la clé de son comportement. Il avait perdu le rythme de sa vie, accélérait la cadence jusqu'à dépasser la mesure, risquait à tout moment la syncope; le sol se dérobait sous lui. C'était toujours le même refrain. Ses pensées dansaient une ronde folle; seul remède : mettre un bémol à ses activités, faire le point, retrouver le pas de marche. Peut-être alors redeviendrait-il l'homme posé d'autrefois, celui qui invariablement était au diapason, quand il ne donnait pas le ton. Quelqu'un cria tout près, avec l'accent du désespoir : « Garçon! Apportez-moi la note. »

Line Gingras
Québec

« Harper ne doit pas être fâché » : http://www.cyberpresse.ca/opinions/chroniqueurs/yves-boisvert/200810/01/01-25538-harper-ne-doit-pas-etre-fache.php

27 septembre 2008

Insister que

Insister que; to insist that; syntaxe; anglicisme; calque de l'anglais.

  • Penn insiste qu’elle ne démissionnera pas. (Hélène Buzzetti.)

D'après le Lexis, insister que s'employait dans la langue classique, au sens de « demander avec insistance que » :

J'insistai que l'on n'innovât rien. (Retz.)

Il semble cependant que cette construction ne soit pas admise dans la langue moderne. Le Hanse-Blampain signale qu'on insiste sur quelque chose, sur le fait que quelqu'un l'a dit - ou qu'on insiste pour faire quelque chose, pour que quelqu'un fasse quelque chose :

J'insiste sur le fait qu'il était absent. (Petit Robert.)

Il insiste pour que tu viennes. (Multidictionnaire.)

... Zénaïde insistait pour qu'Oriane vînt déjeuner... (Proust, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

Et selon le Colpron, insister que est le calque de l'anglais to insist that - qu'il signifie exiger que ou soutenir que. La phrase à l'étude aurait pu se lire :

Penn assure qu'elle ne démissionnera pas.

Voir le Meertens pour différentes façons de rendre to insist that, suivant le contexte.

Line Gingras
Québec

« Des candidats à nu » : http://carnetsdudevoir.com/index.php/carnets/commentaire/des_candidats_a_nu/

12 septembre 2008

L'enthousiasme, c'est féminin?

Enthousiasme, masculin ou féminin; genre du nom enthousiasme.

  • En revenant chez moi, j'essayais d'analyser les raisons de mon enthousiasme et de celle des autres auditeurs-spectateurs... (François Dompierre.)

Enthousiasme est un nom masculin :

Je trouvais indigne, et je le trouve encore, d'écrire par le seul enthousiasme. L'enthousiasme n'est pas un état d'âme d'écrivain. (Valéry, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

Par conséquent :

... j'essayais d'analyser les raisons de mon enthousiasme et de celui des autres...

Line Gingras
Québec

« Lettres - Un concert exceptionnel » : http://www.ledevoir.com/2008/09/09/204579.html

10 septembre 2008

Dédaigner voir ou dédaigner de voir?

Dédaigner + infinitif; dédaigner de + infinitif; grammaire française; syntaxe du français.

  • Le NPD est plus interventionniste et ne dédaigne pas voir le fédéral se mêler de ce qui ne le regarde pas. (Manon Cornellier.)

D'après le Hanse-Blampain, on dit toujours dédaigner de faire quelque chose. Les exemples que je vois dans les dictionnaires généraux présentent tous, en effet, cette même construction de l'infinitif complément :

Il dédaigne de répondre. (Petit Robert.)

Il ne dédaigne pas d'assister à ces fêtes populaires. (Lexis.)

Ils se voyaient condamnés pour ce qu'ils avaient omis ou dédaigné d'écrire. (Caillois, dans le Petit Robert.)

Nadine se pensait laide et c'est surtout par dépit qu'elle dédaignait de se féminiser. (Beauvoir, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

Les mathématiciens peuvent dédaigner de jeter les yeux sur tout mémoire qui a pour objet la quadrature du cercle ou le mouvement perpétuel... (J. Rostand, dans le Trésor.)

Elle ne dédaignait pas de s'encanailler. (Bousquet, dans le Trésor.)

Un tout Paris qui ne dédaignait pas de mettre la main à la pâte. (Fargue, dans le Trésor.)

Il faudrait donc écrire :

Le NPD est plus interventionniste et ne dédaigne pas de voir le fédéral se mêler de ce qui ne le regarde pas.

Line Gingras
Québec

« Derrière le choix d'un leader » : http://www.ledevoir.com/2008/09/08/204451.html

4 décembre 2008

1,4 millions

Nombre fractionnaire inférieur à deux; plus de 1, moins de 2; plus de un, moins de deux; grammaire française; orthographe d'accord.

  • Selon lui, les quelque 1,4 millions d'électeurs québécois qui ont voté pour le Bloc ont droit au respect, comme tous les autres électeurs... (Antoine Robitaille, Guillaume Bourgault-Côté et Robert Dutrisac.)

En français, le substantif déterminé par un nombre fractionnaire inférieur à deux reste au singulier :

1,99 million de dollars.
2 millions de dollars.

Line Gingras
Québec

« Crise parlementaire à Ottawa – Harper divise les gens » : http://www.ledevoir.com/2008/12/04/220795.html

12 août 2013

« Et qui » et l'antécédent du pronom relatif

  • Le journaliste s’est fait un nom en s’attaquant à des sujets ruraux qui n’intéressent pas les patrons de presse des grands médias urbains de Delhi – et qui en déduisent présomptueusement que, ce faisant, les lecteurs s’en fichent eux aussi.
    (Guy Taillefer, dans Le Devoir du 5 août 2013.)

Les deux propositions relatives semblent coordonnées par la conjonction et, ce qui laisse entendre que le pronom qui, dans les deux cas, a le même antécédent; ce ne sont pourtant pas les sujets ruraux qui déduisent quoi que ce soit, mais les patrons de presse. Je suggérerais peut-être :

Le journaliste s’est fait un nom en s’attaquant à des sujets ruraux qui n’intéressent pas la direction des grands médias urbains de Delhi, laquelle en déduit présomptueusement que, ce faisant, les lecteurs s’en fichent eux aussi [ou laquelle en déduit présomptueusement qu'ils ne retiendraient pas non plus l'attention des lecteurs].

Le journaliste s’est fait un nom en s’attaquant à des sujets ruraux qui n’intéressent pas les grands médias urbains de Delhi, ce dont les patrons de presse déduisent présomptueusement que, ce faisant, les lecteurs s’en fichent eux aussi [ou ce dont les patrons de presse déduisent présomptueusement qu'ils ne retiendraient pas non plus l'attention des lecteurs].

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Le marché de la soif en Inde » : http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/384401/le-marche-de-la-soif-en-inde

Merci de votre visite. Une question? Je serai heureuse d'y répondre, dans la mesure de ma disponibilité. Voir la rubrique « Contactez l'auteur », dans la colonne de droite.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

9 février 2013

Le « control freak » a pris le plancher

Prendre le plancher; calque de l'anglais; anglicisme.

  • « Oui, on donne plus de place aux parents », observe A, qui enseigne en périphérie de Montréal. « Ce n’est pas la majorité, mais au conseil d’établissement, il y a toujours un parent control freak. Au Conseil des commissaires, ils prennent souvent le plancher. »
    (L'enseignant est cité par Lisa-Marie Gervais, dans Le Devoir du 9 février 2013.)

René Meertens suggère de rendre control freak par personne qui veut tout régenter. Quant à prendre le plancher, c'est le calque de to take the floor au sens de monopoliser l'attention, d'après le Multidictionnaire :

« Oui, on donne plus de place aux parents », observe A, qui enseigne en périphérie de Montréal. « Ce n’est pas la majorité, mais au conseil d’établissement, il y a toujours un parent qui veut tout régenter. Au Conseil des commissaires, ils monopolisent souvent l'attention. »

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« "Le monarque, c’est moi" » : http://www.ledevoir.com/societe/education/370533/le-monarque-c-est-moi

Merci de votre visite. Une question? Je serai heureuse d'y répondre, dans la mesure de ma disponibilité. Voir la rubrique « Contactez l'auteur », dans la colonne de droite.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

8 septembre 2008

Ils

Antécédent du pronom personnel; grammaire française; syntaxe du français.

  • Pourquoi les élèves sont-ils si faibles en français, demande-t-il, pourquoi plusieurs écrivent-ils « Ils montres » ou « Elles sont émuent », pourquoi une telle ignorance des règles de grammaire?

    La réponse est simple : parce qu'on ne les enseigne pas. Ou plutôt, nuance-t-il, parce qu'on les enseigne mal.

    Une évidence. Mais elle n'est peut-être pas assez constructiviste ou transversale, cette évidence, pour que les fonctionnaires du ministère de l'Éducation la comprennent.

    Patrick Moreau enseigne à des cégépiens qui ont échappé à la réforme. Mais dans deux ans, ils seront dans sa classe. Dans quel état? se demande-t-il. (Michèle Ouimet, dans La Presse.)

Qui ça, ils? Les cégépiens qui ont échappé à la réforme? - Mais non, ils auront quitté la classe de monsieur Moreau. Les fonctionnaires du ministère de l'Éducation?

Dans les paragraphes qui précèdent, il est question des élèves du secondaire; ce sont eux qui subissent la fameuse réforme, et se retrouveront dans quelques années au cégep. Le lecteur devine donc de qui la journaliste veut parler, même si le pronom se rattache fort mal à son antécédent. N'empêche, il est toujours souhaitable, à mon avis, que la construction de la phrase corresponde à l'idée que l'on désire exprimer. Je proposerais :

Patrick Moreau enseigne à des cégépiens qui ont échappé à la réforme. Mais dans deux ans, les produits de cette dernière seront dans sa classe. Dans quel état? se demande-t-il.

Line Gingras
Québec

« Heureux mais ignorants » : http://www.cyberpresse.ca/article/20080906/CPOPINIONS05/809060779/6752/CPOPINIONS05

6 septembre 2008

Double lancement

  • Emballée, elle a lancé l'idée de lancer un projet du même genre dans la métropole. (Antoine Robitaille.)

Je proposerais :

Emballée, elle a lancé l'idée d'un projet du même genre dans la métropole.

Line Gingras
Québec

« Le Moulin à images fait saliver Montréal » : http://www.ledevoir.com/2008/09/06/204258.html

23 août 2008

C'est pas ç'a qui est ça

  • « Ç’a n'a pas lâché : le dos, le pied et de nouveau le dos, tout juste avant les Jeux. » (L'entraîneur Michel Larouche, cité par Robert Laflamme, PC.)

Cela a n'a pas lâché? Ça ne va pas trop fort, on dirait. Il fallait écrire : Ça n'a pas lâché. Ç'a demandé combien de temps, cette relecture?

Line Gingras
Québec

« La séparation Larouche-Despatie s'est faite en douceur » : http://www.cyberpresse.ca/article/20080821/CPPEKIN09/80821071/-1/CPPEKIN09

21 août 2008

Mise en veilleuse

  • Parallèlement aux démarches qu'il va faire, Gilbert va reprendre les études universitaires en pharmacie, à l'Université de Montréal, qu'il avait mise en veilleuse depuis un an. (PC.)

Qu'est-ce que le cycliste avait mis en veilleuse? Non, pas l'Université de Montréal; pas la pharmacie non plus, mais les études universitaires en pharmacie :

Parallèlement aux démarches qu'il va faire, Gilbert va reprendre les études universitaires en pharmacie, à l'Université de Montréal, qu'il avait mises en veilleuse depuis un an.

Line Gingras
Québec

« Cyclisme - Martin Gilbert est satisfait malgré sa mésaventure » : http://www.ledevoir.com/2008/08/21/202273.html

20 août 2008

Chacune étaient considérées

Chacun ou chacune, noyau du groupe sujet; accord du verbe avec chacun ou chacune suivi d'un complément; grammaire française; syntaxe du français; orthographe d'accord.

  • Dans les faits, chacune des médaillées de mardi étaient considérées comme des négligées. Elles ont été aidées par un coup du sort, quand la favorite, l'Américaine Lolo Jones, a vu son pied se prendre dans l'avant-dernière haie. (PC.)

Le noyau du groupe sujet chacune des médaillées de mardi, c'est chacune : le verbe et l'attribut doivent donc, en principe, se mettre au singulier : ... chacune [...] était considérée comme une négligée. Mais il me paraîtrait préférable, vu le contexte, d'opter pour un sujet pluriel :

Dans les faits, toutes les médaillées de mardi étaient considérées comme des négligées. Elles ont été aidées par un coup du sort...

Line Gingras
Québec

« Athlétisme - Une athlète surgit de l'obscurité » : http://www.ledevoir.com/2008/08/20/202133.html

14 août 2008

Par après

Par après; archaïsme.

  • M. Augert n'a toutefois pas eu de ses nouvelles par après, et lorsqu'il a appelé la femme de Li pour en savoir plus, cette dernière a dit qu'elle n'arrivait pas à le joindre... (PC.)

Gérard Dagenais (Dictionnaire des difficultés de la langue française au Canada) m'apprend que la locution adverbiale par après était usuelle au XVIe siècle, mais qu'elle a vieilli rapidement. Je lis en effet, dans le Glossaire du parler français au Canada : «On trouve cette locution dans Descartes, Molière et Chapelain. Mais Vaugelas disait qu'elle avait vieilli.» Vaugelas, notons-le, a vécu de 1585 à 1650...

Il me semble qu'on utilise encore assez souvent par après, au Québec, dans la langue populaire; je suis certaine qu'il m'arrive de l'employer spontanément dans la conversation, mais j'éviterais cet archaïsme dans un texte visant à informer.

Line Gingras
Québec

«Meurtre au Manitoba : la transmission radio de la GRC diffusée sur Internet» : http://www.cyberpresse.ca/article/20080802/CPACTUALITES/80802087

5 août 2008

Quelques ou quelque devant un nombre

Quelque ou quelques devant un nombre; grammaire française; orthographe.

  • ... les quelques 250 jeunes participants... (Antoine Robitaille.)

Quelque, placé devant un nombre, est adverbe et invariable :

... les quelque 250 jeunes participants...

Line Gingras
Québec

« Charest modère les jeunes libéraux » : http://www.ledevoir.com/2008/08/04/200268.html

Archives