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Choux de Siam
7 juillet 2013

Les deux cohabitants souvent

  • C’est un peu comme si le Brésilien sérieux et socialement conscient chuchotait au Brésilien fêtard et étourdi (les deux cohabitants souvent dans la même personne) : allons, réveille-toi!
    (François Brousseau, dans Le Devoir du 25 juin 2013.)

Le Trésor de la langue française informatisé admet cohabitant non seulement comme participe présent de cohabiter, mais aussi comme adjectif et substantif :

Dans un séminaire, l'influence réciproque des cohabitants est plus considérable que partout ailleurs, car ils sont privés de distractions extérieures et vivent continuellement en présence les uns des autres [...] (Billy.)

Mais avons-nous vraiment affaire au nom dans la phrase à l'étude? En fait, le chroniqueur voulait dire que deux Brésiliens cohabitent souvent dans la même personne. Il devait donc employer le participe présent :

C’est un peu comme si le Brésilien sérieux et socialement conscient chuchotait au Brésilien fêtard et étourdi (les deux cohabitant souvent dans la même personne) : allons, réveille-toi!

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Angoisses brésiliennes » : http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/381532/angoisses

Merci de votre visite. Une question? Je serai heureuse d'y répondre, dans la mesure de ma disponibilité. Voir la rubrique « Contactez l'auteur », dans la colonne de droite.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

28 juin 2013

Difficile

  • Dans certaines universités où se trouvent des centres de la petite enfance, étudiants-parents et corps professoral s’y disputent même de rares places, comme à Concordia, où « on promet souvent des places en garderie pour attirer de nouveaux professeurs, ce qui rend l’accès à ces services plus difficiles pour les étudiants », souligne le Conseil en citant une étude.
    (Marie-Andrée Chouinard citant le Conseil supérieur de l'éducation, dans Le Devoir du 22 juin 2013.)

Ce ne sont pas les services qui sont rendus plus difficiles, mais l'accès aux services. J'ignore qui a commis la faute, mais il fallait écrire :

[...] on promet souvent des places en garderie pour attirer de nouveaux professeurs, ce qui rend l’accès à ces services plus difficile pour les étudiants [...]

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Avis sur les étudiants universitaires – Études-boulot-biberon » : http://www.ledevoir.com/societe/education/381439/etudes-boulot-biberon

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26 décembre 2012

Ils semblent à moins y penser

  • Pendant ce joyeux tintamarre, joueurs et partisans semblent ne plus penser au 7 septembre 2011. Ou à moins y penser.
    (François Gagnon, dans La Presse du 27 octobre 2012.)

Joueurs et partisans semblent ne plus penser au 7 septembre 2011, ou ils semblent moins y penser. Rien ne justifie l'emploi de la préposition à :

Pendant ce joyeux tintamarre, joueurs et partisans semblent ne plus penser au 7 septembre 2011. Ou moins y penser.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Tragédie du Lokomotiv : le devoir de mémoire » : http://www.lapresse.ca/sports/hockey/a-la-decouverte-de-la-khl/201210/27/01-4587709-tragedie-du-lokomotiv-le-devoir-de-memoire.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_lire_aussi_4606442_article_POS4

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23 décembre 2012

Lors de son allocution

  • Alors qu’il dévoilait les grandes lignes de son rapport en conférence de presse lundi dernier, Wally Oppal a été interrompu à plusieurs reprises lors de son allocution.
    (Jeanne Corriveau, dans Le Devoir du 22 décembre 2012.)

Le syntagme lors de son allocution n'apporte aucune précision utile, à mon avis; je supprimerais le pléonasme :

Alors qu’il dévoilait les grandes lignes de son rapport en conférence de presse, lundi dernier, Wally Oppal a été interrompu à plusieurs reprises.

Wally Oppal a été interrompu à plusieurs reprises alors qu’il dévoilait les grandes lignes de son rapport en conférence de presse, lundi dernier.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Femmes autochtones – Un air de déjà-vu » : http://www.ledevoir.com/societe/justice/366968/un-air-de-deja-vu

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26 juin 2013

Cela compense pour les coûts élevés

Compenser pour quelque chose, compenser quelque chose; grammaire française; syntaxe.

  • Question argent, la diminution des coûts de construction à Montréal et au Québec, plus quelques billets trouvés dans des garages compensent largement pour les coûts élevés de l'opération.
    (Yves Boisvert, dans La Presse du 23 juin 2013.)

Compenser quelque chose, d'après le Lexis, c'est « équilibrer un effet par un autre, dédommager d'un inconvénient par un avantage » :

Le gain ne compense pas le déficit. (Petit Robert.)

Ce fermier a eu de bonnes et de mauvaises années, les unes compensent les autres. (Trésor de la langue française informatisé.)

Marie-Éva de Villers fait observer que compenser est un verbe transitif direct, et qu'il se construit donc sans préposition. Elle donne l'exemple : Ces jours de congé compenseront les longues heures de travail (et non pour les longues heures de travail).

Le chroniqueur aurait dû écrire :

Question argent, la diminution des coûts de construction à Montréal et au Québec, plus quelques billets trouvés dans des garages compensent largement pour les coûts élevés de l'opération.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« La fierté nationale » : http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/yves-boisvert/201306/22/01-4664072-la-fierte-nationale.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_yves-boisvert_3256_section_POS1

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24 juin 2013

« Choux de Siam » célèbre la Saint-Jean

  • Le premier numéro du journal est sorti des presses le 27 mars 1913. Il a donc 100 ans. Depuis lors, Le Droit fut de toutes les luttes : conseils scolaires homogènes, collègues francophones, dualité linguistique et droits linguistiques ainsi que l'Hôpital Montfort.
    (Mauril Bélanger, député d'Ottawa-Vanier à la Chambre des communes, dans Le Droit du 27 mars 2013, à l'occasion du centenaire du journal.)

Trois observations :

  1. Le passé simple, ou passé défini, situe un fait complètement dans le passé; au contraire du passé composé, il « n'exprime aucun contact du fait passé avec le présent » (Hanse et Blampain). Ce n'est pas ce temps qu'il convient d'employer dans le passage ci-dessus, où l'on veut plutôt insister sur le fait que Le Droit, qui fêtait le 27 mars « son premier centenaire », a été de toutes les luttes depuis sa fondation; on voit d'ailleurs, dans la suite de l'article, qu'il devra sûrement prendre part à d'autres combats.
  2. On a lutté pour conserver des collèges francophones.
  3. L'allusion au combat mené pour la survie de l'Hôpital Montfort devrait se présenter de la même manière que les autres éléments de l'énumération, c'est-à-dire sans article :

Depuis lors, Le Droit a été de toutes les luttes : conseils scolaires homogènes, collèges francophones, dualité linguistique et droits linguistiques, Hôpital Montfort.

* * * * *

  • Je m'adresse aujourd'hui aux plus de 600 000 francophones de l'Ontario. Restons fidèle à notre langue et à notre culture [...]

Oui, restons fidèles à notre langue. Fidèles avec un s. Les Franco-Ontariens sont assez nombreux pour cela.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Un centenaire souligné par la classe politique » : http://www.lapresse.ca/le-droit/opinions/votre-opinion/201303/27/01-4635202-un-centenaire-souligne-par-la-classe-politique.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4635227_article_POS3

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23 juin 2013

Autorités transmises

  • Edward Snowden fait l'objet depuis quelques jours d'une demande d'arrestation par les autorités américaines transmises aux autorités de Hong Kong où il s'est réfugié le 20 mai.
    (Dennis Chong, AFP, dans le site de La Presse, le 23 juin à 0 h 29.)

Ce ne sont pas les autorités américaines qui ont été transmises, mais une demande d'arrestation :

Edward Snowden fait l'objet depuis quelques jours d'une demande d'arrestation par les autorités américaines transmise aux autorités de Hong Kong, où il s'est réfugié le 20 mai.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Inculpation de Snowden : Pékin hausse le ton » : http://www.lapresse.ca/international/dossiers/sous-surveillance/201306/23/01-4664255-inculpation-de-snowden-pekin-hausse-le-ton.php

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25 juin 2013

C'est noté

  • Le rapport Rozon s’enorgueillissait de la « personnalité distincte » de la culture québécoise francophone, ainsi que de l’« accueil chaleureux » et de la « joie de vivre » de la destination touristique québécoise. Elle notait toutefois une « faible notoriété et image de marque diffuse à l’international ».
    (Marco Bélair-Cirino, dans Le Devoir du 22 juin 2013.)

Deux observations :

  1. Ce n'est pas la destination qui notait quoi que ce soit, mais le rapport.
  2. Il se peut que la citation ne comporte pas d'article devant faible notoriété ni devant image de marque diffuse, si ces éléments font partie d'une énumération; en pareil cas, si l'on met un article devant la citation pour l'insérer dans la phrase, on doit répéter cet article devant le second élément coordonné, en indiquant cet ajout entre crochets.

Il faudrait lire :

Le rapport Rozon s’enorgueillissait de la « personnalité distincte » de la culture québécoise francophone, ainsi que de l’« accueil chaleureux » et de la « joie de vivre » de la destination touristique québécoise. Il notait toutefois une « faible notoriété et [uneimage de marque diffuse à l’international ».

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Comment vendre le Québec aux touristes? » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/381489/comment-vendre-le-quebec-aux-touristes

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1 juillet 2013

Quoiqu'en pensent les puristes

Quoiqu'il en pense, quoi qu'il en pense; quoique ou quoi que; grammaire française; homonymes; orthographe.

  • « Twitter, c’est un journal que je tiens chaque matin sur ce que je pense, ce qui me fait réfléchir, explique-t-il. C’est une sorte d’autoportrait, une manière de me raconter », pas totalement d’ailleurs en rupture, quoiqu’en pensent les puristes, avec la tradition littéraire française. Tradition qui, estime Bernard Pivot, a fait apparaître des « twitteurs » bien avant même la naissance de cet épidémique réseau.
    (Fabien Deglise, dans Le Devoir du 22 juin 2013.)

Quoique est conjonction et s'écrit en un mot lorsqu'il signifie « bien que » :

Quoique les puristes condamnent cet emploi, j'estime qu'il est admis dans le bon usage.

Au sens de quelle que soit la chose que, c'est une locution formée de deux pronoms :

Quoi qu'en pensent les puristes, je continuerai d'employer cette expression.

Il fallait écrire :

« C’est une sorte d’autoportrait, une manière de me raconter », pas totalement d’ailleurs en rupture, quoi qu’en pensent les puristes, avec la tradition littéraire française.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Éloge du consistant dans l’instant » : http://www.ledevoir.com/culture/livres/381487/eloge-du-consistant-dans-l-instant

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21 juin 2013

La tournure qu'à pris ce voyage

  • « [...] le nouveau pape François reste à Rome pour l'été. Nous avons donc la chance de chanter pour lui », explique Luc Darveau ravi de la tournure inattendue qu'à pris ce voyage.
    (Gabriel Delisle, dans Le Nouvelliste du 19 juin 2013.)

Il faut savoir distinguer entre la préposition à et l'auxiliaire avoir, et se rappeler que le participe passé employé avec avoir, justement, s'accorde avec le complément d'objet direct, si ce dernier précède le verbe. Ce voyage a pris quoi? Une tournure inattendue :

« Nous avons donc la chance de chanter pour lui », explique Luc Darveau, ravi de la tournure inattendue qu'a prise ce voyage.

* * * * *

  • Les Petits chanteurs ont déjà rencontré dans son histoire des papes à deux reprises, soit Paul VI et Jean-Paul II.

On semble dire que Paul VI et Jean-Paul II sont les deux reprises en question. Je reformulerais cette phrase :

Les Petits Chanteurs ont déjà rencontré deux papes au cours de leur histoire, soit Paul VI et Jean-Paul II.

Au cours de leur histoire, les Petits Chanteurs ont déjà rencontré deux papes, soit Paul VI et Jean-Paul II.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Les Petits chanteurs [sic] chanteront pour le pape François » : http://www.lapresse.ca/le-nouvelliste/arts-spectacles/201306/19/01-4662774-les-petits-chanteurs-chanteront-pour-le-pape-francois.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_lire_aussi_4663473_article_POS4

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Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

22 juin 2013

Le tiers, l'autre tiers

  • Le nouveau programme fédéral prévoit que les entreprises versent le tiers des coûts de formation de leurs travailleurs, jusqu’à concurrence de 5000 $ par travailleur, alors qu’Ottawa assume l’autre tiers et que les provinces sont appelées à combler le dernier tiers.
    (Robert Dutrisac, dans Le Devoir du 19 juin 2013.)

Dans l'autre tiers, l'article défini rend l'idée qu'il s'agit du dernier, ce qui n'est évidemment pas le cas dans la phrase ci-dessus :

Le nouveau programme fédéral prévoit que les entreprises versent le tiers des coûts de formation de leurs travailleurs, jusqu’à concurrence de 5000 $ par travailleur, alors qu’Ottawa assume un autre tiers et que les provinces sont appelées à combler le dernier tiers.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Main-d'œuvre – Le Conseil de la fédération se range derrière Pauline Marois, contre Ottawa » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/381171/le-conseil-de-la-federation-se-range-derriere-pauline-marois-contre-ottawa

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14 juin 2013

Trop ou pas assez

  • [...] le droit du public à l’information, la liberté comme la pluralité d’expressions* ont été réduites à une peau de chagrin [...]
    (Serge Truffaut, dans Le Devoir du 13 juin 2013.)

À ma connaissance, expression est toujours au singulier dans liberté d'expression; il me semble en outre que pluralité n'évoque pas ici un grand nombre d'expressions, mais de possibilités de s'exprimer. Quant au participe passé du verbe réduire, il doit s'accorder avec les trois sujets, droit, liberté et pluralité. On aurait pu écrire, à mon avis :

[...] le droit du public à l’information, la liberté comme la pluralité d’expression ont été réduits à une peau de chagrin [...]

* * * * *

  • Car, il faut le rappeler et le souligner, depuis le Traité* d’Amsterdam signé en 1997 et plus précisément du* Protocole sur l’audiovisuel inclus alors, la présence d’un service public fort et indépendant est « directement lié* aux besoins démocratiques, sociaux et culturels de toute société et au besoin de préserver le pluralisme des médias. »*

Cette phrase appelle quatre observations :

  1. D'après le Multidictionnaire, les génériques comme traité, accord, convention, pacte « s'écrivent avec une minuscule lorsqu'ils sont suivis d'un nom propre ». Exemple : Le traité de Versailles.
  2. Le traité d'Amsterdam ne saurait être le traité du Protocole; on voulait dire depuis le Protocole.
  3. C'est la présence d'un service public qui est liée aux besoins. Si la citation est reproduite telle quelle, soit le participe passé est mal accordé et on devait le signaler par la mention sic, soit il se rapporte à un nom masculin et on devait en tenir compte dans la formulation de la phrase principale.
  4. Lorsqu'une citation est insérée dans une phrase, la ponctuation de la phrase (ici le point final) se met à l'extérieur des guillemets.

Il aurait fallu écrire :

Car, il faut le rappeler et le souligner, depuis le traité d’Amsterdam signé en 1997 et plus précisément le Protocole sur l’audiovisuel inclus alors, la présence d’un service public fort et indépendant est « directement liée aux besoins démocratiques, sociaux et culturels de toute société et au besoin de préserver le pluralisme des médias ».

Car, il faut le rappeler et le souligner, depuis la signature du traité d’Amsterdam, en 1997, et plus précisément du Protocole sur l’audiovisuel inclus alors, la présence d’un service public fort et indépendant est « directement liée aux besoins démocratiques, sociaux et culturels de toute société et au besoin de préserver le pluralisme des médias ».

* * * * *

  • Comme si certaines* vertus ou défauts étaient exclusives* à tel peuple.

Comme si certaines vertus ou certains défauts étaient exclusifs à tel peuple.

* * * * *

  • Oui, les grecs* magouillent.

Les noms de peuples prennent la majuscule :

Oui, les Grecs magouillent.

* * * * *

  • En un mot, la démocratie européenne est intoxitée*. Par quoi? Les erreurs monstrueuses.

La démocratie européenne est intoxiquée, j'imagine.

Ces phrases sont les dernières de l'éditorial.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

* Le 16 juin à 21 h 45, je vois que neuf fautes sur dix ont été corrigées. Elles sont signalées par un astérisque.

« Fermeture de l'audiovisuel grec – Déni de justice » : http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/380585/fermeture-de-l-audiovisuel-grec-deni-de-justice

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29 juin 2013

Cela consiste de nous y accrocher...

  • Quatre mois plus tard, le grand patron des technologies de la CIA, Gus Hunt, confiait à des journalistes de Der Spiegel, sans gêne aucune, que, « fondamentalement, ce que nous faisons consiste à recueillir toutes les informations et de nous y accrocher à jamais […] »
    (Serge Truffaut, dans Le Devoir du 12 juin 2013.)

Quatre mois plus tard, le grand patron des technologies de la CIA, Gus Hunt, confiait à des journalistes de Der Spiegel, sans gêne aucune, que, « fondamentalement, ce que nous faisons consiste à recueillir toutes les informations et à nous y accrocher à jamais […] »

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« L'affaire Edward Snowden – Surveillance totale » : http://www.ledevoir.com/international/etats-unis/380493/surveillance-totale

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12 juin 2013

L'autorisation n'est-il pas un risque?

  • L’autorisation, à certains, de porter des signes religieux, n’est-il* pas un risque de « susciter le ressentiment »?
    (Antoine Robitaille, dans Le Devoir du 12 juin 2013.)

Je suggérerais :

L’autorisation, accordée à certains, de porter des signes religieux ne risque-t-elle pas de « susciter le ressentiment »?

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

* Le 17 juin, je vois que l'on a mis le pronom au féminin.

« Turbans au soccer – Neutralité justifiée » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/380492/neutralite-justifiee

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29 octobre 2012

Elles se doutaient qu'il ait pris le chemin de Montréal

Se douter que + indicatif ou subjonctif; choix du mode après se douter que; grammaire française; syntaxe.

  • Les autorités se doutaient qu'il ait pris le chemin de la métropole québécoise après sa fugue.
    (Claude Plante, dans La Tribune du 28 août 2012.)

D'après ce que je vois dans les dictionnaires courants, se douter que est suivi normalement de l'indicatif ou du conditionnel :

Je me doute qu'il s'est trompé. (Hanse-Blampain.)

Elle ne s'était pas doutée qu'on l'observait. (Hanse-Blampain.)

Il ne se doutait pas que tout avait été organisé. (Multidictionnaire.)

Vous ne vous doutiez pas que nous étions au courant. (Lexis.)

Il ne se doutait pas qu'on l'avait vu. (Trésor de la langue française informatisé.)

[...] il ne se doutait pas qu'un jour, on les prendrait si fort au sérieux. (Massis, dans le Trésor.)

Nous ne nous doutions pas que si peu de temps après nous aurions à supporter ensemble une si grande épreuve. (Romains, dans le Petit Robert.)

Le Hanse-Blampain donne ces précisions : « Se douter que ne marque pas le doute et se rapproche de croire. Aussi est-il suivi de l'indicatif ou du conditionnel à la forme affirmative et, rarement [c'est moi qui souligne], du subjonctif à la forme négative ou interrogative. »

Il fallait écrire :

Les autorités se doutaient qu'il avait pris le chemin de la métropole québécoise après sa fugue.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Le psychiatrisé retrouvé à Montréal » : http://www.lapresse.ca/la-tribune/faits-divers/201208/28/01-4568887-le-psychiatrise-retrouve-a-montreal.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_lire_aussi_4587365_article_POS5

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17 janvier 2020

Il est revenu, elles sont devenues

  • Le lac de Tibériade (aussi appelé mer de Galilée en anglais et lac Kinneret en hébreu) est revenu à un niveau acceptable. Les pluies sont toutefois devenues l’exception plutôt que la règle dans la région [...]
    (Marco Fortier, dans Le Devoir du 6 janvier 2020.)

Je suggérerais :

Le lac de Tibériade (aussi appelé mer de Galilée en anglais et lac Kinneret en hébreu) a retrouvé un niveau acceptable. Les pluies sont toutefois devenues l’exception plutôt que la règle dans la région [...]

Line Gingras
Québec

« État d’alerte pour l’eau en Israël et chez ses voisins » : https://www.ledevoir.com/monde/moyen-orient/570256/etat-d-alerte-pour-l-eau?utm_source=infolettre-2020-01-07&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

16 janvier 2020

Une hôtel? Un hôtel?

Une hôtel ou un hôtel; hôtel, masculin ou féminin; genre du nom hôtel.

  • L'homme avait été surpris à l'intérieur d'un véhicule qui n'était pas le sien dans le stationnement sous-terrain de l'hôtel située sur le boulevard Laurier, vers 23 h.
    (Judith Desmeules dans le site du Soleil, le 5 janvier 2020.)

On écrit souterrain.

Hôtel est un nom masculin.

Il faudrait lire :

L'homme avait été surpris à l'intérieur d'un véhicule qui n'était pas le sien dans le stationnement souterrain de l'hôtel situé sur le boulevard Laurier, vers 23 h.

Line Gingras
Québec

« Agression à l'hôtel Plaza Québec : un homme arrêté » : https://www.lesoleil.com/actualite/agression-a-lhotel-plaza-quebec-un-homme-arrete-af55c7e5fb73cd5df9e498c1321956b7

8 juin 2013

On n'en veut pas ici

  • Le changement de nom des plateformes de Radio-Canada (RC) suscite de vives réactions négatives. Le principal syndicat des employés la refuse fermement. Un ministre du gouvernement fédéral aussi.
    (Stéphane Baillargeon, dans Le Devoir du 7 juin 2013.)

Ces trois phrases formant le premier paragraphe de l'article, je ne vois pas ce que le pronom la est censé représenter, sinon le changement de nom :

Le changement de nom des plateformes de Radio-Canada (RC) suscite de vives réactions négatives. Le principal syndicat des employés le refuse fermement. Un ministre du gouvernement fédéral aussi.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Radio-Canada : le changement de nom suscite la grogne » : http://www.ledevoir.com/societe/medias/380179/radio-canada-le-changement-de-nom-suscite-la-grogne

Merci de votre visite. Une question? Je serai heureuse d'y répondre, dans la mesure de ma disponibilité. Voir la rubrique « Contactez l'auteur », dans la colonne de droite.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

6 juin 2013

Contents, non content

  • On en est là parce que les conservateurs espèrent partir en vacances plus tôt après avoir adopté le plus grand nombre de projets de loi. Alors, non content de prolonger les heures de séance, ils multiplient les bâillons.
    (Manon Cornellier, dans Le Devoir du 5 juin 2013.)

Ce sont les conservateurs, représentés par le pronom ils, qui ne se contentent pas de prolonger les heures de séance; notons que l'adjectif s'accorde, même s'il précède le pronom auquel il se rapporte :

On en est là parce que les conservateurs espèrent partir en vacances plus tôt après avoir adopté le plus grand nombre possible de projets de loi. Alors, non contents de prolonger les heures de séance, ils multiplient les bâillons.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Sous le radar » : http://www.ledevoir.com/politique/canada/379910/sous-le-radar

Merci de votre visite. Une question? Je serai heureuse d'y répondre, dans la mesure de ma disponibilité. Voir la rubrique « Contactez l'auteur », dans la colonne de droite.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

22 juin 2008

La première sera la dernière

  • Les paroles de la version nazie et de l'hymne allemand actuel sont issues de la même chanson, das Deutschlandlied, composée par August Heinrich Hoffmann en 1841 sur une musique de l'Autrichien Joseph Haydn.

    Utilisée dans son intégralité comme hymne national à partir de 1922, la version actuelle ne reprend que la troisième strophe, tandis que les Nazis se limitaient à la première. C'est cette dernière que les téléspectateurs malentendants ont vue sur leur écran lundi soir. (AFP.)

... les Nazis se limitaient à la première. C'est cette dernière... Cette formulation ne me semble pas équivoque, mais quand même, elle donne un peu le tournis. On aurait pu écrire :

... les Nazis se limitaient à la première. C'est celle-ci que les téléspectateurs malentendants ont vue...

* * * * *

Au contraire de ce que paraît indiquer la structure de la phrase, ce n'est pas la version actuelle qui a été utilisée dans son intégralité à partir de 1922, puisque cette version ne reprend que la troisième strophe. Je pense qu'on a voulu dire :

Cette chanson a été utilisée dans son intégralité comme hymne national à partir de 1922; la version actuelle ne reprend que la troisième strophe, tandis que les Nazis se limitaient à la première.

Line Gingras
Québec

« Télé suisse : cours de rattrapage sur l'hymne national allemand » : http://www.cyberpresse.ca/article/20080619/CPINSOLITE/80619100/6006/CPINSOLITE

16 juin 2008

Faire unanimité

Faire unanimité, faire l'unanimité.

  • Une telle impression se dégage bel et bien de la lecture du rapport, dont on ne pouvait attendre non plus qu'il fasse unanimité sur des sujets aussi explosifs que la définition de la laïcité ou la finesse du concept de l'interculturalisme. (Marie-Andrée Chouinard.)

J'ai consulté une dizaine d'ouvrages; pourtant c'est dans le Petit Robert seulement, à l'article « unanimité », que j'ai trouvé des exemples utiles :

Cette décision a fait l'unanimité.
Faire l'unanimité contre soi.

J'écrirais donc faire l'unanimité, d'autant plus qu'une recherche Google donne des résultats très concluants. Je vous laisse comparer...

Line Gingras
Québec

« Dérapage » : http://www.ledevoir.com/2008/06/11/193507.html

12 juin 2008

La place du verbe

Place du verbe; ordre des mots dans la phrase; syntaxe du français; comité, majuscule ou minuscule.

  • Au moment où les audiences du comité de la Sécurité publique et nationale de la Chambre des communes sur l'affaire Bernier-Couillard démarrent, beaucoup s'interrogent sur la trajectoire suivie par Julie Couillard, une femme au passé trouble... (Hélène Buzzetti et Alec Castonguay.)
  • C'est cet après-midi que les audiences du comité de la Sécurité publique et nationale sur cette affaire Bernier-Couillard démarreront.

Dans les deux exemples ci-dessus, la phrase serait mieux équilibrée si le verbe était rapproché du sujet :

Au moment où démarrent [ou débutent] les audiences du Comité de la sécurité publique et nationale de la Chambre des communes sur l'affaire Bernier-Couillard, beaucoup s'interrogent...

C'est cet après-midi que démarreront les audiences du Comité de la sécurité publique et nationale sur cette affaire Bernier-Couillard.

* * * * *

Au Québec comme ailleurs au Canada, on écrit le ministère de la Sécurité publique. Le cas des ministères, toutefois, fait exception; dans l'appellation officielle d'autres organismes comme les comités, la majuscule se met plutôt au terme générique : ... les audiences du Comité de la sécurité publique et nationale de la Chambre des communes...

Line Gingras
Québec

« Julie Couillard voulait un accès aux ministres » : http://www.ledevoir.com/2008/06/10/193416.html

7 juin 2008

C'est exclus?

Exclus ou exclu; orthographe.

  • Stephen Harper pense qu'il traite avec un conservateur. McGuinty, lui, s'affiche avec un autre libéral. Il n'est pas exclus que Nicolas Sarkozy pense que Charest est celui qui va faire l'indépendance du Québec. (Lise Payette.)

On écrit au singulier inclus, incluse - mais exclu, exclue. Comment je le sais? J'ai consulté mon Petit Robert, pardi.

Line Gingras
Québec

« Embedded avec l'Ontario » : http://www.ledevoir.com/2008/06/06/192848.html

30 mai 2008

Présumer que

Présumer que + subjonctif; présumer que + indicatif; présumer que, choix du mode; grammaire française; syntaxe du français.

  • « Une évaluation de la stratégie est en cours », nous répond-on au ministère. Il est permis de présumer toutefois que cette réplique fourre-tout ne soit destinée qu'à anesthésier notre méfiance. (Marie-Andrée Chouinard.)

D'après le Lexis, présumer que est suivi de l'indicatif; tous les exemples que j'ai vus dans les dictionnaires s'accordent avec cet avis :

Je présume que ce garçon est compétent. (Girodet.)

Nous présumons que cet employé était de bonne foi. (Multidictionnaire.)

Je présume que vous n'êtes pas fâché d'être en vacances. (Lexis.)

Est-ce que vous avez un bon médecin? - Aux honoraires qu'il demande, je présume que c'est un bon médecin. (Montherlant, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

Il présumait bien qu'il fallait faire part de son chagrin à la Fadette. (Sand, dans le Petit Robert.)

J'écrirais donc, du moins avec le verbe présumer à la forme affirmative :

Il est permis de présumer, toutefois, que cette réplique fourre-tout n'est destinée qu'à anesthésier notre méfiance.

Si présumer était employé à la forme négative ou interrogative, il me semble que le subjonctif serait également possible :

Je ne présumerais pas qu'elle ait voulu le tromper.

Line Gingras
Québec

« Rater la cible » : http://www.ledevoir.com/2008/05/29/191749.html

29 mai 2008

Tu l'as dis, bouffi!

Dis, dit; grammaire française; orthographe.

  • T'as dis lumineuse? Tu ne pouvais pas mieux la décrire. (Pierre Foglia, dans La Presse.)

On écrit tu dis, au présent de l'indicatif ou au passé simple, mais tu as dit, au passé composé.

Line Gingras
Québec

« Une histoire d'amour » : http://www.cyberpresse.ca/article/20080510/CPOPINIONS05/805101039/-1/CPOPINIONS05

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