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Choux de Siam
30 janvier 2006

Ni fleurs ni couronnes - Soutien

  • [...] il n'a jamais dit que le Canada devait envoyer des soldats, laissant entendre qu'un soutien logistique était préférable. Le chef conservateur soutient aujourd'hui qu'il était impossible d'envoyer des soldats [...] (Alec Castonguay.)

Dans un style soutenu, on se serait contenté d'un appui logistique, ou alors on aurait affirmé, déclaré...

«L'épreuve des faits : Publicités mensongères» : http://www.ledevoir.com/2006/01/12/99488.html?338

29 juillet 2006

C'est moi qui ne sait pas

C'est moi qui et l'accord du verbe; accord du verbe avec le pronom relatif qui ayant pour antécédent un pronom personnel; orthographe d'accord; grammaire française; syntaxe du français.

  • Comme bien d'autres choses incomprises, la péréquation demeure toutefois un «dossier» qui, s'il est mal ajusté, peut donner lieu à une forme de déséquilibre fiscal.

    «Et le déséquilibre fiscal, je tiens à dire que c'est moi qui ne sait pas ce que c'est», a dit le fédéral qui passait par là.
    (Jean Dion.)

Le verbe ayant pour sujet le pronom qui ne se met pas nécessairement à la troisième personne; il s'accorde plutôt avec l'antécédent du relatif - dans le cas présent, il s'agit du pronom moi, de la première personne du singulier : ... c'est moi qui ne sais pas...

Line Gingras

«Des nouvelles de tout le monde» : http://www.ledevoir.com/2006/07/29/114753.html

28 juillet 2006

Comité aviseur

Comité aviseur; calque; anglicisme; usage.

  • ... M. Dallaire craint toutefois que l'exercice n'ait pas reçu une oreille attentive de la part du comité aviseur. (Alexandre Shields.)

J'ai rarement rencontré le terme comité aviseur pendant la quinzaine d'années que j'ai passées dans l'administration fédérale. Une recherche au moyen de Google confirme qu'il est peu souvent utilisé dans la fonction publique canadienne : je trouve, dans les sites .gc.ca, un nombre d'occurrences beaucoup moins élevé pour comité aviseur que pour comité consultatif.

C'est heureux, parce que le Grand dictionnaire terminologique, le Multidictionnaire et le Chouinard condamnent comité aviseur : il s'agit en effet du calque de l'anglais advisory committee, qui se rend par comité consultatif.

Le mot aviseur ne figure ni dans le Petit Robert (2003), ni dans le Lexis, ni dans le Trésor de la langue française informatisé. Bien entendu, le journaliste aurait été forcé d'employer cet adjectif si ce dernier avait fait partie d'une appellation officielle; ce n'est pas le cas ici, toutefois, puisque le nom générique auquel il se rapporte, comité, est écrit avec une minuscule initiale.

Voilà un anglicisme qui paraît sorti de l'usage courant; tâchons de ne pas l'y ramener.

Line Gingras

«SOS Parc Orford revient à la charge» : http://www.ledevoir.com/2006/07/27/114599.html

19 juillet 2006

Une membre de la famille

La membre, le membre; une membre, un membre; membre, masculin ou féminin; genre du nom membre.

  • Il faisait ainsi allusion aux propos qu'une membre de la famille canadienne décimée a tenus en conférence de presse lundi, à Montréal. (Clairandrée Cauchy et Alexandre Shields.)

Le mot membre «ne comporte pas de forme féminine», ainsi que le fait observer Marie-Éva de Villers. Ce nom est toujours employé avec un déterminant - article, ou adjectif possessif, démonstratif, interrogatif ou indéfini - masculin. Songeons que c'est exactement l'inverse pour le mot personne.

Line Gingras

«Harper demeure inébranlable» : http://www.ledevoir.com/2006/07/19/114022.html

18 juillet 2006

Non au défaitisme

  • Même si je reconnais et déplore ce fait qui fait partie de l'ouragan anglophone qui déferle sur la terre entière, «même en France et aussi sur l'Union européenne», il y a peu de choses à y faire. (Gilles Bousquet.)

Il est question, dans cette courte lettre au Devoir, de la progression de l'anglais à Montréal, où «le français se porte mal». Au lieu de baisser les bras, l'auteur aurait pu, il me semble, retravailler son texte de manière à éliminer quelques répétitions.

  • L'anglais est devenu la langue universelle du commerce et du tourisme et d'à peu près de tout le reste, à la place de l'espéranto, qui n'a vraiment jamais décollé, et des autres langues, incluant le français, qui deviennent culturelles.

L'anglais, selon M. Bousquet, est devenu la langue universelle de quoi? du commerce; du tourisme; d'à peu près tout le reste. La préposition de ne doit être employée qu'une seule fois pour introduire le complément déterminatif.

Il aurait suffi d'un peu plus d'attention...

Line Gingras

«Lettres : Le français implose partout» : http://www.ledevoir.com/2006/07/18/113910.html

14 juillet 2006

Stimuler des images

Stimuler; les milles et une ou les mille et une; usage; orthographe.

  • Installé sur une terrasse ensoleillée, je me laisse emporter par la magie de cette boisson qui me rappelle les cigales, l'accent, la brise, l'accordéon, le bouquet des milles et une plantes et fleurs, la garrigue et surtout la vie toute provençale. (Jean-François Demers.)

Vingt milles à pied, ça use, ça use...

Eh! oui, ça use les souliers; cependant il n'est pas question de milles ni de kilomètres, ici, mais plutôt de l'adjectif numéral, toujours invariable.

* * * * *

  • Évidemment, les deux pieds sur le trottoir de la rue Saint-Denis, ça prend plus qu'un verre de pastis pour stimuler toutes ces images. Mais, n'empêche, ce cocktail n'a pas son pareil pour célébrer cette douce France.

Stimuler quelqu'un, c'est lui donner de l'énergie, de l'ardeur; l'inciter, le pousser à agir :

Je marchais rapidement, pénétré et comme stimulé par ce bain de lumière, par ces odeurs de végétations naissantes. (Fromentin, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

Stimulés par la nécessité, nos alliés poussèrent la construction de leurs voies ferrées autour de la mer Blanche. (Joffre, dans le Trésor.)

Avec pour complément un nom de chose, stimuler s'emploie dans le domaine économique :

Stimuler l'industrie. (Lexis.)

Il peut aussi s'appliquer à une fonction organique :

Le grand air stimule l'appétit. (Petit Robert.)

Ou encore à une faculté, une disposition d'esprit, un sentiment :

[Les espérances] stimulèrent son amour-propre sans lui donner l'orgueil. (Balzac, dans le Petit Robert.)

De l'hôpital, j'avais couru à la prévôté stimuler le zèle des gendarmes. (Vercel, dans le Trésor.)

Le sport [...] stimule l'esprit d'association, la loyauté dans les combats... (Morand, dans le Trésor.)

Stimuler les imaginations. (Trésor.)

Un verre de pastis, ou deux, ou trois, cela peut sans doute stimuler l'imagination - à supposer qu'elle ait besoin d'aide pour évoquer toutes ces images de lieux aimés.

* * * * *

  • ... adapter les heures d'ouverture des SAQ différentes aux besoins des quartiers.

Je crois qu'on a voulu parler des différentes succursales de la SAQ (Société des alcools du Québec).

Line Gingras

«Le pastis du 14 juillet» : http://www.ledevoir.com/2006/07/14/113597.html?338

16 janvier 2006

Jusqu'à tout récemment

Jusqu'à tout récemment; jusque tout récemment.

  • L'hôpital Maisonneuve-Rosemont, à Montréal, a autorisé cette pratique jusqu'à tout récemment. (PC.)

Faut-il écrire jusqu'à tout récemment ou jusque tout récemment?

Je ne trouve pas de réponse dans le Petit Robert; le Multidictionnaire, le Chouinard et le Dagenais ne disent rien là-dessus. Dans le Hanse-Blampain, toutefois, je lis que la préposition jusque peut s'employer avec un adverbe d'intensité "déterminant un adverbe de temps ou de lieu". Suivent plusieurs exemples, dont celui qui nous intéresse :

Jusque tout récemment.

Les auteurs ajoutent : "On notera que dans ce cas on n'emploie pas jusqu'à."

Line Gingras

"Des patients de l'extérieur opérés dans les hôpitaux québécois" : http://www.cyberpresse.ca/article/20060115/CPACTUALITES/60115062/1019/CPACTUALITES

10 juillet 2006

Un membership, et pas d'effectif?

Membership; anglicisme; accord du verbe avec son sujet accompagné d'une précision entre virgules; grammaire française; syntaxe du français.

  • En effet, Le Devoir a appris que le Parti conservateur (PC) a doublé son membership dans la province depuis six mois... (Alec Castonguay.)
  • ... le Parti conservateur est aujourd'hui aux trousses du Parti libéral du Canada (PLC) en ce qui concerne le membership.

Je ne trouve membership ni dans le Lexis, ni dans le Petit Robert (2003), ni dans le Trésor de la langue française informatisé. Marie-Éva de Villers et Camil Chouinard le signalent comme anglicisme, à remplacer par effectif, nombre de membres; je proposerais également (nombre d')adhérents, (nombre d')adhésions.

Monsieur Castonguay a rédigé un long article; je m'étonne d'y rencontrer à deux reprises l'anglicisme membership, et pas une seule fois, sauf erreur, le terme français effectif; à maintes reprises le mot membres, et pas une seule fois, si je ne me trompe, les noms adhérents ou adhésions (j'ai seulement relevé un emploi du verbe adhérer, dans les propos d'un militant).

* * * * *

  • Certaines circonscriptions, notamment dans la région de Québec, ont une barre plus haute à atteindre - environ 1000 nouveaux membres - compte tenu du fait qu'ils renferment des députés et des ministres.

* * * * *

  • La circonscription de Chicoutimi-Le Fjord, collée sur le comté du ministre Jean-Pierre Blackburn, dans Jonquière-Alma, est une de celle_-là.

* * * * *

  • Seuls les comtés bloquistes de Manicougan, avec le député Gérard Asselin, et de Rimouski-Neigette, avec Louise Thibault...

Monsieur Asselin est député de Manicouagan.

* * * * *

  • Le sud de Montréal, notamment Beauharnois-Salaberry et Chambly-Borduas, font aussi partie des cibles conservatrices.

Le sujet de la locution verbale faire partie, c'est le sud de Montréal; le syntagme qui suit ne fait qu'ajouter une précision, entre virgules.

Line Gingras

«Un PC de plus en plus présent au Québec» : http://www.ledevoir.com/2006/07/10/113341.html

9 juillet 2006

Les candidats au martyr

Martyr et martyre; orthographe d'usage.

Martyre du devoir.

Ainsi me définirais-je à l’instant même si je comparaissais devant saint Pierre au lieu de me retrouver, comme devant, devant mon ordinateur. Et dire que Baïlili, lectrice exigeante par qui le désir de me lancer dans la périlleuse aventure arriva, n’en aurait jamais rien su.

Raconte-nous des histoires, qu’elle m’a demandé, Baïlili.

J’aurais pu commencer par des récits d’enfance; en fouillant un peu j’en trouverais tout plein dans le champ de foin de la mémoire, et puis j’aime bien l’odeur de l’herbe et celle des teignes, et le fracas de la rivière dévalant la montagne; mais à la longue ça fait vieillir d’emprunter si souvent le p’tit rang croche et son chemin de gravelle. Et puis c’est un peu facile, ça ne demande pas de déplacement réel, alors que je voulais du neuf : un vrai défi avec l’ignorance totale de ce que j’allais trouver à écrire, de l’exercice pour les jambes qui s’ankylosent, de l’air frais. On a des ambitions de chroniqueuse ou on n’en a pas. Donc, mes traductions finies, j’ai pris l’autobus pour le Vieux-Québec. Aux alentours de 22 h.

Je savais qu’il y aurait foule : nous sommes en plein Festival d’été. Spectacle sur les plaines d’Abraham; autre spectacle à la place d’Youville. J’ignore qui, je ne veux pas savoir quoi. Un vacarme ignoble, de toute façon. Une foule compacte et hurlante qui a failli me faire fuir dans les rues tranquilles. Ah! oui, j’ai été grandement tentée, une fois franchie la porte Saint-Jean – et cela non sans mal –, de grimper la rue Sainte-Ursule, par exemple, qui m’aurait conduite à la rue Sainte-Anne, ou à la rue Sainte-Geneviève. Là j’aurais été à peu près seule; le bruit aurait été supportable.

Me fallait un sujet.

J’ai fini par sortir de la Maison de la presse internationale, où je n’ai pas trouvé le Trente de juillet; puis de chez Archambault, où je n’ai pas acheté le dernier Vargas, dans une édition trop chère. J’ai fendu la foule. Les yeux alternativement sur la lune jaune et sur les autres promeneurs, pas foutus de regarder où ils marchaient, je suis montée jusque sur la Terrasse, voir le fleuve. J’ai mangé une glace. Pris la rue Saint-Louis. Descendu la rue Sainte-Ursule.

Le spectacle était fini ou interrompu, mais la foule était toujours là, qui regardait vers la scène vide. Dans les haut-parleurs, de l'inusité : le Boléro de Ravel. Je me suis retournée; des fils étaient tendus au-dessus de la place; là-haut, une chose blanche, comme une voile, bougeait, semblait avancer dans ma direction. Je l'ai fixée. C’était un – ou une – funambule, dont on voyait les jambes à travers une jupe transparente. Mon premier funambule ailleurs qu’à la télévision. Sans filet. Avec cette longue jupe flottant dans la brise.

J’étais un peu en retrait; cinq ou six garçons sont arrivés derrière moi : «Funambule, somnambule! Crisse de malade, tu vas te tuer! Ha ha ha!»

Le numéro s’est poursuivi, s’est terminé sans accroc. L’équilibriste a mis le pied sur le toit éclairé d’un immeuble. La foule a applaudi, poussé des acclamations; j’ai respiré.

À peine étions-nous partis que, dans l’autobus bondé, deux jeunes hommes ont commencé à se battre. «Arrête-toué tout de suite, maudit niaiseux! Arrête l'autobus!» Hurlait-on de toute part au chauffeur, qui a mis plusieurs minutes à comprendre.

Il a ouvert la porte de côté, a attrapé le plus enragé des combattants, l’a sorti de l’autobus. Nous sommes repartis.

Et c’est ainsi que je ne suis pas morte écrasée.

* * * * *

  • Même dans la mouvance terroriste islamiste, la cause palestinienne est passée au second rang derrière les deux pays occupés par les Occidentaux. Elle fait de moins en moins recette pour ce qui est des candidats au martyr_. (Gil Courtemanche.)

Comme le font observer Hanse et Blampain, «un martyr (ou une martyre) souffre le martyre».

Line Gingras

«La démesure, l'aveuglement et le silence» : http://www.ledevoir.com/2006/07/08/113243.html

20 janvier 2006

Échouer un test

Échouer un examen; échouer un test; échouer à un test; échouer à un examen; réussir un examen; réussir à un examen; grammaire française; syntaxe du français.

  • Geneviève Jeanson échoue un test antidopage... (Titre d'une caricature de Michel Garneau.)

Aucun des onze ouvrages que j'ai consultés n'admet le verbe échouer, au sens de "ne pas réussir", avec un complément d'objet direct : on échoue à un examen, dans une tentative. Camil Chouinard ajoute d'ailleurs que l'on dit correctement échouer à un test antidopage.

Échouer n'est donné comme verbe transitif que dans l'emploi suivant, que le Trésor de la langue française informatisé tient pour vieilli : "Jeter un navire, une embarcation, sur le rivage, sur un haut-fond et l'y immobiliser" :

Le banc de galets où les pêcheurs échouaient leurs barques. (Zola.)

Mais vous vous demandez peut-être, par ailleurs, comment se construit le verbe réussir - s'il faut dire réussir un examen ou réussir à un examen.

Les deux constructions sont admises aujourd'hui, d'après le Petit Robert et le Multidictionnaire. Hanse et Blampain précisent : "L'emploi transitif réussir un examen est critiqué, mais est entré depuis longtemps dans l'usage."

Line Gingras

"Geneviève Jeanson échoue un test antidopage..." : http://www.ledevoir.com/2006/01/20/100103.html

12 juillet 2006

Ils mériteraient de faire un effort

Mériter; rendu public, accord; orthographe; usage.

  • ... l'enquête de Statistique Canada, dont les résultats ont été rendu_ publics hier. (Fabien Deglise.)

Rendre public ne forme pas une locution invariable; les deux éléments prennent la marque du féminin ou du pluriel, s'il y a lieu. Dans le cas présent, le verbe rendre est employé avec l'auxiliaire être; son participe passé s'accorde donc, tout comme l'adjectif attribut public, en genre et en nombre avec le sujet du verbe : les résultats ont été rendus publics.

* * * * *

  • Par ailleurs, la province se distingue aussi avec 53,5 % des répondants de la province qui affirment manger des plats préparés à la maison...

On peut facilement éviter la répétition : le complément de la province est superflu.

* * * * *

  • C'est qu'avec une consommation de fruits et légumes évaluée à 4,96 portions, selon les données de Statistique Canada, ils mériteraient, croit la diététiste, de faire un effort supplémentaire pour atteindre les 5 à 10 portions recommandées actuellement par le Guide alimentaire canadien.

Mériter, en parlant d'une personne, c'est «être digne d'une récompense ou passible d'un châtiment» (Multidictionnaire) :

Que faisons-nous pour mériter un tel honneur? (Bazin, dans le Lexis.)

Je ne suis pas sûr de mériter ce reproche. (Mauriac, dans le Lexis.)

Il avait mérité la maison de correction. (Aragon, dans le Petit Robert.)

M. Noyer inscrivait les notes méritées par ce mauvais élève. (Green, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

Il mérite qu'on ait pour lui des égards. (Hanse et Blampain.)

Cet élève mérite de réussir. (Petit Robert.)

Dans la phrase à l'étude, le verbe n'est pas utilisé dans ce sens : faire un effort pour manger davantage de fruits et de légumes, ce n'est ni une récompense ni un châtiment, même si certains n'aiment peut-être pas les carottes ou les choux de Siam. On a voulu dire plutôt devoir, avoir avantage à, avoir intérêt à :

C'est qu'avec une consommation de fruits et légumes évaluée à 4,96 portions [...] ils auraient avantage, croit la diététiste, à faire un effort supplémentaire...

Line Gingras

«Le goût du gras» : http://www.ledevoir.com/2006/07/07/113178.html

4 juillet 2006

Accéder dans les facultés

Accéder dans, accéder à; choix de la préposition introduisant le complément du verbe accéder; grammaire française; syntaxe du français.

  • Comment expliquer le décrochage universitaire des étudiants de chez nous qui accèdent en masse dans nos facultés... (Denise Bombardier.)

Ainsi que le font observer le Multidictionnaire et le Trésor de la langue française informatisé, accéder, au sens d'«avoir accès dans un lieu, pouvoir y pénétrer» (Petit Robert), introduit toujours son complément par la préposition à, «ou une construction équivalente, indiquant le terme du mouvement» (Trésor) :

On accède au grenier par une échelle. (Petit Robert.)

Le perron par où on accédait au corps principal de l'école. (Mauriac, dans le Petit Robert.)

... elle fit entrer le chanoine dans un boudoir étroit auquel on n'accédait que par le salon... (Gide, dans le Trésor.)

La même règle s'applique lorsque le verbe est employé au figuré, avec un complément désignant «un but difficile à atteindre» (Trésor) :

Accéder à de hautes fonctions. (Lexis.)

Est-il donc possible aux étudiants d'accéder en masse à l'Université? On ironisait, sans doute.

Line Gingras

«À distance» : http://www.ledevoir.com/2006/06/17/111846.html

23 janvier 2006

Faute d'avoir été trop mou...

Faute de + infinitif.

  • De son côté, le Bloc s'oppose à ce que le Canada dépense autour de deux milliards en achats de crédits d'émissions sur le marché international si, comme plusieurs l'appréhendent, il rate ses objectifs de réduction d'environ 100 Mt, faute d'avoir été trop mou devant les grands émetteurs et l'industrie automobile. (Louis-Gilles Francoeur.)

La locution prépositive faute de exprime un manque, une absence :

Il n'a pu partir en voyage, faute d'argent. (Petit Robert.)
Elle a accepté ce travail, faute de mieux. (Petit Robert.)

Faute de pouvoir être là, elle envoya des fleurs. (Multidictionnaire.)
[= Comme elle ne pouvait être là...]

Faute d'avoir été prévenu à temps, il n'a pu nous rejoindre. (Hanse-Blampain.)
[= Étant donné qu'il n'avait pas été prévenu à temps...]

Ce n'est pas faute d'avoir essayé. (Petit Robert.)
[= Ce n'est pas parce qu'on n'a pas essayé.]

Dans la phrase de monsieur Francoeur, faute d'avoir été trop mou voudrait donc dire "parce qu'il n'a pas été trop mou"? J'en doute; quoique ce soit assurément une faute d'avoir été trop mou. Mais pour rendre cette idée il aurait fallu écrire pour avoir été trop mou, parce qu'il a été trop mou ou faute d'avoir été assez ferme...

Line Gingras

"Environnement : le silence nébuleux des conservateurs" :  http://www.ledevoir.com/2006/01/21/100224.html

27 janvier 2006

Ils sont interdits de participer...

Interdit de + infinitif; to be forbidden to; to be prohibited from; calque de l'anglais; anglicisme; calque de structure; grammaire française; syntaxe du français.

  • Tous les autres étaient forcés, s'ils voulaient exercer leur droit de vote, d'aller le faire à l'extérieur de la ville. Interdits de participer aux élections, une centaine de Palestiniens du plus grand camp de réfugiés au sud du Liban ont par ailleurs organisé un scrutin symbolique. (Guy Taillefer; avec la BBC, Libération, Le Monde, Reuters et l'Agence France-Presse.)

Interdit, lorsqu'il est employé comme adjectif ou participe passé au sens de «non autorisé», peut être suivi de la préposition de et d'un nom :

Jasmine interdite de séjour dans la capitale par décision des autorités. (Cendrars, cité par le Trésor de la langue française informatisé.)

Journaliste interdit d'antenne. (Petit Robert.)

On le trouve aussi devant de et un infinitif, s'il revêt la forme d'un passif impersonnel :

Il est interdit de fumer dans les restaurants.

Quelles que soient nos forces, il nous est interdit d'abdiquer. (Rolland, cité par le Trésor de la langue française informatisé.)

Peut-il s'utiliser de la même manière quand il se rapporte à un nom de personne, comme dans le passage à l'étude? (Interdits de participer aux élections, une centaine de Palestiniens [...])

Aucun des seize ouvrages que j'ai consultés n'admet cette construction; aucun ne la relève, à vrai dire. Peut-être résulte-t-elle d'une confusion avec le tour empêchés de + infinitif, parfaitement correct. Je soupçonne fort, cependant, une influence de l'anglais. Dans le Robert & Collins Super Senior, on trouve en effet les exemples suivants :

Employees are forbidden to do this.
Il est interdit aux employés de faire cela.
Les employés n'ont pas le droit de faire cela.

Pedestrians are prohibited from using this bridge.
Il est interdit aux piétons d'utiliser ce pont.
L'usage de ce pont est interdit aux piétons.

Je proposerais donc une légère reformulation : Comme il leur était interdit de participer aux élections, une centaine de Palestiniens [...]

Line Gingras

«Le Fatah minoritaire?» : http://www.ledevoir.com/2006/01/26/100577.html

26 juin 2006

Prise de becs

Ce pourquoi ou ce pour quoi; pourquoi ou pour quoi; prise de bec ou prise de becs; orthographe.

  • Si le courant semble passer entre les deux hommes, la prise de becs concernant les 328 millions qui étaient destinés au Québec dans le cadre de Kyoto et qui ne seront finalement jamais alloués a toutefois un peu assombri la fin de session. (Alec Castonguay.)

Une prise de bec, c'est une altercation, une querelle, une dispute, un échange de propos vifs. Le Petit Robert, le Lexis, le Multidictionnaire et le Trésor de la langue française informatisé, consultés à l'article «bec», ne donnent que la graphie prise de bec, sans s à bec :

Les discussions, les prises de bec, les engueulades. (Cendrars, dans le Petit Robert.)
Nous avons bien ri de la prise de bec qu'elle a eue avec sa voisine. (Lexis.)

* * * * *

  • C'est que plusieurs mesures bien accueillies dans le reste du pays - ou alors reçu avec indifférence - heurtent une majorité de Québécois.

On est du monde ben r'cevant, aucun doute là-dessus, mais ce n'est pas le reste du pays qui a été reçu - les mesures, plutôt : reçues.

* * * * *

  • «... Les électeurs ont l'impression de jouer un plus grand rôle parce qu'ils ont porté au pouvoir un parti qui fait ce qu'il dit et donc qui réalise ce pourquoi ils ont voté», affirme Jean-Herman Guay.

Pourquoi ont-ils voté pour ce parti? On se doute des raisons pour lesquelles ils l'ont fait - de ce pour quoi ils l'ont fait.

Hanse et Blampain proposent les exemples suivants :

Ils oublient ce pour quoi ils ont été nommés.
Ils oublient pourquoi ils ont été nommés.
(Formulation plus fréquente.)

Dans la phrase à l'étude, il aurait cependant été impossible d'écrire : ... un parti qui fait ce qu'il dit et donc qui réalise pourquoi ils ont voté. Il fallait ce pour quoi.

Line Gingras

«Stephen Harper sur les chapeaux de roues» : http://www.ledevoir.com/2006/06/24/112344.html

6 octobre 2016

Exhortation

  • [...] une déclaration exhortant les libéraux fédéraux à tenir compte de l’intérêt de l’enfant lorsque leurs parents sont détenus pour des questions d’immigration.
    (Lisa-Marie Gervais, dans Le Devoir du 5 octobre 2016.)

L'adjectif ou déterminant possessif leurs ne peut renvoyer qu'à un possesseur pluriel; je suis pourtant bien certaine que ce ne sont pas les parents des libéraux fédéraux qui sont détenus pour des questions d'immigration. On pouvait écrire :

[...] une déclaration exhortant les libéraux fédéraux à tenir compte de l’intérêt des enfants lorsque leurs parents sont détenus pour des questions d’immigration.

[...] une déclaration exhortant les libéraux fédéraux à tenir compte de l’intérêt de l’enfant lorsque ses parents sont détenus pour des questions d’immigration.

[...] une déclaration exhortant les libéraux fédéraux à tenir compte de l’intérêt de l’enfant dont les parents sont détenus pour des questions d’immigration.

Line Gingras
Québec

« Haro à la détention des enfants en instance d’expulsion » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/481576/haro-a-la-detention-des-enfants-en-instance-d-expulsion

Traductrice agréée anglais-français, j'offre des services de révision comparative et de révision linguistique.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

18 novembre 2012

Par quels mécanismes l'adversité se glissent...

  • Maria Sokolowski, détentrice de la chaire de recherche en génétique et en neurologie, a ajouté que des recherches récentes ont permis de comprendre par quels mécanismes l’adversité vécue par un enfant au début de sa vie « se glissent sous sa peau et influent sur sa biologie ».
    (Pauline Gravel, dans Le Devoir du 17 novembre 2012.)

Ce ne sont pas les mécanismes qui se glissent et influent, mais l'adversité :

[...] ont permis de comprendre par quels mécanismes l’adversité vécue par un enfant au début de sa vie « se glisse sous sa peau et influe sur sa biologie ».

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« La petite enfance : le moment où tout se joue » : http://www.ledevoir.com/societe/education/364212/la-petite-enfance-le-moment-ou-tout-se-joue

Merci de votre visite. Une question? Je serai heureuse d'y répondre, dans la mesure de ma disponibilité. Voir la rubrique « Contactez l'auteur », dans la colonne de droite.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

5 octobre 2016

Les sondages

  • Les sondages, dont celui de Public Policy Polling, donne Clinton gagnante dans plusieurs États clés [...]
    (Élisabeth Vallet, dans Le Devoir du 1er octobre 2016.)

L'essentiel du message qu'exprime la phrase ci-dessus, c'est Les sondages donnent Clinton gagnante dans plusieurs États clés. L'ajout d'un élément accessoire, inséré entre virgules, ne change rien à l'accord du verbe.

Il fallait écrire :

Les sondages, dont celui de Public Policy Polling, donnent Clinton gagnante dans plusieurs États clés [...]

Line Gingras
Québec

« Le soir où le vent a tourné... » : http://www.ledevoir.com/international/etats-unis/481312/etats-unis-le-soir-ou-le-vent-a-tourne

Traductrice agréée anglais-français, j'offre des services de révision comparative et de révision linguistique.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

2 octobre 2016

Choix de cours

  • Les jeunes poursuivirent alors l’État pour ne pas avoir appliqué sa propre loi qui stipulait que chaque enfant israélien devait suivre des cours de mathématiques, d’histoire ou d’anglais.
    (Jessica Nadeau, dans Le Devoir du 1er octobre 2016.)

Je doute que la loi ait donné le choix entre ces trois matières :

Les jeunes poursuivirent alors l’État pour ne pas avoir appliqué sa propre loi qui stipulait que chaque enfant israélien devait suivre des cours de mathématiques, d’histoire et d’anglais.

Line Gingras
Québec

« Écoles hassidiques – Israël : quand l'État subventionne l'ignorance » : http://www.ledevoir.com/documents/special/16-09_ecoles-juives/israel-ecoles-hassidiques.html

Traductrice agréée anglais-français, j'offre des services de révision comparative et de révision linguistique.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

1 octobre 2016

Ça m'irritite

  • « Les Québécois, plus que n’importe quel autre peuple, devrait comprendre ce besoin... »
    (Jessica Nadeau citant Abraham Ekstein, dans Le Devoir du 1er octobre 2016.)

« Les Québécois, plus que n’importe quel autre peuple, devraient* comprendre ce besoin... »

  • [...] Abraham Ekstein y va de nombreuses comparaisons entre les Québécois, qui se sont dotées de lois pour préserver leur langue et leur culture distincte en Amérique du Nord, et les juifs hassidiques [...]

[...] Abraham Ekstein y va de nombreuses comparaisons entre les Québécois, qui se sont dotés* de lois pour préserver leur langue et leur culture distinctes en Amérique du Nord, et les juifs hassidiques [...]

  • « C’est en ayant la même éducation que nos ancêtres nous ont donné [...] »

« C’est en ayant la même éducation que nos ancêtres nous ont donnée* [...] »

  • « [...] affirme le spécialiste de l’Université d’Ottawa, Pierre Anctil, en entrevue au Devoir. Ça heurte, ça irritite certaines personnes. »

« [...] affirme le spécialiste de l’Université d’Ottawa, Pierre Anctil, en entrevue au Devoir. Ça heurte, ça irrite* certaines personnes. »

  • « [...] on apprend à les fondements de la loi, la logique, les mathématiques, l’histoire et la géographie. » (La journaliste cite à nouveau monsieur Ekstein.)

Évidemment, la préposition à est de trop : on apprend les fondements*.

  • « Les demandeurs ont terminé leur éducation secondaire en ignorant ce qu’était le fleuve St-Laurent ou la théorie de l’évolution [...] Le fait d’avoir été maintenus si longtemps ignorant du monde qui les entoure a sérieusement compromis leur développement social et affectif. »
    (La journaliste cite le texte d'une poursuite. J'ignore si l'original est en anglais ou en français.)

Ignorant est employé comme adjectif dans la deuxième phrase; il est attribut du sujet implicite de l'infinitif passif, les demandeurs. (Comparer avec Ces jeunes femmes ont été maintenues ignorantes du monde qui les entoure.) Il fallait écrire :

« Le fait d’avoir été maintenus si longtemps ignorants* du monde qui les entoure a sérieusement compromis leur développement social et affectif. »

Line Gingras
Québec

* Le lundi 3 octobre 2016 à 12 h 45, je vois que la correction a été apportée.

« Écoles hassidiques – La survie d’une culture se joue-t-elle sur les bancs d’école? » : http://www.ledevoir.com/documents/special/16-09_ecoles-juives/index.html

Traductrice agréée anglais-français, j'offre des services de révision comparative et de révision linguistique.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

27 février 2006

Patronage

Patronage; sens de patronage; patronage et favoritisme; anglicisme; usage.

  • De tout temps, le ministère des Travaux publics a été considéré comme un nid à patronage. (Hélène Buzzetti.)

Le patronage, lit-on dans le Petit Robert, c'est l'«appui moral donné par un personnage puissant ou un organisme». Il n'y a rien de mal là-dedans! me direz-vous. Eh! non...; cependant, au Québec, ce mot est très souvent utilisé de façon péjorative, comme en anglais, au sens de favoritisme - soit pour désigner, toujours selon le Petit Robert, l'«attribution des situations, des avantages par faveur et non selon la justice ou le mérite».

Cet usage est signalé comme fautif par le Multidictionnaire, le Colpron, le Dagenais et le Chouinard. Il aurait mieux valu écrire, par conséquent :

De tout temps, le ministère des Travaux publics a été considéré comme pratiquant le favoritisme.

Line Gingras

«Perspectives - La dictature de la représentativité» : http://www.ledevoir.com/2006/02/08/101563.html?338

18 juin 2006

Besoins élémentaires

  • Ces données démontent l'idée reçue qui voudrait que les personnes ayant des difficultés à se nourrir soient toutes exclues et privées des besoins élémentaires. (Fabrice Tassel, dans Libération.)

Primo : se nourrir, n'est-ce pas un besoin élémentaire?
Secundo : n'y aurait-il pas une distinction à faire entre un besoin et la satisfaction d'un besoin?

Line Gingras

«Pour manger, un salarié sur dix a recours aux associations» : http://www.liberation.fr/page.php?Article=391004

18 février 2006

À l'heure que

À l'heure que; à l'heure où; à l'heure où et que; où/que; grammaire française; syntaxe du français.

  • À l'heure où le monde de la distribution subit les secousses de la mondialisation et que le commerce du film au Québec se polarise entre les infiniment gros et les infiniment petits, l'arrivée d'un nouveau joueur dans le paysage fait l'effet d'une bouffée d'air frais. (Martin Bilodeau.)

Entre les deux mon coeur balance, entre les deux j'hésite un peu, disait la chanson. De fait on semble avoir tellement hésité, ici, entre à l'heure que et à l'heure où, qu'on a fini par coordonner les deux tours (dans le second cas, à l'heure est sous-entendu); on serait bien en peine de justifier ce passage de l'un à l'autre, qu'il faut sûrement attribuer à la distraction. Mais laquelle des deux constructions est la bonne? Ou les deux seraient-elles acceptables?

Hanse et Blampain signalent que «le moyen âge et la langue classique ont souvent substitué que [...] à » :

Du temps que les bêtes parlaient. (La Fontaine.)

Aujourd'hui, toutefois, «l’usage normal est d’employer », sauf «après certaines expressions marquant le temps». À l'heure ferait-elle donc partie de ces expressions? Il faut consulter l'article «heure» pour le savoir. «On dit : À l’heure qu’il est, mais : à l’heure vous êtes arrivés.»

Il fallait écrire, par conséquent :

À l'heure où le monde de la distribution subit les secousses de la mondialisation et où le commerce du film [...]

Line Gingras

«Bouffée d’air frais» : http://www.ledevoir.com/2006/02/17/102275.html?338

15 juin 2006

Un de ces jours, on leur offrira la lune

  • À l'horizon 2015, la dérivation partielle de la rivière Rupert, projet nécessaire qui doit voir le jour malgré la contestation, ajoutera une autre tranche de 900 MW. Plus tard, on pourra encore compter sur 3000 MW de puissance supplémentaire à la Romaine et à Petit-Mécatina, sur la Côte-Nord. Et si ces projets voient le jour plus vite que prévu, on pourra vendre cette énergie sur le marché libre... (Jean-Robert Sansfaçon.)

Et si on écrivait, pour supprimer la répétition, ces projets sont réalisés ou sont menés à terme? (En fait, sont réalisés serait préférable, parce qu'on trouve l'expression à long terme dans le paragraphe précédent.)

* * * * *

  • Le Québec a beau être une société distincte, certains spécialistes de haut niveau ne résisteront pas éternellement aux offres d'établissements étrangers qui sont en mesure de leur offrir une rémunération et des conditions de pratique supérieures.

... qui sont en mesure de leur proposer...

Line Gingras

«Développement fragile» : http://www.ledevoir.com/2006/06/10/111316.html
«Bâillon injustifié» : http://www.ledevoir.com/2006/06/14/111539.html

20 décembre 2012

En quelle année a eu lieu l'élection de 2008?

  • Mais le taux de participation à l’élection de 2008 avait atteint un plancher historique en 2008, année où le gouvernement Charest avait regagné sa majorité après l’avoir perdu en 2007.
    (Robert Dutrisac, dans Le Devoir du 19 décembre 2012.)

Le taux de participation à l'élection de 2008 ne pouvait atteindre un plancher qu'en 2008.

Le gouvernement Charest avait perdu quoi? Sa majorité, représentée par le pronom l'. Le participe passé employé avec l'auxiliaire avoir doit s'accorder avec le complément d'objet direct, placé devant le verbe.

Je proposerais :

Mais le taux de participation à l’élection de 2008 avait atteint un plancher historique; cette année-là, le gouvernement Charest avait regagné sa majorité après l’avoir perdue en 2007.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Bond spectaculaire de la participation des jeunes à l’élection de 2012 » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/366727/bond-spectaculaire-de-la-participation-des-jeunes-a-l-election-de-2012

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