Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Choux de Siam
13 septembre 2005

Une soirée de chant choral

Hier soir, première répétition de l'Ensemble vocal André Martin, dont je fais partie depuis mon retour à Québec, l'an dernier.

Qu'est-ce que nous préparons? À l'automne de 2004, c'était un concert sur le thème de la chasse, évocateur de forêts d'or et de grandes chevauchées; au printemps de 2005, des "chants de la destinée", avec au programme des oeuvres de Mendelssohn, Brahms et Bruckner. Cette année nous donnerons un concert de Noël, le samedi 10 décembre; et ce soir-là...

Dans la céleste chapelle des Soeurs de Saint-Joseph-de-Saint-Vallier, on entendra du Bach, du Carissimi; mais aussi, entre autres petites choses, des motets de Francis Poulenc et des oeuvres toutes chaudes de notre chef, André Martin.

Nous avons étrenné hier soir, en particulier, un motet à cinq voix daté du 15 août 2005, Omnes de Saba venient... J'ai encore, frais à la mémoire, le mystère, les parfums, les sonorités de l'Orient. Une marche longue, très longue, un défilé interminable dans le désert. Et la perfidie d'Hérode, et l'avertissement de l'ange.

Ce sera beau.

Line Gingras

Pour en savoir davantage sur l'Ensemble vocal André Martin : http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=Q1ARTQ0001138

4 septembre 2005

Machine à traduire

Énoncé de qualités; profil linguistique du poste; fonction publique fédérale; CBC; SRC; traduction de l'anglais au français; machine à traduire.

Un ami m'a raconté, hier soir, la dernière absurdité - vous allez voir, je suis quelqu'un de très gentil - dont il a été le témoin amusé, en qualité de fonctionnaire de l'administration fédérale.

Un collègue éberlué lui a présenté, pour appréciation personnelle et réaction immédiate aussi bien que spontanée, un énoncé de qualités dûment traduit. Vous savez ce qu'est un énoncé de qualités? Un texte bref où sont décrites, très sommairement, les fonctions que devra remplir le titulaire d'un poste à pourvoir, et les exigences auxquelles doivent répondre les candidats. On y trouve bien entendu, placé en évidence, le "profil linguistique" du poste, c'est-à-dire, sous forme de cotes, le résumé des compétences requises, en anglais et en français, au chapitre : 1. de la compréhension de l'écrit; 2. de l'expression écrite; 3. de l'interaction orale. Tout cela est expliqué dans le site de la Commission de la fonction publique.

Les cotes sont au nombre de quatre : il y a la cote P, qui s'applique aux compétences spéciales que l'on associe à la traduction, par exemple; et il y a les trois cotes correspondant aux "normes de compétence générale", c'est-à-dire A, B et C - la cote A marquant le niveau le plus bas et la cote C, le plus élevé.

Il va sans dire - il devrait aller sans dire, pardon - que ces cotes ne se traduisent pas.

Toutefois...

C'est la beauté de la vie quotidienne, à la FP comme ailleurs dans le monde merveilleux de la planète Terre, que tout peut y arriver et y arrive en effet - spécialement les choses les moins vraisemblables.

Donc, l'énoncé de qualités. Profil linguistique pour je ne sais laquelle des deux langues officielles, selon le texte original anglais : CBC. Et dans la traduction française, attention au tournant : SRC*.

"Ça ne s'invente pas", dirait Jean Dion.

M'est avis qu'il doit rester de grands naïfs dans la fonction publique fédérale, qui font encore exécuter des traductions par une machine. Une ineptie pareille, sûrement que ça dépasse les faibles capacités d'un être humain normal.

Line Gingras

* Explication pour les ceusses qui me lisent des vieux pays : Les lettres CBC, lorsqu'elles ne servent pas à décrire un profil linguistique, peuvent désigner la Canadian Broadcasting Corporation - soit la Société Radio-Canada (SRC), en français. Et je le sais bien, que ç'a pas rapport.

Vous ne connaissez pas Jean Dion? Qu'à cela ne tienne : http://devoir.ca/2004/10/28/67096.html?347

1 septembre 2005

Avis aux ventres délaissés*

Le chien avait beau tirer sur sa laisse
Son maître ne voulait pas suivre
Il pataugeait dans les flaques d’eau
Il piétinait à qui mieux mieux le soleil
C’était toujours à recommencer
Le chien, lui, commençait à avoir faim
Il aurait bien aimé dormir, sinon dîner
Mais voilà, cela ne se pouvait pas
Alors il se jeta sur un mollet, puis deux, puis trois
Ce n’était pas l’oeuf de Christophe Colomb
Mais tout de même, que c’était bon

lg

L'oeuf de Christophe Colomb : http://www.cristobal-colon.net/Divers/C10p1p2.htm

29 août 2005

Statistiques

Les statistiques sont mortes
Et si ça se trouve, aussi les commentaires
C'est temporaire, j'espère

Vivent* les statistiques
Et plus encore les commentaires

lg

* Mais oui, l'accord est permis, quoique l'invariabilité soit plus courante. (Consulté Joseph Hanse et Marie-Éva de Villers.)

"Commentaires et autres statistiques étonnantes" : http://cigarettesetcafe.over-blog.com/article-196319.html

25 août 2005

Un peu de logique

Michaëlle Jean; Jean-Daniel Lafond; gouverneure générale; fonctions protocolaires; opinions politiques; avancement des minorités visibles; causes sociales.

(J'aurais voulu publier ce texte il y a quelques semaines. J'ai manqué de temps, mais le voici quand même...)

Ah! lalalala, très chers amis, on nous prend pour des idiots.

Non mais, se peut-il que certains, se peut-il qu'un seul d'entre nous décide de voter libéral, aux prochaines élections, par suite de la nomination de madame Michaëlle Jean au poste de gouverneure générale?

Elle est charmante, madame Jean, elle est belle et intelligente et tout, de fait elle montre des tonnes de qualités appréciables qu'il ne me souvient pas d'avoir vues appréciées avec autant d'enthousiasme chez beaucoup de ses prédécesseurs, mais elle ne sera pas candidate.

Vous vous en étiez aperçus aussi, j'en suis certaine.

Elle n'aura même pas les pouvoirs d'un sénateur. Son travail, n'est-ce pas ce qu'on nous a dit, ce sera en gros de lire à haute voix (ce n'est pas si facile qu'il y paraît, j'ai essayé), de couper des rubans, de remettre des prix, de passer les troupes en revue, de serrer des mains, d'aller en visite, de recevoir des visites, de faire la conversation (dans tous les domaines et avec les grands de ce monde comme avec les gens les plus simples), de suivre les avis de ses conseillers, et toujours de bien paraître, de donner une image avantageuse du Canada.

Ce n'est pas elle, c'est encore moins monsieur Lafond, qui décidera de l'emploi des sommes dont dispose le gouvernement fédéral ou qui établira la politique extérieure du Canada; ce n'est pas elle non plus, c'est encore moins monsieur Lafond, à qui l'on demandera d'empêcher le Québec de se séparer, que ce soit par des arguments solides, par des histoires de bonhomme Sept Heures, par un nouveau programme de commandites ou par la location d'autocars pour un blitz d'affection pancanadienne de dernière minute.

On nous l'a assez répété, que pendant la durée de ses fonctions, toutes protocolaires, elle ne serait guère plus qu'une marionnette. À supposer que ce soit vrai, pourquoi s'inquiéter de ses opinions politiques - passées, présentes ou à venir? Demande-t-on à un choriste s'il croit en Dieu avant de le laisser chanter le Requiem de Fauré? (Certainement pas s'il est ténor.)

Peu importe ce que nous pensons du poste de gouverneur général et de sa justification dans notre monde moderne, madame Jean a accepté cette nomination, semble-t-il, pour contribuer à l'avancement des minorités visibles et pour défendre des causes sociales qui lui tiennent à coeur. J'espère qu'elle y parviendra comme elle le souhaite, qu'elle et monsieur Lafond n'auront pas sacrifié leur liberté en vain.

Pas vous?

Line Gingras

Déclaration de madame Jean et photographie en compagnie de sa fille, Marie-Éden, et du premier ministre du Canada, Paul Martin : http://www.pm.gc.ca/fra/news.asp?id=557

24 août 2005

De toute façon

28 octobre 2012

Courrez la chance de gagner...

Courrez, courez; le verbe courir à l'impératif; orthographe.

Un salon de coiffure m'a envoyé une invitation qui a fait chou blanc en ce qui me concerne : Courrez la chance de gagner...

On écrit vous courrez au futur simple : En réservant tôt, vous courrez la chance de gagner...

À l'impératif, toutefois, il faut un seul r : Courez, courez vite si vous le pouvez... (Guy Béart.)

L'annonce aurait dû se lire : Courez la chance de gagner...

Un grand classique!

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

23 octobre 2012

Que la lumière soit

  • Depuis lundi et pour toute la semaine, la FCEE effectue, comme chaque année, une série de rencontres avec des sénateurs fédéraux et des députés de tous les partis pour l’éclairer sur ses revendications.
    (Lisa-Marie Gervais, dans Le Devoir du 23 octobre 2012.)

Qui donc la FCEE veut-elle éclairer? Ce ne peut pas être la série, et pas davantage l'année ni la semaine :

Depuis lundi et pour toute la semaine, la FCEE effectue, comme chaque année, une série de rencontres avec des sénateurs fédéraux et des députés de tous les partis pour les* éclairer sur ses revendications.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

* Le 28 octobre à 18 h 30, je vois que la correction a été apportée.

« Endettement étudiant – Oui à la lutte, mais non aux moyens » : http://www.ledevoir.com/societe/education/362069/oui-a-la-lutte-mais-non-aux-moyens

Merci de votre visite. Une question? Je serai heureuse d'y répondre, dans la mesure de ma disponibilité. Voir la rubrique « Contactez l'auteur », dans la colonne de droite.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

15 mai 2016

Représenter

  • L’avocate de Toronto Katherine Hensel représente plusieurs causes des Premières Nations devant les tribunaux canadiens. En 2012, au moment où la crise du logement à Attawapiskat atteignait un sommet tragique, elle a représenté cette communauté qui vit près du bassin ouest de la baie James, dans le nord de l’Ontario.
    (Jean-François Nadeau, dans Le Devoir du 16 avril 2016.)

On pouvait éviter la répétition :

L’avocate de Toronto Katherine Hensel défend plusieurs causes des Premières Nations devant les tribunaux canadiens. En 2012, au moment où la crise du logement à Attawapiskat atteignait un sommet tragique, elle a représenté cette communauté qui vit près du bassin ouest de la baie James, dans le nord de l’Ontario.

Line Gingras
Québec

« Plaidoyers pour Attawapiskat » : http://www.ledevoir.com/politique/canada/468356/plaidoyers-pour-attawapiskat

Traductrice agréée anglais-français, j'offre des services de révision comparative et de révision linguistique.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

18 avril 2016

La force nécessaire de passer à l'acte

  • Le Dr Sharp cite une professeure de psychologie à l’Université d’Alaska, qui soutient que le surcroît d’énergie ressenti au printemps pourrait donner aux suicidaires la force nécessaire de passer à l’acte.
    (Josée Blanchette, dans Le Devoir du 15 avril 2016.)

Je dirais que l'on a la force de faire quelque chose, mais la force nécessaire pour faire quelque chose :

« Donner l'autorité nécessaire pour agir en qualité de. » (Petit Robert, « accréditer », sens 1.)

« Quarantaine d'observation, qui dure le temps nécessaire pour constater le bon état sanitaire d'un navire. » (Petit Robert, « observation ».)

« Conscience nécessaire pour être moralement responsable de ses actes. » (Grand Robert, « attention », sens 2, en théologie.)

[…] on doit laisser à chacun — dans la conversation comme dans la littérature — la liberté nécessaire pour adapter son tempérament au génie de notre langue. (Dauzat dans le Grand Robert, à l'article « génie ».)

« Fournir l'effort nécessaire pour faire avancer (une chose mobile, un objet). » (Grand Robert, « pousser », sens 3.)

Il aurait fallu écrire :

Le Dr Sharp cite une professeure de psychologie à l’Université d’Alaska, qui soutient que le surcroît d’énergie ressenti au printemps pourrait donner aux suicidaires la force nécessaire pour passer à l’acte.

Line Gingras
Québec

« Le blues du printemps » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/468171/le-blues-du-printemps

Traductrice agréée anglais-français, j'offre des services de révision comparative et de révision linguistique.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

22 avril 2016

Elles se sont interrogé

Ils se sont interrogé, ils se sont interrogés; elles se sont interrogé, elles se sont interrogées; s'interroger, accord du participe passé du verbe pronominal; grammaire française; orthographe.

  • Après avoir soupçonné les oppositions des pires pensées pour s’être interrogé sur la possibilité de hausser les seuils d’immigration annuels à 60 000, le gouvernement s’est finalement rangé à leur position.
    (Antoine Robitaille, dans Le Devoir du 15 avril 2016.)

1. D'après le Multidictionnaire, le participe passé du verbe pronominal s'interroger s'accorde toujours en genre et en nombre avec le sujet :

Les Grecs qui se sont interrogés pendant des siècles sur ce qui est juste ne pourraient rien comprendre à notre idée de la justice. (Camus dans le Trésor de la langue française informatisé, à l'article « juste ».)

Dans le passage à l'étude, le verbe à l'infinitif a un sujet implicite, les oppositions : ce sont elles, et non pas le gouvernement, qui ont fait l'action de s'interroger.

2. Il serait souhaitable de ne pas employer oppositions et position dans une même phrase.

On pourrait écrire :

Après avoir soupçonné les oppositions des pires pensées pour s’être interrogées sur la possibilité de hausser les seuils d’immigration annuels à 60 000, le gouvernement s’est finalement rangé à leur avis.

Line Gingras
Québec

« L'improvisation des vertueux » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/468271/nouvelle-loi-sur-l-immigration-l-improvisation-des-vertueux

Traductrice agréée anglais-français, j'offre des services de révision comparative et de révision linguistique.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

29 février 2016

Pour éviter un carnage

  • Le président français François Hollande a affirmé lundi que les passagers du train Thalys ayant neutralisé un Marocain lourdement armé avait permis d’éviter « un carnage » [...]
    (AFP dans le site du Devoir, le 24 août 2015 à 7 h 16.)

Ce n'est pas le Marocain lourdement armé qui a permis d'éviter un carnage :

Le président français François Hollande a affirmé lundi que les passagers du train Thalys ayant neutralisé un Marocain lourdement armé avaient permis d’éviter « un carnage » [...]

* * * * *

  • « Pour vous témoignez notre reconnaissance, j’ai tenu, de façon exceptionnelle, à vous remettre la Légion d’Honneur [...] »

Comme on peut le vérifier dans le Multidictionnaire, dans le Petit Robert ou par une recherche Google, on écrit la Légion d'honneur :

« Pour vous témoigner notre reconnaissance, j’ai tenu, de façon exceptionnelle, à vous remettre la Légion d’honneur [...] »

* * * * *

  • Il s’agit d’un agent des chemins de fer français en congés au moment des faits [...]

D'après ce que je vois dans le Petit Robert, l'expression en congé s'écrit au singulier :

Il s’agit d’un agent des chemins de fer français en congé au moment des faits [...]

Line Gingras
Québec

« Hollande félicite et décore quatre passagers » : http://www.ledevoir.com/international/europe/448324/attentat-dans-un-train-hollande-felicite-et-decore-quatre-passagers

Traductrice agréée anglais-français, j'offre des services de révision comparative et de révision linguistique.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

5 avril 2016

Un chèque blanc

Chèque blanc, chèque en blanc; blank cheque.

  • Les promoteurs immobiliers seront mieux placés pour trouver une nouvelle vocation à la tour et procéder à son aménagement. Ils ne doivent pas s’attendre à un chèque blanc ni l’exiger pour faire un autre de ces complexes de copropriétés en béton précontraint [...]
    (Brian Myles, dans Le Devoir du 2 avril 2016.)

Un blank cheque n'est pas un chèque blanc, mais un chèque en blanc :

Le temps est un chèque en blanc, signé par le Directeur général Dieu! (A. Robida dans le Grand Robert, à l'article « temps ».)

Line Gingras
Québec

« Du béton et du contenu » : http://www.ledevoir.com/culture/actualites-culturelles/467099/avenir-de-radio-canada-du-beton-et-du-contenu

Traductrice agréée anglais-français, j'offre des services de révision comparative et de révision linguistique.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

3 avril 2016

Reconnaître et se nourrir de la beauté

  • [...] l’importance primordiale de reconnaître et de se nourrir de la beauté sous toutes ses formes : reflet de soleil sur les façades du Grand Canal, page enluminée il y a presque mille ans, odeur de printemps, sourire diffus…
    (Michel Bélair, dans Le Devoir du 2 avril 2016.)

Il est souhaitable, nous dit Grevisse dans Le bon usage (douzième édition, paragraphe 271, remarque 4), que deux verbes coordonnés ayant un même complément aient aussi la même construction. Or, le verbe reconnaître appelle un complément d'objet direct (on reconnaît un ancien camarade, par exemple), tandis que se nourrir se construit indirectement, avec la préposition de : Le monde se nourrit d'un peu de vérité et de beaucoup de mensonge. (R. Rolland, dans le Petit Robert.)

On pourrait améliorer la construction du passage à l'étude en plaçant le complément après le premier verbe, et en employant avec le second un pronom de rappel : 

[...] l'importance primordiale de reconnaître la beauté et de s'en nourrir sous toutes ses formes : reflet de soleil sur les façades du Grand Canal, page enluminée il y a presque mille ans, odeur de printemps, sourire diffus…

Line Gingras
Québec

« Des vandales ordinaires » : http://www.ledevoir.com/culture/livres/466991/polar-des-vandales-ordinaires

Traductrice agréée anglais-français, j'offre des services de révision comparative et de révision linguistique.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

6 avril 2016

Comparer n'est pas comparaître*

  • Dans l’hebdomadaire Marianne, l’écrivain et journaliste Joseph Macé-Scaron comparaît François Hollande à ce personnage de dessin animé qui pose un seau d’eau en équilibre au-dessus d’une porte pour attraper ses adversaires.
    (Christian Rioux, dans Le Devoir du 2 avril 2016.)

Selon l'orthographe traditionnelle, le verbe comparaître prend un accent circonflexe sur le i, à la troisième personne du singulier du présent de l'indicatif :

La victime se déclare incapable de reconnaître son agresseur; mais, à ses cris, Mme Ridel avait mis le nez à la fenêtre et prétend avoir pu reconnaître en lui le sieur Valentin, journalier, qui comparaît à présent devant nous. (Gide dans le Trésor de la langue française informatisé, à l'article « agresseur ».)

On peut supprimer cet accent circonflexe, comme le recommandent les rectifications de l'orthographe. (Merci à monsieur Sylvain Auclair d'avoir attiré mon attention là-dessus.) Celles-ci ne permettent pas, cependant, d'ajouter un accent circonflexe au verbe comparer, à la troisième personne du singulier de l'imparfait de l'indicatif.

Il fallait écrire :

Dans l’hebdomadaire Marianne, l’écrivain et journaliste Joseph Macé-Scaron comparait François Hollande à ce personnage de dessin animé qui pose un seau d’eau en équilibre au-dessus d’une porte pour attraper ses adversaires.

Line Gingras
Québec

* Billet mis à jour le 7 avril à 18 h 25.

« Hollande frappe un mur » : http://www.ledevoir.com/international/europe/467133/france-hollande-frappe-un-mur

Traductrice agréée anglais-français, j'offre des services de révision comparative et de révision linguistique.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

10 avril 2016

Elles consisteraient de cesser...

Consister à + infinitif; consister de + infinitif; consister à ou de + infinitif; grammaire française; syntaxe; prépositions.

  • Elles consisteraient premièrement, pour ceux qui disposent ne serait-ce que d’un peu de marge de manœuvre financière, de cesser de faire une fixation sur l’équilibre budgétaire et de profiter de la faiblesse des taux d’intérêt pour investir notamment dans les infrastructures.
    (Éric Desrosiers, dans Le Devoir du 12 mars 2016.)

L'infinitif complément du verbe consister est introduit au moyen de la préposition à, et non de :

Son projet consiste à agrandir l'école. (Multidictionnaire.)

Votre erreur consiste à croire que tout le monde vous approuve. (Lexis.)

La libéralité consiste moins à donner beaucoup qu'à donner à propos. (La Bruyère, dans le Petit Robert.)

Son habileté consiste à savoir se servir des autres. (Grand Robert.)

L'éducation artistique est la plus ardue de toutes, car elle ne consiste ni à enregistrer, ni à classer, ni à exposer les faits. (É. Faure, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

Nous avons fait une chasse à la hyène. Ça a consisté à passer la nuit à la belle étoile, ou mieux aux belles étoiles... (Flaubert, dans le Trésor.)

Il fallait écrire :

Elles consisteraient premièrement, pour ceux qui disposent ne serait-ce que d’un peu de marge de manœuvre financière, à cesser de faire une fixation sur l’équilibre budgétaire et à profiter de la faiblesse des taux d’intérêt pour investir, notamment dans les infrastructures.

Line Gingras
Québec

« En réponse à Trump et compagnie » : http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/465323/perspectives-en-reponse-a-trump-et-compagnie

Traductrice agréée anglais-français, j'offre des services de révision comparative et de révision linguistique.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

7 avril 2016

Requéraient ou requerraient?

  • Un nouveau sujet d’inquiétude s’est même ajouté et est en train de grossir, à la faveur entre autres des surprenants succès de Donald Trump dans la course à l’investiture présidentielle du Parti républicain aux États-Unis. Il s’agit de la montée des populismes de droite comme de gauche et du risque, entre autres, que des économies importantes s’engagent dans des impasses politiques ou que les pays se tournent de plus en plus les uns contre les autres alors que tellement de problèmes requéraient au contraire une plus grande coopération.
    (Éric Desrosiers, dans Le Devoir du 12 mars 2016.)

La forme requéraient correspond à la troisième personne du pluriel du verbe requérir à l'imparfait de l'indicatif :

On nous avait dit de ne pas déranger la ministre : des questions difficiles requéraient toute son attention.

Dans le passage à l'étude, cependant, il fallait mettre le verbe au conditionnel :

Il s’agit de la montée des populismes de droite comme de gauche et du risque, entre autres, que des économies importantes s’engagent dans des impasses politiques ou que les pays se tournent de plus en plus les uns contre les autres alors que tellement de problèmes requerraient au contraire une plus grande coopération.

Line Gingras
Québec

« En réponse à Trump et compagnie » : http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/465323/perspectives-en-reponse-a-trump-et-compagnie

Traductrice agréée anglais-français, j'offre des services de révision comparative et de révision linguistique.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

8 septembre 2015

D'autres réclament à porter des accusations

  • D’autres réclament avec véhémence que l’on mette le feu à la maison d’un présumé escroc, à porter* des accusations pour délit d’opinions, alimentant ainsi des dérives qui, loin de faire avancer l’humanité, la replongent plutôt au temps du lynchage, de la plume, du goudron, des groupes de haine et de leur morale.
    (Fabien Deglise, dans Le Devoir du 24 août 2015.)

D'autres réclament à porter des accusations? que l'on mette le feu à porter des accusations? À quoi peut bien se rattacher le syntagme à porter des accusations?

Le chroniqueur a peut-être voulu dire :

D’autres réclament avec véhémence que l’on mette le feu à la maison d’un présumé escroc ou que l'on porte des accusations pour délit d’opinions [...]

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Réviseure pigiste
Québec

* Le 9 septembre 2015 à 12 h 40, je vois que la faute a été corrigée.

« De codes et d'école » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/448281/chroniquefd-de-codes-et-d-ecole

Merci de votre visite. Une question? Je serai heureuse d'y répondre, dans la mesure de ma disponibilité. Voir la rubrique « Contactez l'auteur », dans la colonne de droite.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

15 février 2016

C'est à ces gestes qu'elles n'auraient pas consentis

  • Mais la thèse de la poursuite est que c'est à ces gestes violents que les plaignantes n'auraient pas consentis, pas à une relation sexuelle forcée.
    (Yves Boisvert, dans La Presse du 15 février 2016.)

Les plaignantes n'auraient pas consenti à quoi? à ces gestes violents. Le complément est placé devant le verbe; toutefois, comme il s'agit d'un complément d'objet indirect, le participe passé doit demeurer invariable :

Mais la thèse de la poursuite est que c'est à ces gestes violents que les plaignantes n'auraient pas consenti, pas à une relation sexuelle forcée.

Line Gingras
Québec

« Des doutes à la pelletée » : http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/yves-boisvert/201602/12/01-4949921-des-doutes-a-la-pelletee.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_yves-boisvert_3256_section_POS1

Traductrice agréée anglais-français, j'offre des services de révision comparative et de révision linguistique.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

14 février 2016

Alazim boum boum

Nouvelle orthographe.

  • « Un encouragement à la médiocrité », selon certains, qui dénoncent sur Twitter une réforme inappropriée et inapplicable à l'aide du mot-clic #jesuiscirconflexe. « Bescherelle au secours, les ames de nos auteurs pleurent », s'indigne Isabelle Balkany.
    (Suzanne Colpron, dans La Presse du 13 février 2016.)

D'après le Grand vadémécum de l'orthographe moderne recommandée (ouvrage de la linguiste Chantal Contant, spécialiste des rectifications de l'orthographe du français), le mot âme n'est pas visé par les rectifications de l'orthographe.

* * * * *

  • Avouez que c'est mêlant. Pardon, melant.

Je félicite la chroniqueuse pour son sens de l'humour, mais je ferai observer, à toutes fins utiles, que les rectifications de l'orthographe ne visent ni l'adjectif mêlant, ni le verbe mêler.

En fait, selon les recommandations, l'accent circonflexe ne disparaît (généralement) que sur les lettres î et û; il est maintenu (« sauf dans de rares cas où il y a concurrence entre deux formes ») sur â, ê et ô.

* * * * *

  • À La Presse, vous l'aurez remarqué, on n'écrit pas picnic, mais pique-nique [...]

La graphie pique-nique est certainement correcte. Je suis heureuse de savoir que l'on n'écrit pas picnic à La Presse (picnic, c'est de l'anglais); cependant, d'après ce que je vois dans le Grand vadémécum, l'orthographe recommandée n'est pas picnic, mais piquenique, en un seul mot (pluriel : piqueniques).

L'Office québécois de la langue française a fait paraître une liste alphabétique de mots rectifiés : http://bdl.oqlf.gouv.qc.ca/bdl/gabarit_bdl.asp?id=3190#LettreM.

Line Gingras
Québec

« La bataille de l'orthographe » : http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/suzanne-colpron/201602/10/01-4949094-la-bataille-de-lorthographe.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_suzanne-colpron_3552652_section_POS1

Traductrice agréée anglais-français, j'offre des services de révision comparative et de révision linguistique.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

9 février 2016

Un cas

  • Dans le rapport de police, la plaignante jurait qu'elle portait des extensions capillaires. En cour, elle a été obligée de concéder que si cela avait été le cas, Ghomeshi les aurait arrachées en tirant dessus, ce qui ne fut pas le cas.
    (Nathalie Petrowski, dans La Presse du 6 février 2016.)

Je suggérerais :

Dans le rapport de police, la plaignante jurait qu'elle portait des extensions capillaires. En cour, elle a été obligée de concéder que si cela avait été le cas, Ghomeshi les aurait arrachées en tirant dessus, ce qui ne s'est pas produit.

Line Gingras
Québec

« Ghomeshi, espoirs réduits » : http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/nathalie-petrowski/201602/03/01-4946713-ghomeshi-espoirs-reduits.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4946670_article_POS1

Traductrice agréée anglais-français, j'offre des services de révision comparative et de révision linguistique.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

2 février 2016

D'on ne sait d'où

  • Il est vrai que le PQ est resté vague depuis le dernier référendum. Le congrès de 2005 avait bien résolu de tenir un référendum le plus rapidement possible dans un premier mandat, mais on est vite revenu au « moment approprié », qui dépendra lui-même des « conditions gagnantes », venues d’on ne sait d’.
    (Michel David, dans Le Devoir du 2 février 2016.)

La préposition de, marquant la provenance, ne doit être utilisée qu'une fois :

... venues d'on ne sait où*.
... venues on ne sait d'où.

Line Gingras
Québec

* Le 3 février à 17 h, je vois que la correction a été apportée.

« La mouche du coche » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/461846/la-mouche-du-coche

Traductrice agréée anglais-français, j'offre des services de révision comparative et de révision linguistique.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

1 février 2016

Millions humains

  • [...] l’argent est un puissant moteur pour la prise de décision, les meilleures comme les pires. Et certaines de ces décisions, à commencer par celles qui ont posé il y a plusieurs années les bases d’un réchauffement climatique [...]
    (Fabien Deglise, dans Le Devoir du 1er février 2016.)

Rien ne justifie que décision soit au singulier dans le premier cas, et au pluriel par la suite :

[...] l’argent est un puissant moteur pour la prise de décisions*, les meilleures comme les pires. Et certaines de ces décisions, à commencer par celles qui ont posé il y a plusieurs années les bases d’un réchauffement climatique [...]

* * * * *

  • [...] la pollution atmosphérique va continuer à être responsable de la mort prématurée chaque année de 3,3 millions humains sur terre [...]

[...] la pollution atmosphérique va continuer à être responsable de la mort prématurée, chaque année, de 3,3 millions d'humains* sur terre [...]

Line Gingras
Québec

* Le 2 février à 14 h 45, je vois que la correction a été apportée.

« L'argument fallacieux » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/461711/chroniquefd-l-argument-fallacieux

Traductrice agréée anglais-français, j'offre des services de révision comparative et de révision linguistique.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

30 janvier 2016

Plus ou moins

  • Après la défaite libérale de 1998, Jean Charest en était venu à la conclusion que se présenter en disciple du premier ministre ontarien Mike Harris, notoirement connu pour son peu d’empathie pour les plus favorisés, n’était pas la meilleure stratégie. Au cours d’un brunch-bénéfice du PLQ en septembre 1999, il avait lancé devant 600 militants de l’est de Montréal : « La compassion, chers amis, ce sera le mot d’ordre, le cheval de bataille du Parti libéral du Québec. »
    (Michel David, dans Le Devoir du 30 janvier 2016.)

Deux observations :

  1. Il y aurait avantage à remplacer l'un des deux pour.
  2. L'ancien premier ministre de l'Ontario, le conservateur Mike Harris, est connu pour avoir fortement réduit les budgets des programmes sociaux. Le passage à l'étude renferme donc un contresens.

Il faudrait lire :

Après la défaite libérale de 1998, Jean Charest en était venu à la conclusion que se présenter en disciple du premier ministre ontarien Mike Harris, notoirement connu pour son peu d’empathie à l'égard des moins favorisés*, n’était pas la meilleure stratégie. Au cours d’un brunch-bénéfice du PLQ en septembre 1999, il avait lancé devant 600 militants de l’est de Montréal : « La compassion, chers amis, ce sera le mot d’ordre, le cheval de bataille du Parti libéral du Québec. »

Line Gingras
Québec

* Le 1er février à 15 h, je vois que l'on a apporté la correction suivante : « [...] Mike Harris, notoirement connu pour son peu d’empathie pour les plus défavorisés [...] »

« La quête du Graal » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/461630/la-quete-du-graal

Traductrice agréée anglais-français, j'offre des services de révision comparative et de révision linguistique.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

31 janvier 2016

Les élections qui ont élu...

  • L’Asie aura fait du progrès le jour où elle réussira, comme en Amérique latine, à s’affranchir du pouvoir militaire. En l’occurrence, le Myanmar constitue un cas type : à la fois l’espoir d’un changement, vu les élections qui ont élu en novembre la Ligue nationale pour la démocratie (LND) d’Aung San Suu Kyi [...]
    (Guy Taillefer, dans Le Devoir du 28 janvier 2016.)

L’Asie aura fait du progrès le jour où elle réussira, comme l'Amérique latine, à s’affranchir du pouvoir militaire. En l’occurrence, le Myanmar constitue un cas type : à la fois l’espoir d’un changement, vu l'élection, qui ont élu en novembre, de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) d’Aung San Suu Kyi [...]

Line Gingras
Québec

« Boom économique, recul démocratique » : http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/461367/asie-boom-economique

Traductrice agréée anglais-français, j'offre des services de révision comparative et de révision linguistique.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

Archives