Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

dimanche 18 août 2013

Tourner à la dérision

Tourner à la dérision, tourner en dérision.

  • [...] ses invités sont venus tourner à la dérision les querelles entre Québec et Ottawa [...]
    (Mélanie Loisel, dans Le Devoir du 9 août 2013.)

Le Petit Robert, le Multidictionnaire, le Lexis et le Trésor de la langue française informatisé, consultés à l'article « dérision », ne donnent pas tourner à la dérision, mais plutôt tourner en dérision, qui veut dire « se moquer d'une manière méprisante de » (Petit Robert), « tourner en ridicule » (Trésor) :

Il est malséant de tourner en dérision des choses respectables. (Lexis.)

Les Anglais étaient très haïs et très craints, en France [...] On les tournait en dérision de diverses manières. (France dans le Trésor, à l'article « tourner ».)

Il fallait écrire :

[...] ses invités sont venus tourner en dérision les querelles entre Québec et Ottawa [...]

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Spectacle à saveur politique pour Aussant » : http://www.ledevoir.com/culture/actualites-culturelles/384769/spectacle-a-saveur-politique-pour-aussant

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Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

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samedi 17 août 2013

Anticosti

  • À Baie-Sainte-Claire, à l’anse aux Fraises, à la pointe aux Foins, la paix s’attrape au filet, comme les papillons. Et les âmes des morts et des vivants marchent ensemble sur la grève et lancent des cailloux dans les vagues.
    (Monique Durand, dans Le Devoir du 16 août 2013.)

C'est beau, non? Ainsi se termine une série de quatre merveilleux articles sur l'île d'Anticosti, malheureusement réservée aux abonnés du Devoir.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Anticosti, en marge du monde (4) – Que faire de cette île mythique? » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/385307/que-faire-de-cette-ile-mythique

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jeudi 15 août 2013

Gabrielle Manon-Rivard

  • Gabrielle aborde de son côté les désirs d’autonomie et l’histoire d’amour d’une jeune femme aux prises avec un handicap mental (Gabrielle Manon-Rivard) au sein d’une chorale pour handicapés, ce qui choque l’entourage paternaliste [...]
    (Odile Tremblay, dans Le Devoir du 14 août 2013.)
  • « Gabrielle Manon-Rivard a un don réel pour le chant et une luminosité naturelle, précise Louise Archambault. »
    (Cette phrase se trouve à la fois dans le corps du texte et dans la légende de la photo qui accompagne l'article.)

Comme le montre une recherche Google, la comédienne s'appelle Gabrielle Marion-Rivard.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Gabrielle a conquis des milliers de spectateurs au Festival de Locarno » : http://www.ledevoir.com/culture/cinema/385060/gabrielle-a-conquis-des-milliers-de-spectateurs-au-festival-de-locarno

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mardi 13 août 2013

Une destinée amène

  • « Anne Hébert rend hommage à ces femmes, dit Florence Davaille, de l’Université de Rouen. Elle en offre une vision sensuelle, mais souvent ambiguë. Une vision féministe qui montre aussi leur caractère tragique et illustre la destinée amène de ces filles. »
    (Christian Rioux, dans Le Devoir du 7 août 2013.)

Amène se dit d'une personne, d'un ton ou de propos aimables, agréables, avenants. On voulait sûrement évoquer la destinée amère des Filles du Roy.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Les Filles du Roy (3) – Les mères de la nation? » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/384590/les-meres-de-la-nation

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lundi 12 août 2013

« Et qui » et l'antécédent du pronom relatif

  • Le journaliste s’est fait un nom en s’attaquant à des sujets ruraux qui n’intéressent pas les patrons de presse des grands médias urbains de Delhi – et qui en déduisent présomptueusement que, ce faisant, les lecteurs s’en fichent eux aussi.
    (Guy Taillefer, dans Le Devoir du 5 août 2013.)

Les deux propositions relatives semblent coordonnées par la conjonction et, ce qui laisse entendre que le pronom qui, dans les deux cas, a le même antécédent; ce ne sont pourtant pas les sujets ruraux qui déduisent quoi que ce soit, mais les patrons de presse. Je suggérerais peut-être :

Le journaliste s’est fait un nom en s’attaquant à des sujets ruraux qui n’intéressent pas la direction des grands médias urbains de Delhi, laquelle en déduit présomptueusement que, ce faisant, les lecteurs s’en fichent eux aussi [ou laquelle en déduit présomptueusement qu'ils ne retiendraient pas non plus l'attention des lecteurs].

Le journaliste s’est fait un nom en s’attaquant à des sujets ruraux qui n’intéressent pas les grands médias urbains de Delhi, ce dont les patrons de presse déduisent présomptueusement que, ce faisant, les lecteurs s’en fichent eux aussi [ou ce dont les patrons de presse déduisent présomptueusement qu'ils ne retiendraient pas non plus l'attention des lecteurs].

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Le marché de la soif en Inde » : http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/384401/le-marche-de-la-soif-en-inde

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dimanche 11 août 2013

À ne pas méprendre

Méprendre, se méprendre; grammaire française; syntaxe; variante, variation.

  • Étant donné qu’elle ne cesse de se réinventer et qu’on ne compte plus ses déclinaisons exotiques telles que homard, spaghetti au fromage, gras de canard et pacanes, moelle et cerise fumée – des variations complètement givrées à ne pas méprendre pour une table d’hôte chez Joe Beef [...]
    (Émilie Folie-Boivin, dans Le Devoir du 2 août 2013.)

Le verbe méprendre s'emploie uniquement à la forme pronominale; on ne méprend pas quelque chose, mais on se méprend (on se trompe) sur quelque chose ou sur quelqu'un :

[...] il se méprend sur moi et méconnaît [...] qui je suis. (Gide, dans le Petit Robert.)

Elle s'est méprise sur son silence. (Multidictionnaire.)

Pour ne pas se méprendre sur la nature de la réception [...] (Jouhandeau, dans le Lexis.)

Ça doit être pour ça que vous marchez comme un gendarme à pied. Déodat se méprit sur le sens de la comparaison. (Aymé, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

Mademoiselle, vous vous méprenez sur mes intentions. (Montherlant, dans le Trésor.)

Dans la phrase à l'étude, on pouvait très bien employer le verbe confondre (c'est d'ailleurs ce qu'on a fait dans la légende de la photo accompagnant l'article) :

[...] des variantes complètement givrées à ne pas confondre avec une table d'hôte chez Joe Beef [...]

Je signale au passage que d'après le Multidictionnaire, une « forme légèrement différente d'une forme usuelle » est une variante, et non pas une variation, ce dernier nom étant synonyme de modification, changement.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« À la folie – Jamais sans la crème glacée » : http://www.ledevoir.com/art-de-vivre/alimentation/384201/jamais-sans-la-creme-glacee

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samedi 10 août 2013

L'acharnement de certains mettent encore...

  • Cette vision est d’ailleurs toujours présente dans l’acharnement de certains mettent encore à démontrer coûte que coûte l’irréductible vertu des Filles du Roy.
    (Christian Rioux, dans Le Devoir du 6 août 2013.)

Cette vision est d’ailleurs toujours présente dans l’acharnement que certains mettent encore à démontrer coûte que coûte l’irréductible vertu des Filles du Roy.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Les Filles du Roy (2) – Ni saintes ni guidounes » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/384514/ni-saintes-ni-guidounes

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vendredi 9 août 2013

Ces structures ont échangé des animaux entre eux

  • Son étude a porté sur 43 dauphins hébergés dans six parcs zoologiques ou aquatiques différents, dont le zoo de Brookfield, près de Chicago. Ces six structures ont la particularité d’avoir échangé des animaux entre eux, tout en gardant la trace précise de leur histoire.
    (AFP, dans Le Devoir du 7 août 2013.)

Ces six structures ont la particularité d’avoir échangé des animaux entre elles, tout en gardant la trace précise de leur histoire.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Une mémoire de dauphin? » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/384581/une-memoire-de-dauphin

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jeudi 8 août 2013

Les deux villes et son territoire

  • Les règlements municipaux d'Ottawa et de Gatineau consacrent finalement un chapitre aux pigeons. Les deux villes interdisent en effet de garder, élever, nourrir ou attirer des pigeons sur son territoire.
    (François Pierre Dufault, avec Justine Mercier, dans Le Droit du 7 août 2013.)

Les règlements municipaux d'Ottawa et de Gatineau consacrent finalement un chapitre aux pigeons. Les deux villes interdisent en effet de garder, élever, nourrir ou attirer des pigeons sur leur territoire.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Les serpents étrangleurs ne sont pas les bienvenus dans la région » : http://www.lapresse.ca/le-droit/actualites/actualites-regionales/201308/06/01-4677627-les-serpents-etrangleurs-ne-sont-pas-les-bienvenus-dans-la-region.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_meme_auteur_4677797_article_POS3

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mercredi 7 août 2013

Traiter quelqu'un sont des qualificatifs

Cher, chère; cher, cherschère payée, cher payéechers payés, cher payéscher, adjectif ou adverbe; cher, variable ou invariable; cher, accord; cher, orthographe.

  • « Traiter quelqu'un de "sale Arabe",    "sale musulman" ou de "sale nègre" sont des qualificatifs très dégradants qui ont toujours été condamnés dans notre société, a écrit le juge Jean-Paul Braun. »
    (Les propos sont rapportés par Philippe Teisceira-Lessard, dans La Presse du 2 août 2013.)

Ne confondons pas les qualificatifs et l'action de s'en servir :

Traiter quelqu'un de « sale Arabe », _ « sale musulman » ou de « sale nègre », c'est faire usage de qualificatifs très dégradants qui ont toujours été condamnés dans notre société.

Traiter quelqu'un de « sale Arabe », de « sale musulman » ou de « sale nègre », c'est faire usage de qualificatifs très dégradants qui ont toujours été condamnés dans notre société.


  • Une insulte chère payée
    (Titre de l'article.)

Cher est ici adverbe (il peut être remplacé par chèrement), et donc invariable :

Une insulte cher payée

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Une insulte chère [sic] payée » : http://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-affaires-criminelles/201308/01/01-4676314-une-insulte-chere-payee.php

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