Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

mardi 27 janvier 2015

Quelle affaire!

  • Au nom du patriotisme et de la liberté d’expression, des foules occidentales en ruée vers le douteux film The Interview se seraient-elles fait manipuler à leur tour? Il est facile d’identifier un bon et un méchant quand un film se voit menacé de censure. Surtout s’il met en cause la Corée du Nord, terrible dictature, contre les États-Unis, qui posent en champions de la démocratie. Mais en cette affaire, nos puissants voisins du Sud semblent moins nets qu’il n’y paraît et l’affaire, plus complexe.
    (Odile Tremblay, dans Le Devoir du 31 décembre 2014.)

En cette affaire, l'affaire? Je suggérerais :

Mais en cette affaire, nos puissants voisins du Sud semblent moins nets qu’il n’y paraît et la réalité, plus complexe.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Réviseure pigiste
Québec

« Entre propagande et désinformation » : http://www.ledevoir.com/culture/cinema/427927/the-interview-entre-propagande-et-desinformation

Merci de votre visite. Une question? Je serai heureuse d'y répondre, dans la mesure de ma disponibilité. Voir la rubrique « Contactez l'auteur », dans la colonne de droite.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

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lundi 26 janvier 2015

Abandon

  • Au printemps, les Allemands envahissent aussi le village de Michael, abandonnés par l’armée russe.
    (Isabelle Paré, dans Le Devoir du 24 janvier 2015.)

Ce ne sont pas les Allemands qui ont été abandonnés par l'armée russe, mais le village :

Au printemps, les Allemands envahissent aussi le village de Michael, abandonné par l’armée russe.

* * * * *

  • [...] des bataillons de miliciens chargés d’éliminer les Juifs, les Tziganes, les handicapés, les Russes et tous les opposants au IIIe Reich en l’Europe de l’Est.

On dit en Amérique du Nord, et non pas en l'Amérique du Nord :

[...] des bataillons de miliciens chargés d’éliminer les Juifs, les Tziganes, les handicapés, les Russes et tous les opposants au IIIe Reich en Europe de l’Est.

* * * * *

  • Grâce à son polonais sans accent et ses yeux bleus, Arthur survivra à la contrebande, en rampant dans des tunnels clandestins pour aller et venir du ghetto, comme d’autres enfants qui blanchissent leurs cheveux au peroxyde pour se donner l’air de vrais Polonais.

Deux observations :

  1. La préposition à se répète normalement devant chacun des compléments.
  2. On peut venir du ghetto, mais on ne peut pas aller du ghetto (sauf dans une tournure du type aller de Québec à Montréal).

Je suggérerais :

Grâce à son polonais sans accent et à ses yeux bleus, Arthur survivra à la contrebande, en rampant dans des tunnels clandestins pour sortir du ghetto et y rentrer, comme d’autres enfants qui blanchissent leurs cheveux au peroxyde pour se donner l’air de vrais Polonais.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Réviseure pigiste
Québec

« Survivre à l'horreur » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/429837/survivre-a-l-horreur

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dimanche 25 janvier 2015

Un renvoie devant un juge

Un renvoie ou un renvoi; orthographe.

  • Elle requiert huit mois de prison, « ce qui [lui] paraît justifié », ainsi qu’un renvoie devant un juge d’application des peines.
    (Hélène Deplanque dans le site de Libération, le 20 janvier 2015 à 17 h 1.)

Nous n'avons pas affaire au verbe renvoyer, mais au nom renvoi :

Ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel. (Petit Robert.)

Elle requiert huit mois de prison, « ce qui [lui] paraît justifié », ainsi qu’un renvoi devant un juge d’application des peines.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Réviseure pigiste
Québec

« "Le tribunal a jugé votre comportement inadmissible, compte tenu des faits récents d'attentat" » : http://www.liberation.fr/societe/2015/01/20/le-tribunal-a-juge-votre-comportement-inadmissible-compte-tenu-des-faits-recents-d-attentat_1184783

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Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

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vendredi 23 janvier 2015

Odieux

  • On peut certes trouver odieux la tentative de récupération de cet événement tragique par le parti de M. Harper [...]
    (Amir Khadir, dans Le Devoir du 14 janvier 2015.)

On peut trouver que la tentative de récupération est odieuse; on peut trouver la tentative odieuse. L'adjectif attribut du complément d'objet direct doit s'accorder avec ce complément, même s'il y a inversion :

On peut certes trouver odieuse la tentative de récupération de cet événement tragique par le parti de M. Harper [...]

* * * * *

  • Mais je voudrais nous rappeler qu’un régime similaire existe déjà. Il s’appelle l’Arabie saoudite. , pour la seule période du 4 et 22 août 2014, Amnistie internationale y dénonce pas moins de 22 exécutions, la plupart par décapitation!

Trois observations :

  1. Je ne dirais pas que le régime s'appelle l'Arabie saoudite, mais qu'il est celui de l'Arabie saoudite.
  2. Il s'agit évidemment de la période du 4 au 22 août.
  3. Les pronoms et y font double emploi.

On aurait pu écrire :

Mais je voudrais nous rappeler qu’un régime similaire existe déjà. C'est celui de l’Arabie saoudite. , pour la seule période du 4 au 22 août 2014, Amnistie internationale y dénonce pas moins de 22 exécutions, la plupart par décapitation!

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Réviseure pigiste
Québec

« Un "Charlie" nommé Badawi » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/428819/un-charlie-nomme-badawi

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jeudi 22 janvier 2015

L'adjectif ne remplace pas le nom

  • Il y a subtilement la tentation de faire porter aux victimes un peu du poids d'assassinats insensés. De leur trouver une logique, comme si on avait pu les éviter. Il y a risque d'internaliser la mécanique terroriste, de les croire sur parole.
    (Yves Boisvert, dans La Presse du 10 janvier 2015.)

Il y a risque de croire non pas les victimes, non pas les assassinats, mais les terroristes; cependant, l'adjectif terroriste ne peut pas renvoyer au nom. Je suggérerais :

Il y a risque d'internaliser la mécanique terroriste, de croire les tueurs sur parole.

* * * * *

  • Ce qui est visé, ce n'est pas la politique de Harper ou d'Obama ou des socialistes français – un des seuls pays occidentaux à avoir soutenu les démarches de l'Autorité palestinienne, par exemple.

Les socialistes et autres -istes, de quelque nationalité qu'ils soient, ne sont pas un pays; les adjectifs de nationalité non plus. On pouvait écrire :

Ce qui est visé, ce n'est pas la politique de Harper ou d'Obama ou des socialistes français – la France est un des seuls pays occidentaux à avoir soutenu les démarches de l'Autorité palestinienne, par exemple.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Réviseure pigiste
Québec

« C'est le fanatisme, pas la religion » : http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/yves-boisvert/201501/10/01-4833949-cest-le-fanatisme-pas-la-religion.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_yves-boisvert_3256_section_POS1

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Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

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mercredi 21 janvier 2015

Les pays musulmans et ses fatwas

  • Deux semaines après les attentats contre Charlie Hebdo, il est de plus en plus tentant de voir le monde divisé en deux : l’Occident et ses libertés d’un côté, les pays musulmans et ses fatwas de l’autre.
    (Francine Pelletier, dans Le Devoir du 21 janvier 2015.)

Deux possibilités :

[...] l’Occident et ses libertés d’un côté, les pays musulmans et leurs fatwas de l’autre.

[...] l’Occident et ses libertés d’un côté, le monde musulman et ses fatwas de l’autre.

* * * * *

  • Notre incapacité de juger adéquatement des événements est particulièrement mise à épreuve maintenant qu’arrive ce qui ne devait pas arriver : le combat terrestre.

D'après tous les exemples que je trouve dans le Petit Robert, on dit et on écrit mise à l'épreuve. Par ailleurs, il me semble que c'est notre capacité, plutôt que notre incapacité de juger adéquatement, qui est mise à l'épreuve, c'est-à-dire qui est soumise à un test devant permettre de se faire une opinion sur sa valeur :

Notre capacité de juger adéquatement des événements est particulièrement mise à l'épreuve maintenant qu’arrive ce qui ne devait pas arriver : le combat terrestre.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Réviseure pigiste
Québec

« Le choc des civilisations » : http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/429433/le-choc-des-civilisations

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mardi 20 janvier 2015

Il se moque

  • Il se moque des économistes qui se proposent de quantifier le bonheur avec le PIB, et les altermondialistes qui en font autant du développement durable.
    (David Desjardins, dans Le Devoir du 17 janvier 2015.)

Il ne s'agit pas de quantifier les altermondialistes, mais de se moquer d'eux :

Il se moque des économistes qui se proposent de quantifier le bonheur avec le PIB, et des altermondialistes qui en font autant du développement durable.

* * * * *

  • Et que l’on se rend compte que, malgré toute notre volonté de demeurer critique, la morale qu’elle sous-tend nous a souvent infectés.

Le sujet implicite de demeurer, verbe attributif, c'est nous (un nous pluriel, comme l'indique l'accord du participe infectés) :

Et que l’on se rend compte que, malgré toute notre volonté de demeurer critiques, la morale qu’elle sous-tend nous a souvent infectés.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Réviseure pigiste
Québec

« Leur règne absolu » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/429190/leur-regne-absolu

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lundi 19 janvier 2015

L'association s'est indigné

  • [...] l’association Dessins pour la paix, mise au monde par le caricaturiste du quotidien Le Monde Plantu, et dont Cabu était membre, s’est indigné devant l’attaque terroriste dont a été victime la rédaction de Charlie Hebdo, appelant à la résistance face à l’obscurantisme [...]
    (Fabien Deglise, dans Le Devoir du 8 janvier 2015.)

Comme le signale Marie-Éva de Villers, le participe passé du verbe pronominal s'indigner s'accorde toujours en genre et en nombre avec le sujet du verbe :

[...] l’association Dessins pour la paix, mise au monde par le caricaturiste du quotidien Le Monde Plantu, et dont Cabu était membre, s’est indignée devant l’attaque terroriste dont a été victime la rédaction de Charlie Hebdo, appelant à la résistance face à l’obscurantisme [...]

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Réviseure pigiste
Québec

« Indignation et résistance » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/428344/indignation-et-resistance

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dimanche 18 janvier 2015

Provocation

  • Il fallait quitter le quartier pour entendre des couacs. Le chauffeur de taxi iranien a abordé le sujet en premier. En gros, il avait été révolté par les meurtres de Charlie Hebdo, tout en trouvant, comme d’autres le chuchotent, qu’ils avaient trop provoqué les extrémistes. Et joué leur jeu.
    (Odile Tremblay, dans Le Devoir du 17 janvier 2015.)

Ils? Non, ce ne sont pas les meurtres qui « avaient trop provoqué les extrémistes ». Je suggérerais :

En gros, il avait été révolté par les meurtres de Charlie Hebdo, tout en trouvant, comme d’autres le chuchotent, que ses artisans avaient trop provoqué les extrémistes.

En gros, il avait été révolté par les meurtres de Charlie Hebdo, tout en trouvant, comme d’autres le chuchotent, que la publication avait trop provoqué les extrémistes.

Il est vrai que, si des articles réclamant une plus grande liberté de religion valent mille coups de fouet à leur auteur, et dix ans de prison, et dix ans d'interdiction de voyage, et 300 000 $ d'amende...

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Réviseure pigiste
Québec

« Sous le crachin et les roses de Charlie » : http://www.ledevoir.com/culture/cinema/429078/sous-le-crachin-et-les-roses-de-charlie

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samedi 17 janvier 2015

Je suis Charlie, je suis le mouvement?

  • Au fil des décennies qui ont suivi, cette devise simple [« Nous sommes tous des Juifs allemands »], faite d'un sujet, d'un verbe et d'un complément, allait se décliner en d'innombrables avatars.
    (Agnès Gruda, dans La Presse du 17 janvier 2015.)

La devise est simple, sans doute, mais elle est faite d'un sujet, du verbe être et d'un attribut du sujet.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Réviseure pigiste
Québec

« Je suis celui qui souffre » : http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/agnes-gruda/201501/17/01-4836044-je-suis-celui-qui-souffre.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_agnes-gruda_1094446_section_POS1

Merci de votre visite. Une question? Je serai heureuse d'y répondre, dans la mesure de ma disponibilité. Voir la rubrique « Contactez l'auteur », dans la colonne de droite.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

Posté par Choubine à 15:35 - Ni fleurs ni couronnes - Commentaires [0] - Permalien [#]