Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

vendredi 5 juin 2015

Il passe leur temps à regarder la vie

  • « Mon père disait : “Alain, finalement, les artistes ne font qu’une seule chose dans leur vie, et il passe leur temps à la regarder de tous les côtés” ».
    (Alain Platel cité par Fabien Deglise, dans Le Devoir du 28 mai 2015.)

Telle qu'elle est rapportée, cette phrase du père d'Alain Platel n'a aucun sens à l'écrit : qui est ce « il » qui passerait le temps des artistes à regarder la vie? Comment peut-on passer le temps de quelqu'un d'autre?

Il faudrait lire, si je comprends bien :

« Mon père disait : “Alain, finalement, les artistes ne font qu’une seule chose dans leur vie, et ils passent leur temps à la regarder de tous les côtés.” »

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Réviseure pigiste
Québec

« Fragile humanité » : http://www.ledevoir.com/culture/theatre/441214/tauberbach-au-fta-fragile-humanite

Merci de votre visite. Une question? Je serai heureuse d'y répondre, dans la mesure de ma disponibilité. Voir la rubrique « Contactez l'auteur », dans la colonne de droite.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

Posté par Choubine à 23:36 - Ni fleurs ni couronnes - Commentaires [0] - Permalien [#]

jeudi 4 juin 2015

Fort de cette caution, plusieurs...

  • Inutile de dire que les représentants des syndicats et des organismes communautaires présents au sommet avaient accueilli son intervention avec jubilation [...] Fort de cette caution, plusieurs, dont Françoise David, alors présidente de la Fédération des femmes du Québec, avaient claqué la porte.
    (Michel David, dans Le Devoir du 4 juin 2015.)

Être fort de quelque chose, c'est « puiser sa force, sa confiance, son assurance dans » quelque chose (Petit Robert). Fort n'est pas adverbe ici, mais adjectif et variable :

Eux, forts de ce qu'un fermier se remplace malaisément, réclamèrent d'abord une diminution du loyer. (Gide.)

Forte de ses ordonnances du médecin et de l'obéissance de ses gens [...] la comtesse s'enhardit à la résistance [...] (Balzac dans le Trésor de la langue française informatisé, à l'article « enhardir ».)

Quand l'Allemagne, forte de ses millions de syndiqués et de membres du Parti social-démocrate, bascule dans le nazisme en 1933 [...] (Reynaud dans le Trésor, à l'article « nazisme ».)

L'une des deux prétendait, forte de ce que lui avait dit sa mère, qu'elle avait pris naissance dans une bouteille d'eau de Cologne, la seconde était sortie d'un bouton de rose [...] (Gide dans le Trésor, à l'article « prendre ».)

Il fallait écrire :

Inutile de dire que les représentants des syndicats et des organismes communautaires présents au sommet avaient accueilli son intervention avec jubilation [...] Forts de cette caution, plusieurs, dont Françoise David, alors présidente de la Fédération des femmes du Québec, avaient claqué la porte.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Réviseure pigiste
Québec

« Le social-démocrate » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/441853/le-social-democrate

Merci de votre visite. Une question? Je serai heureuse d'y répondre, dans la mesure de ma disponibilité. Voir la rubrique « Contactez l'auteur », dans la colonne de droite.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

Posté par Choubine à 23:50 - Langue et traduction - Commentaires [0] - Permalien [#]

mercredi 3 juin 2015

Je me suis tournée... et commencé

  • Au-delà de nos divergences d’opinions, mon allégeance fédéraliste ne m’a jamais empêché de lui manifester le respect qu’il imposait.
    (Fatima Houda-Pepin; texte d'opinion paru dans le site du Devoir le 2 juin 2015.)

« Mon allégeance fédéraliste » n'a jamais empêché qui? madame Houda-Pepin, représentée par le pronom m'. Le complément d'objet direct, placé devant le verbe, commande l'accord du participe passé employé avec l'auxiliaire avoir :

Au-delà de nos divergences d’opinions, mon allégeance fédéraliste ne m’a jamais empêchée de lui manifester le respect qu’il imposait.

  • Je me suis tournée vers ma secrétaire et commencé à dicter la réplique de l’opposition officielle au fur et à mesure que je lisais les pages de la Déclaration ministérielle.

Se tourner, verbe pronominal, s'utilise forcément avec l'auxiliaire être, alors que commencer, à la forme active, doit s'employer avec l'auxiliaire avoir. Le second auxiliaire, différent du premier, ne peut pas rester sous-entendu :

Je me suis tournée vers ma secrétaire et j'ai commencé à dicter la réplique de l’opposition officielle au fur et à mesure que je lisais les pages de la Déclaration ministérielle.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Réviseure pigiste
Québec

« Jacques Parizeau ou la noblesse de la politique » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/441669/jaques-parizeau-ou-la-noblesse-de-la-politique

Merci de votre visite. Une question? Je serai heureuse d'y répondre, dans la mesure de ma disponibilité. Voir la rubrique « Contactez l'auteur », dans la colonne de droite.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

Posté par Choubine à 23:14 - Langue et traduction - Commentaires [2] - Permalien [#]

lundi 1 juin 2015

Ceux qu'ils l'ont suivi

  • Le parcours s’est fini tard le soir, avec le 15e à la lueur des bougies. Ceux qu’ils l’ont suivi in extenso méritent de partager le prix Opus que les Molinari glaneront sans doute dans neuf mois.
    (Christophe Huss, dans Le Devoir du 1er juin 2015.)

On ne dirait pas :

Les auditeurs qu'ils l'ont suivi in extenso...
Les personnes qu'elles l'ont suivi in extenso...

Il fallait écrire :

Le parcours s’est fini tard le soir, avec le 15e à la lueur des bougies. Ceux qui* l’ont suivi in extenso méritent de partager le prix Opus que les Molinari glaneront sans doute dans neuf mois.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Réviseure pigiste
Québec

* Le 3 juin à 11 h, je vois que la correction a été apportée.

« Appuyer là où ça fait mal » : http://www.ledevoir.com/culture/musique/441520/musique-classique-appuyer-la-ou-ca-fait-mal

Merci de votre visite. Une question? Je serai heureuse d'y répondre, dans la mesure de ma disponibilité. Voir la rubrique « Contactez l'auteur », dans la colonne de droite.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

Posté par Choubine à 14:59 - Ni fleurs ni couronnes - Commentaires [2] - Permalien [#]

samedi 30 mai 2015

Se pourraient-ils que...?

  • Cette adolescente belge fait partie d’un contingent mondial de plus de 20 000 personnes hypnotisées par l’islam radical au point de tout laisser derrière eux [...]
    (Brian Myles, dans Le Devoir du 30 mai 2015.)

Ce n'est pas la première fois que je le signale, et ce ne sera sans doute pas la dernière : personne est un nom féminin. Il fallait écrire :

Cette adolescente belge fait partie d’un contingent mondial de plus de 20 000 personnes hypnotisées par l’islam radical au point de tout laisser derrière elles [...]

  • Se pourraient-ils qu’ils imaginent la promesse du Salut là où d’autres ne voient que sueur, sang et larmes?

Nous avons affaire à un impersonnel :

Se pourrait-il [est-ce que cela se pourrait] qu’ils imaginent la promesse du Salut là où d’autres ne voient que sueur, sang et larmes?

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Réviseure pigiste
Québec

« L'arracheuse d'enfants » : http://www.ledevoir.com/societe/justice/441435/au-coeur-du-djihad-l-arracheuse-d-enfants

Merci de votre visite. Une question? Je serai heureuse d'y répondre, dans la mesure de ma disponibilité. Voir la rubrique « Contactez l'auteur », dans la colonne de droite.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

Posté par Choubine à 21:24 - Ni fleurs ni couronnes - Commentaires [0] - Permalien [#]

vendredi 29 mai 2015

Remise en marche

  • Avec sa loi 20, nous sommes peut-être en train de sombrer dans un profond ridicule qu’il faudra encore des années à remettre en marche correctement.
    (Lise Payette, dans Le Devoir du 29 mai 2015.)

Il faudra encore des années pour [et non à] remettre en marche... un profond ridicule? C'est ce qu'a écrit madame Payette, mais ce n'est certainement pas ce qu'elle a voulu dire : le ridicule n'a pas besoin d'être remis en marche. Je suggérerais :

Avec sa loi 20, nous sommes peut-être en train de sombrer dans un profond ridicule, et il faudra encore des années pour remettre le système en marche correctement.

Avec sa loi 20, nous sommes peut-être en train de sombrer dans un profond ridicule, et il faudra encore des années pour remettre les choses en marche correctement.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Réviseure pigiste
Québec

« Applaudissez, braves gens » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/441282/applaudissez-braves-gens

Merci de votre visite. Une question? Je serai heureuse d'y répondre, dans la mesure de ma disponibilité. Voir la rubrique « Contactez l'auteur », dans la colonne de droite.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

Posté par Choubine à 14:45 - Ni fleurs ni couronnes - Commentaires [1] - Permalien [#]

jeudi 28 mai 2015

Il ne s'agit que...

  • Chose certaine, il ne s'agit ici que la pointe de l'iceberg.
    (Rima Elkouri, dans La Presse du 26 mai 2015.)

On ne dit pas il s'agit quelque chose, mais il s'agit de quelque chose :

Les matelots nous informent qu'il s'agit de la queue d'une tempête qui passe sur Socotora. (Le Clézio dans le Petit Robert, à l'article « queue ».)

Ne pas dédaigner les petites victoires; dès qu'il s'agit de la volonté, le beaucoup n'est que la patiente addition du peu. (Gide dans le Trésor de la langue française informatisé, à l'article « beaucoup ».)

S'il ne s'agit que de leur vie, ils s'en sont eux-mêmes accusés les premiers [...] (Carco dans le Grand Robert, à l'article « bénéfice ».)

Il fallait écrire :

Chose certaine, il ne s'agit ici que de la pointe de l'iceberg.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Réviseure pigiste
Québec

« Ne les oublions pas » : http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/rima-elkouri/201505/23/01-4871962-ne-les-oublions-pas.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_rima-elkouri_3263_section_POS1

Merci de votre visite. Une question? Je serai heureuse d'y répondre, dans la mesure de ma disponibilité. Voir la rubrique « Contactez l'auteur », dans la colonne de droite.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

Posté par Choubine à 18:32 - Langue et traduction - Commentaires [0] - Permalien [#]

mardi 26 mai 2015

Des trottoirs plus élargis

  • [...] construction de trottoirs plus élargis [...]
    (Daphnée Hacker-B., dans Le Devoir du 11 mai 2015.)

Élargi veut dire notamment : « Qui a été rendu ou est devenu plus large. » Exemple : Route élargie. (Grand Robert.) Il n'y a donc pas lieu de le faire précéder de l'adverbe plus.

Il fallait écrire :

[...] construction de trottoirs plus élargis [...]

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Réviseure pigiste
Québec

« De la créativité pour faire sortir les aînés » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/439702/sur-la-route-de-la-creativite-pour-faire-sortir-les-aines

Merci de votre visite. Une question? Je serai heureuse d'y répondre, dans la mesure de ma disponibilité. Voir la rubrique « Contactez l'auteur », dans la colonne de droite.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

Posté par Choubine à 23:50 - Langue et traduction - Commentaires [2] - Permalien [#]

lundi 25 mai 2015

À beau mentir...

  • À* beau mentir qui revient de loin, surtout à ceux qui n’y sont jamais allés et s’intéressent si peu à l’étranger, proche ou lointain.
    (Stéphane Baillargeon, dans Le Devoir du 25 mai 2015.)

Il faut éviter de confondre la préposition à et le verbe avoir : l'expression a beau mentir qui vient de loin signifie, selon le Trésor de la langue française informatisé : « Celui qui vient d'ailleurs a beau jeu de raconter des histoires que personne ne peut vérifier. » (C'est moi qui souligne.)

  • La qualité du flou

    La réponse est peut-être moins dans les défauts du système que dans la qualité du filou, beau parleur et habile menteur.

Le titre qui couronne les trois derniers paragraphes de l'article aurait dû se lire, de toute évidence, La qualité du filou**.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Réviseure pigiste
Québec

* Le 26 mai à midi, je vois que la faute a été corrigée.
** Le 26 mai à midi, je vois que la correction a été apportée.

« Bugingo au poteau » : http://www.ledevoir.com/societe/medias/440894/medias-bugingo-au-poteau

Merci de votre visite. Une question? Je serai heureuse d'y répondre, dans la mesure de ma disponibilité. Voir la rubrique « Contactez l'auteur », dans la colonne de droite.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

Posté par Choubine à 23:50 - Ni fleurs ni couronnes - Commentaires [0] - Permalien [#]

dimanche 24 mai 2015

Des modifications

  • Pour la plupart des élus péquistes, la cause est cependant entendue. La Commission des institutions ne pourra pas faire consensus sur des modifications au code d’éthique des députés qui viserait leur chef, estiment-ils.
    (Robert Dutrisac, dans Le Devoir du 23 mai 2015.)

Ce sont des modifications qui viseraient leur chef.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Réviseure pigiste
Québec

« La domestication de Pierre Karl Péladeau » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/440819/parti-quebecois-la-domestication-de-pierre-karl-peladeau

Merci de votre visite. Une question? Je serai heureuse d'y répondre, dans la mesure de ma disponibilité. Voir la rubrique « Contactez l'auteur », dans la colonne de droite.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

Posté par Choubine à 23:50 - Ni fleurs ni couronnes - Commentaires [0] - Permalien [#]