Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire

25 juin 2008

Elle est venu frapper à ma porte

Elle est venu frapper; ils sont venu frapper; accord du participe passé employé avec l'auxiliaire être et suivi d'un infinitif; grammaire; orthographe.

  • « Un jour, la mère de notre ami commun Mort Rosengarten est venu frapper à ma porte, raconte [Michel] Garneau. » (Guillaume Bourgault-Côté.)

Le participe passé employé avec être, qu'il soit suivi ou non d'un infinitif, s'accorde avec le sujet du verbe : est venue.

Line Gingras
Québec

« Leonard Cohen - Le retour du fils prodige » : http://www.ledevoir.com/2008/06/21/194976.html

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24 juin 2008

Sur la défensive de la langue française

Sur la défensive de; syntaxe du français.

  • «J'observe toujours le Québec sur la défensive de la langue française
  • «On est toujours sur la défensive de la pureté de la langue, mais les langues sont vivantes», poursuit M. Pagel. (Clairandrée Cauchy.)

Oui, les langues sont vivantes; mais ces deux phrases de M. Dario Pagel me semblent malades, parce que le président de la Fédération internationale des professeurs de français (il s'agit d'un Brésilien d'origine allemande) a mélangé deux constructions de manière assez inusitée, ou je me trompe fort.

On peut se porter à la défense du français; on peut aussi se tenir sur la défensive lorsque certaines questions sont abordées. Mais quant à rester sur la défensive de la langue française ou de la pureté d'icelle...

Dans le Petit Robert, le Multidictionnaire, le Lexis et le Trésor de la langue française informatisé, je trouve les expressions être, se tenir, se mettre, rester sur la défensive - sans complément déterminatif :

Elle restait, tout le long du jour, auprès du feu, sur la défensive. (Gide, dans le Lexis.)

Napoléon changea tous ses projets. Il résolut de rester sur la défensive en Italie et de prendre l'offensive en Allemagne. (Sand, dans le Trésor.)

Quelque chose qui me déplut et me mit sur la défensive. (Lacretelle, dans le Trésor.)

M. Pagel aurait pu dire, à mon avis :

J'observe toujours le Québec sur la défensive à l'égard de la langue française.

On se porte toujours à la défense de la pureté de la langue...
On cherche toujours à défendre la pureté de la langue...
On cherche toujours à préserver la pureté de la langue...

* * * * *

  • «Je voudrais bien que le Québec comprenne que la francophonie existe en dehors de ses murs.» (Dario Pagel, cité par Clairandrée Cauchy.)

La vieille ville de Québec a des murs; la province, elle, a des frontières, à l'extérieur desquelles nous apprenons aujourd'hui que vivent d'autres francophones.

Je tombe des nues. Plouc.

* * * * *

  • «Aujourd'hui, le français ne court aucun danger au Québec.» (Dario Pagel, cité par Clairandrée Cauchy.)

Ô mon peuple, enfin tu vas dormir tranquille.

Line Gingras
Québec

«Langue française - Le Québec serait refermé sur lui-même» : http://www.ledevoir.com/2008/06/23/195103.html

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23 juin 2008

La peur de, de, de...

  • La peur de perdre ses amis, d’être tout seul dans une grande école, de se perdre, de se faire battre ou voler, d’avoir beaucoup de devoirs et des profs qui n’expliquent pas grand-chose comptent parmi les craintes des élèves inquiets. (Louise Leduc, dans La Presse.)

La peur a plusieurs compléments déterminatifs, mais demeure le noyau, singulier, du groupe sujet - avec lequel le verbe doit s'accorder. Seulement, on n'apprend rien à personne en disant que la peur... compte parmi les craintes. J'écrirais peut-être :

Les élèves inquiets [ou Certains élèves] ont peur, entre autres, de perdre leurs amis, d'être tout seuls dans une grande école, de se perdre, de se faire battre ou voler, d'avoir beaucoup de devoirs et des profs qui n'expliquent pas grand-chose.

La peur de perdre ses amis, d’être tout seul dans une grande école, de se perdre, de se faire battre ou voler, d’avoir beaucoup de devoirs et des profs qui n’expliquent pas grand-chose donne des cauchemars aux élèves inquiets [ou à certains élèves].

Line Gingras
Québec

« Vaincre la peur du secondaire » : http://www.cyberpresse.ca/article/20080623/CPACTUALITES/80622109/1019/CPACTUALITES/?utm_source=Fils&utm_medium=RSS&utm_campaign=ACTUALITES

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22 juin 2008

La première sera la dernière

  • Les paroles de la version nazie et de l'hymne allemand actuel sont issues de la même chanson, das Deutschlandlied, composée par August Heinrich Hoffmann en 1841 sur une musique de l'Autrichien Joseph Haydn.

    Utilisée dans son intégralité comme hymne national à partir de 1922, la version actuelle ne reprend que la troisième strophe, tandis que les Nazis se limitaient à la première. C'est cette dernière que les téléspectateurs malentendants ont vue sur leur écran lundi soir. (AFP.)

... les Nazis se limitaient à la première. C'est cette dernière... Cette formulation ne me semble pas équivoque, mais quand même, elle donne un peu le tournis. On aurait pu écrire :

... les Nazis se limitaient à la première. C'est celle-ci que les téléspectateurs malentendants ont vue...

* * * * *

Au contraire de ce que paraît indiquer la structure de la phrase, ce n'est pas la version actuelle qui a été utilisée dans son intégralité à partir de 1922, puisque cette version ne reprend que la troisième strophe. Je pense qu'on a voulu dire :

Cette chanson a été utilisée dans son intégralité comme hymne national à partir de 1922; la version actuelle ne reprend que la troisième strophe, tandis que les Nazis se limitaient à la première.

Line Gingras
Québec

« Télé suisse : cours de rattrapage sur l'hymne national allemand » : http://www.cyberpresse.ca/article/20080619/CPINSOLITE/80619100/6006/CPINSOLITE

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21 juin 2008

En passant par

  • Du Mexique au Guatemala voisin - en passant par le Canada -, la mise en valeur muséologique de l'héritage autochtone n'en est pas à une hypocrisie près. (Guy Taillefer.)

(Puis-je suggérer un détour par la Lorraine?)

La phrase serait moins divertissante si l'on renonçait à l'emploi figuré du verbe passer, mais cela me paraîtrait souhaitable :

Au Mexique et au Guatemala voisin - comme au Canada -, la mise en valeur muséologique de l'héritage autochtone n'en est pas à une hypocrisie près.

Line Gingras
Québec

« Perspectives - Calme trompeur au Chiapas » : http://www.ledevoir.com/2008/06/21/194941.html

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20 juin 2008

Rébarbative à s'ouvrir

Rébarbative à + infinitif; rébarbatif à + infinitif; rébarbatif à quelque chose; rébarbatif à faire quelque chose.

  • Encore rébarbative à s'ouvrir aux nombreux exclus qu'elle refoule à sa porte, cette Église affiche un conservatisme entêté lorsqu'elle refuse de nommer ses pires fautes... (Marie-Andrée Chouinard.)

Rébarbatif signifie «qui rebute par un aspect rude, désagréable»; «difficile et ennuyeux». (Petit Robert.) Une personne ou une chose ne saurait donc être rébarbative à quelque chose ou à faire quelque chose, me semble-t-il; je n'ai trouvé d'ailleurs aucun exemple de ce type dans les dictionnaires consultés :

Un visage rébarbatif.
Un livre rébarbatif.
(Multidictionnaire.)

[Ces chaînes] donnent à l'église un faux air de prison assez étrange et rébarbatif. (Gautier, dans le Petit Robert.)

Voilà des mots qui sont trop rébarbatifs. (Molière, dans le Petit Robert.)

M. Jacob faisait de vains efforts pour se donner une apparence rébarbative. (Gide, dans le Lexis.)

Je crois qu'il commence à trouver notre sainteté rébarbative et à regretter le séminaire. (Bazin, dans le Lexis.)

Je me retourne violemment, les yeux féroces, et si rébarbative que mon cousin l'Oncle éclate de rire. (Colette, dans le Trésor.)

Au milieu du bois d'yeuses nous découvrons une construction rébarbative du XVe siècle. (Giono, dans le Trésor.)

On aurait pu écrire :

Encore réticente à s'ouvrir aux nombreux exclus qu'elle refoule à sa porte...

Line Gingras
Québec

«Les limites du pardon» : http://www.ledevoir.com/2008/06/19/194632.html

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19 juin 2008

La minorité

  • ... la minorité grecque très présente à Himara réclament carrément et simplement l'autonomie de cette ville... (Serge Truffaut.)

On n'écrirait pas, sauf dans la langue populaire, la minorité veulent. Employé seul, c'est-à-dire sans complément pluriel, le collectif minorité entraîne normalement l'accord du verbe au singulier :

... la minorité grecque [...] réclame...

Voir les commentaires pour des précisions.

Line Gingras
Québec

« Comme en 14 » : http://www.ledevoir.com/2008/06/03/192427.html

Posté par Choubine à 23:59 - Langue et traduction - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 juin 2008

Vu du ciel

  • Vu du ciel, au temps des récoltes, la campagne argentine est une mine d'or à ciel ouvert. (Lisa-Marie Gervais.)

Qu'est-ce qui est vu du ciel? La campagne argentine :

Vue du ciel, au temps des récoltes...

Article par ailleurs intéressant et très bien écrit.

Line Gingras
Québec

« L'Argentine en crise (1) - Le campo contre le pouvoir politique » : http://www.ledevoir.com/2008/06/18/194517.html

Posté par Choubine à 08:42 - On ne se relit jamais trop - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 juin 2008

Tout parti confondu

Tout parti confondu ou tous partis confondus; orthographe.

  • Ne renonce-t-elle pas « à trois décennies de lutte d'affirmation nationale du Québec, tout parti confondu? », s'est demandé Pierre Curzi. (Robert Dutrisac.)

M. Curzi a voulu dire, je pense, que tous les partis politiques du Québec - y compris les partis fédéralistes - ont œuvré dans le même sens. J'emploierais donc le pluriel, comme on l'a fait dans cette phrase :

Le nombre des touristes, toutes nationalités confondues, a augmenté. (Petit Robert.)

... trois décennies de lutte d'affirmation nationale du Québec, tous partis confondus...

J'ai consulté aussi le Multidictionnaire, le Hanse-Blampain, le Lexis et le Trésor de la langue française informatisé, à l'article « confondre », mais n'y ai trouvé aucun exemple utile.

Line Gingras
Québec

« L'organisation bilingue du Sommet de la Francophonie fait sursauter le PQ » : http://www.ledevoir.com/2008/06/13/193812.html

Posté par Choubine à 09:15 - Langue et traduction - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 juin 2008

Faire unanimité

Faire unanimité, faire l'unanimité.

  • Une telle impression se dégage bel et bien de la lecture du rapport, dont on ne pouvait attendre non plus qu'il fasse unanimité sur des sujets aussi explosifs que la définition de la laïcité ou la finesse du concept de l'interculturalisme. (Marie-Andrée Chouinard.)

J'ai consulté une dizaine d'ouvrages; pourtant c'est dans le Petit Robert seulement, à l'article « unanimité », que j'ai trouvé des exemples utiles :

Cette décision a fait l'unanimité.
Faire l'unanimité contre soi.

J'écrirais donc faire l'unanimité, d'autant plus qu'une recherche Google donne des résultats très concluants. Je vous laisse comparer...

Line Gingras
Québec

« Dérapage » : http://www.ledevoir.com/2008/06/11/193507.html

Posté par Choubine à 06:26 - Langue et traduction - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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