Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

lundi 18 avril 2016

La force nécessaire de passer à l'acte

  • Le Dr Sharp cite une professeure de psychologie à l’Université d’Alaska, qui soutient que le surcroît d’énergie ressenti au printemps pourrait donner aux suicidaires la force nécessaire de passer à l’acte.
    (Josée Blanchette, dans Le Devoir du 15 avril 2016.)

Je dirais que l'on a la force de faire quelque chose, mais la force nécessaire pour faire quelque chose :

« Donner l'autorité nécessaire pour agir en qualité de. » (Petit Robert, « accréditer », sens 1.)

« Quarantaine d'observation, qui dure le temps nécessaire pour constater le bon état sanitaire d'un navire. » (Petit Robert, « observation ».)

« Conscience nécessaire pour être moralement responsable de ses actes. » (Grand Robert, « attention », sens 2, en théologie.)

[…] on doit laisser à chacun — dans la conversation comme dans la littérature — la liberté nécessaire pour adapter son tempérament au génie de notre langue. (Dauzat dans le Grand Robert, à l'article « génie ».)

« Fournir l'effort nécessaire pour faire avancer (une chose mobile, un objet). » (Grand Robert, « pousser », sens 3.)

Il aurait fallu écrire :

Le Dr Sharp cite une professeure de psychologie à l’Université d’Alaska, qui soutient que le surcroît d’énergie ressenti au printemps pourrait donner aux suicidaires la force nécessaire pour passer à l’acte.

Line Gingras
Québec

« Le blues du printemps » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/468171/le-blues-du-printemps

Traductrice agréée anglais-français, j'offre des services de révision comparative et de révision linguistique.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

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dimanche 17 avril 2016

Des programmes pilote

Des programmes pilote, des programmes pilotes; orthographe.

  • En somme, le ministre pourra préciser beaucoup de choses, pourra ou non faire des « programmes pilote ».
    (Antoine Robitaille, dans Le Devoir du 15 avril 2016.)

Je lis dans le Hanse-Blampain, à l'article « pilote » : « Pluriel : des entreprises pilotes, etc. »

Dans son Multidictionnaire, toujours à l'article « pilote », Marie-Éva de Villers fait la remarque suivante : « En apposition, le nom s'écrit avec ou sans trait d'union et les deux mots prennent la marque du pluriel. » Elle propose, entre autres exemples, des classes-pilotes ou des classes pilotes.

Le Petit Robert donne l'exemple des industries pilotes. Je trouve encore des maisons de retraite pilotes dans le Grand Robert, qui tire cet exemple du Gilbert, et cette citation de Morand dans le Trésor de la langue française informatisé :

Des bateaux pilotes sont ancrés les uns derrière les autres, prêts à repartir pour l'estuaire.

Le ministre pourra donc faire, ou non, des programmes pilotes.

Line Gingras
Québec

« L'improvisation des vertueux » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/468271/nouvelle-loi-sur-l-immigration-l-improvisation-des-vertueux

Traductrice agréée anglais-français, j'offre des services de révision comparative et de révision linguistique.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

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samedi 16 avril 2016

Le PTT

  • Les pays se tournent plutôt vers des accords bilatéraux ou régionaux, comme l’entente Canada-Union européenne ou le Partenariat transpacifique, le PTT*, dont le Canada veut être.
    (Bernard Descôteaux, dans Le Devoir du 15 avril 2016.)

Le sigle PTT peut difficilement correspondre à Partenariat transpacifique. De fait, je trouve dans TERMIUM PTP, qui représente l'appellation française, et TPP, pour Trans-Pacific Partnership.

Il faudrait lire :

Les pays se tournent plutôt vers des accords bilatéraux ou régionaux, comme l’entente Canada-Union européenne ou le Partenariat transpacifique, le PTP, dont le Canada veut être.

  • L’objectif était l’équité fiscale entre les villes-centres et leurs banlieues, pour le financement de services commun*.

L’objectif était l’équité fiscale entre les villes-centres et leurs banlieues, pour le financement de services communs.

  • On dit qu’un gouvernement n’est jamais aussi bon que son opposition. Peut-être faudrait-il que celle-ci se réveille, que se lève à la manière d’un François Mitterand* un leader qui rassemble les nationalistes derrière un programme commun, ce qui ne manquerait pas d’aiguillonner le gouvernement.

François Mitterrand. Vous en doutez?

Line Gingras
Québec

* Le 16 avril à 16 h 55, je vois que la faute a été corrigée.

« Plaidoyer pour l'avenir » : http://www.ledevoir.com/societe/medias/468249/plaidoyer-pour-l-avenir

Traductrice agréée anglais-français, j'offre des services de révision comparative et de révision linguistique.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

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vendredi 15 avril 2016

Le plus grand obstacle

  • Selon l’écologiste David Suzuki, le plus grand obstacle à une solution environnementale n’est ni économique, ni technologique, ni scientifique. Elle* est psychologique.
    (Francine Pelletier, dans Le Devoir du 13 avril 2016.)

Si j'ai bien suivi, il est question d'un obstacle :

Selon l’écologiste David Suzuki, le plus grand obstacle à une solution environnementale n’est ni économique, ni technologique, ni scientifique. Il est psychologique.

  • Bref, sans changer de mentalité, sans passer de conquistadors à amoureux de la nature, nous failliront* à la tâche de nous sauver des eaux.

Bref, sans changer de mentalité, sans passer de conquistadors à amoureux de la nature, nous faillirons à la tâche de nous sauver des eaux.

  • Personne veut* mettre la hache dans un secteur aussi lucratif [...]

Personne ne veut mettre la hache dans un secteur aussi lucratif [...]

Line Gingras
Québec

* Le 15 avril à 18 h, je vois que la faute a été corrigée.

« Le grand bond » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/467948/le-grand-bond

Traductrice agréée anglais-français, j'offre des services de révision comparative et de révision linguistique.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

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jeudi 14 avril 2016

À la nuit a suivi le jour

  • Et au non-purgatoire de 2007, a suivi un autre non-purgatoire, celui de 2012-2014.
    (Antoine Robitaille, dans Le Devoir du 5 avril 2016.)

Le soleil a eu la bonne idée de se lever à nouveau, n'est-ce pas merveilleux? Il me fournit ainsi un exemple tout aussi merveilleux de banalité. Le jour a suivi la nuit, une fois de plus, et non pas à la nuit; si l'on voulait placer les éléments dans l'ordre inverse, on ne dirait donc pas qu'à la nuit a suivi le jour : il faudrait employer un tour passif (la nuit a été suivie par le jour) ou avoir recours au verbe succéder (à la nuit a succédé le jour). De la même manière, l'éditorialiste aurait pu écrire :

Et le non-purgatoire de 2007 a été suivi par un autre non-purgatoire, celui de 2012-2014.

Et au non-purgatoire de 2007 a succédé* un autre non-purgatoire, celui de 2012-2014.

Line Gingras
Québec

* Le 14 avril à 19 h 45, je vois que la correction a été apportée.

« Miami Vice » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/467263/l-affaire-sam-hamad-miami-vice

Traductrice agréée anglais-français, j'offre des services de révision comparative et de révision linguistique.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

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dimanche 10 avril 2016

Elles consisteraient de cesser...

Consister à + infinitif; consister de + infinitif; consister à ou de + infinitif; grammaire française; syntaxe; prépositions.

  • Elles consisteraient premièrement, pour ceux qui disposent ne serait-ce que d’un peu de marge de manœuvre financière, de cesser de faire une fixation sur l’équilibre budgétaire et de profiter de la faiblesse des taux d’intérêt pour investir notamment dans les infrastructures.
    (Éric Desrosiers, dans Le Devoir du 12 mars 2016.)

L'infinitif complément du verbe consister est introduit au moyen de la préposition à, et non de :

Son projet consiste à agrandir l'école. (Multidictionnaire.)

Votre erreur consiste à croire que tout le monde vous approuve. (Lexis.)

La libéralité consiste moins à donner beaucoup qu'à donner à propos. (La Bruyère, dans le Petit Robert.)

Son habileté consiste à savoir se servir des autres. (Grand Robert.)

L'éducation artistique est la plus ardue de toutes, car elle ne consiste ni à enregistrer, ni à classer, ni à exposer les faits. (É. Faure, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

Nous avons fait une chasse à la hyène. Ça a consisté à passer la nuit à la belle étoile, ou mieux aux belles étoiles... (Flaubert, dans le Trésor.)

Il fallait écrire :

Elles consisteraient premièrement, pour ceux qui disposent ne serait-ce que d’un peu de marge de manœuvre financière, à cesser de faire une fixation sur l’équilibre budgétaire et à profiter de la faiblesse des taux d’intérêt pour investir, notamment dans les infrastructures.

Line Gingras
Québec

« En réponse à Trump et compagnie » : http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/465323/perspectives-en-reponse-a-trump-et-compagnie

Traductrice agréée anglais-français, j'offre des services de révision comparative et de révision linguistique.

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samedi 9 avril 2016

Faire feu de tous bois

Faire feu de tout bois ou faire feu de tous bois; orthographe.

  • Le Centre fait feu de tous bois : recherche, redécouverte et restauration de partitions; édition de livres, organisation de concerts, de festivals et de colloques; projets éducatifs, base de données numérique et publication de disques.
    (Christophe Huss, dans Le Devoir du 9 avril 2016.)

Faire feu de tout bois, nous dit le Trésor de la langue française informatisé à l'article « feu », c'est « employer tous les moyens possibles pour parvenir à ses fins ». D'après ce que je vois aussi dans le Multidictionnaire (à l'article « feu »), le Petit Robert, le Lexis et le Grand Robert, tout est toujours au singulier dans cette expression :

Il m'est nécessaire de rassembler toutes mes forces et de faire feu de tout bois. (Duhamel dans le Lexis, à l'article « feu ».)

Ces belles personnes qui font feu de tout bois pour briller. (Anouilh dans le Trésor, à l'article « briller ».)

Pas regardant sur la fourniture et faisant feu de tout bois, tirant parti de chacun, même le plus puant et inconsidéré! (Arnoux dans le Trésor, à l'article « regardant ».)

Il fallait écrire :

Le Centre fait feu de tout bois : recherche, redécouverte et restauration de partitions; édition de livres, organisation de concerts, de festivals et de colloques; projets éducatifs, base de données numérique et publication de disques.

Line Gingras
Québec

« Venise, la musique française et le Québec » : http://www.ledevoir.com/culture/musique/467589/venise-la-musique-francaise-et-le-quebec

Traductrice agréée anglais-français, j'offre des services de révision comparative et de révision linguistique.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

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jeudi 7 avril 2016

Requéraient ou requerraient?

  • Un nouveau sujet d’inquiétude s’est même ajouté et est en train de grossir, à la faveur entre autres des surprenants succès de Donald Trump dans la course à l’investiture présidentielle du Parti républicain aux États-Unis. Il s’agit de la montée des populismes de droite comme de gauche et du risque, entre autres, que des économies importantes s’engagent dans des impasses politiques ou que les pays se tournent de plus en plus les uns contre les autres alors que tellement de problèmes requéraient au contraire une plus grande coopération.
    (Éric Desrosiers, dans Le Devoir du 12 mars 2016.)

La forme requéraient correspond à la troisième personne du pluriel du verbe requérir à l'imparfait de l'indicatif :

On nous avait dit de ne pas déranger la ministre : des questions difficiles requéraient toute son attention.

Dans le passage à l'étude, cependant, il fallait mettre le verbe au conditionnel :

Il s’agit de la montée des populismes de droite comme de gauche et du risque, entre autres, que des économies importantes s’engagent dans des impasses politiques ou que les pays se tournent de plus en plus les uns contre les autres alors que tellement de problèmes requerraient au contraire une plus grande coopération.

Line Gingras
Québec

« En réponse à Trump et compagnie » : http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/465323/perspectives-en-reponse-a-trump-et-compagnie

Traductrice agréée anglais-français, j'offre des services de révision comparative et de révision linguistique.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

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mercredi 6 avril 2016

Comparer n'est pas comparaître*

  • Dans l’hebdomadaire Marianne, l’écrivain et journaliste Joseph Macé-Scaron comparaît François Hollande à ce personnage de dessin animé qui pose un seau d’eau en équilibre au-dessus d’une porte pour attraper ses adversaires.
    (Christian Rioux, dans Le Devoir du 2 avril 2016.)

Selon l'orthographe traditionnelle, le verbe comparaître prend un accent circonflexe sur le i, à la troisième personne du singulier du présent de l'indicatif :

La victime se déclare incapable de reconnaître son agresseur; mais, à ses cris, Mme Ridel avait mis le nez à la fenêtre et prétend avoir pu reconnaître en lui le sieur Valentin, journalier, qui comparaît à présent devant nous. (Gide dans le Trésor de la langue française informatisé, à l'article « agresseur ».)

On peut supprimer cet accent circonflexe, comme le recommandent les rectifications de l'orthographe. (Merci à monsieur Sylvain Auclair d'avoir attiré mon attention là-dessus.) Celles-ci ne permettent pas, cependant, d'ajouter un accent circonflexe au verbe comparer, à la troisième personne du singulier de l'imparfait de l'indicatif.

Il fallait écrire :

Dans l’hebdomadaire Marianne, l’écrivain et journaliste Joseph Macé-Scaron comparait François Hollande à ce personnage de dessin animé qui pose un seau d’eau en équilibre au-dessus d’une porte pour attraper ses adversaires.

Line Gingras
Québec

* Billet mis à jour le 7 avril à 18 h 25.

« Hollande frappe un mur » : http://www.ledevoir.com/international/europe/467133/france-hollande-frappe-un-mur

Traductrice agréée anglais-français, j'offre des services de révision comparative et de révision linguistique.

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mardi 5 avril 2016

Un chèque blanc

Chèque blanc, chèque en blanc; blank cheque.

  • Les promoteurs immobiliers seront mieux placés pour trouver une nouvelle vocation à la tour et procéder à son aménagement. Ils ne doivent pas s’attendre à un chèque blanc ni l’exiger pour faire un autre de ces complexes de copropriétés en béton précontraint [...]
    (Brian Myles, dans Le Devoir du 2 avril 2016.)

Un blank cheque n'est pas un chèque blanc, mais un chèque en blanc :

Le temps est un chèque en blanc, signé par le Directeur général Dieu! (A. Robida dans le Grand Robert, à l'article « temps ».)

Line Gingras
Québec

« Du béton et du contenu » : http://www.ledevoir.com/culture/actualites-culturelles/467099/avenir-de-radio-canada-du-beton-et-du-contenu

Traductrice agréée anglais-français, j'offre des services de révision comparative et de révision linguistique.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

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