Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

24-09-2021

Nul part

Nulle part ou nul part; orthographe.

  • M. Moïse avait amorcé une réforme constitutionnelle qui visait à renforcer le pouvoir exécutif et à réduire celui du pouvoir législatif.
    (Fabien Deglise, dans Le Devoir du 8 juillet 2021.)

Réduire le pouvoir du pouvoir?

M. Moïse avait amorcé une réforme constitutionnelle qui visait à renforcer le pouvoir exécutif et à réduire le pouvoir législatif.

  • « C’est une violence qu’on ne veut jamais voir nul part. »
    (Le journaliste cite le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, qui s'exprimait oralement.)

On écrit toujours nulle part :

Il n'est jamais bien nulle part. (Petit Robert, « part ».)

[...] ce voyage [...] ne conduisait nulle part, sinon vers des frontières fuyantes et sans nom [...] (M. Ouellette-Michalska dans Usito, « nul ».)

Il faudrait lire :

« C’est une violence qu’on ne veut jamais voir nulle part. »

Line Gingras
Québec

« Haïti entre consternation et incertitude après l’assassinat de Jovenel Moïse » : https://www.ledevoir.com/monde/ameriques/616341/haiti-entre-consternation-et-incertitude-apres-l-assassinat-de-jovenel-moise?utm_source=infolettre-2021-07-08&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

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08-09-2021

La suite et ce qui s'en est suivi

  • Quant à savoir pourquoi ce sont les Européens, et non pas une autre civilisation humaine, qui en est venue historiquement à dominer et subjuguer toutes les autres [...]
    (Pierre Chastenay, professeur, directeur de l’Unité de programmes de 1er cycle en éducation préscolaire et en enseignement primaire, Université du Québec à Montréal, dans Le Devoir du 5 juillet 2021.)

Ce sont les Européens qui en sont venus à dominer tous les autres humains. On aurait pu écrire :

Quant à savoir pourquoi ce sont les Européens, et non pas une autre civilisation humaine, qui en sont venus historiquement à dominer et subjuguer tous leurs semblables [...]

À noter que subjuguer, employé au sens d'« asservir », est un archaïsme d'après le Robert.

* * * * *

  • Quand on connaît la suite, avec la dépossession culturelle et matérielle qui s’en est suivie, les exactions et les prêtres pédophiles qui ont abusé de tant d’enfants, il est permis de douter de la suite des choses pour l’humanité aux mains d’extraterrestres tout-puissants [...]

Deux observations :

1. Il faut éliminer les répétitions inutiles.
2. La suite est marquée par trois choses : la dépossession, les exactions et les abus sexuels (plutôt que les prêtres pédophiles).

Je suggérerais :

Quand on connaît la suite, marquée par la dépossession culturelle et matérielle qui s’en est suivie, les exactions et les abus commis sur tant d'enfants par les prêtres pédophiles, il est permis de douter du bonheur de l'humanité [ou que l’humanité coulerait des jours heureux] aux mains d’extraterrestres tout-puissants [...]

Line Gingras
Québec

« Et si E.T. nous visitait vraiment? » : https://www.ledevoir.com/opinion/idees/615771/point-de-vue-et-si-e-t-nous-visitait-vraiment?utm_source=infolettre-2021-07-05&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

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25-08-2021

Ils n'avaient pas le droit d'être enterrés...

  • Mais ces enfants, ces hommes et ces femmes n’avaient pas le droit d’être enterrés sans que leurs proches soient mis au courant. Sans qu’ils puissent savoir. Sans qu’ils puissent voir avec leurs propres yeux.
    (Mario Girard, dans La Presse du 29 juin 2021.)

Comment cela, ils n'avaient pas le droit d'être enterrés...? Il ne nous appartient pas de refuser des droits à ces malheureux.

Le chroniqueur voulait certainement dire :

Mais on n'avait pas le droit d'enterrer ces enfants, ces hommes et ces femmes sans que leurs proches soient mis au courant. Sans qu’ils puissent savoir. Sans qu’ils puissent voir avec leurs propres yeux.

Line Gingras
Québec

« Avez-vous envie de célébrer? » : https://www.lapresse.ca/actualites/chroniques/2021-06-29/avez-vous-envie-de-celebrer.php?utm_source=newsletter-la-matinale&utm_medium=email&utm_campaign=202106290642-redac-matinale-aws

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30-06-2021

Pour le bon motif

  • À la fin du procès, la défense a demandé à la juge St-Gelais de se récuser pour motif d’impartialité, une requête rejetée par la magistrate. Il s’agit d’ailleurs de l’un des motifs d’appel de Benoit Cardinal.
    (Louis-Samuel Perron, dans La Presse du 7 juin 2021.)

Faire preuve d'impartialité, c'est se montrer sans parti pris. Je doute que la défense ait pu invoquer pareil motif de récusation; on s'attendrait à lire plutôt :

À la fin du procès, la défense a demandé à la juge St-Gelais de se récuser pour motif de partialité, une requête rejetée par la magistrate. Il s’agit d’ailleurs de l’un des motifs d’appel de Benoit Cardinal.

Line Gingras
Québec

Meurtre de Jaël Cantin | Benoit Cardinal porte sa condamnation en appel | La Presse

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09-06-2021

On fait les présentations

  • Le nom de celui qui est chargé de faire place nette, Mathieu G., dont le nom n’apparaît pas comme propriétaire, se présente lui-même comme un « entrepreneur social spécialisé en conversion d’édifices à Montréal ».
    (Michel David, dans Le Devoir du 18 mai 2021.)

Ce n'est pas le nom qui se présente comme un entrepreneur, mais la personne qui le porte. Il faudrait lire :

Le nom de Celui* qui est chargé de faire place nette, Mathieu G., dont le nom n’apparaît pas comme propriétaire, se présente lui-même comme un « entrepreneur social spécialisé en conversion d’édifices à Montréal ».

Line Gingras
Québec

* Le 29 juin, je constate que la correction a été apportée.

« Le drame qui tue » : La chronique de Michel David | Le Devoir

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02-06-2021

Un appel au secours

  • Dans la vidéo que Joyce Echaquan a diffusée en direct sur Facebook le 28 septembre, peu avant sa mort, on l’entendait dire en atikamekw : « Carol [le nom de son mari] vient me voir [...] Fais ça vite. »
    (Magdaline Boutros, dans Le Devoir du 15 mai 2021. Le texte ci-dessus, qui figure dans le corps de l'article, est aussi la légende de la photo d'accompagnement.)

Je ne connais pas l'atikamekw, mais je crois comprendre que Joyce Echaquan appelait son mari au secours dans son message Facebook; pour traduire correctement cette idée en français, il faut faire suivre le nom propre d'une virgule (il est ainsi en apostrophe) et mettre le verbe à l'impératif :

Dans la vidéo que Joyce Echaquan a diffusée en direct sur Facebook le 28 septembre, peu avant sa mort, on l’entendait dire en atikamekw : « Carol, viens* me voir [...] Fais ça vite. »

Line Gingras
Québec

* Le 3 juin, je constate que la correction a été apportée dans le corps de l'article. Le 4, je vois que l'on a également corrigé la légende de la photographie.

Joyce Echaquan n’était pas agressive ou impolie avec le personnel | Le Devoir

De retour le mercredi 9 juin.

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17-05-2021

Comme si

  • Comme si on pouvait passer sous silence que les femmes noires, qui connaissent certainement très bien les réalités de la marginalisation économique en Amérique, n’avaient pas voté à 94 % pour Hillary Clinton malgré son élitisme.
    (Émilie Nicolas, dans Le Devoir du 5 novembre 2020.)

La chroniqueuse a exprimé le contraire de sa pensée*. Il faudrait lire :

Comme si on pouvait passer sous silence que les femmes noires, qui connaissent certainement très bien les réalités de la marginalisation économique en Amérique, avaient voté** à 94 % pour Hillary Clinton malgré son élitisme.

Il aurait aussi été correct d'écrire :

Comme si les femmes noires, qui connaissent certainement très bien les réalités de la marginalisation économique en Amérique, n’avaient pas voté à 94 % pour Hillary Clinton malgré son élitisme.

Line Gingras
Québec

* Voir https://www.essence.com/news/politics/most-black-women-voted-for-hillary-clinton/
De même, dans le Devoir du 13 août 2020, l'éditorialiste Guy Taillefer écrivait : Et c’est ainsi que 94 % des Noires ont voté pour Hillary Clinton en 2016 [...]
https://www.ledevoir.com/opinion/editoriaux/584034/kamala-harris-pour-en-finir-avec-l-invisibilite

** Le 18 mai (2021), je constate que la correction a été apportée.

« L’Amérique blanche, encore » : https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/589097/l-amerique-blanche-encore

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14-05-2021

Les jeunes générations

  • Les jeunes générations font évoluer avec fougue des mentalités sclérosées, tout en contribuant malgré eux à la division des humains, car chacun y défend son bout de gras en mordant le voisin.
    (Odile Tremblay, dans Le Devoir du 6 mai 2021.)

Le pronom doit être du même genre et du même nombre que le nom qu'il représente :

Les jeunes générations font évoluer avec fougue des mentalités sclérosées, tout en contribuant malgré elles* à la division des humains, car chacun y défend son bout de gras en mordant le voisin.

Line Gingras
Québec

* Le 16 mai, je constate que la correction a été apportée.

« Comme chiens et chats » : https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/600189/chronique-comme-chiens-et-chats?utm_source=infolettre-2021-05-06&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

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11-05-2021

Des détails?

  • C’est peut-être ce qui vient de se passer aux États-Unis, où « les lois et normes » qui ont vu le jour dans la foulée du Watergate et de la guerre du Vietnam pour combattre les dérives du pouvoir exécutif nécessitent désormais une refonte majeure, estiment Bob Bauer, ex-conseiller de Barak Obama et de Jack Goldsmith, assistant du procureur général des États-Unis sous George W. Bush dans une lettre d’opinion publiée le 18 décembre dans les pages du New York Times.
    (Fabien Deglise, dans Le Devoir du 28 décembre 2020.)
  1. J'apprends dans le New York Times que M. Bauer n'est pas l'ex-conseiller de M. Goldsmith, mais que MM. Bauer et Goldsmith ont cosigné la lettre d'opinion; le verbe estimer est donc correctement accordé, mais la préposition de introduit une faute de sens : https://www.nytimes.com/2020/12/18/opinion/trump-presidency-reform.html
  2. D'après les résultats d'une recherche Google (j'ai consulté en particulier le site de la Maison-Blanche), le prénom de M. Obama s'écrit Barack : Barack Obama | The White House

Il faudrait lire :

C’est peut-être ce qui vient de se passer aux États-Unis, où « les lois et normes » qui ont vu le jour dans la foulée du Watergate et de la guerre du Vietnam pour combattre les dérives du pouvoir exécutif nécessitent désormais une refonte majeure, estiment Bob Bauer, ex-conseiller de Barack Obama, et Jack Goldsmith, assistant du procureur général des États-Unis sous George W. Bush, dans une lettre d’opinion publiée le 18 décembre dans les pages du New York Times*.

Line Gingras
Québec

* Le 12 mai, je constate que les corrections ont été apportées.

« 2020, l’année où Donald Trump a manqué son coup d’État » : https://www.ledevoir.com/monde/etats-unis/592380/etats-unis-2020-l-annee-ou-donald-trump-a-manque-son-coup-d-etat?utm_source=infolettre-2020-12-28&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

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20-04-2021

Un traitement choisi

  • En contrepartie, l'établissement renonce à toute réclamation dans cette affaire et à traiter* Hélène Boudreau « avec équité » dans son parcours académique.
    (Sarah R. Champagne, dans Le Devoir du 8 avril 2021.)
  1. L'établissement renonce à traiter l'étudiante de façon équitable? La journaliste voulait certainement dire le contraire.
  2. Académique : J'ai déjà abordé la question.

Il faudrait lire :

En contrepartie, l'établissement renonce à toute réclamation dans cette affaire et s'engage à traiter Hélène Boudreau « avec équité » dans son parcours universitaire**.

Line Gingras
Québec

* Merci à Sylvain Auclair pour le signalement.

** Le 22 avril, je constate que les deux corrections ont été apportées.

« Photos osées : l’UQAM et Hélène Boudreau ont conclu une entente » : https://www.ledevoir.com/societe/598370/l-uqam-et-l-etudiante-poursuivie-concluent-une-entente

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