Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

27-02-2020

Ce que pense ou ne pense pas Elizabeth Warren

Elle s'en est pris à, elle s'en est prise à; s'en prendre à, accord du participe passé du verbe pronominal; grammaire; orthographe.

  • « Nous avons un nouveau venu à la Maison-Blanche et regardez où ça nous a mené », a renchéri Amy Klobuchar.
    (Michael Mathes avec Cyril Julien [AFP] dans le site de La Presse, le 7 février 2020.)

Ça a mené qui? nous. Le participe passé employé avec l'auxiliaire avoir doit s'accorder avec le complément d'objet direct, celui-ci étant placé devant le verbe :

« Nous avons un nouveau venu à la Maison-Blanche et regardez où ça nous a menés », a renchéri Amy Klobuchar.


  • Elizabeth Warren s’en est également pris, sans mentionner Pete Buttigieg, aux candidats qui « veulent être bien vus des milliardaires pour faire financer leur campagne ».

Dans la construction s'en prendre à quelqu'un ou à quelque chose, le participe passé du verbe pronominal s'accorde avec le sujet :

Elle s'en est prise à la (propre) personne de l'orateur. (Petit Robert, « personne ».)

[...] la Révolution s'en est prise aux lieux célèbres [...] (Chateaubriand dans le Grand Robert, à l'article « pousser ».)

Il fallait écrire :

Elizabeth Warren s’en est également prise, sans mentionner Pete Buttigieg, aux candidats qui « veulent être bien vus des milliardaires pour faire financer leur campagne ».


  • « Je ne pense pas que quiconque devrait pouvoir acheter son entrée dans l’investiture ou être président des États-Unis », a dénoncé Elizabeth Warren.
  1. Je lis dans le Petit Robert que l'investiture est l'« acte par lequel un parti désigne officiellement un candidat à une élection » : Avoir, recevoir l'investiture de son parti. On n'entre donc pas dans l'investiture comme on entre dans une compétition, dans la fonction publique ou dans la magistrature.

  2. « Je ne pense pas que quiconque devrait [...] être président des États-Unis » : voilà une curieuse déclaration, venant d'une candidate. Madame Warren a dit en fait, d'après le Washington Examiner : « I don’t think anyone should be able to buy their way into a nomination or to be president of the United States. »

Une traduction littérale est souvent tout le contraire d'une traduction fidèle. Je proposerais, dans le contexte :

« Je ne pense pas que quiconque devrait pouvoir acheter l’investiture de son parti ni son élection à la présidence des États-Unis » [...]

Line Gingras
Québec

« Débat démocrate : attaque en règle contre Buttigieg et Sanders » : https://www.lapresse.ca/international/etats-unis/202002/07/01-5260014-debat-democrate-attaque-en-regle-contre-buttigieg-et-sanders.php

Posté par Choubine à 00:01:00 - Langue et traduction - Commentaires [0] - Permalien [#]

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