Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

dimanche 10 novembre 2019

Que cette période vous angoisse ou vous ravit

La conjonction que introduisant des hypothèses; indicatif ou subjonctif; choix du mode; grammaire.

  • Que cette période vous indiffère, vous horripile, vous angoisse ou vous ravit, nous sommes bien en piste pour une réédition du sprint de magasinage qui caractérise chaque année la période des Fêtes.
    (Gary Frost, dans Le Soleil du 3 novembre 2019.)

Lorsqu'elle introduit deux ou plusieurs hypothèses, la conjonction que appelle le subjonctif :

Qu'il pleuve ou qu'il fasse beau, nos enfants passent l'Halloween le 31 octobre.

Que vous soyez triste ou gai, chantez!

Que vous aimiez, détestiez ou souhaitiez mieux connaître l'opéra, cette émission est pour vous.

Les trois premiers verbes de la phrase à l'étude ont la même forme, qu'ils soient employés à la troisième personne du singulier du présent de l'indicatif ou du présent du subjonctif; le verbe ravir, cependant, fait ravit au présent et au passé simple de l'indicatif, mais ravisse au présent du subjonctif. Il faudrait lire :

Que cette période vous indiffère, vous horripile, vous angoisse ou vous ravisse, nous sommes bien en piste pour une réédition du sprint de magasinage qui caractérise chaque année la période des Fêtes.

Line Gingras
Québec

« Pour survivre au temps des Fêtes » : https://www.lesoleil.com/affaires/pour-survivre-au-temps-des-fetes-d124f15d529f0ee30f2d6bf2253c843a?utm_source=omerlo&utm_medium=mailer&utm_campaign=Aujourd%E2%80%99hui+le+4+novembre+2019

Posté par Choubine à 00:01 - Langue et traduction - Commentaires [0] - Permalien [#]

samedi 9 novembre 2019

Ce que montre la vidéo

  • La vidéo montre un homme barbu, portant une casquette et un manteau qui tentent de saisir un objet dans sa poche ou sous son chandail.
    (Michelle McQuigge, PC, dans le site de La Presse, le 29 octobre 2019.)

Nul besoin de regarder la vidéo pour savoir que le sujet du verbe tenter, représenté par le pronom qui, c'est un homme barbu, et non pas une casquette et un manteau :

La vidéo montre un homme barbu, portant une casquette et un manteau, qui tente de saisir un objet dans sa poche ou sous son chandail.

Line Gingras
Québec

« Un suspect armé à l’arrière d’une autopatrouille à Toronto » : https://www.lapresse.ca/actualites/national/201910/29/01-5247471-un-suspect-arme-a-larriere-dune-autopatrouille-a-toronto.php

Posté par Choubine à 00:01 - Ni fleurs ni couronnes - Commentaires [2] - Permalien [#]

vendredi 8 novembre 2019

Un Halloween? Une Halloween?

Un Halloween ou une Halloween; joyeux Halloween ou joyeuse Halloween; masculin ou féminin; genre.

  • Récit d'un Halloween rebelle.
    (Alexis Riopel avec Marco Bélair-Cirino, dans Le Devoir du 1er novembre 2019.)

D'après ce que je vois dans le Robert, le Multidictionnaire et la Banque de dépannage linguistique de l'Office québécois de la langue française, Halloween, qu'on l'écrive avec une majuscule ou une minuscule, est un nom féminin. Il faudrait lire :

Récit d'une Halloween rebelle.

  • « Ce qui nous dérange, c’est que la Ville nous a dit quoi faire », explique une dame à la perruque bleu et à l’imperméable jaune.

« Ce qui nous dérange, c’est que la Ville nous a dit quoi faire », explique une dame à la perruque bleue et à l’imperméable jaune.

Line Gingras
Québec

« Récit d’un Halloween rebelle » : https://www.ledevoir.com/societe/566124/recit-d-un-halloween-rebelle?utm_source=infolettre-2019-11-01&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

Posté par Choubine à 00:01 - Langue et traduction - Commentaires [0] - Permalien [#]

jeudi 7 novembre 2019

Le report de l'Halloween

  • Le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, voit une occasion d’affaire dans le report de l’Halloween, qui a été décrétée par des dizaines de municipalités en raison du mauvais temps, y compris Montréal et Longueuil.
    (Marco Bélair-Cirino dans le site du Devoir, le 31 octobre 2019 à 16 h 56.)

Deux observations

Ce n'est pas l'Halloween qui a été décrétée en raison du mauvais temps, mais le report de la fête.

La phrase se lirait mieux si la précision introduite par y compris était rapprochée du syntagme auquel elle se rapporte.

Je suggérerais :

Le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, voit une occasion d’affaire dans le report de l’Halloween, qui a été décrété par des dizaines de municipalités, y compris Montréal et Longueuil, en raison du mauvais temps.

Line Gingras
Québec

« François Legault se tient loin du débat sur l’Halloween » : https://www.ledevoir.com/politique/quebec/566045/francois-legault-se-tient-loin-du-debat-sur-l-halloween

Posté par Choubine à 00:01 - On ne se relit jamais trop - Commentaires [0] - Permalien [#]

mercredi 6 novembre 2019

Nécessairement?

  • La motion, qui a donc été adoptée, stipule que la réforme du ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, « [mine] la réputation internationale du Québec [et nuit] à sa capacité d’attraction et de rétention des talents nécessairement à la croissance économique ». Elle exige que Québec annule sa réforme.
    (Hugo Pilon-Larose dans le site de La Presse, le 6 novembre 2019 à 18 h 28.)

J'espère que les députés n'ont pas adopté cette motion telle quelle, et que le texte a simplement été mal cité. D'après ce que je peux voir, il faudrait lire :

« [...] sa capacité d'attraction et de rétention des talents nécessaires à la croissance économique ».

Line Gingras
Québec

« Une motion pour le retrait de la réforme en immigration adoptée » : https://www.lapresse.ca/actualites/politique/201911/06/01-5248626-une-motion-pour-le-retrait-de-la-reforme-en-immigration-adoptee.php

Posté par Choubine à 20:29 - Ni fleurs ni couronnes - Commentaires [0] - Permalien [#]

Le leur

  • Si l’Alberta avait utilisé une capacité fiscale égale à la moyenne en 2018-2019, elle aurait affiché un surplus plutôt qu’un déficit, a déjà écrit l’économiste Pierre Fortin dans L’actualité. Face à un déficit, la culture politique locale privilégie depuis longtemps les compressions, on l’a encore vu cette semaine, mais cela est un choix. Le leur.
    (Manon Cornellier, dans Le Devoir du 30 octobre 2019.)

Le pronom le leur ne renvoie à rien. On aurait pu écrire :

[...] mais cela est un choix. Celui des Albertains.

[...] mais cela est un choix. Celui du gouvernement albertain.

Line Gingras
Québec

« La péréquation pour faire diversion » : https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/565879/faire-diversion

Posté par Choubine à 00:01 - On ne se relit jamais trop - Commentaires [2] - Permalien [#]

mardi 5 novembre 2019

Les personnes et les persons

  • Les personnes à l'étranger devront effectuer leur apprentissage et leur évaluation en ligne. Ils seront questionnés sur l'égalité entre les femmes et les hommes, la société francophone, la société laïque, les droits et responsabilités et la société démocratique.
    (Marco Bélair-Cirino dans le site du Devoir, le 30 octobre 2019 à 18 h 10.)

Écrira-t-on un jour les personnes et les persons? D'ici là, je rappelle que le nom personne est féminin et doit être représenté par un pronom du même genre :

Les personnes à l'étranger devront effectuer leur apprentissage et leur évaluation en ligne. Elles seront questionnées sur l'égalité entre les femmes et les hommes, la société francophone, la société laïque, les droits et responsabilités et la société démocratique.

Line Gingras
Québec

« Le gouvernement Legault va de l’avant avec son test des valeurs » : https://www.ledevoir.com/politique/quebec/565903/le-gouvernement-legault-va-de-l-avant-avec-son-test-des-valeurs?utm_source=Le+courrier+du+soir&utm_campaign=6f7bc2adf4-EMAIL_CAMPAIGN_2019_10_30_03_39&utm_medium=email&utm_term=0_aa1a13ef81-6f7bc2adf4-114834105 

Posté par Choubine à 00:01 - Ni fleurs ni couronnes - Commentaires [0] - Permalien [#]

lundi 4 novembre 2019

Seul ou entourée

  • Harold Lebel s’est retrouvé seul au Mexique après avoir passé une campagne électorale intense et entourée de dizaines de personnes. Seul, l’anxiété l’a envahie.
    (Brigitte Breton, dans Le Soleil du 24 octobre 2019.)

Première phrase

La campagne électorale n'a pas été à la fois intense et entourée de dizaines de personnes; c'est plutôt Harold Lebel qui a été très entouré pendant une campagne intense.

Deuxième phrase

L'adjectif seul est correctement accordé : c'est Harold Lebel qui était seul, et non pas l'anxiété. La construction de la phrase laisserait cependant croire le contraire, parce que l'épithète placée au début devrait normalement se rapporter au sujet du verbe. On peut éliminer le problème en ayant recours à la forme passive (Seul, il a été envahi par l'anxiété) ou en supprimant la répétition de seul.

L'anxiété a envahi qui ou quoi? Certainement pas la campagne, mais le député.

On aurait pu écrire :

Harold Lebel s’est retrouvé seul au Mexique après avoir passé une campagne électorale intenseentouré de dizaines de personnes. Seul, L’anxiété l’a envahi.

Après avoir passé une campagne électorale intense, entouré de dizaines de personnes, Harold Lebel s'est retrouvé seul au Mexique. Seul, L'anxiété l'a envahi.

Line Gingras
Québec

« Ces enfants roulés en boule » : https://www.lesoleil.com/chroniques/ces-enfants-roules-en-boule-4b32f32d7a0fa7c6d2302ff3895b3802

Posté par Choubine à 00:01 - Ni fleurs ni couronnes - Commentaires [0] - Permalien [#]