Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

jeudi 11 décembre 2014

La présentation du projet de loi qui devait l'être

  • Les attentats de Saint-Jean et d’Ottawa perpétrés par des radicaux islamistes ont servi de prétexte pour retarder encore la présentation du projet de loi sur la laïcité qui devait l’être au printemps dernier.
    (Michel David, dans Le Devoir du 9 décembre 2014.)

Le projet de loi sur la laïcité ne devait pas être la présentation au printemps dernier, mais il devait être présenté à cette époque. Le pronom l' ne pouvant pas renvoyer à un mot qui ne figure pas dans le texte, il fallait exprimer l'idée d'une autre façon :

Les attentats de Saint-Jean et d’Ottawa, perpétrés par des radicaux islamistes, ont servi de prétexte pour retarder encore la présentation du projet de loi sur la laïcité, qui devait avoir lieu au printemps dernier.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Pigiste
Québec

« Bulletin ministériel » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/426143/bulletin-ministeriel

Merci de votre visite. Une question? Je serai heureuse d'y répondre, dans la mesure de ma disponibilité. Voir la rubrique « Contactez l'auteur », dans la colonne de droite.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

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mercredi 10 décembre 2014

Cet honteux monstre

Honteux, h muet ou h aspiré; ce ou cet devant un h aspiré; grammaire française.

  • Comme si on s'excusait d'avoir construit des blocs aussi ternes que le stationnement voisin, cet honteux monstre de béton censé être caché six pieds sous terre.
    (François Cardinal, dans La Presse du 7 décembre 2014.)

Le déterminant démonstratif masculin singulier s'écrit cet devant une voyelle ou un h muet (cet homme), mais ce devant un h aspiré; or, ainsi que le signale entre autres le Multidictionnaire, l'adjectif honteux commence par un h aspiré :

Il n'y a rien de honteux à penser cela. (Petit Robert.)

Un flot de honteuse tristesse m'a flétri le cœur. (M. Barrès dans le Grand Robert, à l'article « flétrir ».)

De basses, de honteuses intrigues. (Grand Robert, à l'article « intrigue ».)

Ce honteux négoce s'exerça dès le début sur une certaine échelle. (Ambrière dans le Trésor de la langue française informatisé, à l'article « négoce ».)

Il fallait écrire :

Comme si on s'excusait d'avoir construit des blocs aussi ternes que le stationnement voisin, ce honteux monstre de béton censé être caché six pieds sous terre.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Pigiste
Québec

« Prix citron » : http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/francois-cardinal/201412/06/01-4825860-prix-citron.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_francois-cardinal_2560189_section_POS1

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mardi 9 décembre 2014

Trop ou trop peu?

  • En même temps, on le voit de plus en plus, les infractions à connotation psychiatrique mettent à rude épreuve tant la police que le système judiciaire. Encore aujourd’hui, trop de procureurs et de juges manifestent une compréhension de cette criminalité. On en est encore à la notion désuète du discernement entre « le bien et le mal ».
    (Jean-Claude Leclerc, dans Le Devoir du 8 décembre 2014.)

D'après le contexte, je crois comprendre que les procureurs et les juges sont trop peu nombreux à manifester la compréhension voulue :

En même temps, on le voit de plus en plus, les infractions à connotation psychiatrique mettent à rude épreuve tant la police que le système judiciaire. Encore aujourd’hui, trop peu de procureurs et de juges manifestent une compréhension de cette criminalité. On en est encore à la notion désuète du discernement entre « le bien et le mal ».

En même temps, on le voit de plus en plus, les infractions à connotation psychiatrique mettent à rude épreuve tant la police que le système judiciaire. Encore aujourd’hui, trop de procureurs et de juges manifestent une mauvaise compréhension de cette criminalité. On en est encore à la notion désuète du discernement entre « le bien et le mal ».

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Pigiste
Québec

« Que fera une autre femme en Cour suprême? » : http://www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religion/426073/harper-et-les-juges

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lundi 8 décembre 2014

Mauvaise surprise

  • Des adolescentes en quête d'une nuit chaude et gratuite au spa nordique Amérispa de Cantley ont rapidement refroidi lorsque des policiers les ont surpris.
    (Louis-Denis Ébacher, dans Le Droit du 20 octobre 2014.)

Le participe passé employé avec avoir s'accorde avec le complément d'objet direct, si celui-ci précède le verbe. Les policiers ont surpris qui? Des adolescentes, représentées par le pronom les :

Des adolescentes en quête d'une nuit chaude et gratuite au spa nordique Amérispa de Cantley ont rapidement refroidi lorsque des policiers les ont surprises.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Pigiste
Québec

« Une nuit chaude qui refroidit trois adolescentes » : http://www.lapresse.ca/le-droit/actualites/justice-et-faits-divers/201410/20/01-4810881-une-nuit-chaude-qui-refroidit-trois-adolescentes.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B9_insolite_1817587_accueil_POS2

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dimanche 7 décembre 2014

Serrer la vie aux trafiquants

  • Je constate un décalage entre la justice et les justiciers. Octobre 2007, Stephen Harper annonçait sa stratégie pour lutter contre la drogue. Il promettait, ça n'a surpris personne, de serrer la vie aux trafiquants.
    (Mylène Moisan, dans Le Soleil du 28 novembre 2014.)

Traiter quelqu'un avec une grande sévérité, restreindre ses libertés, c'est lui serrer la vis, peut-on lire dans le Petit Robert. Évidemment, cela ne devrait pas avoir pour effet de lui faciliter la vie.

Il fallait écrire :

[...] Stephen Harper annonçait sa stratégie pour lutter contre la drogue. Il promettait, ça n'a surpris personne, de serrer la vis aux trafiquants.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Pigiste
Québec

« La loi ou la poule » : http://www.lapresse.ca/le-soleil/opinions/chroniqueurs/201411/27/01-4823177-la-loi-ou-la-poule.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_mylene-moisan_2032574_section_POS1

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samedi 6 décembre 2014

Les propos

  • Les propos du président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, sur « l’État du XXIe siècle » n’est pas sans rappeler le rapport Gobeil de 1986 [...]
    (Bernard Descôteaux, dans Le Devoir du 6 décembre 2014.)

Ce n'est pas l'État du XXIe siècle qui n'est pas sans rappeler le rapport Gobeil, mais les propos du président du Conseil du trésor :

Les propos du président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, sur « l’État du XXIe siècle » ne sont pas sans rappeler le rapport Gobeil de 1986 [...]

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Pigiste
Québec

« Le prix d'un café? » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/425957/austerite-le-prix-d-un-cafe

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vendredi 5 décembre 2014

Venu

  • Ils ont rapidement compris qu’au moment où tout le monde devait se serrer la ceinture, il aurait été très mal venu d’exiger que l’entente intervenue avec le gouvernement Charest soit respectée intégralement.
    (Michel David, dans Le Devoir du 2 décembre 2014.)

Il serait souhaitable d'éviter la répétition :

Ils ont rapidement compris qu’au moment où tout le monde devait se serrer la ceinture, il aurait été très mal vu d’exiger que l’entente intervenue avec le gouvernement Charest soit respectée intégralement. 

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Pigiste
Québec

« La rupture » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/425528/la-rupture

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jeudi 4 décembre 2014

Peu faire grincer

  • L’ensemble est en parfaite symbiose avec cette courtepointe de mots, d’ambiances, de cris dont la fibre, les coutures, les motifs n’offrent finalement qu’un niveau très homéopathique de faiblesses. Peu faire grincer.
    (Fabien Deglise, dans Le Devoir du 4 décembre 2014.)

Peu faire grincer? La phrase est courte et chacun des mots est français, et pourtant l'ensemble est incompréhensible.

J'ai pensé d'abord qu'on avait voulu dire Pour faire grincer ou Peut faire grincer. Mais j'ai changé d'avis à la lecture de la phrase suivante :

Tout est là pour faire sourire, émouvoir, faire vibrer devant cette pensée qui se détache avec élégance de ces grappes dangereusement consensuelles, cette idée qui éclaire avec acuité un geste, ou cette remarque qui porte atteinte à un préjugé, avec la dextérité du verbe.

Finalement, ce que le journaliste a voulu écrire, je crois, c'est plutôt :

Peu fait* grincer.

Ou bien :

Peu pour faire grincer.

Que ne l'a-t-il écrit.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Pigiste
Québec

* Le 4 décembre à 15 h 10, je vois que la correction a été apportée.

« Du terrorisme à grands coups de plumes » : http://www.ledevoir.com/culture/theatre/425720/du-terrorisme-a-grands-coups-de-plumes

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mercredi 3 décembre 2014

Serpenter le flanc d'une montagne

Serpenter suivi d'un complément d'objet direct; serpenter, verbe transitif ou intransitif; grammaire française; syntaxe.

  • [...] trois heures et demie intenses à serpenter le flanc d’une montagne, avec une vue sur un effrayant ravin, alors que le jour se couche.
    (Émilie Folie-Boivin, dans Le Devoir du 29 novembre 2014.)

Serpenter est un verbe intransitif; il ne s'emploie donc pas avec un complément d'objet direct :

Un sentier qui serpente dans la forêt. (Multidictionnaire.)

Les queues devant les boulangeries serpentent dès l'aube. (Triolet, dans le Lexis.)

Elle seule [la gondole à Venise] peut serpenter à travers les réseaux inextricables et l'infinie capillarité des rues aquatiques. (Gautier, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

L'affleurement bleuâtre des veines microscopiques qui serpentent sous l'épiderme. (Taine dans le Petit Robert, à l'article « bleuâtre ».)

Au bas de la crevasse, de larges et épaisses coulées de laves serpentaient sur les flancs du mont [...] (J. Verne dans le Grand Robert, à l'article « cratère ».)

Il fallait écrire :

[...] trois heures et demie intenses à serpenter sur le flanc d’une montagne, avec une vue sur un effrayant ravin, alors que le jour se couche.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Pigiste
Québec

« Un "road trip" à l’eau de rose » : http://www.ledevoir.com/art-de-vivre/voyage/425032/tourisme-maroc-un-road-trip-a-l-eau-de-rose

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Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

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mardi 2 décembre 2014

Il est depuis plusieurs années questions...

  • Pas étonnant, en ce sens, qu’il soit depuis plusieurs années questions d’ouvrir des négociations avec les talibans, devant l’impasse sur laquelle a débouché la méthode militaire.
    (Guy Taillefer, dans Le Devoir du 1er décembre 2014.)

Il est question, depuis plusieurs années, d'ouvrir des négociations avec les talibans :

Pas étonnant, en ce sens, qu’il soit depuis plusieurs années question d’ouvrir des négociations avec les talibans, devant l’impasse sur laquelle a débouché la méthode militaire.

Question est invariable dans l'expression il est question de.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Pigiste
Québec

« Haute trahison » : http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/425416/afghanistan-haute-trahison

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