Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

samedi 16 juin 2012

Le reste de l'histoire

Ils se sont demandés si...; ils se sont demandé si...; elles se sont demandées si...; elles se sont demandé si...; se demander; accord du participe passé du verbe pronominal; grammaire française; orthographe d'accord.

  • Le reste de l’histoire, vous la connaissez aussi bien que moi.
    (Lise Payette, dans Le Devoir du 15 juin 2012.)

Deux possibilités :

Le reste de l’histoire, vous le connaissez aussi bien que moi.
La suite de l’histoire, vous la connaissez aussi bien que moi.

  • Ils se sont même demandés s’ils devaient en avoir honte ou en être fiers…

Lorsque le verbe pronominal a un complément d'objet direct (c.o.d.), c'est avec ce complément, s'il est placé devant le verbe, que s'accorde le participe passé; si le c.o.d. est placé après le verbe, le participe reste invariable.

Ils ont demandé quoi? S'ils devaient en avoir honte ou en être fiers. Le complément d'objet direct étant placé après le verbe, le participe doit demeurer invariable :

Ils se sont même demandé s’ils devaient en avoir honte ou en être fiers…

Line Gingras
Québec

« Un premier ministre assis » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/352506/un-premier-ministre-assis

Merci de votre visite. Une question? Je serai heureuse d'y répondre, dans la mesure de ma disponibilité. Voir la rubrique « Contactez l'auteur », dans la colonne de droite.

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

Posté par Choubine à 23:51 - On ne se relit jamais trop - Commentaires [4] - Permalien [#]

Commentaires

    complication de la règle

    Cette règle que vous évoquez en interrogent la place du c.o.d. se complique toute fois pour des verbes comme : "ils se sont aperçus de leur erreur" qui s'accordent de la même façon que : "ils se sont aperçus" (l'un l'autre).

    Et là, j'ignore le moyen mnémotechnique qui permet de retomber sur une règle.

    A.

    Posté par Armelle, mardi 19 juin 2012 à 07:33
  • Effectivement, il y a plusieurs sortes de pronominaux. Dans l'exemple que vous donnez, il n'y a pas de complément d'objet direct (on s'aperçoit de quelque chose) et nous avons affaire à un pronominal subjectif : le verbe «apercevoir» ne s'utilise pas uniquement à la forme pronominale; toutefois, dans «ils se sont aperçus de leur erreur», le pronom réfléchi a pour seule fonction d'indiquer cette forme.

    En règle générale, le participe passé d'un pronominal subjectif s'accorde avec le sujet. (Les quelques pronominaux subjectifs dont le participe passé reste invariable sont des verbes qui n'admettent jamais de complément d'objet direct lorsqu'ils sont employés à la forme active. Exemple : se rire.)

    Posté par Choubine, mercredi 20 juin 2012 à 01:25
  • Complément indirect

    Bonjour Line, Toujours au poste! Bravo pour ta fidélité.
    Dans ce cas, tu omets de dire (même si c'est implicite) que les Personnes en question ont demandé à elles-mêmes si... (peu importe quoi).
    Je dois dire que l'exemple cité par ta correspondante me laisse assez songeur: bon point pour elle. D'où vient au juste cette expression "Je m'aperçois de ceci ou cela"? Elle est très peu logique. Ne signifie-t-elle pas quelque chose comme "Je fais mien, ou j'intègre en moi la perception que ceci ou cela existe". Assez todu comme façon de résumer cette paraphrase et de rendre fidèlement l'idée de départ... On jurerait que ce raccourci appartient à l'esprit de la langue anglaise, qui en est remplis... Et pourtant. "Je me perçois en train de réaliser que..." Voilà sans doute la raison de ce drôle d'accord. Mais voilà une règle qui a bien peu de chances d'être appliquée, si l'on considère la difficulté "insurmontable" qui semble guetter de plus en plus de gens, pourtant éduqués, au sujet du simple accord de participe avec le complément direct situé avant le verbe... dans la vraie vie... V.G. "La somme que j'ai reçu en échange de mes services". Ce non-accord est en passe de devenir la règle, si l'on se fie aux statistiques... À n'y rien comprendre. Salut. Quel plaisir de te lire. Passe un bel été.
    André Martin

    Posté par André Martin, jeudi 21 juin 2012 à 17:59
  • Bonjour André,

    Ravie de te lire!

    C'est vrai qu'il est étrange, cet emploi du verbe «s'apercevoir». Et pourtant..., je lis dans le «Dictionnaire historique de la langue française» de la maison Robert que ce pronominal, attesté dès 1080, a eu «très tôt la valeur psychologique de "remarquer par la pensée"».

    Pour ce qui est de l'accord du participe passé (comme des autres accords, du reste), la plupart des fautes que je vois me paraissent attribuables non pas au manque de connaissances grammaticales, mais à l'inattention, à l'absence d'analyse.

    Je te souhaite aussi un bel été!

    Posté par Choubine, jeudi 21 juin 2012 à 18:47

Poster un commentaire