Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

lundi 31 octobre 2011

Il lui a confié de recommander...

Confier de faire quelque chose, confier quelque chose, confier le soin de faire quelque chose; grammaire française; syntaxe du français.

  • Le gouvernement a confié au juge en chef de la Cour supérieure du Québec, François Rolland, de recommander le président de la commission.
    (Tommy Chouinard, dans La Presse du 19 octobre 2011.)

On peut confier quelque chose ou quelqu'un à une personne ou à un organisme, au sens de « remettre à ses soins » :

Confier une mission, un mandat à quelqu'un. (Petit Robert.)

En mon absence, je vous confie ma maison. (Multidictionnaire.)

Elle a confié l'enfant à sa grand-mère. (Hanse-Blampain.)

C'est à nous que la Providence a confié cette tâche. (Césaire, dans le Lexis.)

Confier la direction des opérations, la gestion de ses biens, une inspection, ses intérêts, une paroisse, un rôle à quelqu'un. (Trésor de la langue française informatisé.)

Défiez-vous; c'est plus difficile que vous ne pensez. Confiez-moi l'ordre et la marche de l'affaire. (Renan, dans le Trésor.)

D'après ce que je peux voir, le complément d'objet direct est toujours un nom (ou un pronom); les ouvrages consultés ne donnent pas la construction confier de + infinitif. On aurait pu écrire :

Le gouvernement a confié au juge en chef de la Cour supérieure du Québec, François Rolland, le soin de recommander le président de la commission.

Le gouvernement chargé le juge en chef de la Cour supérieure du Québec, François Rolland, de recommander le président de la commission.

Line Gingras
Québec

« Charest lance la commission Charbonneau sur la construction » : http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/201110/19/01-4458812-charest-lance-la-commission-charbonneau-sur-la-construction.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B4_manchettes_231_accueil_POS1

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dimanche 30 octobre 2011

Combien y a-t-il de libertés d'expression?

  • Si MM. Green et Tzortzis ne prononcent pas leurs conférences, ils n'auront pas le plaisir de se frotter à l'autre côté de la médaille de leur liberté d'expression. Celle des autres. Celles des femmes, des gais qui pourraient choisir de manifester devant l'édifice accueillant leurs conférences. Celles de journalistes, de caricaturistes, de chroniqueurs qui pourront décrire, railler et critiquer leurs prises de position qui feraient probablement honte à Cro-Magnon. Celles de citoyens engagés qui pourraient décider de perturber leurs conférences, tiens...
    (Patrick Lagacé, dans La Presse du 20 octobre 2011.)

Il n'y a à mon avis qu'une seule liberté d'expression, comme monsieur Lagacé semblait aussi le croire au départ :

[...] l'autre côté de la médaille de leur liberté d'expression. Celle des autres. Celle des femmes, des gais [...] Celle de journalistes, de caricaturistes, de chroniqueurs [...] Celle de citoyens engagés [...]

Line Gingras
Québec

« Allah et quelques miettes de civilisation » : http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/patrick-lagace/201110/20/01-4459053-allah-et-quelques-miettes-de-civilisation.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_patrick-lagace_3269_section_POS1

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samedi 29 octobre 2011

Il envoit le signal

  • En faisant fi avec autant de légèreté d’une exigence aussi fondamentale, le premier ministre envoit le signal au reste de la machine que les exigences en matière de bilinguisme peuvent être ignorées.
    (Manon Cornellier dans son blogue, le 26 octobre 2011.)

On écrit il voit, mais il envoie.

Line Gingras
Québec

« Un unilingue anglophone comme vérificateur général » : http://www2.lactualite.com/cornellier/2011-10-26/faudra-t-il-lecrire-en-anglais/

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vendredi 28 octobre 2011

Ment-ment!

  • La crise provoquée par le projet de loi 204 sur l'amphithéâtre de Québec et, encore cette semaine, son positionnement ambigu sur le règlement de placement dans la construction ont également confirmé les doutes sur son jugement politique.
    (Michel David, dans Le Devoir du 27 octobre 2011.)

Tâchons d'éliminer quelques-uns de ces -ment :

La crise provoquée par le projet de loi 204 sur l'amphithéâtre de Québec et, encore cette semaine, sa prise de position ambiguë sur le règlement de placement dans la construction ont aussi confirmé les doutes sur son jugement politique.

Line Gingras
Québec

« Le ciel sur la tête » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/334588/le-ciel-sur-la-tete

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jeudi 27 octobre 2011

Et s'il n'en reste qu'un...

  • Inquiets pour leur poste, des députés du Parti québécois « de la cuvée de 2008 » souhaiteraient que la chef péquiste, Pauline Marois, quitte son poste.
    (Antoine Robitaille, dans Le Devoir du 27 octobre 2011.)

Inquiets pour leur poste, des députés du Parti québécois « de la cuvée de 2008 » souhaiteraient que la chef péquiste, Pauline Marois, quitte le sien.

Inquiets pour leur poste, des députés du Parti québécois « de la cuvée de 2008 » souhaiteraient que la chef péquiste, Pauline Marois, démissionne.

* * * * *

  • Ceux qui se sont exprimés se sont montrés fidèles à leur chef : « Serai-je le seul, je le serais quand même, mais on est beaucoup plus nombreux que ça », avait déclaré Yves-François Blanchet, député de Drummond.

Je ne crois pas que monsieur Blanchet se demande s'il restera le seul fidèle :

Ceux qui se sont exprimés se sont montrés fidèles à leur chef : « Serais-je le seul, je le serais quand même, mais on est beaucoup plus nombreux que ça », avait déclaré Yves-François Blanchet, député de Drummond.

* * * * *

  • Le député de Verchère, Stéphane Bergeron, affirmait que [...]

Monsieur Bergeron est député de Verchères.

Line Gingras
Québec

« Devant la grogne, Marois s'accroche » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/334598/devant-la-grogne-marois-s-accroche

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mercredi 26 octobre 2011

Le prix d'inscription officiel

  • Par ailleurs, Daniel Paillé déposera demain son bulletin de candidature comprenant les 1000 signatures obligatoires. Il sera le troisième à le faire, une semaine après M. Fortin et Mme Mourani. Les candidats devront maintenant s'atteler à la tâche de trouver les 15 000 $ du prix d'inscription officiel de la course, montant qui doit être déposé d'ici la mi-novembre.
    (Guillaume Bourgault-Côté, dans Le Devoir du 26 octobre 2011.)

S'il y a un prix officiel à payer pour poser sa candidature à la chefferie du Bloc québécois, c'est, j'imagine, qu'il y a aussi un prix ou un coût véritable, non révélé. Je croirais plutôt, vu le contexte, que le journaliste voulait parler du coût de l'inscription officielle à la course.

Line Gingras
Québec

« Bisbille au Bloc québécois » : http://www.ledevoir.com/politique/canada/334483/bisbille-au-bloc-quebecois

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mardi 25 octobre 2011

Un regain de popularité marquée

  • L'inflexion évoquée est largement attribuable au printemps arabe ainsi qu'au regain de popularité marquée de Mahmoud Abbas [...]
    (Serge Truffaut, dans Le Devoir du 19 octobre 2011.)

C'est le regain qui est marqué.

Line Gingras
Québec

« Libération de Shalit – Ajustements en série » : http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/333884/liberation-de-shalit-ajustements-en-serie

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lundi 24 octobre 2011

Une mode de fonctionnement publique

  • Selon le décret adopté par le conseil des ministres, la commission utilisera deux modes de fonctionnement. L'une à huis clos « pour recueillir toute information pertinente ». Une autre, publique, « pour recevoir les témoignages d'experts [...] ».
    (Tommy Chouinard, dans La Presse du 19 octobre 2011.)

On ne parle pas ici de manières de vivre ou de se vêtir qui répondent au goût du jour, mais de formes particulières sous lesquelles « se présente un fait, s'accomplit une action », d'après la définition du Petit Robert :

La mémoire est-elle un mode de communication entre le moi actuel et le moi passé? (Marcel, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

Il fallait que le chef de l'État fût, par le mode de son élection, sa qualité, ses attributions, en mesure de remplir une fonction d'arbitre national. (De Gaulle, dans le Trésor.)

J'écrirais :

Selon le décret adopté par le conseil des ministres, la commission utilisera deux modes de fonctionnement. L'un à huis clos, « pour recueillir toute information pertinente ». L'autre, public, « pour recevoir les témoignages d'experts [...] ».

L'autre plutôt que un autre, parce que la présence de l'un appelle à mon avis celle de l'autre.

Line Gingras
Québec

L'article a été modifié depuis que j'ai noté le passage à l'étude.

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dimanche 23 octobre 2011

Et alors?

  • Toutefois, les jeunes semblent plus ouverts d'esprit, alors que seulement 39 % d'entre eux considèrent que l'arrivée au Québec d'immigrants d'origines ethniques différentes représente une menace pour la culture québécoise, alors que le taux est de 42 % pour l'ensemble du Québec.
    (Lisa-Marie Gervais, dans Le Devoir du 17 octobre 2011.)

Toutefois, les jeunes semblent plus ouverts d'esprit : seulement 39 % d'entre eux considèrent que l'arrivée au Québec d'immigrants d'origines ethniques différentes représente une menace pour la culture québécoise, alors que le taux est de 42 % pour l'ensemble du Québec.

Line Gingras
Québec

« Sondage sur les jeunes Québécois – Des cyberdépendants souffrant de solitude » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/333784/sondage-sur-les-jeunes-quebecois-des-cyberdependants-souffrant-de-solitude

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samedi 22 octobre 2011

Baisser à

Baisser à; grammaire française; syntaxe du français.

  • Un rapport récent de l’Office québécois de la langue française nous prédit que d’ici 2031, le pourcentage de la population de l’île de Montréal qui parle majoritairement le français à la maison baissera à moins de 50 %.
    (Jack Jedwab, dans Le Devoir du 21 octobre 2011.)

Baisser (verbe intransitif dans le cas présent), c'est diminuer de hauteur, d'intensité, de force, de valeur. Ce verbe exprime la progression, et non l'aboutissement; pour indiquer un changement numérique, il ne saurait donc s'utiliser avec la préposition à*. Celle-ci marque, dans la phrase à l'étude, le terme du mouvement, le point qui sera atteint en 2031 ou avant.

Baisser s'emploie plutôt avec la préposition de :

La rivière a baissé d'un mètre. (Petit Robert.)

[...] les ténors du second chœur baissèrent de près d'un demi-ton. (Berlioz, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

Monsieur Jedwab aurait pu choisir passer, ou encore un verbe à double fonction, c'est-à-dire qui exprime soit la progression, soit l'aboutissement : descendre, se réduire, tomber.

Je m'appuie sur une étude rédigée en 1986 par mon ancienne collègue Lucie Boisvenue (fiche Repères – T/R 064), sur l'emploi de la préposition à avec les verbes indiquant un changement numérique.

Line Gingras
Québec

* Sauf dans la combinaison de... à, qui marque le degré approximatif du changement. Exemple : Le pourcentage baissera de 50 à 55 %.

« Langue – Le français en déclin, vraiment? » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/334086/langue-le-francais-en-declin-vraiment

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