Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

lundi 28 février 2011

Trois sujets, tous féminins

  • Bref, après avoir goûté au parfum enivrant de la victoire, même une victoire par procuration, je ne voyais vraiment pas l’intérêt de retourner là où ma culture, ma société, ma cinématographie allaient être à nouveau systématiquement ignorés pendant des années, sinon des siècles.
    (Nathalie Petrowski, dans La Presse du 26 février 2011.)

Le participe passé employé avec l'auxiliaire être s'accorde en genre et en nombre avec le ou les sujets du verbe. Il y a ici trois sujets, tous féminins; il fallait donc écrire :

... là où ma culture, ma société, ma cinématographie allaient être à nouveau systématiquement ignorées...

Line Gingras
Québec

« Les Oscars en famille » : http://moncinema.cyberpresse.ca/nouvelles-et-critiques/chroniqueurs/chronique/14095-Les-Oscars-en-famille.html?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_nathalie-petrowski_3279_section_POS1

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dimanche 27 février 2011

Versement d'honoraire

Honoraire ou honoraires.

  • Au pouvoir lorsque l'inscription « Vous êtes pas écœuré de mourir bande de caves » a été gravée sur la murale, l'Union nationale a tenté de convaincre l'artiste d'effacer la fameuse phrase de Péloquin en retenant un versement de 5000 $ d'honoraire représentant 10 % du total.
    (Antoine Robitaille, dans Le Devoir du 26 février 2011.)

L'artiste Jordi Bonet avait mis un s à écœurés, comme on le voit sur la photo qui accompagne l'article – et comme il se doit.

Le nom honoraires, au sens de « rémunération », pouvait autrefois s'utiliser au singulier, sans s. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, d'après le Hanse-Blampain. J'ai vu aussi le Petit Robert, le Lexis, le Multidictionnaire et le Trésor de la langue française informatisé, qui donnent tous honoraires comme un nom masculin pluriel, bien que le Trésor fasse observer qu'on relève de rares emplois au singulier.

Line Gingras
Québec

« La Révolution tranquille délie la langue des élus » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/317705/la-revolution-tranquille-delie-la-langue-des-elus

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samedi 26 février 2011

Les secteurs publics et parapublics

  • ... l'interdiction du port de signes religieux ostensibles dans les secteurs publics et parapublics.
    (Robin Philpot, dans Le Devoir du 18 février 2011.)
  • ... la proposition actuelle, qui s'appliquerait à l'ensemble des secteurs publics et parapublics...

 On parle de deux secteurs, le public et le parapublic :

... les secteurs public et parapublic.

* * * * *

  • Point besoin de répéter les raisons justifiant un État fort, car d'autres l'ont souligné de manière fort éloquente, notamment depuis le début de la Révolution tranquille.

Point besoin de répéter les raisons justifiant un État fort, car d'autres les ont soulignées de manière très éloquente, notamment depuis le début de la Révolution tranquille.

* * * * *

  • À titre d'exemple, allons-nous montrer la porte à toutes ces infirmières, médecins et enseignantes qui portent actuellement le foulard islamique ou la kippa juive dans nos hôpitaux et nos écoles?

Comme il est question d'hommes et de femmes, il convient d'utiliser le genre non marqué :

À titre d'exemple, allons-nous montrer la porte à tous ces professionnels de la santé ou de l'éducation qui portent actuellement le foulard islamique ou la kippa juive dans nos hôpitaux et nos écoles?

* * * * *

  • ... j'ai été invité à prendre la parole au moins trois fois dans les mosquées du sud-ouest de Montréal. Bon nombre d'hommes et de femmes musulmanes se sont affichés ouvertement favorables au Parti québécois. Or, depuis que nous voguons vers une politique « à la française », qui relève davantage de son passé colonial en Afrique que d'un esprit républicain, je sais pertinemment que je n'aurais pas de telles invitations.

Trois observations :

Dans les mosquées, les hommes aussi sont musulmans.

S'afficher, c'est « se proclamer publiquement » (Trésor de la langue française informatisé); ouvertement est donc superflu.

L'adjectif ou déterminant possessif son peut renvoyer, grammaticalement, soit au syntagme une politique « à la française », soit au Parti québécois; on voulait plutôt évoquer le passé colonial de la France :

... j'ai été invité à prendre la parole au moins trois fois dans les mosquées du sud-ouest de Montréal. Bon nombre de musulmans, hommes et femmes, se sont affichés ouvertement favorables au Parti québécois. Or, depuis que nous voguons vers une politique « à la française », qui relève davantage du passé colonial de la France en Afrique que d'un esprit républicain... 

* * * * *
  • Le Québec ne vit pas seul sur une île renforcée et entourée remparts qui le protègent de voisins encombrants et parfois belliqueux.

... entourée de remparts...

Line Gingras
Québec

« La proie ou l'ombre? » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/317005/la-proie-ou-l-ombre

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vendredi 25 février 2011

Surprises, surprises

  • Reste à voir les petites surprises qui réservent la circulaire d'information...
    (Sophie Cousineau, dans La Presse du 22 février 2011.)

Des surprises qui réservent une circulaire? On a sans doute voulu dire :

Reste à voir les petites surprises que réserve la circulaire d'information...

Line Gingras
Québec

« Une impression de déjà-vu » : http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/opinions/chroniques/sophie-cousineau/201102/22/01-4372751-une-impression-de-deja-vu.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_sophie-cousineau_3260_section_POS1

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jeudi 24 février 2011

Bien qu'il eut concédé...

Bien que + indicatif ou subjonctif; passé antérieur de l'indicatif ou plus-que-parfait du subjonctif; grammaire française; orthographe.

  • Mais bien que le Canadien eut concédé 19 tirs contre 8, il pouvait se rasséréner quelque peu en rentrant se réchauffer avec un déficit d'un seul but. Pendant l'entracte, on arrosait la glace à l'aide de bons vieux boyaux.
    (Jean Dion, dans Le Devoir du 21 février 2011.)

On écrit correctement eut concédé, au passé antérieur de l'indicatif :

Après que le Canadien eut concédé 19 tirs contre 8, il rentra se réchauffer avec un déficit d'un but.

Après bien que, cependant, la règle veut que l'on emploie le subjonctif, selon le Multidictionnaire et le Hanse-Blampain. Il fallait donc utiliser le plus-que-parfait du subjonctif dans la phrase à l'étude (ou sinon le subjonctif passé, ait concédé), et mettre un accent circonflexe sur le u :

Mais bien que le Canadien eût concédé 19 tirs contre 8, il pouvait se rasséréner quelque peu en rentrant se réchauffer avec un déficit d'un seul but. Pendant l'entracte, on arrosait la glace à l'aide de bons vieux boyaux.

Line Gingras
Québec

« Le grand air ne sied pas au Canadien » : http://www.ledevoir.com/sports/hockey/317268/le-grand-air-ne-sied-pas-au-canadien

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mercredi 23 février 2011

Les États-Unis et son espace aérien

  • La collaboration [...] du Canada n'a pas empêché les États-Unis d'exiger de tous les voyageurs canadiens survolant son espace aérien qu'ils fournissent...
    (Hélène Buzzetti, dans Le Devoir du 23 février 2011.)

Les États-Unis sont un pays; tout comme on dirait : « Les États-Unis veulent imposer une taxe », et non pas veut, il faut écrire :

La collaboration [...] du Canada n'a pas empêché les États-Unis d'exiger de tous les voyageurs canadiens survolant leur espace aérien qu'ils fournissent...

Line Gingras
Québec

« Périmètre de sécurité – Les libéraux soupçonnent Harper d'avoir menti » : http://www.ledevoir.com/politique/canada/317388/perimetre-de-securite-les-liberaux-soupconnent-harper-d-avoir-menti

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mardi 22 février 2011

Au niveau des élèves ayant subit de l'intimidation

Subit, subi; participe passé du verbe subir; au niveau de; grammaire; orthographe.

  • La proportion d'élèves ayant subit différentes formes d'intimidation a aussi diminué.
    (Isabelle Légaré, dans Le Nouvelliste du 17 février 2011.)

Le participe passé du verbe subir, c'est subi, sans t; il fait subie au féminin. Quant à subit, c'est la forme de la troisième personne du singulier du présent ou du passé simple de l'indicatif. (Ce pourrait être aussi l'adjectif subit, synonyme de soudain.)

Il fallait écrire :

La proportion d'élèves ayant subi différentes formes d'intimidation a aussi diminué.

Dans un autre contexte, on écrirait :

Les élèves ont parlé des différentes formes d'intimidation qu'ils avaient subies.

* * * * *

  • ... qui se réjouit plus particulièrement des résultats au niveau du tabagisme.
  • « Bien qu'à la baisse, la consommation de drogues est encore importante », a nuancé le Dr Grenier avant de mentionner qu'au niveau de l'alcool, 24 % des adolescents ont avoué avoir bu de manière « excessive et répétitive ».

La locution au niveau de, qu'elle soit employée au propre ou au figuré, doit en principe évoquer une idée de hauteur. Son utilisation au sens d'en ce qui concerne est fréquente, mais très souvent et vivement critiquée. Il faut la déconseiller.

On aurait pu écrire, par exemple :

... qui se réjouit plus particulièrement des résultats relatifs au tabagisme.

... avant de mentionner qu'en ce qui concerne l'alcool, 24 % des adolescents ont avoué avoir bu de manière « excessive et répétitive ».

... avant de mentionner que 24 % des adolescents ont avoué avoir abusé de l'alcool de manière répétitive.

Line Gingras
Québec

« Les jeunes vont bien... ou presque » : http://www.cyberpresse.ca/le-nouvelliste/actualites/201102/17/01-4371132-les-jeunes-vont-bien-ou-presque.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_actualites_442_section_POS1

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lundi 21 février 2011

Preuve qu'on n'a guère avancée

  • Si l'Office de la langue française ne s'occupe pas de la qualité de la langue, qui donc le fera?

    C'est la question désespérante qui se posait, la semaine dernière, à la lecture d'une lettre collective que signaient, dans Le Devoir, neuf terminologues qui ont tous été à l'emploi de l'OLF.
    (Lysiane Gagnon, dans La Presse du 17 février 2011.)

L'organisme s'appelle aujourd'hui l'Office québécois de la langue française (OQLF), comme l'indiquent les auteurs de la lettre.

La locution à l'emploi de est condamnée comme anglicisme; j'en ai parlé ici.

  • ... on retrouve évidemment la vieille querelle entre la norme et l'usage, entre ceux qui essaient d'améliorer la qualité de la langue et les linguistes qui s'inclinent devant n'importe quelle habitude populaire, et qui accusent les premiers d'«élitisme»... preuve qu'on n'a guère avancée depuis l'époque où les garçons qui essayaient de bien s'exprimer se faisaient traiter de «fifs».

Madame Gagnon ne fait pas allusion à une preuve qu'on n'aurait pas apportée; elle veut dire, plutôt : Cela prouve qu'on n'a guère avancé. Le mot que, élidé en qu', n'est pas pronom relatif représentant preuve, mais conjonction de subordination; le verbe avancer n'est pas employé comme transitif, au sens de «mettre en avant, proposer comme vrai» (Petit Robert), mais comme intransitif, au sens de «progresser». Comme il n'a pas de complément d'objet direct, son participe passé doit rester invariable :

... les linguistes qui s'inclinent devant n'importe quelle habitude populaire, et qui accusent les premiers d'«élitisme»..., preuve qu'on n'a guère avancé depuis l'époque où les garçons qui essayaient de bien s'exprimer se faisaient traiter de «fifs».

Line Gingras
Québec

«Langue : le vrai danger» : http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/lysiane-gagnon/201102/16/01-4370968-langue-le-vrai-danger.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_lysiane-gagnon_3265_section_POS1

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dimanche 20 février 2011

Cela n'engage pas à rien

  • De nos jours, c'est simple : il suffit de s'opposer à la magouille des libéraux ou au « radicalisme » du PQ. Cela donne bonne conscience et n'engage pas à rien.
    (Michel David, dans Le Devoir du 19 février 2011.)

Si cela n'engage pas à rien, c'est que cela engage à quelque chose. Je crois comprendre que monsieur David voulait dire :

Cela donne bonne conscience et n'engage à rien.

  • Après le lancement de son manifeste, M. Legault entend faire une tournée du Québec pour prendre le pouls de la population. Vu l'espoir qu'avait fait naître la perspective d'un nouveau parti, c'est le moins qu'il puisse faire, mais cela pourrait bien prendre l'allure d'un baroud d'honneur.

Les trois verbes faire alourdissent ce passage; il me semble qu'on pourrait en éliminer deux. Il y aurait moyen aussi d'éviter la répétition de prendre, sans doute moins désagréable :

Après le lancement de son manifeste, M. Legault entend visiter les diverses régions du Québec pour prendre le pouls de la population. Vu l'espoir qu'avait suscité la perspective d'un nouveau parti, c'est le moins qu'il puisse faire, mais cela pourrait bien revêtir l'allure d'un baroud d'honneur.

Line Gingras
Québec

« Un baroud d'honneur » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/317152/un-baroud-d-honneur

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samedi 19 février 2011

Ne fusse qu'une seule fois

Fusse, fût-ce; grammaire; conjugaison du verbe être; orthographe.

  • Lorsqu’on écoute Yvon Deschamps, ne fusse qu’une seule fois, raconter ses monologues, ils se figent dans notre inconscient...
    (Luc Boulanger, dans Le Devoir du 19 février 2011.)

La forme fusse existe, mais elle correspond à la première personne du singulier de l'imparfait du subjonctif, et non pas à la troisième : que je fusse, que tu fusses, qu'il fût... :

Je ne peux rien vous promettre, fût-ce pour vous faire plaisir. (Petit Robert.)

On pouvait écrire :

Lorsqu’on écoute Yvon Deschamps, ne fût-ce qu'une seule fois...
Lorsqu’on écoute Yvon Deschamps, ne serait-ce qu’une seule fois...

Line Gingras
Québec

« Théâtre – Deschamps d’honneur » : http://www.ledevoir.com/culture/theatre/317167/theatre-deschamps-d-honneur

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