Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

mardi 2 novembre 2010

Des troublions, des reine-claudes et des lèvres accoudées

Troublion ou trublion; des reine-claudes ou des reines-claudes; accoudé; eau de vie ou eau-de-vie.

  • ... certains des casseurs et troublions de l'ordre public seraient en fait des policiers déguisés.
    (Lio Kiefer, dans Voyager avec Lio Kiefer, 28 octobre 2010.)

Un fauteur de troubles, un agitateur est un trublion.
(Sources : Petit Robert, Lexis, Trésor de la langue française informatisé, Hanse-Blampain.)

L'origine de ce mot est très intéressante; voir par exemple ce billet d'Alain Horvilleur.

  • Et hier soir, j'ai repris deux fois de son petit salé aux lentilles, suivi d'une tarte aux reine-claudes.

L'usage semble fixé en ce qui concerne le pluriel de reine-claude; on met un s aux deux éléments du nom composé : reines-claudes.
(Sources : Petit Robert, Multidictionnaire, Hanse-Blampain, Lexis, Trésor.)

  • On a beaucoup parlé de Picasso, les lèvres accoudées à des coupelles de prunes et de framboises à l'eau de vie.

On écrit aujourd'hui eau-de-vie, avec deux traits d'union.
(Sources : Petit Robert, Multidictionnaire, Hanse-Blampain, Lexis, Trésor.)

S'accouder ou être accoudé, c'est « poser ses coudes sur quelque chose dont on se sert comme appui », selon le Lexis. (C'est moi qui souligne. Définitions semblables dans le Petit Robert et le Multidictionnaire.) Le Trésor admet des emplois figurés du verbe s'accouder ou du participe passé accoudé, mais il me semble qu'on ne s'éloigne pas tellement du sens premier lorsqu'on parle d'une gargouille accoudée ou même d'une rêverie accoudée.

Que dire de ces lèvres accoudées à des coupelles...? Les devons-nous au génie de Picasso, à l'inspiration du poète ou aux vertus de l'eau-de-vie? Je crois comprendre qu'on a levé le coude; pour le reste, c'est un peu confus.

Line Gingras
Québec

« Pas vraiment la guerre... mais pas vraiment la paix... » : http://www.ledevoir.com/opinion/blogues/voyager-avec-lio-kiefer/309773/pas-vraiment-la-guerre-mais-pas-vraiment-la-paix

Posté par Choubine à 05:29 - Ni fleurs ni couronnes - Commentaires [3] - Permalien [#]

Commentaires

    Une coupelle...?

    Tout d'abord, bravo pour le rendement de votre billet, Madame Gingras : plusieurs fautes corrigées et expliquées en un article, waouh... !
    Concernant, la "coupelle qu'on accoude aux lèvres" [porter aux lèvres est la bonne expression], j'ajoute mon modeste grain de sel : je n'ai jamais entendu parler de coupelle de quelque boisson que ce soit. On dit parfois une "coupette de champagne" pour dire une petite coupe à boire au sens "petit verre" et c'est une formation hypocoristique, mais coupelle pour boire... jamais. Une coupelle est une petite coupe, oui, mais cette fois pas pour le même usage puisque ce n'est pas un verre et que ce n'est pas fait pour qu'on y boive. Une coupelle est un petit récipient où vous mettrez les apéritifs qui accompagneront votre coupette [de champagne et parfois de vin, en fonction de ce que tel ou tel autre vin exige comme forme de verre].
    Donc l'auteur de cette phrase a cumulé les erreurs en très peu de mots et peut-être aussi a-t-il un peu trop abusé d'eau-de-vie ?

    Posté par Assia, mercredi 3 novembre 2010 à 15:59
  • eau-de-vie : pourquoi aujourd'hui ?

    Posté par Rosa, dimanche 7 novembre 2010 à 10:34
  • «Eau-de-vie» s'est déjà écrit sans trait d'union. On trouve «eau de vie», à l'article «eau», dans les premières éditions du «Dictionnaire de l'Académie». La cinquième édition (1798) donne cependant la graphie «eau-de-vie», avec deux traits d'union.
    http://portail.atilf.fr/dictionnaires/ACADEMIE/index.htm

    Posté par Choubine, dimanche 7 novembre 2010 à 22:50

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