Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

samedi 24 juillet 2010

Et bien

Et bien ou eh bien; locution interjective; interjection; orthographe.

  • Il n'y a pas là le moindre trésor architectural ni la moindre œuvre d'art. Rien qui ait une véritable valeur patrimoniale, comme on dit dans les ministères. Simplement des constructions qui évoquent le passé encore récent de ces anciens quartiers ouvriers [...] Et bien, ces petits ateliers sans valeur sont classés. (Christian Rioux, dans Le Devoir du 23 juillet 2010.)

Comme le fait observer Marie-Éva de Villers, la locution interjective (qui peut être « suivie d'une virgule ou d'un point d'exclamation ou d'interrogation ») ne s'écrit pas et bien, mais eh bien :

Eh bien, c'est à cette heure-ci que vous arrivez? (Multidictionnaire.)

J'ai fait la guerre, moi, Monsieur; je suis un homme dur; eh bien, j'ai pleuré. (Larbaud, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

Il aurait fallu lire :

Eh bien, ces petits ateliers sans valeur sont classés.

Line Gingras
Québec

« L'église des pauvres » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/293072/l-eglise-des-pauvres

Posté par Choubine à 03:25 - Langue et traduction - Commentaires [4] - Permalien [#]

Commentaires

    Pas là / là pas

    Bonjour,
    Depuis quelques mois, je suis avec attention et avec plaisir votre bloque. J'en fais mon exercice quotidien. Dans le passage retenu aujourd'hui, outre la correction du "et bien", il me semble que la première phrase, prise en relation avec les suivantes, est boiteuse. J'aimerais savoir ce que vous pensez de la correction que j'y apporterais. J'aurais été porté à inverser le "là" et le "pas", donc à écrire :
    Il n'y a là pas le moindre trésor architectural ni la moindre oeuvre d'art. Rien qui ait […].
    Dans sa forme actuelle, considérant que la seconde phrase, sans proposition principale, s'appuie, pour le sens, sur le début de la première, il résulte ceci de leur liaison : "Il n'y a pas là rien qui ait […]", ce qui me semble bancal, le "pas" étant de trop.
    Le même problème se pose, à mon avis, avec la troisième phrase, elle aussi sans proposition principale.
    Au plaisir de vous lire,
    jg

    Posté par jgd, samedi 24 juillet 2010 à 12:25
  • Eh bien, je la savais celle-là.
    Tellement d'autres que je ne sais pas.

    Posté par ClaudeL, samedi 24 juillet 2010 à 19:18
  • Ellipses

    Bonjour,

    Monsieur Rioux s'est permis quelques ellipses assez audacieuses, sans doute. Je vous avouerai qu'elles ne me choquent pas; ai-je tort? Dans la douzième édition du «Bon usage», à la page 304, je lis à propos de l'ellipse : «Le verbe non exprimé peut être affirmatif alors que le verbe exprimé est négatif.» Exemples : «Je n'ai pas assez d'invention pour imaginer les embûches et trop peu de prudence pour les déceler à temps.» (Bosco.) «L'esprit n'y est pour rien et la matière pour beaucoup.» (Camus.)

    Posté par Choubine, dimanche 25 juillet 2010 à 04:08
  • Merci

    Ellipses audacieuses, en effet! Merci de la référence au Bon usage.
    Si j'exprime le verbe non exprimé, qui peut être affirmatif, cela donne dans la troisième phrase :
    Il y a simplement des constructions [...].
    C'est parfait.
    Mais dans la deuxième, cela donne :
    Il y a rien qui ait une véritable valeur patrimoniale [...].
    Bon, disons que c'est pas l'idéal!
    Encore merci de votre réponse.
    jg

    Posté par jgd, dimanche 25 juillet 2010 à 09:29

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