Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

jeudi 4 février 2010

Où l'on confond la proie et le chasseur

  • Au fil des ans, Galella propose un puissant antidote au style hollywoodien, où la star trop maquillée et trop souriante pose artificiellement devant la caméra. À cette école figée et prévisible, Galella préfère l'approche du chasseur qui attend sa proie tapie dans l'ombre. (Nathalie Petrowski, dans La Presse du 7 octobre 2009.)

Ce n'est pas la proie qui reste tapie dans l'ombre, mais le chasseur qui l'attend : tapi.

Line Gingras
Québec

« Ron Galella : profession paparazzi » : http://www.cyberpresse.ca/opinions/chroniqueurs/nathalie-petrowski/200910/07/01-909132-ron-galella-profession-paparazzi.php

Posté par Choubine à 09:32 - On ne se relit jamais trop - Commentaires [1] - Permalien [#]

mercredi 3 février 2010

Les ressources ont fait que 60 % du PIB a disparu, vraiment?

  • Selon M. Bellerive, il faut lutter contre la « centralisation excessive » des ressources qui ont fait que « 60 % du PIB du pays a disparu en 30 secondes ». (Guillaume Bourgault-Côté, dans Le Devoir du 26 janvier 2010.)

Vilaines ressources, qui, si l'on en croit le journaliste, auraient causé la disparition de 60 % du PIB. Mais non : c'est plutôt la centralisation excessive, la coupable, qui a fait que...

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... « 60 % du PIB du pays a disparu... » – On pourrait faire l'accord du verbe avec l'expression de pourcentage, au pluriel (ont disparu), mais comme cette expression n'est pas précédée d'un article ni d'un déterminatif pluriel et que son complément (du PIB) est un singulier, l'accord au singulier est tout aussi correct. (J'ai consulté à ce sujet le Hanse-Blampain.)

Line Gingras
Québec

« Au moins dix ans d'efforts pour Haïti » : http://www.ledevoir.com/international/amerique-latine/281829/au-moins-dix-ans-d-efforts-pour-haiti

Posté par Choubine à 09:29 - On ne se relit jamais trop - Commentaires [0] - Permalien [#]

mardi 2 février 2010

C'est normal que le peuple nous en veule

  • «C'est normal que le peuple nous en veule, dit-elle. Nous sommes responsables, nous sommes l'exécutif.» (Vincent Marissal, dans La Presse du 1er février 2010. Le chroniqueur cite [correctement?] Marie-Laurence Jocelyn Lassègue, ministre de la Culture et des Communications du gouvernement haïtien.)

Qu'il veule, cela n'existe pas – sauf dans la langue populaire. Au présent de l'indicatif, le verbe vouloir fait ils veulent, mais il veut; au présent du subjonctif, qu'il veuille :

C'est normal que le peuple nous en veuille...

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  • «Quand des artistes, comme Angelina Jolie, donne 1 million pour Haïti, ce n'est pas le gouvernement qui a l'argent, ce sont les ONG.»

On fait mention d'Angelina Jolie entre virgules, à titre d'exemple. Il s'agit donc d'un élément accessoire, et non pas du sujet du verbe :

Quand des artistes [...] donnent 1 million pour Haïti...

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  • Port-au-Prince ressemble ces jours-ci à un terrain de jeu pour ONG et militaires, qui [...] rivalisent les uns les autres.

Dans la langue moderne, on ne rivalise pas quelqu'un, mais avec quelqu'un :

Port-au-Prince ressemble ces jours-ci à un terrain de jeu pour ONG et militaires, qui [...] rivalisent les uns avec les autres.

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  • À défaut d'autre chose, cette conférence de presse aura prouvé deux choses...

Je suggérerais peut-être :

À défaut d'autre chose, cette conférence de presse aura prouvé deux points...

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  • Devant l'hôtel de ville de Pétionville, hier, la population et leurs conseillers élus m'ont littéralement assailli pour me raconter leur désarroi.

... la population et ses conseillers élus...

M. Marissal écrit de Port-au-Prince, dans des conditions sûrement difficiles. Mais le quotidien La Presse ne dispose-t-il pas d'une équipe de correcteurs?

Line Gingras
Québec

«Les ti zamis... et les autres» : http://www.cyberpresse.ca/opinions/chroniqueurs/vincent-marissal/201002/01/01-944956-les-ti-zamis-et-les-autres.php

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lundi 1 février 2010

Une centaine de cas étudié

  • ... le ministre a annoncé qu'après une réévaluation des dossiers d'adoption [...] la « majorité d'une centaine de cas » étudié pourrait connaître un dénouement heureux dans les prochains jours. (Malorie Beauchemin, dans La Presse du 21 janvier 2010.)

Le participe passé se rapporte à un collectif numéral (centaine) suivi de son complément; d'après le Hanse-Blampain, comme il s'agit d'un nombre approximatif, on peut accorder soit avec le collectif ou avec son complément :

... une centaine de cas étudiée...
... une centaine de cas étudiés...

Rien ne justifie le masculin singulier.

  • Le bilan officiel des victimes canadiennes s'élevaient encore jeudi à 13 décès...

C'est le bilan qui s'élevait...

Line Gingras
Québec

« Des enfants adoptés rapatriés dès la fin de semaine » : http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201001/21/01-941496-des-enfants-adoptes-rapatries-des-la-fin-de-semaine.php

Posté par Choubine à 07:22 - Ni fleurs ni couronnes - Commentaires [0] - Permalien [#]