Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

jeudi 11 septembre 2008

À moins que

À moins que + indicatif ou subjonctif; grammaire française; syntaxe du français.

  • À moins, ce qui serait encore pire, que la pub a été mise en ligne avec l’accord des dirigeants de la campagne. (Vincent Marissal, dans La Presse.)

D'après ce que je vois dans le Petit Robert, le Lexis, le Multidictionnaire, le Hanse-Blampain et le Trésor de la langue française informatisé, la locution conjonctive à moins que n'est jamais suivie de l'indicatif, mais du subjonctif :

Il n'acceptera pas à moins qu'il ne reçoive une augmentation. (Petit Robert.)

À moins qu'il ne vienne ce soir, elle partira. (Multidictionnaire.)

À moins que ce ne soit par discrétion. (Mauriac, dans le Hanse-Blampain.)

M. Stangerson devait normalement passer à Valence à moins qu'il ne se soit arrêté en route. (Leroux, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

À moins qu'elle n'eût à le déshabiller ivre mort et qu'il ne s'endormît en travers du lit. (Triolet, dans le Trésor.)

Le ne explétif se rencontre souvent, sans être obligatoire aujourd'hui :

À moins que ce soit le cadeau d'un oncle... (Butor, dans le Hanse-Blampain.)

À moins, mon Dieu, que ce soit lui qui vienne. (Sartre, dans le Hanse-Blampain.)

On aurait dû écrire :

À moins, ce qui serait encore pire, que la pub ait [ou n'ait] été mise en ligne avec l’accord des dirigeants de la campagne.

Line Gingras
Québec

« Après la boue, les fientes » : http://www.cyberpresse.ca/article/20080910/CPOPINIONS05/80909216/6741/CPOPINIONS

Posté par Choubine à 04:50 - Langue et traduction - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

    Pire ou pis

    Et dans cette phrase, il me semble qu'il faille utiliser "pis", qui est un adverbe, et non "pire", qui est un adjectif.

    Ou non ?

    Posté par Christian Bloch, samedi 13 septembre 2008 à 13:28
  • D'après ce que je lis dans le Hanse-Blampain, à l'article «pire, pis», les deux sont corrects : «"Pire" peut s'employer aussi bien que "pis" lorsqu'il se rapporte à un pronom neutre ou indéfini.»

    Ex. : «Il n'était pas un mauvais homme, mais un homme demi-bon, ce qui est peut-être pire.» (Rolland.)

    Posté par Choubine, dimanche 14 septembre 2008 à 04:44

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