Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

mardi 24 juin 2008

Sur la défensive de la langue française

Sur la défensive de; syntaxe du français.

  • «J'observe toujours le Québec sur la défensive de la langue française
  • «On est toujours sur la défensive de la pureté de la langue, mais les langues sont vivantes», poursuit M. Pagel. (Clairandrée Cauchy.)

Oui, les langues sont vivantes; mais ces deux phrases de M. Dario Pagel me semblent malades, parce que le président de la Fédération internationale des professeurs de français (il s'agit d'un Brésilien d'origine allemande) a mélangé deux constructions de manière assez inusitée, ou je me trompe fort.

On peut se porter à la défense du français; on peut aussi se tenir sur la défensive lorsque certaines questions sont abordées. Mais quant à rester sur la défensive de la langue française ou de la pureté d'icelle...

Dans le Petit Robert, le Multidictionnaire, le Lexis et le Trésor de la langue française informatisé, je trouve les expressions être, se tenir, se mettre, rester sur la défensive - sans complément déterminatif :

Elle restait, tout le long du jour, auprès du feu, sur la défensive. (Gide, dans le Lexis.)

Napoléon changea tous ses projets. Il résolut de rester sur la défensive en Italie et de prendre l'offensive en Allemagne. (Sand, dans le Trésor.)

Quelque chose qui me déplut et me mit sur la défensive. (Lacretelle, dans le Trésor.)

M. Pagel aurait pu dire, à mon avis :

J'observe toujours le Québec sur la défensive à l'égard de la langue française.

On se porte toujours à la défense de la pureté de la langue...
On cherche toujours à défendre la pureté de la langue...
On cherche toujours à préserver la pureté de la langue...

* * * * *

  • «Je voudrais bien que le Québec comprenne que la francophonie existe en dehors de ses murs.» (Dario Pagel, cité par Clairandrée Cauchy.)

La vieille ville de Québec a des murs; la province, elle, a des frontières, à l'extérieur desquelles nous apprenons aujourd'hui que vivent d'autres francophones.

Je tombe des nues. Plouc.

* * * * *

  • «Aujourd'hui, le français ne court aucun danger au Québec.» (Dario Pagel, cité par Clairandrée Cauchy.)

Ô mon peuple, enfin tu vas dormir tranquille.

Line Gingras
Québec

«Langue française - Le Québec serait refermé sur lui-même» : http://www.ledevoir.com/2008/06/23/195103.html

Posté par Choubine à 05:17 - Langue et traduction - Commentaires [9] - Permalien [#]