Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

19-06-2008

La minorité

  • ... la minorité grecque très présente à Himara réclament carrément et simplement l'autonomie de cette ville... (Serge Truffaut.)

On n'écrirait pas, sauf dans la langue populaire, la minorité veulent. Employé seul, c'est-à-dire sans complément pluriel, le collectif minorité entraîne normalement l'accord du verbe au singulier :

... la minorité grecque [...] réclame...

Voir les commentaires pour des précisions.

Line Gingras
Québec

« Comme en 14 » : http://www.ledevoir.com/2008/06/03/192427.html

Posté par Choubine à 23:59:00 - Langue et traduction - Commentaires [3] - Permalien [#]

Commentaires

  • Je jongle avec quelques exemples et je n'ose pas essayer d’en déduire des «règles», sauf que la présence d’un adjectif (p. ex. seule) semble déterminante :
    Sont-ils allés? Une minorité sont allés : il pleuvait.
    Sont-ils allés? Seule une minorité est allée : il pleuvait.
    Sont-ils allés? La majorité sont restés à la maison à cause de la pluie.

    Posté par Yves Lanthier, 21-06-2008 à 07:13:11
  • +
    Qu'ont-ils dit? La majorité silencieuse a fait comme d'habitude.

    Posté par Yves Lanthier, 21-06-2008 à 15:23:01
  • Nom collectif sujet

    L'accord du verbe ayant pour sujet un nom collectif comme «majorité», «minorité», «bande», «foule», «troupe», suivi ou non d'un complément, est une question souvent difficile. La phrase tirée de l'éditorial de M. Truffaut présente un cas relativement simple (à ce qu'il me semble), mais les choses peuvent vite se compliquer.

    Je recommande fortement, à ce propos, la lecture de l'article très fouillé sur l'accord du verbe, dans le Hanse-Blampain. Je vais tâcher d'aborder les points qui me paraissent ici les plus pertinents :

    «S'il n'est pas suivi d'un complément, c'est le collectif qui détermine l'accord», disent Hanse et Blampain; à mon avis, c'est la règle qu'il convenait d'appliquer dans la phrase à l'étude. «Toutefois si, d'après le contexte qui précède, il est clair qu'un complément pluriel est sous-entendu», il faut faire comme si l'on avait effectivement un complément au pluriel - c'est-à-dire que «c'est le sens ou l'intention qui règlent l'accord ou laissent parfois le choix».

    Les exemples auxquels vous avez pensé, Yves, sont très intéressants à cet égard. On voit bien que «la majorité silencieuse» (tout comme «la minorité grecque») est un ensemble dont on ne veut pas distinguer les individus; par contre, dans les exemples avec «sont-ils allés», le pluriel qui précède le collectif amène aisément l'ajout, sous-entendu, du complément «d'entre eux» - quoique, dans la deuxième phrase, l'adjectif «seule» mette l'accent sur «une minorité» : celle-ci paraît former un groupe, au lieu de désigner des individus isolés.

    Je noterai encore cette remarque judicieuse : «Si le collectif est précédé d'un article défini ou d'un adjectif démonstratif ou possessif, l'accord avec le collectif est général et toujours possible.» Exemples donnés par Hanse et Blampain : La foule des piétons bloquait la rue. La grande masse des Français l'approuve.

    Posté par Choubine, 21-06-2008 à 17:59:23

Poster un commentaire