Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

dimanche 3 février 2008

Disputer une place avec quelqu'un

Disputer quelque chose avec quelqu'un; disputer quelque chose à quelqu'un; grammaire française; syntaxe du français; prépositions.

  • Selon les sondages, il dispute la troisième place avec l'ancien gouverneur de l'Arkansas... (Claude Lévesque.)

On dispute quelque chose à quelqu'un, nous disent Hanse et Blampain. En effet, au sens de «lutter avec quelqu'un pour conserver ou obtenir quelque chose» (Multidictionnaire), le verbe disputer construit son complément second au moyen de la préposition à, d'après les exemples que j'ai relevés dans les dictionnaires généraux :

Disputer un poste à des rivaux. (Petit Robert.)

Disputer un titre à quelqu'un. (Multidictionnaire.)

Un élève qui dispute la première place à ses camarades. (Lexis.)

Les vieux platanes de la place disputaient encore leurs feuilles au vent pluvieux. (Mauriac, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

Il fallait écrire :

Selon les sondages, il dispute la troisième place à l'ancien gouverneur de l'Arkansas...

Line Gingras
Québec

«Obama a le vent en poupe» : http://www.ledevoir.com/2008/01/28/173662.html

* * * * *

Nos votes sont des grains de maïs que se disputent les pigeons.
Tous y perdent des saloperies de plumes.

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Posté par Choubine à 23:59 - Langue et traduction - Commentaires [6] - Permalien [#]

Commentaires

    disputer- se disputer

    Ne pourrait-on pas dire aussi: «ils se sont disputés la troisième place...»?
    Par contre, le sens n'est peut-être pas exactement le même ???

    Posté par Lux, lundi 4 février 2008 à 23:41
  • Désolée, Lux, d'avoir mis si longtemps à te répondre; j'avais des travaux à finir...

    Oui, certainement, la construction que tu proposes pourrait s'employer, si le contexte s'y prêtait. Il faudrait cependant écrire «ils se sont disputé la troisième place», en laissant «disputé» invariable : lorsque le verbe pronominal a un complément d'objet direct (ici, «la troisième place»), c'est avec lui que doit s'accorder le participe passé, à condition que ce complément soit placé devant le verbe. On écrirait donc «la place qu'ils se sont disputée».

    Le pronom réfléchi «se» représente le complément second introduit par la préposition «à» : ils ont disputé la troisième place l'un à l'autre.

    Posté par Choubine, mercredi 13 février 2008 à 01:36
  • Utile

    Merci beaucoup de ta réponse Choubine et surtout de la précision pour l'accord des compléments direct ou indirect, dans le cas d'un verbe pronominal.
    Comme tu as pu le constater, j'avais un problème à ce niveau-là. Ton explication est très claire et me sera utile à l'avenir.
    Pourtant, une autre question surgit dans mon esprit. Si ma phrase ne comportait pas de complément direct ou indirect: «Ils se sont disputés pour la première place». Est-ce que mon accord est adéquat?
    P.S. Prends ton temps, je n'ai aucune urgence.
    À bientôt.
    Lux le curieux

    Posté par Lux, mercredi 13 février 2008 à 12:51
  • Ils se sont disputés pour la troisième place

    Question très pertinente, Lux.

    Marie-Éva de Villers fait observer que le participe passé du verbe pronominal «se disputer», employé au sens de «se quereller», s'accorde toujours en genre et en nombre avec le sujet. Ton accord est donc correct.

    Voilà l'essentiel; maintenant, pour nous compliquer joyeusement la vie, un peu d'analyse.

    Selon le «Petit Robert», il s'agit d'un pronominal réciproque - chacune des personnes représentées par le sujet exerce une action sur chacune des autres. Cependant, le participe passé du pronominal réciproque s'accorde avec le complément d'objet direct, à condition que celui-ci précède le verbe; et je n'arrive pas à considérer le pronom réfléchi (se), dans le cas présent, comme un objet direct : disputer quelqu'un, c'est le réprimander, lui adresser des remontrances, ce qui ne suppose pas nécessairement une querelle. Non, j'aurais plutôt tendance à voir «se disputer», au sens de «se quereller», comme un pronominal subjectif, c'est-à-dire comme un verbe qui n'est pas toujours utilisé à la forme pronominale (verbe accidentellement pronominal), mais qui, lorsqu'il est pronominal - et employé dans le sens qui nous intéresse -, fait corps avec le pronom réfléchi, dont le rôle est uniquement de marquer la forme pronominale. Et comment s'accorde le pronominal subjectif? En genre et en nombre avec le sujet, sauf si le verbe n'admet pas de complément d'objet direct quand il est employé à la forme active (exemple : se rire). Comme on peut disputer quelqu'un ou disputer quelque chose, l'accord de «se disputer», au sens de «se quereller», se fait toujours avec le sujet. Il faut donc écrire : «Ils se sont disputés pour la troisième place.»

    Posté par Choubine, jeudi 21 février 2008 à 02:12
  • mais du coup : elles se sont disputé leurs affaires ou elles se sont disputées leurs affaires; Je penche malgré tout pour la 1ére

    Posté par théo, mercredi 27 janvier 2010 à 05:51
  • Et vous avez raison, Théo. Voyez, plus haut, ma réponse à la première question de Lux.

    Posté par Choubine, mercredi 27 janvier 2010 à 05:58

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