Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

samedi 30 juin 2007

C'est moi qui

Qui et l'accord du verbe; antécédent du pronom relatif qui; grammaire française; orthographe d'accord.

  • Ce n’est pas moi qui l’écrit... (Richard Hétu.)

Ce n'est pas moi non plus.

Le verbe ayant pour sujet le pronom relatif qui s'accorde avec l'antécédent du relatif, c'est-à-dire avec le nom ou le pronom que le relatif représente - dans le cas qui nous occupe, le pronom moi, première personne du singulier :

Ce n'est pas moi qui l'écris.

* * * * *

Note du 1er juillet : Je viens de me rendre compte que monsieur Hétu s'est corrigé; c'est tout à son honneur.

Line Gingras
Québec

«J'aime Paris» : http://blogues.cyberpresse.ca/hetu/?p=70411626

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vendredi 29 juin 2007

Divisif

Divisif; divisive; anglicisme.

  • De tels débats ne manqueront pas d'être divisifs. On ne connaît pas de remise en cause profonde qui ne le soit pas. (Bernard Descôteaux.)

L'adjectif divisif n'est pas critiqué dans le Chouinard, dans le Colpron ni dans le Dagenais; je ne le trouve pas non plus dans le Hanse-Blampain ni dans le Multidictionnaire. Mais il ne figure pas davantage dans les dictionnaires généraux que j'ai sous la main (Petit Robert, Lexis, Trésor de la langue française informatisé). J'y vois par conséquent l'influence de l'anglais divisive, conclusion à laquelle sont déjà arrivés les linguistes de l'Office québécois de la langue française et de Radio-Canada.

Le Guide anglais-français de la traduction, de René Meertens, donne de nombreux équivalents. Dans le cas qui nous occupe, je proposerais :

De tels débats ne manqueront pas de créer des divisions. On ne connaît pas de remise en cause profonde qui ne le fasse pas.

Line Gingras
Québec

«Aggiornamento au PQ» : http://www.ledevoir.com/2007/06/28/148786.html
Banque de dépannage linguistique : http://66.46.185.79/bdl/gabarit_bdl.asp?Th=3&id=2628
Le français au micro : http://www.radio-canada.ca/radio/francaismicro/description.asp?ID=1622&CAT=D&leid=569&lacat=d

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jeudi 28 juin 2007

Canada Pension Plan

Régime de pensions du Canada; Canada Pension Plan.

  • Par ailleurs, on sait peu de chose des motifs qui ont poussé la Caisse de dépôt et placement du Québec et Onex à se retirer à leur tour d'un des quatre autres consortiums en lice, celui dirigé par le Canada Pension Plan (CPP). (Jean-Robert Sansfaçon.)

Les Canadiens qui travaillent dans une autre province que le Québec cotisent tous au Régime de pensions du Canada (RPC). Les deux appellations, l'anglaise et la française, sont officielles.

Line Gingras
Québec

«Pour qui sonne Bell?» : http://www.ledevoir.com/2007/06/27/148646.html

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mercredi 27 juin 2007

Son devoir de harcèlement

  • Son club lui reprochait d'avoir manqué à son devoir de loyauté, de harcèlement moral sur un joueur et d'indiscrétions auprès de clubs adverses. (L'Équipe, avec AFP.)

On lui reprochait [à Jacky Bonnevay] d'avoir manqué... à son devoir de harcèlement? Bien entendu, ce n'est pas ce que les journalistes ont voulu dire; c'est pourtant ce qu'ils ont écrit.

Les compléments de harcèlement et d'indiscrétions ont tout l'air de se rapporter au nom devoir, déjà doté du complément de loyauté, dont la forme est semblable; en fait, ils se rattachent selon la logique au verbe reprochait, auquel ils ne peuvent pas, toutefois, se raccorder grammaticalement.

Chacun sait qu'on ne reproche pas de harcèlement ni d'indiscrétions : reprocher appelle un complément d'objet direct - on reproche quelque chose à quelqu'un. La préposition de qui précède le premier complément, le verbe avoir manqué, n'a d'autre rôle que d'introduire l'infinitif; elle disparaîtrait devant un nom : Son club lui reprochait son manque de loyauté.

Comment restructurer la phrase? Je proposerais :

Son club lui reprochait d'avoir manqué à son devoir de loyauté, (d'avoir) exercé du harcèlement moral sur un joueur et (d'avoir) commis des indiscrétions auprès de clubs adverses.

Line Gingras
Québec

«Foot - L2 - Angers doit dédommager Bonnevay» : http://www.lequipe.fr/Football/breves2007/20070626_233948Dev.html

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mardi 26 juin 2007

Distraction

  • L'idée de faire assumer aux cinq chanteurs de White Sound (Suzie LeBlanc, Catherine Webster, Matthew White, Charles Daniels, Nathaniel Watson) les parties chorales est esthétiquement élégant, même s'il est historiquement douteux... (Christophe Huss.)

On a perdu le fil, peut-être à la suite d'une correction.

Line Gingras
Québec

«Concerts classiques - Un dimanche recueilli» : http://www.ledevoir.com/2007/06/26/148517.html

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lundi 25 juin 2007

Elle s'est demandée

Se demander; accord du participe passé du verbe pronominal; verbe accidentellement pronominal; pronominal réfléchi; grammaire française; syntaxe du français; orthographe d'accord.

  • ... la ministre des Finances [...] s'est demandée si les partis d'opposition avaient «un sens des responsabilités», compte tenu du coût d'une élection. (Antoine Robitaille et Robert Dutrisac.)

Se demander est un verbe accidentellement pronominal, c'est-à-dire qui ne s'emploie pas toujours à la forme pronominale; et c'est un pronominal réfléchi, du fait que le sujet et le pronom réfléchi désignent la même personne. Avec quoi s'accorde le participe passé, en pareil cas? Pas avec le sujet, mais avec le complément direct, s'il précède le verbe. La ministre a demandé qui ou quoi? Elle a demandé si les partis d'opposition avaient «un sens des responsabilités»... Le complément direct est placé après le verbe (et en outre c'est une proposition) : le participe passé doit rester invariable.

Quant au pronom réfléchi, s', il répond à la question à qui? - et ne commande donc pas l'accord.

Line Gingras
Québec

«L'opposition rejette le budget» : http://www.ledevoir.com/2007/05/25/144738.html

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dimanche 24 juin 2007

Dans le bien du parti

Dans son bien; dans ton bien; pour son bien; pour ton bien.

  • Ils n'ont jamais noté chez lui la moindre trace d'une abnégation qui le mènerait à s'effacer volontairement dans le bien du parti... (Michel David.)

On dit ou on écrit dans l'intérêt de quelqu'un ou d'un groupe, mais pour le bien de :

C'est pour son bien. (Petit Robert et Trésor de la langue française informatisé.)

On pose des bornes, on mesure, on administre, et on vaccine pour le bien des populations. (Sarraute, dans le Lexis.)

Monsieur David aurait pu choisir l'un ou l'autre tour :

... une abnégation qui le mènerait à s'effacer volontairement dans l'intérêt du parti...

... une abnégation qui le mènerait à s'effacer volontairement pour le bien du parti...

Line Gingras
Québec

«Une touchante loyauté» : http://www.ledevoir.com/2007/06/07/146528.html

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samedi 23 juin 2007

Construction du gérondif

Gérondif; sujet implicite du gérondif; se sentir, verbe attributif; grammaire française; syntaxe du français; orthographe.

  • C'est en reconnaissant l'apport indéniable des aînés qu'ils se sentiront davantage membre à part entière de cette société qu'ils ont façonnée durant tant d'années. (Marguerite Blais, ministre responsable des Aînés.)

Se sentir étant un verbe attributif (ils se sentiront = ils auront le sentiment d'être), membre doit s'accorder avec le sujet, ils : ... ils se sentiront davantage membres à part entière...

* * * * *

La phrase à l'étude serait mieux structurée si le gérondif, en reconnaissant, avait pour sujet (implicite) celui du verbe dont il est complément circonstanciel. (Voir à ce propos Le bon usage, douzième édition, paragraphe 328.) Comment faire en sorte que les aînés se sentent davantage membres à part entière de la société? En reconnaissant leur apport indéniable, d'après la ministre. Je suggérerais donc :

C'est en reconnaissant l'apport indéniable des aînés qu'on les amènera à se sentir davantage membres à part entière...

C'est en reconnaissant l'apport indéniable des aînés qu'on leur permettra de se sentir davantage membres à part entière...

Line Gingras
Québec

«Les conditions de vie des aînés» : http://www.ledevoir.com/2007/06/22/148144.html?fe=1330&fp=127439&fr=27427

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vendredi 22 juin 2007

Trop vieilles, les personnes âgées?

Personnes aînées; personnes âgées; aînés; euphémisme.

  • Mon mandat est de créer les conditions favorisant l'engagement et la valorisation des personnes aînées et de protéger celles qui sont en perte d'autonomie. (Marguerite Blais, ministre responsable des Aînés.)
  • Les conditions de vie des personnes aînées constituent à la fois un enjeu de société et une responsabilité qui nous interpelle tous.

Madame Blais utilise huit fois, dans son texte, le nom aînés - ce qui ne l'empêche pas d'employer le terme personnes aînées dans les deux phrases ci-dessus. Sans doute faut-il la féliciter pour ce louable souci de varier le vocabulaire, mais pourquoi se prive-t-elle de l'expression personnes âgées? Serait-ce une maladie honteuse d'avancer en âge?

Je m'étonne, devant cette manifestation de pudeur extrême, que la ministre ose évoquer une réalité aussi pénible que la perte d'autonomie.

Line Gingras
Québec

«Les conditions de vie des aînés» : http://www.ledevoir.com/2007/06/22/148144.html?fe=1330&fp=127439&fr=27427

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jeudi 21 juin 2007

En autorité de

En autorité de faire quelque chose; être en autorité de faire quelque chose.

  • Il a affirmé ce matin qu'on ne peut tolérer que des gens se fassent agresser et que personne ne réagisse, en particulier ceux qui sont en autorité de le faire. (PC.)

Je ne trouve l'expression en autorité, ou en autorité de, dans aucun des quinze ouvrages consultés (dictionnaires généraux et ouvrages de difficultés). Le Petit Robert consigne avoir autorité pour faire quelque chose :

Il a affirmé ce matin qu'on ne peut tolérer que des gens se fassent agresser et que personne ne réagisse, pas même ceux qui ont autorité pour le faire.

Line Gingras
Québec

«Incident dans le métro : le SPVM sommé de clarifier la situation» : http://www.cyberpresse.ca/article/20070620/CPACTUALITES/70620067/6488/CPACTUALITES

Posté par Choubine à 06:03 - Langue et traduction - Commentaires [0] - Permalien [#]