Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

jeudi 10 août 2006

Subventionner un budget

Subventionner un budget; usage.

  • Seulement le tiers de son budget de fonctionnement sera subventionné par l'agence de santé et des services sociaux régionale. (Félix-Antoine Lorrain.)

Je lis dans le Petit Robert qu'une subvention, c'est une «aide que l'État, qu'une association (de droit public ou privé) accorde à un groupement, une entreprise, une association» (c'est moi qui souligne); je vois encore, dans le Multidictionnaire, que cette aide peut également être fournie à une personne. D'après les exemples consignés dans ces deux ouvrages de même que dans le Lexis et le Trésor de la langue française informatisé, on peut subventionner, c'est-à-dire «aider financièrement, soutenir par une subvention» (Petit Robert), des collectivités, des organismes, des institutions, des établissements, des écoles, des théâtres; on peut aussi subventionner une recherche, une étude, une mission d'études.

Le Trésor signale un emploi qui relève de l'économie et de la finance - «Accorder une subvention économique pour un produit, un service» :

Réajuster les prix payés aux producteurs, tout en subventionnant les denrées de première nécessité afin de maintenir les tarifs au plus bas... (De Gaulle.)

Aucune des définitions, aucun des exemples que donnent les ouvrages consultés ne me permet de croire qu'il soit correct d'écrire subventionner un budget. Je proposerais :

Seulement le tiers de ses dépenses de fonctionnement seront prises en charge ou sera pris en charge par l'agence de santé et des services sociaux régionale.

Le tiers seulement des sommes nécessaires à son fonctionnement viendra ou viendront de l'agence...

Le tiers seulement des sommes nécessaires à son fonctionnement sera fourni ou seront fournies par l'agence...

Line Gingras

«Vivre ses derniers jours dans la dignité» : http://www.ledevoir.com/2006/08/09/115529.html

Posté par Choubine à 06:13 - Langue et traduction - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

    Je ne connais pas du tout les règles publiques ou privées du Canada en matière comptable. Mais en France, on distingue plusieurs choses. Un projet ou une activité peuvent être (co)financés par les pouvoirs publics. La prise en charge, c'est le fait d'assumer à la fois le financement et les responsabilités comme acteur principal ou maître d'œuvre (l'organisme ou l'institution qui prend en charge reçoit souvent un financement extérieur, par exemple une commune peut prendre en charge mais dépend des financements de l'État, de l'Union, etc.) On peut aussi abonder un budget afin de parvenir à un équilibre, l'exemple le plus classique est celui des centimes additionnels en matière d'impôt. Mais c'est seulement du droit français et de manière très sommaire.

    Posté par Dominique, jeudi 10 août 2006 à 08:32
  • Merci, Dominique; vos précisions sont intéressantes. Dans l'exemple que je propose, il s'agit toutefois de prendre en charge des dépenses, et non pas une entreprise, une activité ou un projet.

    J'ai ajouté deux autres formulations possibles.

    Posté par Choubine, jeudi 10 août 2006 à 13:44

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