Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

mercredi 12 juillet 2006

Ils mériteraient de faire un effort

Mériter; rendu public, accord; orthographe; usage.

  • ... l'enquête de Statistique Canada, dont les résultats ont été rendu_ publics hier. (Fabien Deglise.)

Rendre public ne forme pas une locution invariable; les deux éléments prennent la marque du féminin ou du pluriel, s'il y a lieu. Dans le cas présent, le verbe rendre est employé avec l'auxiliaire être; son participe passé s'accorde donc, tout comme l'adjectif attribut public, en genre et en nombre avec le sujet du verbe : les résultats ont été rendus publics.

* * * * *

  • Par ailleurs, la province se distingue aussi avec 53,5 % des répondants de la province qui affirment manger des plats préparés à la maison...

On peut facilement éviter la répétition : le complément de la province est superflu.

* * * * *

  • C'est qu'avec une consommation de fruits et légumes évaluée à 4,96 portions, selon les données de Statistique Canada, ils mériteraient, croit la diététiste, de faire un effort supplémentaire pour atteindre les 5 à 10 portions recommandées actuellement par le Guide alimentaire canadien.

Mériter, en parlant d'une personne, c'est «être digne d'une récompense ou passible d'un châtiment» (Multidictionnaire) :

Que faisons-nous pour mériter un tel honneur? (Bazin, dans le Lexis.)

Je ne suis pas sûr de mériter ce reproche. (Mauriac, dans le Lexis.)

Il avait mérité la maison de correction. (Aragon, dans le Petit Robert.)

M. Noyer inscrivait les notes méritées par ce mauvais élève. (Green, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

Il mérite qu'on ait pour lui des égards. (Hanse et Blampain.)

Cet élève mérite de réussir. (Petit Robert.)

Dans la phrase à l'étude, le verbe n'est pas utilisé dans ce sens : faire un effort pour manger davantage de fruits et de légumes, ce n'est ni une récompense ni un châtiment, même si certains n'aiment peut-être pas les carottes ou les choux de Siam. On a voulu dire plutôt devoir, avoir avantage à, avoir intérêt à :

C'est qu'avec une consommation de fruits et légumes évaluée à 4,96 portions [...] ils auraient avantage, croit la diététiste, à faire un effort supplémentaire...

Line Gingras

«Le goût du gras» : http://www.ledevoir.com/2006/07/07/113178.html

Posté par Choubine à 04:42 - Langue et traduction - Commentaires [3] - Permalien [#]

mardi 11 juillet 2006

Des révolutions oranges

Orange, accord de l'adjectif de couleur; accord du participe passé employé avec l'auxiliaire avoir.

  • L'année n'avait que quelques heures à peine que Moscou interrompait son approvisionnement en gaz naturel de l'Ukraine parce que celle-ci rechignait à des hausses de prix, et peut-être bien aussi pour lui apprendre à faire des révolutions oranges sans son autorisation. (Éric Desrosiers.)

D'après le Petit Robert, le Multidictionnaire et le Hanse-Blampain, orange, adjectif de couleur, est invariable.

On pourrait toujours changer de teinte - avec une révolution verte on serait tranquille, et on prouverait en outre, s'il en est besoin, que l'Ukraine, au même titre que le Québec, est une société distincte, que dis-je une nation (faudrait pas lui imposer la poutine, quand même) -, mais ce n'est pas de mon ressort.

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  • ... on ne pouvait pas ne pas penser que ces feux d'artifice auraient saluer aussi le départ du maestro Zidane... (Pierre Foglia.)

Monsieur Foglia a-t-il voulu écrire auraient saluer? Je constate qu'il a employé seulement l'auxiliaire avoir, ce qui exclut la forme infinitive - ainsi qu'on le voit très bien si l'on remplace saluer par un verbe en -ir :

Ces feux d'artifice, en d'autres temps, auraient réjoui les admirateurs de Zidane. (Exemple forgé.)

* * * * *

  • Quels calculs, quelles supputations ont-ils fait_, l'un et l'autre?

Ils ont fait quoi? des supputations, des calculs. Le participe passé employé avec l'auxiliaire avoir, on le sait, s'accorde en genre et en nombre avec le complément d'objet direct, si celui-ci précède le verbe :

Quels calculs, quelles supputations ont-ils faits, l'un et l'autre?

Line Gingras

«Perspectives - Le mauvais élève» : http://www.ledevoir.com/2006/07/10/113292.html?338
«La défaite de Zidane» : http://www.cyberpresse.ca/article/20060710/CPSPORTS/60710006/0

Posté par Choubine à 02:49 - Langue et traduction - Commentaires [9] - Permalien [#]

lundi 10 juillet 2006

Un membership, et pas d'effectif?

Membership; anglicisme; accord du verbe avec son sujet accompagné d'une précision entre virgules; grammaire française; syntaxe du français.

  • En effet, Le Devoir a appris que le Parti conservateur (PC) a doublé son membership dans la province depuis six mois... (Alec Castonguay.)
  • ... le Parti conservateur est aujourd'hui aux trousses du Parti libéral du Canada (PLC) en ce qui concerne le membership.

Je ne trouve membership ni dans le Lexis, ni dans le Petit Robert (2003), ni dans le Trésor de la langue française informatisé. Marie-Éva de Villers et Camil Chouinard le signalent comme anglicisme, à remplacer par effectif, nombre de membres; je proposerais également (nombre d')adhérents, (nombre d')adhésions.

Monsieur Castonguay a rédigé un long article; je m'étonne d'y rencontrer à deux reprises l'anglicisme membership, et pas une seule fois, sauf erreur, le terme français effectif; à maintes reprises le mot membres, et pas une seule fois, si je ne me trompe, les noms adhérents ou adhésions (j'ai seulement relevé un emploi du verbe adhérer, dans les propos d'un militant).

* * * * *

  • Certaines circonscriptions, notamment dans la région de Québec, ont une barre plus haute à atteindre - environ 1000 nouveaux membres - compte tenu du fait qu'ils renferment des députés et des ministres.

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  • La circonscription de Chicoutimi-Le Fjord, collée sur le comté du ministre Jean-Pierre Blackburn, dans Jonquière-Alma, est une de celle_-là.

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  • Seuls les comtés bloquistes de Manicougan, avec le député Gérard Asselin, et de Rimouski-Neigette, avec Louise Thibault...

Monsieur Asselin est député de Manicouagan.

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  • Le sud de Montréal, notamment Beauharnois-Salaberry et Chambly-Borduas, font aussi partie des cibles conservatrices.

Le sujet de la locution verbale faire partie, c'est le sud de Montréal; le syntagme qui suit ne fait qu'ajouter une précision, entre virgules.

Line Gingras

«Un PC de plus en plus présent au Québec» : http://www.ledevoir.com/2006/07/10/113341.html

Posté par Choubine à 02:20 - Langue et traduction - Commentaires [0] - Permalien [#]

dimanche 9 juillet 2006

Les candidats au martyr

Martyr et martyre; orthographe d'usage.

Martyre du devoir.

Ainsi me définirais-je à l’instant même si je comparaissais devant saint Pierre au lieu de me retrouver, comme devant, devant mon ordinateur. Et dire que Baïlili, lectrice exigeante par qui le désir de me lancer dans la périlleuse aventure arriva, n’en aurait jamais rien su.

Raconte-nous des histoires, qu’elle m’a demandé, Baïlili.

J’aurais pu commencer par des récits d’enfance; en fouillant un peu j’en trouverais tout plein dans le champ de foin de la mémoire, et puis j’aime bien l’odeur de l’herbe et celle des teignes, et le fracas de la rivière dévalant la montagne; mais à la longue ça fait vieillir d’emprunter si souvent le p’tit rang croche et son chemin de gravelle. Et puis c’est un peu facile, ça ne demande pas de déplacement réel, alors que je voulais du neuf : un vrai défi avec l’ignorance totale de ce que j’allais trouver à écrire, de l’exercice pour les jambes qui s’ankylosent, de l’air frais. On a des ambitions de chroniqueuse ou on n’en a pas. Donc, mes traductions finies, j’ai pris l’autobus pour le Vieux-Québec. Aux alentours de 22 h.

Je savais qu’il y aurait foule : nous sommes en plein Festival d’été. Spectacle sur les plaines d’Abraham; autre spectacle à la place d’Youville. J’ignore qui, je ne veux pas savoir quoi. Un vacarme ignoble, de toute façon. Une foule compacte et hurlante qui a failli me faire fuir dans les rues tranquilles. Ah! oui, j’ai été grandement tentée, une fois franchie la porte Saint-Jean – et cela non sans mal –, de grimper la rue Sainte-Ursule, par exemple, qui m’aurait conduite à la rue Sainte-Anne, ou à la rue Sainte-Geneviève. Là j’aurais été à peu près seule; le bruit aurait été supportable.

Me fallait un sujet.

J’ai fini par sortir de la Maison de la presse internationale, où je n’ai pas trouvé le Trente de juillet; puis de chez Archambault, où je n’ai pas acheté le dernier Vargas, dans une édition trop chère. J’ai fendu la foule. Les yeux alternativement sur la lune jaune et sur les autres promeneurs, pas foutus de regarder où ils marchaient, je suis montée jusque sur la Terrasse, voir le fleuve. J’ai mangé une glace. Pris la rue Saint-Louis. Descendu la rue Sainte-Ursule.

Le spectacle était fini ou interrompu, mais la foule était toujours là, qui regardait vers la scène vide. Dans les haut-parleurs, de l'inusité : le Boléro de Ravel. Je me suis retournée; des fils étaient tendus au-dessus de la place; là-haut, une chose blanche, comme une voile, bougeait, semblait avancer dans ma direction. Je l'ai fixée. C’était un – ou une – funambule, dont on voyait les jambes à travers une jupe transparente. Mon premier funambule ailleurs qu’à la télévision. Sans filet. Avec cette longue jupe flottant dans la brise.

J’étais un peu en retrait; cinq ou six garçons sont arrivés derrière moi : «Funambule, somnambule! Crisse de malade, tu vas te tuer! Ha ha ha!»

Le numéro s’est poursuivi, s’est terminé sans accroc. L’équilibriste a mis le pied sur le toit éclairé d’un immeuble. La foule a applaudi, poussé des acclamations; j’ai respiré.

À peine étions-nous partis que, dans l’autobus bondé, deux jeunes hommes ont commencé à se battre. «Arrête-toué tout de suite, maudit niaiseux! Arrête l'autobus!» Hurlait-on de toute part au chauffeur, qui a mis plusieurs minutes à comprendre.

Il a ouvert la porte de côté, a attrapé le plus enragé des combattants, l’a sorti de l’autobus. Nous sommes repartis.

Et c’est ainsi que je ne suis pas morte écrasée.

* * * * *

  • Même dans la mouvance terroriste islamiste, la cause palestinienne est passée au second rang derrière les deux pays occupés par les Occidentaux. Elle fait de moins en moins recette pour ce qui est des candidats au martyr_. (Gil Courtemanche.)

Comme le font observer Hanse et Blampain, «un martyr (ou une martyre) souffre le martyre».

Line Gingras

«La démesure, l'aveuglement et le silence» : http://www.ledevoir.com/2006/07/08/113243.html

Posté par Choubine à 04:11 - Petite chronique dominicale - Commentaires [7] - Permalien [#]

samedi 8 juillet 2006

Accepter l'acceptable

  • Au contraire, la formule actuelle, qui consiste à forcer chaque entreprise qui obtient un contrat d'installation d'éoliennes à négocier avec les intervenants d'une région et les propriétaires des terres, risque d'aboutir à des résultats plus acceptables. En dernier recours, Hydro-Québec peut refuser un projet qui ne serait pas jugé acceptable.

    En fait, le problème n'est pas de savoir qui, d'Hydro-Québec ou de l'entreprise privée, est le mieux placé pour faire accepter un projet de parc éolien mais plutôt qui est prêt à accepter la présence permanente de moulins à vent au sommet de ses montagnes et moyennant quel prix.
    (Jean-Robert Sansfaçon.)

Essayons d'éliminer les répétitions :

... risque d'aboutir à des résultats plus acceptables. En dernier recours, Hydro-Québec peut refuser un projet qui serait jugé inadmissible.

... qui [...] est le mieux placé pour faire adopter un projet de parc éolien, mais plutôt qui est prêt à tolérer la présence permanente...

Line Gingras

«Qui est le plus écolo?» : http://www.ledevoir.com/2006/07/07/113182.html

Posté par Choubine à 04:13 - Ni fleurs ni couronnes - Commentaires [0] - Permalien [#]

vendredi 7 juillet 2006

Négocier avec le groupe des six?

  • Bien des voix influentes aux États-Unis jugent qu'en agissant comme elle l'a fait, la Corée du Nord a voulu réitérer sa ferme volonté de négocier directement une sortie de crise avec les États-Unis et non plus avec le groupe des six (Russie, Japon, Chine, les deux Corées et les États-Unis). (Serge Truffaut.)

La Corée du Nord a bien raison de ne plus vouloir négocier avec le «groupe des six», dont elle fait partie. Je proposerais :

... sa ferme volonté de négocier une sortie de crise directement avec les États-Unis, et non plus avec tous ses partenaires du groupe des six (Russie, Japon, Chine, Corée du Sud et États-Unis).

Line Gingras

«Le tir coréen» : http://www.ledevoir.com/2006/07/06/113074.html

Posté par Choubine à 00:02 - Ni fleurs ni couronnes - Commentaires [1] - Permalien [#]

jeudi 6 juillet 2006

«Mon pays, ce n'est pas un pays*»

  • Il faut savoir que les phytocides sont interdits d'usage en forêt publique depuis 2001 au Québec, qui est d'ailleurs le seul gouvernement au Canada à l'avoir fait. (Alain Castonguay, rédacteur en chef du journal Le Monde forestier.)

Les phytocides sont interdits d'usage en forêt publique, où cela? - Au Québec, complément circonstanciel de lieu désignant le territoire du Québec, et non pas le gouvernement.

J'ai abordé il y a une semaine la question de l'emploi de faire comme verbe substitut. Dans le cas présent, on ne saurait mettre en parallèle une construction active - un gouvernement qui a fait quelque chose - et un tour passif, où il est question de produits qui sont interdits.

Comment résoudre ces deux difficultés? Je proposerais :

Il faut savoir que le Québec interdit l'usage des phytocides en forêt publique depuis 2001; c'est d'ailleurs le seul gouvernement à le faire au Canada.

* * * * *

  • Mais si le Québec cessait demain matin de couper des arbres en forêt, d'autres pays continueraient de le faire.

Je ne voudrais chagriner personne, mais il faudrait tout de même s'en rendre compte : le Québec n'est pas un pays, au sens politique du terme.

Par ailleurs, le verbe faire est correctement utilisé, ici, comme substitut de couper.

* * * * *

  • Ce projet est issu de la réflexion d'un ingénieur forestier, Daniel Bélanger, de la Société d'exploitation des ressources de La Neigette, qui a vu dans ce projet de remise en forme un bon moyen de valoriser les métiers de la forêt.

Pour éviter une répétition pas très heureuse : ... qui y a vu un bon moyen... ou ... qui a vu un bon moyen...

Si le contexte n'était pas assez clair, on pourrait conserver le syntagme de remise en forme :

Ce projet de remise en forme est issu de la réflexion d'un ingénieur forestier, Daniel Bélanger, de la Société d'exploitation des ressources de La Neigette, qui a vu là un bon moyen de valoriser les métiers de la forêt.

Line Gingras

* Gilles Vigneault

«Viser la cible, mais la bonne!» : http://www.ledevoir.com/2006/07/05/112938.html

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mercredi 5 juillet 2006

Être incline à voter

Incliner à; être enclin à; usage.

  • Avec Boucherville qui semblait être incline à voter avec Longueuil, les dissidents n'avaient d'autre choix que de se ranger ou de provoquer une absence de quorum. (Bernard Descôteaux.)

On incline à quelque chose, ou à faire quelque chose, mais on est enclin à... :

J'incline à penser qu'il a raison. (Petit Robert.)

Selon une autre tradition, il inclinait au métier de brigand. (Camus, dans le Lexis.)

Plus enclin à regarder qu'à juger. (Martin du Gard, dans le Petit Robert.)

Des bourgeois qui tiraient leurs femmes et leurs filles loin des soldats un peu trop enclins à la plaisanterie. (Aragon, dans le Lexis.)

Je note par ailleurs, dans le Petit Robert, que enclin à signifie «porté, par un penchant naturel et permanent, à».

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Contents-contents

  • Sur les bons de commande, qui seront surtout envoyés à des compagnies américaines, figurent des camions, des avions, des hélicoptères, des navires, des équipements d'appoint... De quoi rendre heureux toute la machine militaire. (Alec Castonguay.)

Oui, je le sais bien, que les militaires seront contents-contents de leurs nouveaux joujoux. Mais dans la phrase à l'étude, c'est la machine militaire, en principe, qui est heureuse.

Line Gingras

«Les maires grévistes» : http://www.ledevoir.com/2006/07/05/112951.html
«Des achats en rafale» : http://www.ledevoir.com/2006/07/01/112808.html

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mardi 4 juillet 2006

Accéder dans les facultés

Accéder dans, accéder à; choix de la préposition introduisant le complément du verbe accéder; grammaire française; syntaxe du français.

  • Comment expliquer le décrochage universitaire des étudiants de chez nous qui accèdent en masse dans nos facultés... (Denise Bombardier.)

Ainsi que le font observer le Multidictionnaire et le Trésor de la langue française informatisé, accéder, au sens d'«avoir accès dans un lieu, pouvoir y pénétrer» (Petit Robert), introduit toujours son complément par la préposition à, «ou une construction équivalente, indiquant le terme du mouvement» (Trésor) :

On accède au grenier par une échelle. (Petit Robert.)

Le perron par où on accédait au corps principal de l'école. (Mauriac, dans le Petit Robert.)

... elle fit entrer le chanoine dans un boudoir étroit auquel on n'accédait que par le salon... (Gide, dans le Trésor.)

La même règle s'applique lorsque le verbe est employé au figuré, avec un complément désignant «un but difficile à atteindre» (Trésor) :

Accéder à de hautes fonctions. (Lexis.)

Est-il donc possible aux étudiants d'accéder en masse à l'Université? On ironisait, sans doute.

Line Gingras

«À distance» : http://www.ledevoir.com/2006/06/17/111846.html

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lundi 3 juillet 2006

La pire équation

Être d'accord avec quelque chose; grammaire française; syntaxe du français.

  • Pourquoi l'Alberta et l'Ontario seraient-ils d'accord avec une formule plus équitable mais qui ne leur rapporterait rien? De toute façon, le principe de la péréquation est inscrit dans la Constitution, et c'est à Ottawa qu'il revient d'en fixer les paramètres. (Jean-Robert Sansfaçon.)

D'après ce que je vois dans le Multidictionnaire, le Hanse-Blampain, le Petit Robert, le Lexis et le Girodet, on est d'accord (avec quelqu'un) sur quelque chose ou à propos de quelque chose. Aucun de ces ouvrages n'introduit le complément de chose au moyen de la préposition avec. Cependant, le Trésor de la langue française informatisé explique ainsi le sens de l'expression familière d'accord :

Je suis d'accord (avec ce que vous affirmez ou proposez).

Il me semble donc que l'on ne doit pas tenir pour incorrecte la construction être d'accord avec quelque chose. Tout de même j'hésiterais, personnellement, à l'employer dans la langue écrite. Peut-être aurait-on pu la remplacer, dans l'exemple qui nous occupe, par un verbe comme accepter, souscrire (à).

Line Gingras

«Plus ça change...» : http://www.ledevoir.com/2006/06/30/112744.html

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