Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

lundi 24 juillet 2006

Comment ça coûte?

Comment ou combien; comment ça coûte ou combien ça coûte; à coup de ou à coups de; grand-frère; la proposition relative explicative et la virgule; usage; orthographe; ponctuation.

  • Comment ça coûte, une guerre, quand elle débarque chez vous? (Éric Desrosiers.)

Comment est un adverbe de manière, et non pas un adverbe de quantité. J'ai déjà entendu comment ça coûte, mais il me semble que c'était dans la langue populaire; l'emploi comme adverbe de quantité ne figure même pas dans le Petit Robert (édition 2003). Normalement, on demande combien ça coûte.

  • Son centre-ville, rebâti à coup de milliards ces dix dernières années, et hier encore bourdonnante d'activités, a des allures de ville fantôme.

C'est le centre-ville, d'après la structure de la phrase, qui était bourdonnant d'activités. Je mettrais par ailleurs activité au singulier, mais le pluriel ne me paraît pas condamnable.

D'après le Hanse-Blampain, on écrit à coups de (et non pas à coup de) :

À coups de bâton, à coups de dictionnaire.

Le Petit Robert reçoit cependant les deux graphies, sans établir de distinction :

Il se maintient à coup de médicaments.

Les universités se disputent les professeurs à coups de billets de banque. (Duhamel.)

Et je lis dans le Girodet un point de vue différent des deux premiers : «Au sens figuré, on écrira traduire un texte à coups de dictionnaire (en se servant souvent du dictionnaire), mais acquérir quelque chose à coup de billets de banque, à coup de dollars

J'écrirais à coups de, mais je ne pense pas que l'on puisse refuser le singulier.

  • Il faut dire que l'on reçoit un sérieux coup de pouce du grand frère américain_ qui donne en moyenne chaque année deux milliards en aide, dont les deux tiers en assistance militaire.

On écrit grand-frère, avec un trait d'union. Et comme il n'y a qu'un seul grand-frère américain, la subordonnée relative qui suit ne sert pas à désigner celui dont il est question, à le distinguer d'un autre grand-frère américain, moins généreux - ce serait dans ce cas une subordonnée relative déterminative -, mais à expliquer ce qu'on entend par le segment de phrase qui précède; il s'agit donc d'une subordonnée relative explicative, laquelle doit être précédée de la virgule.

Line Gingras

«Perspectives - Le prix de la guerre» : http://www.ledevoir.com/2006/07/24/114323.html?338

Posté par Choubine à 05:30 - Langue et traduction - Commentaires [0] - Permalien [#]

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