Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

dimanche 23 juillet 2006

Du paradis

Grands Feux; chutes Montmorency; chute Montmorency; feux d'artifice; compétition pyrotechnique; spectacle de l'Italie.

Je reviens du paradis.

D’abord, il faut vous dire que mon amie Léone, toute la semaine, a suivi de près la situation météorologique : c’est que nous voulions voir le premier des Grands Feux de cette année, aux chutes Montmorency* – mais qu’un spectacle de pétards mouillés, ça ne nous attirait pas. Or, vendredi soir, au moment où nous devions réserver nos sièges, on annonçait des nuages, rien de plus.

Samedi, jour J, c’était pluvieux.

Après un nouveau pique-nique, sous un feuillage abondant qui nous a dispensées d’ouvrir nos parapluies (Léone avait rempli des thermos de soupe aux gourganes, et c’était de la vraie soupe aux gourganes du Lac Saint-Jean qui avait mijoté toute la nuit dernière), nous nous sommes lancées dans l’aventure.

L’autobus nous a laissées dans ce que j’appellerai, parce que ça décrit la chose assez fidèlement, un grand champ de boue. Contrôle des billets, contrôle de sécurité – un peu fantaisiste, celui-là. Un jeune homme s’égosille à donner des instructions aux arrivants. Finalement nous trouvons nos places, nous nous installons; on demande à tout le monde de fermer les parapluies. Nous sortons nos sacs de poubelle. On nous fait lever pour l’hymne national de l’Italie. Pendant ce temps-là, nos sièges reçoivent l’averse. Nous nous rasseyons enfin. Un jeune garçon passe avec des bouteilles d’eau, de limonade. Pauvre petit. Dix, neuf, huit...

Que dire.

Heureusement qu'y mouillait pas à siaux, ou à bouère deboutte, parce que je me serais étouffée. Jamais je ne saurai exprimer la poésie des artificiers, l’humilité et la grandeur de leur prière à la beauté.

À un certain moment, parmi toutes ces boules de feu, ces fusées, ces fontaines jaillissantes, ces serpents incandescents, ces nuées de lucioles, ces tulipes, ces marguerites et je ne sais quelles autres fleurs, et cela présenté non pas pêle-mêle, comme j’en donne l’impression, mais avec l’art nécessaire pour ajouter à la musique et aux paroles, pour rendre hommage à la noblesse du lieu, il s'est produit comme un silence; on a dirigé des projecteurs sur la chute principale, le Grand Sault. Tout là-haut, des flammes de différentes couleurs se sont élevées, se sont penchées l’une vers l’autre, comme pour se rejoindre. Et au-dessus de l’énorme masse d’eau, une chute de lumière est apparue.

Il a plu, modérément, pendant tout le spectacle d’une demi-heure, que le public a suivi avec recueillement. Il a fallu retraverser le champ de boue. Comme je l’avais prédit, à notre retour à Québec la pluie avait cessé.

Mais quelle soirée.

* http://fr.wikipedia.org/wiki/Chutes_Montmorency

Line Gingras

Posté par Choubine à 06:57 - Petite chronique dominicale - Commentaires [5] - Permalien [#]