Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

jeudi 20 juillet 2006

Loger un appel

Loger un appel; plan de contingence; présentement; anglicisme; calque; régionalisme; usage.

  • ... des appels logés par les Canadiens depuis le Liban... (Bernard Descôteaux.)

Qu'il soit question d'un appel en justice ou, comme c'est le cas ici, d'un appel téléphonique, on commet un anglicisme, selon Marie-Éva de Villers, en utilisant le tour loger un appel. De fait je ne vois rien dans le Petit Robert, à l'article «loger», qui autorise cet emploi.

  • Toutes les grandes entreprises ont ce qu'on appelle des plans de contingence pour parer aux situations qui pourraient interrompre leurs activités.

D'après le Grand dictionnaire terminologique, plan de contingence est un calque de l'anglais. René Meertens, dans son Guide anglais-français de la traduction, propose de rendre contingency plan par plan d'intervention (en cas d'urgence), plan d'urgence, plan de secours; il donne d'ailleurs cet exemple, dont pourrait s'inspirer à l'avenir notre bon gouvernement :

Il existe un plan d'urgence prévoyant l'évacuation de la zone.

  • Présentement, les autorités canadiennes font tous les efforts qu'ils peuvent dans les circonstances.

Je ne vais pas critiquer l'adverbe présentement. Il ne me paraît pas sans intérêt de savoir, toutefois, que son emploi est «courant au Québec», mais «vieilli dans le reste de la francophonie*» (Multidictionnaire).

* Je vous invite à consulter les commentaires pour des observations à ce sujet.

  • Ce n'est pas la première fois que la réaction du gouvernement pour venir en aide à des citoyens canadiens se trouvant en danger à l'étranger tarde à venir.

Je suggérerais :

Ce n'est pas la première fois que le gouvernement tarde à venir en aide à des citoyens canadiens se trouvant en danger à l'extérieur du pays.

  • Dans la situation actuelle, il faut faire la part des choses dans tout ce qui est dit et écrit. Certes, il faut comprendre l'émotion ressentie par ces personnes qui attendent un bateau pour les éloigner de Beyrouth.

Dans la situation actuelle, on doit faire la part des choses...

Line Gingras

«Opération sauvetage» : http://www.ledevoir.com/2006/07/20/114045.html

Posté par Choubine à 03:16 - Langue et traduction - Commentaires [6] - Permalien [#]

Commentaires

    Comme de coutume, j'apprends plein de choses en vous lisant, merci ! Je compte sur vous pour m'expliquer, mais je pense que l'expression " comme de coutume", n'est pas utilisée à bon escient !

    Posté par Xavier, jeudi 20 juillet 2006 à 05:55
  • «Comme de coutume»? Il me semble qu'on peut employer cette expression sans crainte; je la trouve d'ailleurs dans le «Petit Robert», à la fin de l'article «coutume».

    Posté par Choubine, jeudi 20 juillet 2006 à 16:13
  • Présentement rentre souvent dans les blagues ou les sketchs racistes qui mettent en scène des personnes à l'accent africain imité.

    Posté par Dominique, jeudi 20 juillet 2006 à 17:16
  • Donc, il n'y a pas qu'ici...

    Posté par Choubine, jeudi 20 juillet 2006 à 17:19
  • Il suffit de faire une recherche "présentement" + "Michel Leeb". Je n'en dis pas plus car c'est de mauvais goût.

    Posté par Dominique, vendredi 21 juillet 2006 à 10:56
  • Ça me donne presque envie de me mettre à utiliser cet adverbe..., par esprit de solidarité! (Solidarité avec les Africains, je veux dire.)

    Je vois, en tout cas, que son emploi est plus répandu qu'on ne le pense ici.

    Posté par Choubine, vendredi 21 juillet 2006 à 15:17

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