Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

vendredi 30 juin 2006

Des emplois, on veut des emplois

  • Même les données sur l'emploi de mai faisaient ressortir un certain réveil de l'économie intérieure au Québec. L'emploi avait progressé de 30 500 postes le mois dernier, après quatre mois de disette en matière de création d'emplois. (Gérard Bérubé.)

Le contexte est on ne peut plus clair :

L'emploi avait progressé de 30 500 postes le mois dernier, après quatre mois de disette.

Line Gingras

«Perspectives - Morosité québécoise (bis)» : http://www.ledevoir.com/2006/06/29/112655.html?338

Posté par Choubine à 00:56 - Ni fleurs ni couronnes - Commentaires [0] - Permalien [#]

jeudi 29 juin 2006

Faire, verbe substitut

Faire remplaçant un autre verbe; grammaire française; syntaxe du français.

  • Il est vrai qu'en chiffres absolus les dépenses militaires canadiennes ont sensiblement diminué depuis la fin de la guerre froide. Tous les pays de l'OTAN l'ont fait, à commencer par les États-Unis. (Bernard Descôteaux.)

Oui, bien entendu, le verbe faire peut se substituer à un autre verbe qui précède, pour en éviter la répétition. Encore faut-il que les deux membres de phrase puissent être mis en parallèle :

Il est vrai qu'en chiffres absolus le Canada a sensiblement diminué ses dépenses militaires depuis la fin de la guerre froide. Tous les pays de l'OTAN l'ont fait, à commencer par les États-Unis.

Line Gingras

Voir aussi : http://chouxdesiam.canalblog.com/archives/2006/07/06/2242136.html

«Ce n'est qu'un début» : http://www.ledevoir.com/2006/06/28/112517.html

Posté par Choubine à 02:03 - Langue et traduction - Commentaires [1] - Permalien [#]

mercredi 28 juin 2006

Planche à dessins

Planche à dessin; planche à dessins; orthographe.

  • Au total, 120 employeurs, dont le gouvernement, les universités et quelques grosses entreprises privées, ont ainsi dû retourner à leur planche à dessins. (Clairandrée Cauchy.)

Le Petit Robert, le Lexis, le Multidictionnaire et le Jouette, consultés aux articles «planche» et «dessin», ne proposent que la graphie planche à dessin, sans s.

Line Gingras

«y=b0+b1(rang)+b2(rang2)» : http://www.ledevoir.com/2006/06/24/112346.html

Posté par Choubine à 02:40 - Langue et traduction - Commentaires [2] - Permalien [#]

mardi 27 juin 2006

Place du participe passé adjectif

Place du participe passé adjectif.

  • Ensuite, ils ouvriront leurs coffres l'automne venu, mieux garnis que ceux des démocrates, pour financer la fin de la campagne à grands coups de ralliements politiques et de blitz publicitaires. (Guy Taillefer.)

Il serait souhaitable de rapprocher le participe passé adjectif garnis du nom auquel il se rapporte :

Ensuite, l'automne venu, ils ouvriront leurs coffres, mieux garnis que ceux des démocrates...

(Et à la cigale ils ne donneront rien, même pas une vieille cenne nouère pour s'acheter des paparmanes, les séraphins.)

Line Gingras

«Mauvaises nouvelles pour les républicains» : http://www.ledevoir.com/2006/06/24/112348.html

Posté par Choubine à 03:32 - Langue et traduction - Commentaires [1] - Permalien [#]

lundi 26 juin 2006

Prise de becs

Ce pourquoi ou ce pour quoi; pourquoi ou pour quoi; prise de bec ou prise de becs; orthographe.

  • Si le courant semble passer entre les deux hommes, la prise de becs concernant les 328 millions qui étaient destinés au Québec dans le cadre de Kyoto et qui ne seront finalement jamais alloués a toutefois un peu assombri la fin de session. (Alec Castonguay.)

Une prise de bec, c'est une altercation, une querelle, une dispute, un échange de propos vifs. Le Petit Robert, le Lexis, le Multidictionnaire et le Trésor de la langue française informatisé, consultés à l'article «bec», ne donnent que la graphie prise de bec, sans s à bec :

Les discussions, les prises de bec, les engueulades. (Cendrars, dans le Petit Robert.)
Nous avons bien ri de la prise de bec qu'elle a eue avec sa voisine. (Lexis.)

* * * * *

  • C'est que plusieurs mesures bien accueillies dans le reste du pays - ou alors reçu avec indifférence - heurtent une majorité de Québécois.

On est du monde ben r'cevant, aucun doute là-dessus, mais ce n'est pas le reste du pays qui a été reçu - les mesures, plutôt : reçues.

* * * * *

  • «... Les électeurs ont l'impression de jouer un plus grand rôle parce qu'ils ont porté au pouvoir un parti qui fait ce qu'il dit et donc qui réalise ce pourquoi ils ont voté», affirme Jean-Herman Guay.

Pourquoi ont-ils voté pour ce parti? On se doute des raisons pour lesquelles ils l'ont fait - de ce pour quoi ils l'ont fait.

Hanse et Blampain proposent les exemples suivants :

Ils oublient ce pour quoi ils ont été nommés.
Ils oublient pourquoi ils ont été nommés.
(Formulation plus fréquente.)

Dans la phrase à l'étude, il aurait cependant été impossible d'écrire : ... un parti qui fait ce qu'il dit et donc qui réalise pourquoi ils ont voté. Il fallait ce pour quoi.

Line Gingras

«Stephen Harper sur les chapeaux de roues» : http://www.ledevoir.com/2006/06/24/112344.html

Posté par Choubine à 00:28 - Langue et traduction - Commentaires [2] - Permalien [#]

dimanche 25 juin 2006

Connaissances

Ils vivent au coeur du labyrinthe; n'en sortent presque jamais. Le monde vient à eux.

Ils vivent au bord d'un canal. Sur le campiello, devant leur porte, il y a une fontaine, un robinet toujours ouvert. Les pigeons s'y mouillent les pattes. Les chiens, les chats s'y abreuvent. Les femmes y lavent les mains des petits. Des hommes, le jour, se garent tout près; ils grimpent sur la place, saisissent le seau de plastique blanc, en jettent le contenu sur leur barque; vont livrer quelque marchandise; échangent deux mots avec les habitants, repartent.

Le soir, des trains de gondoles promènent les touristes, avec chanteur et accordéon. On ouvre de grands yeux devant la vieille église, la terrasse illuminée, le petit pont de biais. Aux tables de la terrasse, les clients, aussi, regardent. Du haut du pont, on dirait une noce.

Eux, qui tiennent la trattoria familiale et à qui le monde, ainsi, rend visite, vont et viennent avec les napperons à carreaux, les plats de pâtes, les assiettes de pizza, les bouteilles d'eau minérale. Le soir, ils n'ont pas le temps de parler. L'après-midi, à l'heure de fermer, ils se disputent. Souvent des voisins passent entre les tables, en maugréant.

Depuis des années je viens là, manger près de la fontaine. Je suis patiente avec le fils retardé. La petite-fille boudeuse, j'étais sur place la veille de sa naissance, lorsque sa mère - l'une des deux filles de la maison, mais l'autre ne travaille plus à la trattoria - a pris l'ambulance; elle aura, je pense, quatorze ans bientôt. Le père, jadis, a fait escale à Montréal, quand il était marin. La mère, la dernière fois, m'a demandé des nouvelles de la mienne; j'ai dû lui apprendre qu'elle était morte, peu après ma visite précédente.

De simples connaissances. Qui peut-être pensent à moi, là-bas, et ne savent pas mon nom.

Line Gingras

Posté par Choubine à 02:16 - Souvenirs - Commentaires [4] - Permalien [#]

samedi 24 juin 2006

Un député, une...

Député, députée; féminin de député; l'apposition détachée et la virgule; usage; graphie; ponctuation.

  • Malgré toutes ses qualités, la député_ d'Hochelaga-Maisonneuve souffre parfois d'un déficit de méchanceté dans son rôle de chef de l'opposition officielle à l'Assemblée nationale. (Michel David.)

Le Petit Robert et le Multidictionnaire consignent la forme féminine députée. D'après Hanse et Blampain, on peut dire, en parlant d'une femme, le député ou la députée. Je n'ai consulté que ces trois ouvrages; aucun ne recommande la député.

Dans un autre ordre d'idées, «déficit de méchanceté», c'est joliment dit!

* * * * *

  • ... elle fait obstacle au projet gouvernement...
  • ... quand Le Devoir a publié les résultats d'un un sondage...

* * * * *

  • Chaque fois qu'il a voulu soulever une question d'éthique publique, la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget_ lui a remis Oxygène 9 sous le nez.
  • Deux autres députés péquistes, Jacques Côté (Dubuc) et Michel Morin (Nicolet-Yamaska)_ n'ont posé aucune question à l'Assemblée nationale au cours de la dernière session.

Placée au milieu de la phrase, l'apposition détachée doit se mettre entre virgules.

Line Gingras

«Bulletin de l'opposition» : http://www.ledevoir.com/2006/06/20/111981.html?338

Posté par Choubine à 00:02 - Langue et traduction - Commentaires [2] - Permalien [#]

vendredi 23 juin 2006

Il évite toute représailles

Toute représailles; toutes représailles; accord de tout, adjectif indéfini; grammaire française; orthographe d'accord.

  • Le climat entre le gouvernement de Jean Charest et le député de Brome-Missisquoi, Pierre Paradis, demeure très tendu, mais celui qui passe pour un trouble-fête s'en tire indemne pour l'instant et évite toute_ représailles. (PC.)

Tout, lorsqu'il est adjectif indéfini, s'accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte. Dans le cas présent, il doit prendre la marque du féminin et du pluriel, le substantif représailles étant toujours féminin pluriel, d'après le Petit Robert, le Lexis et le Multidictionnaire.

Line Gingras

«Le sort réservé à Pierre Paradis est reporté» : http://www.cyberpresse.ca/article/20060622/CPACTUALITES/60622133/1019/CPACTUALITES

Posté par Choubine à 00:02 - Langue et traduction - Commentaires [0] - Permalien [#]

jeudi 22 juin 2006

Sic

La mention sic.

  • ... il évoque le fait que la faible densité de population des banlieues ne fait pas augmenter «l'encombrement de la circulation ou la pollution de l'air, mais les diluent»... (Guillaume Bourgault-Côté.)

Le verbe doit s'accorder avec son sujet, au singulier. Supposons que la citation soit* reproduite fidèlement : le pluriel est-il fautif, dans le texte d'où elle est tirée? Si oui, on doit signaler la faute par la mention sic. Cette dernière, d'après Le français au bureau (sixième édition), «s'écrit en italique, entre parenthèses ou entre crochets eux aussi en italique»; Le guide du rédacteur recommande plutôt l'emploi des crochets, en romain, pour encadrer la mention en italique :

... ne fait pas augmenter «l'encombrement de la circulation ou la pollution de l'air, mais les diluent [sic]»...

Mais il se peut également que le pluriel soit correct, dans le texte original; en pareil cas, il convient d'apporter la modification voulue par la syntaxe de la phrase où le passage est inséré, et de signaler cette modification par des crochets :

... ne fait pas augmenter «l'encombrement de la circulation ou la pollution de l'air, mais les dilu[e]»...

Line Gingras

* J'emploie ici le subjonctif après supposer que, mais l'indicatif serait également admis, selon Hanse et Blampain, pour conférer à l'hypothèse un plus haut degré de probabilité.

«Vive la banlieue!» : http://www.ledevoir.com/2006/06/21/112121.html

Posté par Choubine à 06:03 - Langue et traduction - Commentaires [0] - Permalien [#]

mercredi 21 juin 2006

Rupture d'anévrisme dû à...

, adjectif; accord de l'adjectif .

  • ... j'ai bien peur que vous vous exposiez vous-mêmes à des ennuis de santé liés à un état d'ahurissement permanent (rupture d'anévrisme dû_ à l'emballement de la pompe [...]). (Jean Dion.)

Rupture d'anévrisme au cerveau... C'est une catastrophe, au sens fort de «malheur effroyable et brusque» (Petit Robert). Je le sais bien, j'ai des amis qui l'ont vécue.

Et si j'en juge d'après l'expérience de mes amis, à quoi je viens d'ajouter de brèves recherches sur la question, l'anévrisme n'est pas causé par une surchauffe émotive; la rupture de l'anévrisme peut l'être, dans certains cas.

Par conséquent, se rapporte à rupture, et non pas à anévrisme; et comme c'est un adjectif variable, il prend la marque du féminin :

... rupture d'anévrisme due à...

Line Gingras

«La coupe du monde vous parle - Une chance qu'il pleuvait» : http://www.ledevoir.com/2006/06/20/111995.html

Posté par Choubine à 00:02 - Langue et traduction - Commentaires [0] - Permalien [#]