Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

dimanche 30 avril 2006

Ni fleurs ni couronnes - Des exceptions de refuser...

  • Si les conservateurs proposent de soumettre à la Loi sur l'accès à l'information 19 entités fédérales qui y échappent, ils créent néanmoins 10 nouvelles exceptions pour le gouvernement de refuser de rendre des documents publics. (PC.)

Je crois qu'on a voulu dire :

[...] 10 nouvelles exceptions que le gouvernement pourra invoquer pour refuser de rendre des documents publics (ou pour tenir des documents confidentiels).

«Le commissaire à l'information s'insurge - John Reid dénonce la culture du secret des conservateurs» : http://www.ledevoir.com/2006/04/29/107975.html

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samedi 29 avril 2006

Une bonne partie de ces élèves...

Partie - une partie de et l'accord du verbe; accord du verbe ayant pour sujet un nom collectif; orthographe d'accord; grammaire française; syntaxe du français.

  • Une bonne partie de ces élèves avaient lu mon conte pour enfants et avait tout compris. (Gil Courtemanche.)

Ainsi que l'expliquent Hanse et Blampain, le verbe ayant pour sujet un nom collectif, comme foule, majorité, multitude, nombre (grand ou petit), partie, quantité, totalité, s'accorde en général avec ce nom si celui-ci n'est pas suivi d'un complément :

La foule se pressait sur la place.

Cependant, si le collectif est suivi d'un complément au pluriel (ou s'il est clair qu'un tel complément est sous-entendu, d'après le contexte qui précède), «c'est le sens ou l'intention qui règlent l'accord ou laissent parfois le choix» :

La foule des curieux fut coupée en deux par le service d'ordre.

Les tribus se révoltèrent, mais bientôt une partie se soumirent. (On aurait pu aussi employer le singulier, à mon avis.)

Dans la phrase qui nous intéresse, on avait la possibilité, en optant pour le singulier ou pour le pluriel, de mettre l'accent soit sur un groupe d'élèves (une bonne partie), soit sur les différents individus qui le composent :

Une bonne partie de ces élèves avait lu mon conte pour enfants et avait tout compris.

Une bonne partie de ces élèves avaient lu mon conte pour enfants et avaient tout compris.

Les deux façons de faire pouvaient se justifier. Mais il fallait en choisir une.

Line Gingras

«Bilingue dans sa propre langue» : http://www.ledevoir.com/2006/04/29/107970.html

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vendredi 28 avril 2006

Sur la colline...

Colline parlementaire; colline du Parlement; Parliament Hill; usage.

  • Dès que des manifestants se pointent sur la colline parlementaire ou qu'un groupe de pression formule une demande au gouvernement conservateur [...] les journalistes d'Ottawa sortent la blague à la mode... (Alec Castonguay.)

Lorsqu'on entre au Bureau de la traduction de l'administration fédérale, on apprend vite que Parliament Hill, désignant le lieu où se trouvent les principaux édifices du gouvernement du Canada, doit se rendre par colline du Parlement, et non par colline parlementaire. Ce qui ne veut pas dire que l'appellation à éviter soit absente de la langue des fonctionnaires, loin de là...

Dans une capsule de la série Le français au micro, de Radio-Canada, je lis par ailleurs que l'on appelle colline Parlementaire, en revanche, «l’emplacement où est érigé l’immeuble du Parlement à Québec». (C'est moi qui souligne.)

Line Gingras

«Perspectives - Séduire au Tim Hortons» : http://www.ledevoir.com/2006/04/26/107610.html?338

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jeudi 27 avril 2006

Elle s'est faite sortir du match

Se faire + infinitif; s'être fait + infinitif; accord du participe passé du verbe faire suivi d'un infinitif; grammaire française; orthographe d'accord.

  • Et si la Caroline ne s'est pas faite sortir du match à ce moment, elle le doit carrément à Ward. (Jean Dion.)

Oui, je profite lâchement de ce que la section sportive du Devoir ait dû rédiger à toute allure son article sur le dernier match du Canadien, mercredi soir 26 avril, pour vous parler enfin de l'accord du participe passé du verbe faire suivi d'un infinitif.

Voici ce qu'on peut lire à ce sujet dans la douzième édition du Bon usage, au paragraphe 915, remarque 2 : «Le participe fait suivi immédiatement d'un infinitif est toujours invariable, parce qu'il fait corps avec l'infinitif et constitue avec lui une périphrase factitive...»

Les exemples donnés par Grevisse, et ceux que l'on trouve dans le Hanse-Blampain, confirment que le participe employé à la forme pronominale n'échappe pas à cette règle :

Ils se sont fait porter malades.
Elle s'est fait connaître.
Les costumes qu'il s'est fait faire.
Je les ai fait combattre, et voilà qu'ils sont morts! (Hugo.)
Je les ai fait chercher partout. (Académie.)

Line Gingras

«Les Hurricanes reprennent vie» : http://www.ledevoir.com/2006/04/27/107700.html

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mercredi 26 avril 2006

Notre méfiance de la France

Méfiance de; grammaire française; syntaxe du français.

  • Notre historique méfiance de la France, mauvaise mère patrie aux yeux de trop nombreux Québécois... (Denise Bombardier.)

D'après les dictionnaires consultés, l'objet de la méfiance est amené généralement par les prépositions ou locutions prépositives à l'égard de, à l'endroit de, contre, envers, pour :

Elle éprouve de la méfiance à l'égard de cette personne trop aimable : elle ne lui fait pas confiance. (Multidictionnaire.)

Cette hostilité [au suffrage universel] est attribuée à un esprit de méfiance et de crainte à l'égard des masses populaires... (Bainville, dans le Trésor.)

Au fond, il y avait toujours en elle la méfiance d'une femelle pour une femelle d'une autre race. (Simenon, dans le Lexis.)

Elle avait pour le papier noirci une méfiance de paysan... (Rolland, dans le Trésor.)

On peut aussi, en principe, employer la préposition de; cette construction figure dans le Trésor, mais avec la mention «rare» :

Ma méfiance de moi demeurait profonde. (Maurois.)

En Allemagne, dès qu'on s'écarte des milieux militaires, on constate une méfiance assez générale de l'armée et du nationalisme. (Martin du Gard.)

Line Gingras

«Démériter» : http://www.ledevoir.com/2006/04/22/107328.html?338

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mardi 25 avril 2006

Accorder priorité

Accorder priorité; accorder la priorité; give priority; grammaire française; syntaxe du français.

  • Aussi met-il certains espoirs dans l'élection, en février, de René Préval, qui a promis d'accorder priorité à l'éducation et à la santé des enfants pendant son mandat. (Guy Taillefer.)

Est-il correct d'écrire accorder priorité sans article? S'agit-il d'une locution verbale?

J'ai trouvé les tours avoir la priorité et avoir priorité dans les dictionnaires que j'ai consultés :

Avoir la priorité dans un débat. (Trésor de la langue française informatisé.)

Les ambulances et les pompiers ont la priorité dans les rues. (Multidictionnaire.)

Aux États-Unis [...] la Chambre des Représentants et le Sénat ont des pouvoirs équilibrés, la première ayant priorité en matière financière... (Vedel, dans le Trésor.)

Véhicule qui a priorité sur un autre à un croisement. (Petit Robert.)

Toutefois, dans tous les exemples que j'ai notés où le verbe admet un complément d'objet second introduit par la préposition à, priorité est précédé de l'article :

Donner la priorité absolue à quelque chose. (Petit Robert.)

Laisser, refuser la priorité à une voiture. (Petit Robert.)

Laisser la priorité aux conducteurs qui viennent de droite dans un carrefour. (Lexis.)

... la priorité est donnée aux transports collectifs. (Belorgey, dans le Trésor.)

J'ai aussi consulté les mêmes ouvrages à l'article «accorder» (au sens de consentir), mais ils ne fournissent aucun exemple avec priorité comme complément d'objet direct - aucun exemple, non plus, de locution verbale qui serait formée avec un autre nom. D'après ce que je peux voir, le complément d'objet direct du verbe accorder s'accompagne d'un déterminant (article ou adjectif déterminatif) :

Accorder à quelqu'un l'autorisation de faire quelque chose. (Hanse et Blampain.)

Je crois donc qu'il aurait mieux valu écrire :

... René Préval, qui a promis d'accorder la priorité à l'éducation et à la santé des enfants pendant son mandat.

Line Gingras

«Haïti - L'UNICEF lance un S.O.S.» : http://www.ledevoir.com/2006/03/23/104999.html

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lundi 24 avril 2006

Ni fleurs ni couronnes - Des étudiants partaient étudier...

  • On sait qu'à une certaine époque, dans les années 70, alors que les départements des universités québécoises étaient pauvres en programmes de maîtrise et de doctorat, quelque 5000 étudiants québécois par année partaient étudier en France pour y faire leurs études supérieures, dit Yolande Cohen, directrice exécutive du Centre de coopération inter-universitaire franco-québécoise (CCIFQ). (Antoine Robitaille.)

Cette citation indirecte pourrait être débarrassée de quelques répétitions :

... quelque 5000 Québécois par année partaient en France pour y faire leurs études supérieures...

«Amère mère patrie» : http://www.ledevoir.com/2006/04/22/107391.html

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dimanche 23 avril 2006

Ni fleurs ni couronnes - Rabattu sur les oreilles

Rebattu; rabattu; rebattre; rabattre; discours rebattu; discours rabattu; paronymes; usage.

  • Il me déclare en avoir marre du discours rabattu voulant que les jeunes soient allergiques à la lecture. (Odile Tremblay.)

Attention : rebattu. Mais je ne vais pas vous en rebattre les oreilles, vous pourriez m'en vouloir et me rabattre le caquet à la première occasion.

«Lecteurs d'aujourd'hui et de demain» : http://www.ledevoir.com/2006/04/22/107308.html?338

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samedi 22 avril 2006

Ni fleurs ni couronnes - Réanimation

  • ... le père, obligé d'aller répondre à la porte [...] a laissé son fils seul quelques instants. Lorsqu'il est redescendu au sous-sol le rejoindre un peu plus tard, le petit garçon était pendu au plafond, et toutes les manoeuvres de réanimation tentées sur son petit corps inanimé n'ont pas permis de le sauver. (Marie-Andrée Chouinard.)

Il aurait suffi d'écrire : ... toutes les manoeuvres de réanimation n'ont pas permis de le sauver.

«La mort tragique d'un garçonnet relance le débat sur la violence à la télévision» : http://www.ledevoir.com/2006/04/12/106607.html

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vendredi 21 avril 2006

Des rapports dévastateurs

Dévastateur; rapport dévastateur; devastating; anglicisme; usage.

  • Une politique de respect des droits humains, estime le RRSE [Regroupement pour la responsabilité sociale et l'équité], serait d'autant plus opportune que Bombardier est en phase d'expansion en Chine, un pays contre lequel les rapports dévastateurs s'accumulent sous cet aspect. (Louis-Gilles Francoeur.)

Dévastateur, d'après le Trésor de la langue française informatisé, se dit au sens propre soit d'un animé, d'une force humaine ou naturelle qui détruit ou endommage gravement un lieu, ses richesses, sa population, soit d'une force inanimée qui, s'attaquant à l'homme, apporte la maladie, la mort :

Cyclone, ouragan, torrent, volcan dévastateur.

Le phylloxéra, la bête dévastatrice pullulait. (Pesquidoux, dans le Trésor.)

Guerre, lutte, révolution dévastatrice.

Rien ne permet de savoir [...] si telle ou telle épidémie ne se transformera pas en une dévastatrice pandémie quasi mondiale. (Schwartz, dans le Trésor.)

Au figuré, toujours selon le Trésor, il qualifie une passion, un sentiment violent, un mal intérieur «qui apporte le désordre, la destruction à l'intérieur de l'être» :

On peut prendre les passions comme des forces dévastatrices, en soi-même et chez les autres. (Alain, dans le Trésor.)

Je croyais ne pouvoir aimer que d'une manière sauvage, dévastatrice, à la Byron. (Gide, dans le Petit Robert.)

Nous sommes loin des rapports accablants dont le journaliste a voulu faire état; c'est que dévastateur n'a pas toutes les acceptions de l'anglais devastating. J'ai trouvé divers équivalents de ce dernier dans le Guide anglais-français de la traduction, de René Meertens, et dans le Robert & Collins Super Senior.

Line Gingras

«Les religieuses investisseuses s'attaquent à Alcan et à Bombardier» : http://www.ledevoir.com/2006/04/05/106086.html

Posté par Choubine à 06:11 - Langue et traduction - Commentaires [0] - Permalien [#]