Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

lundi 23 janvier 2006

Faute d'avoir été trop mou...

Faute de + infinitif.

  • De son côté, le Bloc s'oppose à ce que le Canada dépense autour de deux milliards en achats de crédits d'émissions sur le marché international si, comme plusieurs l'appréhendent, il rate ses objectifs de réduction d'environ 100 Mt, faute d'avoir été trop mou devant les grands émetteurs et l'industrie automobile. (Louis-Gilles Francoeur.)

La locution prépositive faute de exprime un manque, une absence :

Il n'a pu partir en voyage, faute d'argent. (Petit Robert.)
Elle a accepté ce travail, faute de mieux. (Petit Robert.)

Faute de pouvoir être là, elle envoya des fleurs. (Multidictionnaire.)
[= Comme elle ne pouvait être là...]

Faute d'avoir été prévenu à temps, il n'a pu nous rejoindre. (Hanse-Blampain.)
[= Étant donné qu'il n'avait pas été prévenu à temps...]

Ce n'est pas faute d'avoir essayé. (Petit Robert.)
[= Ce n'est pas parce qu'on n'a pas essayé.]

Dans la phrase de monsieur Francoeur, faute d'avoir été trop mou voudrait donc dire "parce qu'il n'a pas été trop mou"? J'en doute; quoique ce soit assurément une faute d'avoir été trop mou. Mais pour rendre cette idée il aurait fallu écrire pour avoir été trop mou, parce qu'il a été trop mou ou faute d'avoir été assez ferme...

Line Gingras

"Environnement : le silence nébuleux des conservateurs" :  http://www.ledevoir.com/2006/01/21/100224.html

Posté par Choubine à 05:06 - Langue et traduction - Commentaires [0] - Permalien [#]

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