Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

samedi 7 janvier 2006

Soit, commandons

Soit; accord de soit; sujet inversé; commander un besoin.

  • L'impression, le sentiment diffus qui se dégage des rapports Québec-Ottawa, c'est celui d'être toujours obligé de se battre pour se faire respecter et obtenir que soit respectés et la lettre et l'esprit de la Constitution canadienne. (Gil Courtemanche.)

J'ai signalé ici, il n'y a pas longtemps, que soit, employé comme conjonction, est invariable. Dans la phrase qui précède, cependant, nous avons plutôt affaire au verbe auxiliaire être, marque de la forme passive; or, le verbe doit s'accorder avec son sujet, même lorsque celui-ci est inversé :

[...] obtenir que soient respectés et la lettre et l'esprit [...]

***********************

  • [...] les Québécois attendent de grands gestes d'ouverture, la preuve même symbolique que le Canada reconnaît la spécificité québécoise et les besoins particuliers que celle-ci commande.

À mon avis, un besoin ne se commande pas; telle personne peut commander le silence, une attaque, un hamburger, ou telle chose peut commander l'attention, le respect, l'admiration, la prudence, mais un besoin? Est-il possible d'exiger un besoin, de le réclamer, de l'appeler, d'en donner l'ordre? Je n'ai pas fait de longues recherches sur la question, mais il me semblerait plus juste de dire que la spécificité québécoise comporte des besoins particuliers, ou que des besoins particuliers en découlent - ou bien qu'elle commande un traitement particulier :

[...] les Québécois attendent de grands gestes d'ouverture, la preuve même symbolique que le Canada reconnaît la spécificité québécoise et le traitement particulier qu'elle commande ou et les besoins particuliers qu'elle comporte ou et les besoins particuliers qui en découlent.

Line Gingras

"La pédagogie de Paul Martin" : http://www.ledevoir.com/2006/01/07/99177.html?338

Posté par Choubine à 13:07 - Langue et traduction - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

    J'aurais préféré aussi « que le Canada reconnaisse la spécificité québécoise ». Pourquoi ? parce que c'est un fait éventuel et qu'il n'est pas du tout assuré dans la réalité, comme le montre la tournure de la phrase qui émet un souhait ou un désir.

    Posté par Dominique, samedi 7 janvier 2006 à 15:17
  • Hum... Ça mérite réflexion, et peut-être quelques vérifications... Je ne trouve rien là-dessus dans le Hanse-Blampain à l'article "preuve", mais à l'article "prouver" on propose l'exemple "Rien ne prouve qu'il a (ou ait) raison". L'indicatif est donc permis (avec le verbe, en tout cas), même lorsqu'on exprime un doute très fort - j'avoue que dans cet exemple je préférerais personnellement le subjonctif, mais bon. Et puis, dans mon "Petit Robert", je lis que le tour "la preuve que" (c'est ce que nous avons dans la phrase de M. Courtemanche) est suivi de l'indicatif. Ça ne suffit sans doute pas pour conclure que le subjonctif serait incorrect, mais j'hésiterais à l'employer sans avoir fait d'autres recherches... J'y reviendrai peut-être!

    Posté par Choubine, samedi 7 janvier 2006 à 16:57

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