Choux de Siam

Parce que j'aime les choux de Siam, et pas seulement la grammaire (carnet dédié à monsieur Raymond Laganière, autrefois professeur de français à la polyvalente Donnacona)

dimanche 27 novembre 2005

Retraité spirituel

Retraité spirituel; retraités spirituels; retraitant; retraitants.

  • Le troisième élément vise [...] la continuité de l'hébergement des retraités spirituels, dans la pure tradition trappiste. (Stéphane Baillargeon.)

Toujours à l'affût des petites bêtes qui se faufilent dans les meilleurs textes, j'ai l'impression, quelquefois, d'être un vieux moine ayant conservé intacte sa faculté d'émerveillement.

Mais ne rions pas trop ni trop vite, car les dictionnaires aussi nous réservent des surprises, de temps à autre.

Les ouvrages de difficultés n'ont rien de très particulier à dire sur le mot retraité. D'après les dictionnaires généraux que j'ai pu consulter, le retraité, comme chacun sait, est une "personne ayant cessé toute activité professionnelle et qui reçoit une pension de retraite" (Trésor de la langue française informatisé).

Le Trésor relève cependant une autre acception : "Qui a pris ses distances par rapport au monde." Dans ce sens, l'adjectif est synonyme de retiré :

  • Le poète a fini sa tâche [...] C'est un coeur, un esprit, une âme retraités [...] (Verlaine.)

Cet emploi, qui ne figure ni dans le Petit Robert ni dans le Lexis, peut-il s'étendre à une personne qui fait une retraite? Je ne pense pas. Une retraite, d'après le Trésor, c'est une "période passée à l'écart de la vie mondaine dans le but de méditation et de récollection, notamment pour se préparer à un grand acte de la vie chrétienne". La situation est donc temporaire, l'intéressé ayant l'intention de rentrer dans le monde.

Il existe pourtant un nom, peu connu il est vrai mais consigné dans les dictionnaires (Petit Robert, Lexis, Trésor), pour désigner avec précision cette personne qui cherche à se retrouver, à se régénérer spirituellement : retraitant. C'est d'ailleurs celui-ci qu'utilisent les moines d'Oka, ceux-là mêmes dont il est question dans l'article de monsieur Baillargeon, en parlant de leurs hôtes :

  • Le monastère doit être, pour tous, une zone où s'entend le silence! C'est un défi à relever par tous, moines et retraitants. (Site Web de l'abbaye d'Oka.)

Line Gingras

"Un projet pour Oka" : http://www.ledevoir.com/2005/11/22/95795.html

Posté par Choubine à 23:11 - Langue et traduction - Commentaires [6] - Permalien [#]

Commentaires

    j'espère que dans quelques années je serai un retraité spirituel, sans toutefois me sentir obligé de faire retraite dans un monastère, d'Oka ou d'ailleurs.
    (sais tu que le mot oka est admis au scrabble, au grand plaisir des pratiquants)

    Posté par phil, mardi 29 novembre 2005 à 12:11
  • Tu connais le fromage, phil? J'en raffole.

    Posté par Choubine, mardi 29 novembre 2005 à 14:06
  • non , non. Je ne sais pas où on peut trouver ça en France. Mais pas mal que je connaisse le nom, non?

    Posté par phil, mercredi 30 novembre 2005 à 12:25
  • Pas mal du tout, et sûrement très pratique! Tu pourrais d'ailleurs en faire une belle énigme, j'en suis certaine...

    Oka, c'est aussi la "crise d'Oka", épisode peu glorieux - et toujours très douloureux - de notre histoire récente (été de 1990). Tu en as peut-être entendu parler, à l'époque.

    Posté par Choubine, mercredi 30 novembre 2005 à 17:04
  • Honte à moi, mais... non.

    Posté par scrabbleur, jeudi 1 décembre 2005 à 07:45
  • Tant mieux si vous êtes nombreux dans le même cas...

    Posté par Choubine, jeudi 1 décembre 2005 à 17:51

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